Perdues et douteuses · 1896–1917

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Le catalogue — les peintures dans l'ordre chronologique, chacune accompagnée d'un commentaire.

149 œuvres du peintre et de l'atelier · 18 copies et œuvres d'après · 64 559 mots de commentaire · Partie 6 sur 6 · 1896–1917

Œuvres détruites, perdues ou douteuses

Les œuvres recensées par Wikidata qui n'existent plus — les peintures des plafonds de l'Université et d'autres, brûlées au château d'Immendorf en 1945 — ou dont l'attribution est incertaine. Elles figurent ici par souci d'exhaustivité, d'après photographies et archives.

1896–99 Schubert au piano I

http://www.wikidata.org/.well-known/genid/15c9034dbf053115546c4146130ecf42 · peinture · toile, huile · 30 × 39 cm

Schubert au piano I (détruit en 1945) : la première version du dessus-de-porte tant aimé montrant Schubert au clavier à la lueur des bougies, exécuté pour le palais Dumba ; brûlé au château d'Immendorf en 1945, il ne survit que par des photographies. L'une des grandes pertes de l'œuvre, une tendre évocation du passé Biedermeier.

1898 La Musique II

· peinture

La Musique II (détruit en 1945) : la seconde version du dessus-de-porte de La Musique pour le palais Dumba, pendant de Schubert au piano ; brûlé au château d'Immendorf en 1945, il ne survit que par des photographies. L'une des pertes de cet incendie.

1900–07 Les peintures des plafonds de l'Université de Vienne

· œuvre détruite, ensemble de peintures, cycle de peintures · 430 × 300 cm

Le tableau

Trois grandes peintures de plafond — La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence — commandées en 1894 pour la grande salle des fêtes de l'Université de Vienne et livrées entre 1900 et 1907 ; huile sur toile, chacune haute de quelque 4,3 mètres. Incendiées par des troupes SS en retraite au château d'Immendorf en mai 1945, elles ne subsistent plus qu'en photographies et dans quelques études. — Détruites en 1945.

Le sujet

Les tableaux des Facultés sont le grand scandale et la grande perte de la carrière de Klimt. Chargé d'allégoriser le triomphe de la lumière et de la raison dans chacune des facultés, Klimt livra au contraire une vision de l'humanité mue par des forces obscures, souffrante, mortelle, et que la pensée ne rachète pas : La Philosophie, une nébuleuse de corps nus dérivant dans un vide étoilé ; La Médecine, un fleuve de corps enchevêtrés parmi lesquels passe la Mort, tandis qu'Hygie tourne le dos à l'humanité souffrante ; La Jurisprudence, un vieillard livré à des furies vengeresses. Les professeurs adressèrent une pétition contre ces œuvres ; le public cria à la pornographie et au pessimisme ; Klimt, après des années de combat, racheta les tableaux, les retira, et n'accepta plus jamais de commande publique.

Contexte et réception

Les tableaux de l'Université sont la charnière de la carrière de Klimt — les œuvres qui le chassèrent de la sphère publique vers le monde privé du portrait, du paysage et du collectionneur, et qui confirmèrent l'orientation intérieure, érotique et pessimiste de son art. Leur destruction en 1945, avec une si grande part de la collection Lederer, est la plus grande perte de son œuvre : les plus grandes de ses allégories, celles pour lesquelles il affronta l'establishment et refit sa vie, n'existent plus aujourd'hui qu'en photographies noir et blanc. Cette notice consigne la série dans son ensemble ; La Médecine fait l'objet d'une notice propre.

Ce qu'il faut regarder

Dans les photographies qui subsistent : la colonne dérivante de corps nus de La Philosophie ; le fleuve de corps et l'Hygie d'or de La Médecine ; le vieillard tourmenté de La Jurisprudence. Puis le fait même de la perte — les plus grandes des allégories de Klimt, brûlées, qui ne survivent plus qu'à l'état de fantômes.

Coda

Les peintures des plafonds de l'Université sont le centre perdu de l'ambition de Klimt — cette vision d'une humanité que la raison ne rachète pas, qui scandalisa Vienne, le chassa de l'art public et fut détruite par les SS en 1945. Elles ne survivent qu'en photographies, la plus grande victime de la catastrophe qui engloutit à la fois l'œuvre monumental de Klimt et le monde de ses mécènes.

