http://www.wikidata.org/.well-known/genid/5cb94a9cbe24b9b1ddcd5d5b81fe206a · peinture · toile, huile · 190 × 120 cm
Le tableau
Huile sur toile, 190 × 120 cm — collection particulière (anciennement Neue Galerie / Oprah Winfrey ; vendu en 2023). Un portrait en pied d'Adele Bloch-Bauer, le modèle du célèbre portrait d'or de 1907, peinte de nouveau cinq ans plus tard dans la manière entièrement transformée du style tardif de Klimt : elle se tient debout, coiffée d'un grand chapeau et vêtue d'une longue robe, devant un mur de couleur dense et éclatante — des bandes de vert, de rose, de rouge et de bleu, peuplées de petites figures et de motifs asiatiques. La seule personne que Klimt peignit deux fois, et le témoignage de son passage de l'or à la couleur.
Les deux portraits
Adele Bloch-Bauer est l'unique modèle peint deux fois, et les deux portraits sont la démonstration la plus claire du changement survenu dans l'art de Klimt. Le portrait de 1907 la place dans un champ d'or, au sommet du style d'or, son corps dissous dans l'ornement ; le portrait de 1912 la place devant un mur de couleur ardente et de motifs d'Extrême-Orient, debout, vêtue, le visage et les mains modelés comme auparavant, mais le fond étant désormais pigment et non plus métal. L'or a été remplacé par la couleur ; le champ décoratif plat demeure, mais c'est maintenant un champ de figures, de fleurs et de bandes chinoises et japonaises, tirées de l'art populaire et asiatique que collectionnait Klimt. Les deux portraits, à cinq ans d'intervalle, sont la phase d'or et le style tardif en un seul modèle.
La manière tardive
Les portraits tardifs — la seconde Adele, Mäda Primavesi, Friederike Maria Beer, La Dame à l'éventail — remplacent le fond d'or par une couleur dense, vive, semblable à la mosaïque, sous l'influence des fauves et de l'art d'Extrême-Orient et populaire que collectionnait Klimt. La figure se tient devant un mur de motifs — ici les petits cavaliers et figures asiatiques de la collection d'objets chinois et coréens de Klimt lui-même — dans une couleur ardente et éclatante qui est le style d'or traduit du métal en pigment. La seconde Adele est l'un des plus beaux de ces portraits, et la comparaison directe avec le portrait d'or du même modèle en fait l'œuvre clé pour comprendre la transition.
La spoliation et la restitution
Comme le portrait d'or, la seconde Adele fut spoliée par les nazis dans la collection Bloch-Bauer, détenue soixante ans par la galerie d'État autrichienne et restituée à Maria Altmann en 2006 au terme de l'affaire qui fit date. Tandis que le portrait d'or partait pour la Neue Galerie, le second fut vendu aux enchères ; il fut acheté par Oprah Winfrey, qui le revendit plus tard, et il repassa, en 2023, par le marché. Son histoire est celle de toute la collection Bloch-Bauer — mécénat, spoliation, exil, procès, restitution, vente — et il est, avec sa sœur d'or, un monument de cette histoire.
Ce qu'il faut regarder
Le visage et les mains modelés, inchangés depuis la manière d'or ; le grand chapeau ; la longue robe ; le mur de couleur ardente à l'arrière — vert, rose, rouge, bleu — peuplé de petites figures et de motifs asiatiques. Puis placez-le à côté du portrait d'or de 1907, et voyez tout le tournant de l'art tardif de Klimt en un seul modèle.
Coda
Le Portrait d'Adele Bloch-Bauer II est le témoignage du passage de Klimt de l'or à la couleur, peint cinq ans après le célèbre portrait d'or du même modèle, unique et peint deux fois. C'est l'un des plus beaux portraits tardifs, le style d'or traduit en un champ de couleur ardente et de motifs asiatiques, et, avec sa sœur d'or, un monument de l'histoire des Bloch-Bauer, faite de mécénat, de spoliation et de restitution.
Le passage de l'or à la couleur
La seconde Adele est le pivot de l'évolution tardive de Klimt, et la raison en est précisément qu'elle peut être placée à côté de la première : le même modèle, le même peintre, à cinq ans d'intervalle, dans deux manières absolument différentes. Le portrait de 1907 est le style d'or dans sa plus grande densité — le corps dissous dans un champ d'ornement d'or et d'argent, le modèle devenu icône. Le portrait de 1912 conserve la méthode — le visage et les mains modelés, le champ décoratif plat à l'arrière — mais remplace l'or par un pigment ardent et l'ornement abstrait par les motifs figuratifs de l'art d'Extrême-Orient : petits cavaliers, fleurs, oiseaux, tirés des objets chinois et coréens que Klimt collectionnait et accrochait dans son atelier. L'or est devenu couleur ; l'abstrait est devenu figuratif ; l'icône est devenue une femme debout devant un mur peint. Aucune autre paire de l'œuvre ne montre la transition avec autant d'exactitude.
Les portraits tardifs
La seconde Adele inaugure la grande suite des portraits tardifs — Mäda Primavesi (1912), Friederike Maria Beer (1916), La Dame à l'éventail (1917–18), l'Amalie Zuckerkandl inachevée — dans lesquels Klimt plaça ses modèles devant des murs denses de couleur éclatante et de motifs asiatiques et populaires, la manière d'or traduite en pigment. Pour beaucoup, ces tableaux tardifs valent ceux de l'or, plus riches de couleur et plus libres de facture ; la seconde Adele, le premier et l'un des plus beaux d'entre eux, est la clé de tout l'accomplissement tardif, et son rapport direct avec le célèbre portrait d'or en fait le tableau le plus instructif pour comprendre où allait l'art de Klimt lorsqu'il prit fin.
L'importance d'Adele
Qu'Adele Bloch-Bauer soit le seul modèle que Klimt peignit deux fois a toujours été compris comme la marque de l'importance particulière qu'elle avait pour lui — le fondement de la tradition tenace selon laquelle elle fut sa maîtresse, invérifiable mais largement admise. Que la liaison ait été réelle ou non, les deux portraits font d'elle le modèle le plus complètement documenté de tous, le seul visage qui porte son art par-delà la ligne de partage de son plus grand changement, de l'or à la couleur ; et sa mort précoce en 1925, avant la catastrophe, ainsi que la longue postérité de ses portraits, entre spoliation, procès et restitution, ont fait d'elle, plus que quiconque, le visage humain du monde de Klimt et de son destin.
Coda
Le Portrait d'Adele Bloch-Bauer II est le pivot de l'art tardif de Klimt et le témoignage d'une double séance de pose unique — la seule personne qu'il peignit deux fois, dans l'or en 1907 et dans la couleur en 1912. C'est l'un des plus beaux portraits tardifs et la clé de la transition entre le style d'or et la couleur ardente des dernières années, et, avec sa sœur d'or, un monument de l'histoire des Bloch-Bauer, faite de mécénat, de spoliation et de restitution, qui parcourt toute la réception moderne de Klimt.