1650–1660 La Vision de Daniel
La Vision de Daniel (Gemäldegalerie, Berlin) : un tableau à sujet religieux (la date de 1650 donnée par Wikidata est une valeur par défaut) ; un tableau d'histoire de Reynolds, chose rare dans une collection allemande.
Le catalogue — portraits, fancy pictures et tableaux d'histoire dans l'ordre chronologique, chacun accompagné d'un commentaire.
714 œuvres du peintre et de l'atelier · 24 copies et œuvres d'après · 47 093 mots de commentaire · Partie 1 sur 21 · 1650–1751
Tous les Reynolds recensés par Wikidata avec une image, dans l'ordre chronologique — quelque 790 tableaux, le plus vaste catalogue de cette collection, de l'apprentissage de Plymouth dans les années 1740 aux derniers tableaux précédant la cécité de 1789, en passant par les années romaines et les décennies de Great Newport Street et de Leicester Fields. Les carnets de rendez-vous de Reynolds consignent plus de deux mille séances de pose ; le catalogue de David Mannings (2000) recense environ 2 000 peintures, et les problèmes d'attribution — peintres de draperies de l'atelier, répliques d'élèves, centaines de copies engendrées par ses manières noires — sont la condition permanente de ce catalogue. Les notices identifient les modèles, datent d'après les carnets chaque fois que c'est possible, et signalent l'atelier comme le douteux. Ce que montre la suite, c'est une carrière : l'élaboration d'une manière dans les années 1750, sa grande phase dans les années 1760 et 1770, les expériences tardives, et les visages de deux générations de la vie publique britannique.
La Vision de Daniel (Gemäldegalerie, Berlin) : un tableau à sujet religieux (la date de 1650 donnée par Wikidata est une valeur par défaut) ; un tableau d'histoire de Reynolds, chose rare dans une collection allemande.
Dit « Johann Christoph Pepusch » (Royal College of Music) : un portrait traditionnellement donné pour celui du compositeur de la musique de L'Opéra du gueux, mort en 1752 ; l'identification est douteuse.
Sir Joshua Reynolds (National Portrait Gallery) : un autoportrait de jeunesse — le jeune Reynolds s'abritant les yeux de la main, vers 1748 (la date de 1740 donnée par Wikidata est approximative) —, l'une des images les plus célèbres de la jeunesse du peintre.
John Richard Edgcumbe, 2e baron Mount Edgcumbe (Mount Edgcumbe House) : portrait d'un des premiers protecteurs du peintre dans le Devon, de la famille Edgcumbe.
Le Lieutenant Robert Haswell, de la Royal Navy (New Art Gallery Walsall) : le portrait naval d'un jeune officier.
Portrait de jeune homme (Barber Institute, Birmingham) : un modèle masculin non identifié.
Richard Eliot et sa famille (Port Eliot) : un groupe familial des Eliot, dans leur demeure de Cornouailles.
Le Commandant John Roberts (Royal Museums Greenwich) : un portrait naval, à Greenwich.
Autoportrait (SCAD Museum of Art, Savannah) : un autoportrait, parmi tant d'autres ; dans une collection américaine.
L'Amiral John Byron (?) (Newstead Abbey) : « Foulweather Jack » (« Jack Gros-Temps »), le circumnavigateur, grand-père du poète Byron ; un portrait naval, à l'identification incertaine, à Newstead.
Homme inconnu (Yale Center for British Art) : un modèle masculin non identifié, dans la grande collection d'art britannique de Yale.
Le Capitaine George Edgcumbe (Royal Museums Greenwich) : un portrait naval de l'un des premiers protecteurs du peintre dans le Devon ; voir les versions de Dublin et de Mount Edgcumbe.
Le Lieutenant, puis capitaine, Paul Henry Ourry, membre du Parlement (National Trust) : le portrait naval d'un officier du Devon, membre du Parlement.