1899 Schubert au piano II

· œuvre détruite, peinture · toile, huile · 150 × 200 cm

Huile sur toile — détruite en 1945 au château d'Immendorf. L'un des deux dessus-de-porte que Klimt peignit pour le salon de musique du palais Dumba (Schubert au piano et La Musique II), montrant le compositeur Schubert au clavier à la lueur des bougies, entouré de chanteuses, dans une manière douce, atmosphérique et tonale. Ce fut, de son vivant, l'un des tableaux les plus aimés de Klimt — une évocation tendre et lumineuse de la Hausmusik viennoise et du passé Biedermeier —, et sa perte dans l'incendie d'Immendorf en 1945, avec les tableaux de l'Université et tant d'autres œuvres de la collection Lederer, compte parmi les grandes pertes de l'œuvre. Il ne survit que par des photographies et quelques études. Placé ici parmi les œuvres détruites.

1903 Du royaume de la mort (Aus dem Reiche des Todes)

unknown · peinture · toile, huile · 64 × 48 cm

Du royaume de la mort (Aus dem Reiche des Todes) : un tableau allégorique des années dorées, perdu ou non localisé ; répertorié sur Wikidata, il est aujourd'hui introuvable.

1900–07 La Médecine

University of Vienna · peinture

Le tableau

L'une des trois peintures de plafond de l'Université ; huile sur toile, haute de quelque 4,3 mètres. Un fleuve de corps nus enchevêtrés — le cours de la vie, avec parmi eux la Mort en squelette — et, au-dessous, la déesse Hygie, d'or et de rouge, le serpent d'Asclépios au bras, qui tourne le dos à l'humanité souffrante. Brûlée au château d'Immendorf en 1945, elle subsiste en photographies et dans une étude en couleurs. — Université de Vienne (détruite en 1945).

Le sujet

La Médecine fut le deuxième des tableaux des Facultés et, avec La Philosophie, le plus scandaleux. Au lieu du triomphe de l'art de guérir, Klimt en montra l'impuissance : une colonne d'humanité — nourrissons, amants, malades, vieillards — dérivant dans un fleuve de corps où la Mort est mêlée, avec en son centre une femme nue enceinte, tandis qu'Hygie, déesse de la santé, se tient en bas, vêtue d'or et de rouge, et tourne le dos aux souffrances qu'elle ne soulage pas. Professeurs et public s'indignèrent de la nudité et du pessimisme, et le tableau devint l'un des foyers du scandale de l'Université qui chassa Klimt de l'art public.

Contexte et réception

Avec La Philosophie et La Jurisprudence, La Médecine est le centre perdu de l'ambition de Klimt, et ses thèmes — le fleuve de la vie, la Mort parmi les vivants, le corps enceint, l'impuissance de la raison devant la mortalité — reviennent, transformés, dans les allégories qui subsistent : L'Espoir, Les Trois Âges de la femme, La Mort et la Vie. L'Hygie d'or est l'une des premières figures d'or. Brûlé en 1945, le tableau subsiste en photographies et dans une étude en couleurs, et sa destruction compte parmi les plus grandes pertes de l'œuvre.

Ce qu'il faut regarder

Dans les images qui subsistent : le fleuve de corps enchevêtrés ; la Mort en squelette parmi les vivants ; la femme nue enceinte au centre ; l'Hygie d'or et de rouge tournant le dos à l'humanité souffrante. Puis le scandale, et la perte.

Coda

La Médecine est l'une des trois allégories perdues de l'Université — l'art de guérir montré non comme un triomphe mais comme une impuissance, un fleuve de corps souffrants où passe la Mort, tandis qu'Hygie tourne le dos. Scandaleuse en son temps, brûlée en 1945, elle ne survit qu'en photographies, l'une des plus grandes victimes de la catastrophe ; ses thèmes se prolongent dans les allégories de la vie et de la mort qui subsistent.

