Histoire des Treize
Premier volet de l'Histoire des Treize, Ferragus plonge dans le Paris secret des passions et des sociétés occultes. Le jeune officier Auguste de Maulincour aperçoit la belle et vertueuse Mme Jules — Clémence Desmarets — entrer dans une maison louche d'un quartier mal famé ; persuadé d'avoir surpris une infidélité, il se met à la suivre et à enquêter, bouleversant par sa curiosité un équilibre fragile. Or Clémence ne dissimule pas un amant : elle visite en secret son père, Ferragus, ancien forçat évadé devenu, sous une fausse identité, le chef tout-puissant des Dévorants, la mystérieuse association des Treize qui étend ses ramifications dans tout Paris. En s'obstinant à percer ce secret, Maulincour s'attire la vengeance implacable de cette confrérie : empoisonné par degrés, frappé de maux inexplicables, il dépérit et meurt, broyé par une puissance invisible. Le mari, Jules Desmarets, lui aussi gagné par le soupçon, finit par découvrir la vérité, mais trop tard : Clémence, dont l'honneur a été injustement mis en doute, se laisse mourir de chagrin. Ferragus, ce père redoutable qui régnait sur Paris, demeure seul, anéanti par la perte de sa fille, errant comme une ombre dans la ville. Balzac y fait de Paris un labyrinthe d'apparences trompeuses où le moindre soupçon déclenche des catastrophes, et donne corps au fantasme d'une société secrète manipulant les destinées. Le roman illustre la puissance destructrice de la jalousie et de la curiosité, ainsi que la fragilité de l'innocence face aux forces souterraines. Par son atmosphère de mystère urbain et sa peinture d'un pouvoir occulte, Ferragus inaugure une trilogie qui explore les coulisses ténébreuses de la capitale, où l'amour, l'honneur et la mort se nouent dans l'ombre. Deuxième volet de l'Histoire des Treize, La Duchesse de Langeais est le récit d'un amour transformé en duel mortel entre l'orgueil et la passion. Le général Armand de Montriveau, héros taciturne et membre des Treize, s'éprend de la duchesse Antoinette de Langeais, brillante coquette du faubourg Saint-Germain. Celle-ci, par jeu mondain et scrupule religieux mêlés, l'enflamme par mille agaceries puis se refuse, le menant au bord du désespoir sans jamais se donner. Humilié par ce manège cruel, Montriveau organise sa vengeance : avec l'aide des Treize, il enlève la duchesse et la menace de la marquer au fer rouge, lui révélant qu'il aurait pu la flétrir. Cette épreuve révèle à Antoinette la profondeur de la passion de Montriveau et fait naître en elle un amour véritable. Mais les rôles s'inversent alors : c'est elle désormais qui aime et s'offre, lui qui se dérobe par fierté blessée. Lorsqu'elle s'humilie et le supplie en vain, désespérée, la duchesse disparaît du monde et se réfugie dans un couvent de carmélites, sur une île au large de l'Espagne, pour y ensevelir son amour. Des années plus tard, Montriveau, ayant retrouvé sa trace, vient avec les Treize l'arracher au cloître ; mais il ne trouve qu'un cadavre : la religieuse vient d'expirer. Il n'emporte que sa dépouille, qu'il fait ensuite disparaître dans la mer. Balzac y peint l'amour comme un combat où l'orgueil de chacun fait le malheur des deux, et oppose la coquetterie aristocratique à la violence d'une passion absolue. Le roman, l'un des plus intenses du cycle, est une méditation sur le désir, la vanité et l'irréparable, et sur la manière dont les jeux de l'amour-propre conduisent les êtres à la perte. Troisième volet de l'Histoire des Treize, La Fille aux yeux d'or s'ouvre sur un panorama saisissant du Paris dévoré par l'or et le plaisir, où chaque classe sociale est mue par la soif de jouir et de posséder. Le dandy Henri de Marsay, membre des Treize, fils naturel du lord anglais Dudley, s'éprend d'une jeune femme d'une beauté étrange, aux yeux d'or, Paquita Valdès, qu'il aperçoit aux Tuileries. Par l'entremise de serviteurs, il parvient à la rejoindre dans un boudoir somptueux et oriental, où se consomme une passion exaltée et trouble. Mais de Marsay découvre peu à peu que Paquita est tenue prisonnière et jalousement gardée : elle appartient à une femme qui l'aime et la séquestre. Au comble de la fascination et de la rage de possession, de Marsay revient pour se venger, mais il trouve Paquita assassinée dans une scène sanglante : sa rivale, la marquise de San-Réal, l'a tuée par jalousie en découvrant qu'elle aimait aussi un homme. Le dénouement révèle l'inceste latent du destin : la marquise meurtrière est la propre demi-sœur de de Marsay, née du même père. Les deux ennemis se reconnaissent frère et sœur sur le corps de la femme qu'ils ont aimée et qui les a trahis tous deux. Balzac y déploie une vision de Paris comme capitale de la décadence, du luxe et des passions interdites, et explore avec audace l'ambiguïté du désir et les zones troubles de la sexualité. Le récit, célèbre pour son ouverture sociologique et pour son érotisme sombre, clôt la trilogie des Treize sur une note de violence et de fatalité. C'est une œuvre fiévreuse, où l'or et le sang se mêlent dans le Paris des plaisirs cachés.
Personnages présents 59
- AUGUSTE
- BLAMONT-CHAUVRY (Princesse de)
- BOCQUILLON
- BOURIGNARD (Gratien-Henri-Victor-Jean-Joseph)
- CHATELET (Sixte, Baron du)
- CHAULIEU (Henri, Duc de)
- CHRISTEMIO
- DESMARETS
- DESMARETS (Jules)
- DESMARETS (Madame Jules)
- DESPLEIN
- DUDLEY (lord)
- FALLEIX (Jacques)
- FOUQUEREAU
- FUNCAL (Comte de)
- GONDRAND (Abbe)
- GRANDLIEU (Duc Ferdinand de)
- GRANVILLE (Comtesse Angelique de)
- GRUGET (Ida)
- GRUGET (Madame Etienne)
- HAUDRY
- HOPWOOD (lady Julia)
- JACQUET (Claude-Joseph)
- JEAN
- JUSTIN
- KELLER (Madame Francois)
- LANGEAIS (Duc de)
- LANGEAIS (Duchesse Antoinette de)
- LAURENT
- MANERVILLE (Paul Francois-Joseph, Comte de)
- MARIGNY (Duchesse de)
- MARIGNY[*] (De)
- MARONIS (Abbe de)
- MARSAY (De)
- MARSAY (Henri de)
- MARSAY (Mademoiselle de)
- MAULINCOUR (Auguste Carbonnon de)
- MAULINCOUR[*] (Baronne de)
- MEYNARDIE (Madame)
- MOINOT
- MONTRIVEAU (Comte de)
- MONTRIVEAU (général marquis Armand de)
- MONTRIVEAU (général marquis de)
- MOREAU-MALVIN
- NAVARREINS (Duc de)
- NUCINGEN (Baronne Delphine de)
- PAMIERS (Vidame de)
- POINCET
- RIVAUDOULT D'ARSCHOOT
- RONQUEROLLES (Marquis de)
- SAN REAL (Marquise de)
- SAN-REAL (Don Hijos, Marquis de)
- SERIZY (Comtesse de)
- SOULANGES (Comtesse Hortense de)
- SUZETTE
- TALLEYRAND-PERIGORD (Charles-Maurice de)
- THERESE (sœur)
- VALDES (Paquita)
- VORDAC (Marquise de)