1769 Le Capitaine Arthur Blake
Le Capitaine Arthur Blake (Birmingham Museum of Art, Alabama) : un portrait militaire.
Le catalogue — portraits, fancy pictures et tableaux d'histoire dans l'ordre chronologique, chacun accompagné d'un commentaire.
714 œuvres du peintre et de l'atelier · 24 copies et œuvres d'après · 47 093 mots de commentaire · Partie 8 sur 21 · 1769–1772
Le Capitaine Arthur Blake (Birmingham Museum of Art, Alabama) : un portrait militaire.
Le Capitaine Philemon Pownall (Bayerische Staatsgemäldesammlungen) : un portrait naval (voir l'esquisse de l'Ashmolean) ; à Munich.
Œuvre documentée · 3 éditions linguistiques Q5148084 Wikipedia
Huile sur toile, 236 × 180 cm — Tate (et National Gallery). Un double portrait en pied de deux amis, John Dyke Acland et Thomas Townshend (plus tard vicomte Sydney), en train de tirer — l'un bandant un arc, l'autre courant avec un oiseau abattu, tous deux dans un bois —, un tableau de la grande manière consacré à l'amitié et à l'action masculines, exposé à l'Académie en 1770.
Le tableau reprend la chasse antique et rubénienne pour en faire le portrait de deux jeunes hommes en mouvement violent — chose rare chez Reynolds, dont les modèles se tiennent d'ordinaire debout ou assis. La figure qui court, l'arc bandé, le décor boisé en font l'une de ses compositions les plus dynamiques, et l'association des deux amis dans une action commune est l'équivalent masculin des groupes féminins de « Grâces ». Lord Sydney donna son nom à la ville australienne ; Acland combattit et fut blessé pendant la guerre d'Amérique.
Par descendance ; acquis pour la nation, partagé entre la Tate et la National Gallery.
L'arc bandé ; la figure qui court ; le bois ; les deux amis. Puis le mouvement, inhabituel chez Reynolds.
Les modèles de Reynolds se tiennent pour la plupart debout ou assis ; les Archers sont sa grande exception, un double portrait de deux amis en pleine action — l'un courant avec un oiseau abattu, l'autre bandant un arc — dans un bois, qui fait de la scène de chasse et de l'antique une étude du mouvement et de l'amitié masculins. La composition descend des chasses de Rubens et des reliefs antiques, et elle annonce l'énergie romantique d'un âge ultérieur ; c'est le pendant masculin des groupes féminins de « Grâces » (les sœurs Montgomery, les Waldegrave), dans lesquels Reynolds disposait des amies dans une action commune et allusive.
John Dyke Acland combattit et fut blessé pendant la guerre d'Amérique (la traversée des lignes par sa femme pour venir le soigner devint une histoire célèbre) ; Thomas Townshend, devenu vicomte Sydney, fut le ministre de l'Intérieur qui donna son nom à la colonie australienne. Le tableau, partagé entre la Tate et la National Gallery, compte parmi les groupes les plus admirés de Reynolds. La figure qui court et l'arc bandé donnent au tableau une énergie rare chez Reynolds et prophétique du goût romantique pour le mouvement ; partagé entre la Tate et la National Gallery, il est la grande exception à l'immobilité de l'œuvre.
La composition descend des reliefs de chasse antiques et de Rubens, et elle fait du double portrait une étude du mouvement et de l'amitié masculine ; l'arc bandé et la figure qui court lui donnent une énergie qui annonce le goût romantique pour l'action. La célèbre traversée des lignes américaines par la femme d'Acland pour soigner son mari blessé, et le nom de Sydney donné par Townshend, offrent aux deux modèles une vie posthume au-delà de la toile. Le tableau, partagé entre deux collections nationales, compte parmi les groupes les plus reproduits de Reynolds. L'énergie des Archers — si rare dans un œuvre de modèles debout et assis — en a fait l'un des favoris du regard moderne, et sa propriété partagée entre la Tate et la National Gallery le maintient sous les yeux du public londonien comme la grande exception à l'immobilité caractéristique de Reynolds.
Le Colonel John Dyke Acland (National Trust) : portrait du soldat de la guerre d'Amérique (voir Les Archers dans les notices de l'article), dont l'épouse franchit les lignes pour le soigner — histoire devenue célèbre.
Diane désarmant l'Amour : Elizabeth Dashwood, duchesse de Manchester (Wimpole Hall, National Trust) : un portrait de fantaisie montrant une duchesse en Diane désarmant l'Amour, avec son fils ; un groupe poétique.
Le Docteur Samuel Johnson (National Trust) : une version d'un portrait de Johnson.
Elizabeth Fortescue, comtesse d'Ancram (National Trust) : un portrait féminin.