1913 Malcesine sur le lac de Garde

· peinture · toile, huile · 110 × 110 cm

Le tableau

Un paysage représentant la petite ville de Malcesine sur le lac de Garde — les maisons s'élevant en gradins depuis l'eau, dissoutes en un champ dense et chatoyant de façades colorées, le ciel réduit à une bande. L'un des paysages du lac de Garde de l'été 1913 ; détruit par le feu au château d'Immendorf en 1945. — Détruit en 1945.

Le sujet

Malcesine sur le lac de Garde fut, avec l'Église à Cassone, l'un des paysages de l'été 1913 que Klimt passa sur le lac italien — la ville s'élevant depuis l'eau en gradins de maisons colorées, l'ensemble dissous en une mosaïque chatoyante selon la manière caractéristique, l'architecture plaquée contre le plan. Il faisait partie des œuvres entreposées au château d'Immendorf et incendiées par les troupes SS en retraite en 1945, l'une des nombreuses victimes de ce feu, et il ne subsiste qu'en photographies. Sa perte participe de la destruction plus large qui engloutit la collection Lederer et une si grande part de l'œuvre de Klimt.

Contexte et réception

Les paysages du lac de Garde, qui appliquent la méthode de Klimt à la petite ville italienne du bord du lac, comptent parmi les plus colorés et les plus architecturaux de ses paysages ; que l'un d'eux ait été détruit à Immendorf rattache même les sereins paysages tardifs à la catastrophe. Malcesine ne survit, comme les tableaux de l'Université et tant d'autres œuvres, qu'en reproduction — une ville chatoyante au bord d'un lac, que l'on ne connaît plus que par une photographie.

Ce qu'il faut regarder

Dans la photographie qui subsiste : les gradins de maisons colorées s'élevant depuis l'eau ; la mosaïque chatoyante des façades ; l'architecture aplatie. Puis la perte — un tableau de plus parmi ceux qui brûlèrent à Immendorf en 1945.

Coda

Malcesine sur le lac de Garde fut l'un des paysages de l'été italien de 1913 de Klimt — la ville du bord du lac dissoute en une mosaïque chatoyante de maisons colorées —, brûlé au château d'Immendorf en 1945 et qui ne survit qu'en photographies. Sa perte rattache même les sereins paysages tardifs à la catastrophe qui engloutit une si grande part de l'œuvre.

1916 Paysage de Schönbrunn (Allée de jardin avec des poules)

http://www.wikidata.org/.well-known/genid/8e7d3459126a9bb3ed32f3ba6f121985 · peinture

Le tableau

Un paysage représentant une allée de jardin avec des poules, dans un champ dense et chatoyant de feuillage et de fleurs — l'un des rares tableaux de jardin de Klimt où figurent des animaux. Détruit par le feu au château d'Immendorf en 1945 ; il ne subsiste qu'en photographies. — Détruit en 1945.

Le sujet

L'Allée de jardin avec des poules (parfois appelée paysage de Schönbrunn) était l'un des rares paysages de Klimt à inclure des êtres vivants — des poules sur une allée de jardin, au milieu d'un champ dense de fleurs et de feuillage, dans la manière chatoyante et uniforme. Il faisait partie des œuvres entreposées au château d'Immendorf et incendiées par les SS en retraite en 1945, l'une des nombreuses victimes de ce feu, et il ne subsiste qu'en photographies. Sa perte participe de la destruction plus large de la collection Lederer et d'une si grande part de l'œuvre tardif de Klimt.

Contexte et réception

Qu'un paysage aussi charmant que l'Allée de jardin avec des poules ait été détruit est l'un des chagrins mineurs au sein de la grande perte de l'incendie d'Immendorf ; le tableau, que l'on ne connaît plus que par la reproduction, rappelle combien l'art paysager de Klimt périt, avec ses tableaux de figures, en 1945. Les poules en font une rareté — les paysages de Klimt sont presque toujours dépourvus de figures et d'animaux —, et sa perte fait disparaître l'une des rares exceptions.

Ce qu'il faut regarder

Dans la photographie qui subsiste : l'allée de jardin ; les poules ; le champ dense de fleurs et de feuillage. Puis la perte — un tableau de plus parmi ceux qui brûlèrent à Immendorf en 1945, et l'un des rares où figurent des êtres vivants.

