← Ouvrages

L'Auberge rouge

Anglais The Red Inn Section Études philosophiques Publié 1831 Pages 34

L'Auberge rouge est une nouvelle construite en récit-cadre, qui pose un troublant problème de conscience morale. Lors d'un dîner dans un salon parisien, un convive raconte une histoire criminelle survenue des années plus tôt, pendant les guerres de la Révolution. Deux jeunes chirurgiens militaires français, Prosper Magnan et Frédéric, font étape dans une auberge d'Allemagne — l'auberge rouge — où loge également un riche négociant transportant une forte somme d'or. La nuit, Prosper est assailli par la tentation de tuer le voyageur pour s'emparer de son trésor ; il caresse en pensée ce crime, mais, après un combat intérieur, y renonce et reste honnête. Pourtant, au matin, le négociant est retrouvé assassiné et volé : le véritable meurtrier est Frédéric, qui a commis le crime et fait porter les soupçons sur son compagnon. Prosper, accablé par les apparences et par le souvenir de sa propre tentation, est accusé, condamné et exécuté pour un crime qu'il n'a pas commis, tandis que le vrai coupable demeure impuni. Le récit prend toute sa portée lorsque le narrateur révèle, ou laisse deviner, que le négociant devenu depuis un riche et respecté banquier parisien, Taillefer (père de la Victorine du Père Goriot), n'est autre que ce Frédéric, l'assassin resté libre, dont toute la fortune repose sur ce meurtre originel. L'auditeur du récit se trouve alors confronté à un dilemme moral, car il envisageait de s'allier par mariage à cette famille dont la richesse est entachée de sang. Balzac y explore la culpabilité, la justice faillible, la pensée criminelle et l'origine impure des fortunes. L'Auberge rouge médite sur la responsabilité morale, sur l'écart entre l'intention et l'acte, et sur la persistance secrète du crime au fondement de la prospérité bourgeoise.

Personnages présents 9