Œuvre documentée · 5 éditions linguistiques Q28365975 Wikipedia
Huile sur toile — Museo Soumaya, Mexico. Un portrait d'Elizabeth Kerr, marquise de Lothian, de l'année de la fondation de l'Académie — une pairesse écossaise dans la manière féminine élégante de la fin des années 1760, et l'un des rares Reynolds d'Amérique latine, dans le musée de la collection Slim.
Le portrait est un exemple caractéristique du grand portrait féminin à mi-corps ou aux trois quarts de la période : le modèle en soie, la pose gracieuse, le décor réduit, le visage doté de la calme maîtrise de soi que la manière réservait au rang. Son intérêt pour ce catalogue tient en partie à son lieu de conservation — le Museo Soumaya, la fondation de Carlos Slim à Mexico, dont les fonds européens ont fait venir un Reynolds sur le continent américain — et en partie à sa date, l'année de fondation de l'institution que Reynolds présida.
Par descendance et par le marché ; le Museo Soumaya, Mexico.
La soie ; la pose gracieuse ; le visage calme. Puis remarquer le musée, le plus lointain de ce catalogue.
Le portrait est un exemple caractéristique du grand portrait féminin aux trois quarts de 1769 — l'année de la fondation de l'Académie —, dans lequel le modèle, une marquise écossaise, reçoit la soie, la pose gracieuse et la calme maîtrise de soi que la manière réservait au rang. Son voyage jusqu'à Mexico est celui du marché de l'art du XXe siècle : les portraits des demeures de campagne anglaises, dispersés par le commerce de Londres et de New York, gagnèrent des collections du monde entier, et le Museo Soumaya de Carlos Slim, avec ses vastes fonds européens, fit venir un Reynolds en Amérique latine.
Par descendance et par le marché ; le Museo Soumaya. Le tableau représente, dans ce catalogue, la dispersion mondiale d'un œuvre peint pour la classe dirigeante d'une seule nation — une pairesse écossaise par un peintre anglais, dans un musée mexicain. En tant que peinture, c'est un exemple compétent et élégant de la grande manière féminine de 1769 ; son principal intérêt est l'étendue de la diaspora qu'il représente, et le rappel que l'image que Reynolds donna de l'aristocratie britannique est désormais un bien mondial.
Le grand portrait féminin aux trois quarts de la fin des années 1760 — le modèle en soie sur un décor réduit, la pose gracieuse, le visage composé — était le fonds de la pratique de Reynolds, et le Lothian en est un exemple compétent, peint l'année où l'Académie fut fondée et où le peintre fut anobli. Son voyage jusqu'à Mexico est l'histoire de la dispersion du XXe siècle, et sa présence là-bas rappelle jusqu'où ont voyagé les images de la classe dirigeante d'une nation. L'état de conservation du tableau et sa date exacte ne sont pas entièrement documentés dans les sources publiques ; il figure ici sur la foi de Wikidata en tant qu'œuvre autographe de 1769, et la notice signale la prudence qu'exige sa provenance. En tant que peinture, c'est un exemple gracieux et compétent de la manière de Reynolds pour les pairesses ; le modèle, une marquise écossaise, appartient à la classe qui remplissait les registres de séances, et le tableau représente les nombreux portraits de ce genre du catalogue qui survivent mieux comme témoignages d'une société que comme œuvres célèbres. La collection européenne du Museo Soumaya, réunie à la fin du XXe siècle et au début du XXIe, l'a amené à Mexico, le point le plus lointain de la diaspora que retrace ce catalogue — la pairesse écossaise d'un peintre anglais, dans un musée situé de l'autre côté de l'Atlantique.
John Frederick Sackville, 3e duc de Dorset (National Trust) : portrait de l'ambassadeur et joueur de cricket.
John Hope (National Galleries Scotland) : portrait du botaniste, Regius Keeper du jardin d'Édimbourg.
Lord Robert Spencer (National Trust) : portrait d'un fils cadet du duc de Marlborough.
Margaret Luttrell, Mrs Southcote (National Trust) : un portrait féminin.
Œuvre documentée · 3 éditions linguistiques Q122329057 Wikipedia
Huile sur toile — collection particulière (Castle Howard). Un portrait en pied du jeune Frederick Howard, 5e comte de Carlisle (1748–1825), dans les robes de l'ordre du Chardon ou en costume à la Van Dyck, l'ami de Charles James Fox, le tuteur de Byron (son pupille et lointain cousin), et plus tard le chef de la commission Carlisle qui tenta en vain, en 1778, de négocier la paix avec les colonies américaines. Un grand portrait en pied de l'année de la fondation de l'Académie.
Carlisle est montré en jeune gentilhomme accompli du Grand Tour et du monde whig — l'intime de Fox à Eton et au-delà, un homme de goût qui bâtit et collectionna à Castle Howard, poète et homme politique mineur. Byron, son pupille, allait le railler dans English Bards and Scotch Reviewers, et le regretter. Le portrait est le type du jeune pair entrant dans la vie publique, doté de tout l'appareil de la grande manière.
