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La Maison Nucingen

Anglais The Firm of Nucingen Section Scènes de la vie parisienne Publié 1838 Pages 64

La Maison Nucingen est une nouvelle satirique sur les mécanismes de la haute finance, construite comme une conversation surprise. Le narrateur, dînant dans un restaurant, entend par-dessus la cloison quatre journalistes et viveurs désabusés — dont Bixiou et Blondet — disserter cyniquement sur la manière dont le baron de Nucingen, banquier d'origine allemande, a bâti sa fortune colossale. Loin d'un labeur honnête, cette fortune repose sur des « suspensions de paiements » savamment orchestrées : Nucingen provoque délibérément des liquidations frauduleuses, met en péril ses créanciers et ses petits actionnaires, puis rachète à vil prix les valeurs qu'il a fait chuter, encaissant des bénéfices énormes au détriment des naïfs qui lui ont fait confiance. Les convives racontent comment, par ces manœuvres répétées et impunies, le banquier a non seulement consolidé son empire, mais aussi fait la fortune d'Eugène de Rastignac, devenu son obligé et son complice dans l'ascension sociale. Ce qui aux yeux de la loi reste irréprochable n'est en réalité qu'un vol légalisé, et c'est cette hypocrisie du capital triomphant que Balzac dénonce avec une ironie mordante. Par la forme du récit entendu de loin, l'auteur donne à voir la complaisance et l'admiration goguenarde que ces escroqueries inspirent au monde du journalisme et des affaires, où la réussite efface le scrupule. La nouvelle, brève et acérée, est l'une des pièces majeures de la critique balzacienne du règne de l'argent et de la spéculation sous la monarchie de Juillet. Elle complète le portrait du baron de Nucingen, figure récurrente du cycle, et éclaire les dessous de l'enrichissement de Rastignac. La Maison Nucingen expose, avec une lucidité presque prophétique, la mécanique des fortunes financières modernes et l'amoralité du grand capitalisme naissant.

Personnages présents 38