Lord Rokeby (Musées nationaux Récupération) : un portrait parmi les fonds nationaux français de récupération des œuvres déplacées pendant la Seconde Guerre mondiale ; le modèle est Matthew Robinson, lord Rokeby, le pair excentrique qui portait la barbe.
Portrait de gentilhomme (Marble Hill House) : un modèle masculin non identifié.
Le Révérend William Beele (Barber Institute) : un portrait d'ecclésiastique, du début ou du milieu de la carrière.
Portrait de gentilhomme (Munich Central Collecting Point) : un portrait masculin passé par le centre de tri d'après-guerre des œuvres d'art déplacées ; c'est la provenance qui fait ici document.
Œuvre documentée · 3 éditions linguistiques Q50894336 Wikipedia
Huile sur toile, 239 × 147,5 cm — Royal Museums Greenwich (National Maritime Museum). Le portrait en pied qui fit la réputation de Reynolds : Augustus Keppel (1725–1786), le jeune capitaine de vaisseau qui avait offert au peintre son passage vers la Méditerranée en 1749, s'avance à grands pas sur un rivage rocheux, un navire naufragé et une mer déferlante derrière lui, le manteau rejeté par le vent, le bras droit tendu — la pose de l'Apollon du Belvédère, inversée, prêtée à un officier britannique vivant.
La dette envers l'antique était le propos même et devait se voir : la statue la plus célèbre de Rome, le dieu de la lumière dans le geste du commandement, prêtée à un marin sur une côte réelle, dans un tableau dont l'échelle, le mouvement et la lumière dramatiques n'avaient aucun équivalent dans le portrait londonien — la manière raide, frontale, confinée à l'atelier de Hudson et de Kneller. La scène fait aussi allusion au propre naufrage manqué de Keppel (un naufrage au large des côtes de France en 1747) et au moule héroïque du portrait naval ; la tempête, l'épave et le bras tendu font d'une effigie une histoire. Reynolds le peignit à son retour d'Italie, en témoignage de gratitude, et le tableau annonçait tout ce que la grande manière allait faire pour le portrait anglais.
Peint en 1752–53 après deux années d'étude de Raphaël, de Michel-Ange et des Vénitiens, le Keppel est le manifeste de l'essai en une seule toile : la pose empruntée, la lumière concentrée sur la tête et la main, la chair chaude à la vénitienne, la réduction du décor au ciel, à la mer et au rocher. Il fit affluer les modèles à Great Newport Street et fixa pour une génération le prix du portrait anglais. Les deux hommes demeurèrent amis et alliés politiques (tous deux du parti whig, hostile à la cour) ; Reynolds peignit Keppel à maintes reprises pendant trente ans, et le soutint lors de sa cour martiale en 1779.
Peint pour Keppel ; par descendance dans la famille ; acquis par le National Maritime Museum, où il est accroché comme le tableau fondateur de la manière de Reynolds et du portrait héroïque britannique.
Le bras tendu et l'Apollon qu'il cite ; l'épave et la tempête ; la lumière sur le visage ; l'enjambée. Puis se rappeler que c'est le tableau qui fit d'un peintre de visages du Devon le premier homme de l'art anglais.
Le Keppel fonda un genre. Le portrait en pied héroïque, naval et militaire — l'officier en mouvement, dans un paysage réel, doté d'une pose empruntée à l'antique ou aux maîtres anciens — devint, grâce à Reynolds, l'image canonique des hommes qui menaient les guerres de la Grande-Bretagne, et il se prolonge, à travers Lawrence et le portrait militaire du XIXe siècle, jusqu'à l'image de propagande. Keppel lui-même occupait une place centrale dans le monde de Reynolds : un whig, un ami, le frère de l'évêque d'Exeter qui maria le peintre, et l'accusé de la cour martiale de 1779 (après la bataille indécise d'Ouessant), dont l'acquittement fut un triomphe whig et que Reynolds soutint. La loyauté du peintre envers Keppel pendant trente ans est l'un des rares engagements personnels durables que révèlent des archives par ailleurs réticentes.
