Le tableau
L'une des trois peintures de plafond de l'Université ; huile sur toile, haute de quelque 4,3 mètres. Un fleuve de corps nus enchevêtrés — le cours de la vie, avec parmi eux la Mort en squelette — et, au-dessous, la déesse Hygie, d'or et de rouge, le serpent d'Asclépios au bras, qui tourne le dos à l'humanité souffrante. Brûlée au château d'Immendorf en 1945, elle subsiste en photographies et dans une étude en couleurs. — Université de Vienne (détruite en 1945).
Le sujet
La Médecine fut le deuxième des tableaux des Facultés et, avec La Philosophie, le plus scandaleux. Au lieu du triomphe de l'art de guérir, Klimt en montra l'impuissance : une colonne d'humanité — nourrissons, amants, malades, vieillards — dérivant dans un fleuve de corps où la Mort est mêlée, avec en son centre une femme nue enceinte, tandis qu'Hygie, déesse de la santé, se tient en bas, vêtue d'or et de rouge, et tourne le dos aux souffrances qu'elle ne soulage pas. Professeurs et public s'indignèrent de la nudité et du pessimisme, et le tableau devint l'un des foyers du scandale de l'Université qui chassa Klimt de l'art public.
Contexte et réception
Avec La Philosophie et La Jurisprudence, La Médecine est le centre perdu de l'ambition de Klimt, et ses thèmes — le fleuve de la vie, la Mort parmi les vivants, le corps enceint, l'impuissance de la raison devant la mortalité — reviennent, transformés, dans les allégories qui subsistent : L'Espoir, Les Trois Âges de la femme, La Mort et la Vie. L'Hygie d'or est l'une des premières figures d'or. Brûlé en 1945, le tableau subsiste en photographies et dans une étude en couleurs, et sa destruction compte parmi les plus grandes pertes de l'œuvre.
Ce qu'il faut regarder
Dans les images qui subsistent : le fleuve de corps enchevêtrés ; la Mort en squelette parmi les vivants ; la femme nue enceinte au centre ; l'Hygie d'or et de rouge tournant le dos à l'humanité souffrante. Puis le scandale, et la perte.
Coda
La Médecine est l'une des trois allégories perdues de l'Université — l'art de guérir montré non comme un triomphe mais comme une impuissance, un fleuve de corps souffrants où passe la Mort, tandis qu'Hygie tourne le dos. Scandaleuse en son temps, brûlée en 1945, elle ne survit qu'en photographies, l'une des plus grandes victimes de la catastrophe ; ses thèmes se prolongent dans les allégories de la vie et de la mort qui subsistent.