Trois jours sans toi

Trois jours sans toi, et tu me manques.
Sur cette plage abandonnée,
Je contemple la mer, que flanquent
Quelques bâtisses surannées.

Sur cette plage abandonnée,
Mon esprit cherche un subterfuge.
Quelques bâtisses surannées
Lui sont un bien maigre refuge.

Mon esprit cherche un subterfuge.
Toutes ces îles enchantées
Lui sont un bien maigre refuge
Quand mon cœur est inhabité.

Toutes ces îles enchantées
Peuvent-elles bien me distraire
Quand mon cœur est inhabité
Par ma si douce et ses yeux clairs?

Peuvent-elles bien me distraire,
Ces images et ces missives,
Par ma si douce et ses yeux clairs
Envoyées par-delà les rives ?

Ces images et ces missives,
Autant de baisers virtuels
Envoyés par-delà les rives,
Purs comme lait, doux comme miel!

Autant de baisers virtuels
Calmant un peu mon désespoir,
Purs comme lait, doux comme miel,
Soulageront, venu le soir.

Calmant un peu mon désespoir,
J'écris. Ces quelques vers futiles
Soulageront, venu le soir,
Tant d'agitations inutiles.

J'écris ces quelques vers futiles
En naviguant dans la calanque.
Tant d'agitations inutiles!
Trois jours sans toi... Et tu me manques...

(2014)

Promenade sur un cap breton

Le vent soufflait, trapu, berçant les herbes hautes.
Pas à pas, je suivais, gravissant la colline,
Le sillon qui, sous peu, me dévoila la côte,
Ornée par le couchant de douceurs purpurines.

Fondant sur l'horizon, dardant au cap désert
Les derniers traits carmins de son étreinte chaude,
Le soleil disparut, prêtant son rayon vert
Au ton grave, apaisant, de ta robe émeraude.

Nos enfants qui naguère, insouciants, babillaient,
Sous leur mol édredon, au logis, sommeillaient,
Gorgés d'air marin, ronflant doucement, paisibles.

À pleins poumons, humant, buvant, nous recueillîmes
Le nectar des embruns, porté jusqu'à la cime
Par le gracieux ressac d'une mer impassible.

(2025)

Parc et lande

Quand j'erre dans la nuit, promeneur oublieux,
Doucement rêvassant à ma bien-aimée,
Paisible encor, je songe aux landes embrumées
Aux baisers qu'on échange au soleil, pluvieux.

Ralliant l'arc-en-ciel, nous marchions, silencieux.
Jetant furtivement un regard allumé,
En un instant à tes attraits accoutumé,
Content, je savourai ces moments délicieux.

Une autre fois encor, couchés sous les étoiles
Dans le parc solitaire, je serrai ta main pâle,
Quand résonna le chant d'une ample mélopée.

Sous le ciel calme et clair, tendu comme une toile,
Châle mol et câlin qui nous enveloppait.
Mon amie, mon adorée, mettons à la voile...

(2016)

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