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Ursule Mirouët

Anglais Ursule Mirouët Section Scènes de la vie de province Publié 1841 Pages 220

Ursule Mirouët mêle l'étude des mœurs provinciales, le drame de l'héritage et une réflexion sur la croyance. À Nemours, le vieux docteur Minoret, esprit rationaliste et incrédule, élève avec tendresse sa filleule orpheline, Ursule, jeune fille d'une pureté et d'une piété exemplaires. Les héritiers collatéraux du docteur — les Minoret-Levrault, Massin et Crémière, familles cupides et vulgaires — voient d'un œil inquiet l'affection qu'il porte à cette enfant sans fortune, craignant qu'elle ne les prive de leur héritage. Or le docteur, d'abord matérialiste, se convertit à la croyance après avoir assisté à des expériences de magnétisme animal qui ébranlent son scepticisme — thème swedenborgien cher à Balzac. À sa mort, il laisse secrètement de quoi assurer l'avenir d'Ursule, mais le maître de poste Minoret-Levrault dérobe les papiers et l'argent qui devaient lui revenir, la dépouillant de son dû. Ursule, persécutée et appauvrie, subit les manœuvres des héritiers. C'est alors qu'intervient le merveilleux : le docteur défunt apparaît à Ursule en rêve et lui révèle le vol et son auteur. Rongé par le remords et par des malheurs qui s'abattent sur lui comme un châtiment, le voleur finit par restituer le bien dérobé. Ursule, rétablie dans ses droits, peut épouser celui qu'elle aime, le jeune noble Savinien de Portenduère. Balzac y peint avec vigueur la rapacité des familles de province guettant un héritage, et oppose à cette bassesse la grâce d'une héroïne angélique. Le roman vaut aussi par son recours assumé au surnaturel et au magnétisme, qui en fait l'une des œuvres où le mysticisme balzacien affleure dans le cadre réaliste. C'est une variation sur la vertu persécutée puis récompensée, doublée d'une satire des appétits provinciaux.

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