Les Rivalités
La Vieille fille, premier volet des Rivalités, oppose l'ancienne et la nouvelle France à travers une comédie matrimoniale provinciale. À Alençon, Rose Cormon, vieille fille riche, naïve et bornée, n'a qu'un désir obsédant : se marier et avoir des enfants, hantée par la crainte de mourir stérile. Deux prétendants se disputent sa main et sa fortune, incarnant deux mondes ennemis. Le chevalier de Valois, vieux gentilhomme élégant, spirituel et galant, dernier représentant des grâces de l'Ancien Régime, séduit par ses manières raffinées mais désargentées. Du Bousquier, au contraire, ancien fournisseur des armées, homme grossier, vigoureux, aux opinions républicaines et bourgeoises, incarne la France nouvelle, parvenue et sans élégance. Après diverses péripéties et malentendus, Rose Cormon, mal conseillée et abusée, finit par épouser du Bousquier, croyant assurer ainsi son bonheur et sa descendance. Mais l'ironie cruelle du destin veut que du Bousquier soit stérile : le mariage demeure sans enfant, ruinant l'unique espoir de la pauvre femme. Cette union symbolise le triomphe de la bourgeoisie vulgaire et infertile sur la noblesse charmante mais condamnée, et l'avènement d'une société sans grâce ni postérité spirituelle. Balzac y déploie une satire mordante des mœurs provinciales et une méditation politique sur le passage de l'Ancien Régime au monde moderne. La figure du chevalier de Valois, élégant fossile d'un temps révolu, et celle de du Bousquier, parvenu énergique et stérile, donnent au roman sa portée symbolique. Premier roman de Balzac publié en feuilleton dans un journal, La Vieille fille illustre, à travers une intrigue de clocher, le déclin d'un monde et l'avènement d'un autre. C'est une comédie de mœurs au fond amer, où la rivalité de deux hommes résume tout un changement d'époque. Le Cabinet des antiques, second volet des Rivalités, peint le déclin d'une vieille famille aristocratique ruinée par la frivolité de son héritier. Le « cabinet des antiques » désigne ironiquement le salon où se réunissent les nobles surannés d'une ville de province, fidèles à l'Ancien Régime, autour de l'orgueilleux marquis d'Esgrignon, gardien intransigeant de l'honneur du nom. Tout l'espoir de cette maison repose sur le jeune héritier, Victurnien d'Esgrignon, beau, élégant et adulé, mais gâté, faible et avide de plaisirs. Envoyé à Paris pour y briller, Victurnien se laisse entraîner dans la dissipation, contracte des dettes énormes, se lie à la séduisante duchesse de Maufrigneuse et, pour soutenir son train de vie, finit par commettre un crime : il imite une signature sur un effet de commerce — un faux qui menace de déshonorer toute sa lignée. Le scandale offre une arme à l'ennemi héréditaire de la famille, le bourgeois ambitieux du Croisier, qui veut abattre la vieille noblesse. Pour sauver l'honneur des d'Esgrignon, le fidèle notaire Chesnel se dévoue corps et biens, multipliant les démarches et les sacrifices. À force d'intrigues et grâce à la complicité de hautes protections, Victurnien échappe à la condamnation, mais le mal est fait : la décadence de l'aristocratie est consommée, son honneur sauvé en apparence mais miné en profondeur. Balzac y étudie l'irrémédiable déclin de la noblesse, incapable de s'adapter au monde nouveau et perdue par ses propres rejetons indignes. Le contraste entre la grandeur figée des vieux nobles et la médiocrité du jeune héritier, comme entre la fidélité du serviteur et la rapacité du bourgeois, donne au roman sa portée historique. C'est une élégie de la classe aristocratique condamnée par l'histoire.
Personnages présents 63
- BLANDUREAUS (les)
- BLONDET
- BLONDET (Emile)
- BLONDET (Joseph)
- BLONDET (Madame Joseph)
- BLONDET (Madame)
- BLONDET (Virginie)
- BORDIN
- BOSQUIER (Du)
- BOSQUIER (Madame du)
- BRIGITTE
- CADOT (Mademoiselle)
- CAMUSOT DE MARVILLE
- CAMUSOT DE MARVILLE (Madame)
- CARDOT
- CASTERAN (De)
- CESARINE
- CHESNEL
- COUDRAI (Du)
- COUTURIER (Abbe)
- DUVAL
- ESGRIGNON (Charles-Marie-Victor-Ange-Carol, Marquis d')
- ESGRIGNON (Madame d')
- ESGRIGNON (Marie-Armande-Claire d')
- ESGRIGNON (Victurnien, comte, puis marquis d')
- FAUSTINE
- FRANCOIS (Abbe)
- GAILLARD (Madame Theodore)
- GORDES (Mademoiselle de)
- GORITZA (Princesse)
- GRANDLIEU (Mademoiselle)
- GRANSON (Athanase)
- GRANSON (Madame)
- GREVIN
- GROSMORT
- HEROUVILLE (Duc d')
- JACQUELIN
- JOSETTE
- LA ROCHE-GUYON (De)
- LARDOT (Madame)
- LENONCOURT (Duc de)
- LEROI (Pierre)
- MARIETTE
- MAUFRIGNEUSE (Duchesse de)
- MICHU (Francois)
- MOREAU
- NOUASTRE (Baron de)
- PAMIERS (Vidame de)
- POMBRETON (Marquis de)
- RENE
- RONCERET (Du)
- RONCERET (Fabien-Felicien du)
- RONCERET (Madame du)
- SAUVAGE
- SCHERBELLOFF
- SORBIER
- SORBIER (Madame)
- SPONDE (Abbe de)
- SUZANNE
- THIRION
- TROISVILLE (Guibelin, Vicomte de)
- VALOIS (Chevalier de)
- VERNEUIL (Duc de)