Le tableau est relativement bien conservé pour un Reynolds de jeunesse, bien que les ombres aient foncé ; plusieurs versions ultérieures et la manière noire d'Edward Fisher diffusèrent la composition. La toile de Greenwich est la version princeps, et elle est accrochée là où elle doit l'être, parmi les portraits que la marine a fait faire de ses propres commandants.
Mrs George Collier (Cleveland Museum of Art) : un portrait féminin, à Cleveland.
Portrait d'un lieutenant de marine, 1749 (Royal Museums Greenwich) : un portrait naval précoce, de l'année où Reynolds prit la mer avec Keppel ; un jeune officier.
Le Capitaine Adam Duncan, plus tard amiral vicomte Duncan (National Galleries Scotland) : le futur vainqueur de Camperdown (1797) ; le portrait naval du futur amiral en jeune officier.
Le Capitaine Augustus Keppel (Royal Museums Greenwich) : un portrait naval précoce de l'ami de Reynolds et son premier grand protecteur (voir le Commodore Keppel de Greenwich).
Clotworthy Skeffington, 1er comte de Massereene (collection particulière) : portrait d'un pair irlandais, du début de la carrière.
Œuvre documentée · 4 éditions linguistiques Q20486721 Wikipedia
Huile sur toile — Art Gallery of New South Wales, Sydney. Un portrait à mi-corps du jeune comte écossais (1718–1789), des années qui entourent le départ de Reynolds pour l'Italie ou qui le suivent immédiatement ; un portrait de jeunesse où la formation reçue chez Hudson demeure visible sous l'ambition, et le plus ancien Reynolds d'une collection australienne.
Le tableau appartient au moment de transition — les années du Devon et les premières années londoniennes — avant que l'Italie ne transforme la manière : la pose est conventionnelle, la facture soigneuse, la couleur sobre, et la dette envers Thomas Hudson, le maître de Reynolds, est manifeste dans l'aplomb de la figure et le traitement de l'habit. Ce qui appartient déjà à Reynolds, c'est l'attention portée au visage — la ressemblance vive et singulière que le format convenu ne parvient pas à étouffer. Le modèle, pair écossais représentatif du milieu du siècle, appartient à la classe qui remplissait les premiers registres de séances.
Par descendance ; le marché écossais et anglais ; acquis par l'Art Gallery of New South Wales pour sa collection britannique historique, où il représente le jeune Reynolds.
La pose de Hudson et le visage de Reynolds ; la couleur sobre de la première manière ; l'habit. Puis comparer avec le Keppel, peint à un an ou deux d'intervalle, pour mesurer ce que fit l'Italie.
Le 7e comte de Lauderdale était un pair représentatif écossais, de cette noblesse écossaise dont l'entrée dans l'establishment britannique après l'Union remplit les premiers registres de Reynolds ; son fils, le 8e comte, fut l'économiste politique et l'ami d'Adam Smith. La présence du tableau à Sydney témoigne de la dispersion, au XXe siècle, des collections des demeures de campagne anglaises vers les musées du monde anglophone : l'Art Gallery of New South Wales a constitué une collection britannique historique dans laquelle le jeune Reynolds représente les origines de l'école. En tant qu'œuvre de jeunesse, il est instructif précisément par ce qui lui manque — le mouvement, l'allusion, la lumière concentrée de la manière postérieure à l'Italie — et par la qualité qui y est déjà présente, l'attention exacte et vivante au visage.
Comparé au Keppel peint un an ou deux plus tard, le Lauderdale mesure la distance que fit parcourir l'Italie : la différence entre un peintre de visages provincial et compétent dans la manière londonienne et l'inventeur de la grande manière anglaise. Tous deux sont de la même main à peu d'années d'intervalle ; les deux années passées à Rome et à Venise sont l'écart qui les sépare. Le tableau de Sydney, modeste et précoce, est ainsi l'un des plus utiles du catalogue pour qui étudie la formation de Reynolds : il montre la matière première — un provincial doué, à l'œil sûr et à la manière convenue — sur laquelle le voyage d'Italie opéra. Le visage soutient la comparaison ; le reste est du Hudson.
