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La Maison du chat-qui-pelote

Anglais At the Sign of the Cat and Racket Section Scènes de la vie privée Publié 1830 Pages 56

Roman inaugural de la Comédie humaine, La Maison du chat-qui-pelote tire son titre de l'enseigne d'une vieille boutique de draps du quartier Saint-Denis, tenue par l'austère négociant Guillaume. Sa fille cadette, Augustine, jeune fille douce et sans culture, attire le regard d'un peintre brillant et mondain, Théodore de Sommervieux, qui l'aperçoit derrière sa fenêtre et s'éprend de sa grâce naïve. Contre les usages du commerce, qui voudraient qu'on mariât d'abord l'aînée, le mariage se fait, porté par une passion sincère mais fondée sur un malentendu. Car Augustine, formée à l'arithmétique des comptoirs et à la dévotion bourgeoise, est incapable de suivre son mari dans l'univers de l'art, des salons et des idées. L'artiste se lasse vite de cette épouse qu'il avait idéalisée comme un sujet de tableau ; il se détourne d'elle et tombe sous l'influence d'une grande dame, la duchesse de Carigliano, femme d'esprit et de cour. Désespérée, Augustine va trouver la duchesse pour lui demander conseil et tenter de reconquérir son mari ; la duchesse, par jeu cruel autant que par leçon, lui montre l'inanité de ses efforts. Augustine, trop sincère et trop simple pour ces manœuvres, ne peut retenir Théodore et meurt jeune, consumée par le chagrin. Balzac y noue d'emblée l'un de ses grands thèmes : l'incompatibilité entre l'artiste et le monde bourgeois, entre l'imagination créatrice et la prose domestique. La boutique immobile et le ménage d'artiste se font face comme deux mondes irréconciliables. Court mais d'une grande densité, ce récit fixe le ton de tout le cycle : l'observation minutieuse des milieux, la fatalité des caractères et la cruauté ordinaire des rapports sociaux et conjugaux.

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