Les Marana
Les Marana explore le thème balzacien de l'hérédité des passions à travers le destin d'une lignée de courtisanes. Les Marana sont une dynastie de femmes vouées, de mère en fille, à la galanterie et à l'amour : belles, ardentes, libres, elles incarnent une fatalité du sang où la passion se transmet comme un héritage. La dernière des Marana, courtisane elle-même, nourrit pourtant un désir farouche : soustraire sa fille Juana à cette malédiction familiale et en faire une femme vertueuse et respectable. Elle la fait élever dans la pureté et la dévotion, à l'abri du monde, espérant briser la chaîne héréditaire du vice. Mais l'action se noue lors de la guerre d'Espagne, sous l'occupation napoléonienne : pendant le siège d'une ville, un officier italien séduisant et sans scrupule, Montefiore, logé chez la famille où Juana est cachée, parvient à séduire et à déshonorer la jeune fille. Pour sauver l'honneur, on marie précipitamment Juana à un soldat, Diard. Mais le mariage tourne mal : Diard, d'abord brave, dégénère peu à peu, sombrant dans le jeu, la débauche et finalement le crime. Et c'est alors que le sang des Marana, cette violence des passions héréditaires, ressurgit chez Juana elle-même dans un dénouement tragique et sanglant, montrant que la fatalité du tempérament a triomphé des efforts de l'éducation. Balzac y développe sa conviction de la puissance de l'hérédité et du tempérament, plus forts que la volonté et la vertu acquise. Le récit, situé dans le cadre dramatique de la guerre d'Espagne, mêle la peinture des mœurs militaires à l'étude d'une fatalité du sang. Les Marana illustre, à travers la lignée des courtisanes, le thème de la passion héréditaire et de l'impossibilité d'échapper à sa nature, cher aux Études philosophiques.