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La Vendetta

Anglais The Vendetta Section Scènes de la vie privée Publié 1830 Pages 68 Action située en 1800

La Vendetta transpose à Paris la fatalité d'une haine corse. Bartholoméo di Piombo, vieux Corse réfugié sous l'Empire grâce à la protection de Bonaparte, a fui son île après avoir exterminé la famille rivale des Porta dans une vendetta — à l'exception d'un enfant qui a survécu. Sa fille Ginevra, peintre de talent, fière et passionnée, rencontre dans l'atelier où elle étudie un jeune homme blessé qu'elle cache et soigne : Luigi Porta, précisément l'unique survivant de la famille ennemie, officier proscrit de l'armée impériale. Les deux jeunes gens s'aiment, ignorant d'abord la malédiction qui les sépare. Lorsque Ginevra annonce à son père son intention d'épouser un Porta, le vieux Piombo, intraitable, oppose un refus absolu et maudit sa fille au nom de la vendetta héréditaire. Ginevra passe outre et épouse Luigi, mais elle est aussitôt reniée et chassée. Le jeune couple, privé de tout secours, sombre lentement dans une misère atroce : malgré leur amour et leur courage, ils ne parviennent pas à vivre de leur travail, et leur enfant meurt de privations, suivi de Ginevra elle-même. Lorsque Piombo, trop tard, apprend l'agonie de sa fille, son intransigeance n'aura servi qu'à détruire ce qu'il aimait le plus. Balzac y exploite le thème de l'honneur archaïque et de la haine de clan transplantés dans la modernité parisienne, où ils deviennent une force purement destructrice. Le récit oppose la jeunesse, l'amour et le talent à la rigidité meurtrière des codes ancestraux et à l'orgueil paternel. Court et intense, La Vendetta illustre la cruauté des passions héréditaires et la manière dont un principe d'honneur, poussé à l'absolu, conduit à l'anéantissement de toute une lignée.

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