La date est incertaine — le tableau peut être une œuvre tardive de la période du Devon, vers 1748–50, ou une œuvre londonienne des lendemains du voyage d'Italie ; la pose conventionnelle et la couleur sobre plaident pour la date la plus haute. La toute première manière de Reynolds, apprise auprès de Hudson et de la tradition de Kneller que Hudson transmettait, est un art commercial et compétent du portrait de visage : le modèle de face ou de trois quarts, la lumière égale, le drapé réduit à une formule, la ressemblance seule vivante. Ce que montre le Lauderdale, c'est que cette vie était déjà exceptionnelle — le visage est observé, non simplement enregistré — et que la transformation opérée par l'Italie porta sur le décor et l'ambition, non sur le don fondamental pour la tête humaine. Le tableau est l'étalon à l'aune duquel se mesure toute la carrière ultérieure.
Mr Barham et Miss Barham (Abbot Hall Art Gallery, Kendal) : un double portrait de deux membres de la famille Barham.
Mrs Horton, plus tard vicomtesse Maynard (Metropolitan Museum of Art) : portrait de Nancy Parsons, courtisane célèbre des années 1760, maîtresse du duc de Grafton et de quelques autres ; un Reynolds du Met.
Nancy Catley (?) (collection particulière) : peut-être la chanteuse et actrice Ann Catley, beauté célèbre de la scène des années 1770 ; l'identification est incertaine.
Edmund Burke et Charles James Fox (collection particulière) : un double portrait ou une esquisse des deux hommes d'État whigs, alliés puis adversaires acharnés au sujet de la Révolution française ; tous deux étaient des amis de Reynolds.
Joseph Baretti (Indianapolis Museum of Art) : le lexicographe italien, ami de Johnson et membre du Club, représenté en train de lire, le livre tenu tout contre ses yeux de myope — pendant, dans sa conception, du Johnson lisant ; un beau portrait.
Portrait de dame (ancienne collection Göring, Munich) : un portrait féminin dont la provenance passe par les fonds d'œuvres spoliées de la Seconde Guerre mondiale ; c'est la provenance qui fait ici document.
Portrait de dame en blanc (SCAD Museum of Art, Savannah) : une modèle non identifiée, dans une collection américaine.
Mrs Abington (Denver Art Museum) : portrait de l'actrice comique Frances Abington, amie de Reynolds et modèle fréquent ; une version américaine.
Charles Fitzroy, 1er baron Southampton (collection particulière) : portrait d'un petit-fils du 2e duc de Grafton, soldat et courtisan.
Portrait (Musée national d'Art ancien, Lisbonne) : un portrait de Reynolds dans la collection nationale portugaise ; le modèle n'est pas indiqué dans les données.
Saint Michel archange terrassant le dragon (Royal Collection) : un tableau à sujet religieux, rare essai de Reynolds dans le grand genre sacré.
Autoportrait (Yale Center for British Art) : un autoportrait, dans la grande collection d'art britannique de Yale.
Groupe caricatural : sir Charles Turner, Mr Cook, Mr John Woodyeare et d'autres (Rhode Island School of Design Museum) : l'un des groupes caricaturaux comiques que Reynolds peignit à Rome en 1751, parodies du portrait de groupe dans le grand genre — un rare aperçu de l'esprit du jeune peintre.
Caricature de sir Thomas Kennedy, James Caulfeild (lord Charlemont) et d'autres (National Gallery of Ireland) : un autre groupe caricatural romain de 1751 — Charlemont, futur protecteur des arts, parmi les voyageurs.
Caricature de sir William Lowther et Joseph Leeson (National Gallery of Ireland) : un autre des groupes caricaturaux romains de 1751, représentant des voyageurs anglais ; une invention comique du jeune Reynolds.
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