Coda

L'Allée de jardin avec des poules était l'un des rares paysages de Klimt où figurent des êtres vivants — des poules sur une allée au milieu d'un champ de fleurs —, brûlé au château d'Immendorf en 1945 et qui ne survit qu'en photographies. Sa perte est l'un des chagrins mineurs au sein de la grande destruction de cet incendie.

1916 Le Col de fourrure (Der Pelzkragen)

unknown · peinture

Le Col de fourrure (Der Pelzkragen) : un portrait de femme au col de fourrure, des dernières années ; répertorié sur Wikidata comme non localisé ou de localisation incertaine.

1916–17 Les Amies (Die Freundinnen)

· peinture · toile, huile · 99 × 99 cm

Le tableau

Huile sur toile. Un tableau représentant deux femmes — des amies, ou des amantes —, l'une nue, l'autre vêtue d'une robe aux motifs éclatants, enlacées ou se tenant tout près l'une de l'autre, devant un mur dense d'ornements extrême-orientaux, dans la couleur ardente tardive. Détruit par le feu au château d'Immendorf en 1945 ; il subsiste en photographies et dans une reproduction en couleurs. — Détruit en 1945.

Le sujet

Les Amies montrait deux femmes ensemble — l'une nue, l'autre vêtue d'une robe aux motifs éclatants, proches et intimes devant un mur de figures et d'ornements asiatiques —, l'une des images klimtiennes de l'intimité féminine et, probablement, de l'amour entre femmes, de la même famille que les Serpents d'eau et les allégories tourbillonnantes. C'était l'un des plus beaux des tableaux en couleurs tardifs, l'ornement ardent et les deux figures composant une surface riche et sensuelle. Il brûla au château d'Immendorf en 1945 avec les tableaux de l'Université et une si grande part de la collection Lederer, et ne survit qu'en reproduction — l'une des plus grandes pertes parmi les œuvres tardives.

Contexte et réception

Le tableau appartenait au thème de l'intimité féminine qui traverse l'art de Klimt, des Serpents d'eau à La Vierge et à La Fiancée, et son traitement franc de deux femmes ensemble en faisait l'un des plus audacieux des tableaux tardifs. Sa destruction fait disparaître l'une des expressions tardives les plus complètes de ce thème ; comme Malcesine et l'Allée de jardin avec des poules, on ne le connaît plus que par une photographie, victime de l'incendie qui engloutit les fonds Lederer.

Ce qu'il faut regarder

Dans la reproduction qui subsiste : la femme nue et la femme vêtue, tout près l'une de l'autre ; le mur d'ornements extrême-orientaux ; la couleur ardente ; l'intimité féminine. Puis la perte — l'un des plus beaux tableaux tardifs de plus, brûlé en 1945.

Coda

Les Amies était l'un des plus beaux des tableaux en couleurs tardifs de Klimt — deux femmes, l'une nue, l'autre vêtue, intimes devant un mur d'ornements asiatiques ardents, audacieuse expression tardive du thème de l'intimité féminine. Brûlé au château d'Immendorf en 1945, il ne survit qu'en reproduction, l'une des plus grandes pertes parmi les œuvres tardives.

1916–17 Jardin avec coqs (Bauerngarten mit Hühnern)

· peinture · toile, huile · 110 × 110 cm

Jardin avec coqs (Bauerngarten mit Hühnern) (détruit en 1945) : un paysage de jardin fleuri avec des coqs ; brûlé au château d'Immendorf en 1945, il ne survit qu'en reproduction — l'une des pertes de cet incendie, et l'un des rares paysages de Klimt avec des animaux.

Œuvres extraites de Wikidata (créateur P170 = Q34661, avec image P18) ; dates tirées de P571 lorsqu'elle existe, sinon fournies d'après la littérature ; lieux de conservation P195/P276 ; matériaux P186 ; dimensions P2048/P2049. Les mentions de rang reflètent le nombre d'éditions linguistiques de Wikipédia qui consacrent un article à l'œuvre. Images de Wikimedia Commons ; cliquer pour agrandir, flèches du clavier pour naviguer. Données récupérées le 2026-08-21. Les noms des lieux de conservation sont ceux de Wikidata.

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