Par descendance à Castle Howard, le siège de la famille Howard, où sont accrochés les Reynolds des Carlisle.
Les robes ou le costume à la Van Dyck ; le jeune visage ; le cadre grandiose. Puis les liens avec Byron et Fox que portait le modèle.
Carlisle appartenait au cercle whig intime qui était celui de Reynolds par Burke et les Rockingham : l'intime de Charles James Fox depuis Eton, un joueur et un homme de goût qui bâtit et collectionna à Castle Howard, un poète mineur, et le chef de la commission de paix envoyée sans succès en Amérique en 1778. Il était aussi, par héritage, le tuteur du jeune lord Byron, qui le brocarda dans English Bards and Scotch Reviewers et regretta plus tard cette attaque. Le portrait montre le jeune pair à ses débuts — le gentilhomme accompli qui entre dans la vie publique que le siècle attendait de son rang. Castle Howard, le palais de Vanbrugh que la famille avait fait bâtir, conserve les Reynolds des Carlisle dans le cadre pour lequel ils furent faits ; le portrait du 5e comte est le type du jeune gentilhomme whig, et ses associations ultérieures — Fox, Byron, la commission américaine — en font un nœud dans le réseau politique du siècle.
En tant que peinture, le Carlisle est un grand portrait en pied du type que Reynolds produisait pour la jeune aristocratie whig — les robes ou le costume à la Van Dyck, la pose assurée, le cadre grandiose réduit à l'essentiel —, et son intérêt est autant généalogique et politique qu'artistique : les liens du modèle avec Fox, avec Byron et avec la commission de paix américaine en font un document sur le monde whig qui était celui de Reynolds par Burke. Castle Howard le conserve dans le palais que la famille fit bâtir. Le portrait, gravé en son temps, est l'image publique du jeune pair au seuil d'une carrière qui allait croiser Byron, Fox et la guerre d'Amérique ; en tant que peinture, c'est un bel exemple du grand portrait whig en pied des années de fondation de l'Académie.
Par descendance à Castle Howard, où sont accrochés les Reynolds de la famille ; le tableau compte parmi les grands portraits en pied de la jeune aristocratie whig qui remplissent les registres de séances de la fin des années 1760.
Robert Jones de Fonmon (collection particulière) : un gentilhomme gallois.
Sir Watkin Williams-Wynn et lady Henrietta (National Museum Cardiff) : portrait du magnat gallois et de son épouse.
Augustus Hervey, 3e comte de Bristol, amiral (West Suffolk Heritage) : le portrait naval de ce pair marin.
La Reine Charlotte (Shire Hall) : une version du portrait de la reine.
Le Jeu des gages (Detroit Institute of Arts) : un tableau de fantaisie montrant des enfants jouant aux gages ; un sujet sentimental.
John Manners, marquis de Granby (Trinity College, Cambridge) : un autre portrait du général, dans son ancien collège.
John Parker, 1er baron Boringdon, avec son filleul (National Trust) : portrait du magnat de Saltram avec un enfant.
Lady Henrietta Herbert, plus tard comtesse de Powis (Powis Castle, National Trust) : un portrait féminin, à Powis.
Louisa, lady Bagot (Wolverhampton Art Gallery) : un portrait féminin.
Mary Hickey (Yale Center for British Art) : un portrait féminin ; une sœur du mémorialiste William Hickey.
Mrs Trecothick (collection particulière) : un portrait féminin ; Barlow Trecothick fut lord-maire de Londres.
Oliver Goldsmith (National Trust) : portrait du poète et auteur dramatique, membre du Club (voir la version de Northampton).
Le Pape Paviarius (Guildhall Art Gallery) : une caricature ou une tête de fantaisie.
Richard Peers Symons, membre du Parlement (Cincinnati Art Museum) : un portrait masculin.
Robert Marsham, 2e baron Romney (Royal Society of Arts) : portrait du président de la Society of Arts.
La Jeune Bergère (Kenwood House) : un tableau de fantaisie représentant une bergère, au legs Iveagh.
Portrait inachevé d'une dame inconnue (Glasgow Museums) : un portrait féminin inachevé — précieux témoignage de la méthode de travail de Reynolds, la tête mise en place et le reste laissé en réserve.
Le Colonel Alexander Dow (National Trust) : portrait du soldat et orientaliste, historien de l'Hindoustan.
Frances Abington en Miss Prue (Yale Center for British Art) : le célèbre portrait de l'actrice comique à califourchon sur une chaise, le pouce contre la lèvre, dans le rôle tiré de Love for Love de Congreve ; l'un des portraits de théâtre les plus vivants de Reynolds.
Lady Harriot Fox-Strangways (National Trust) : un portrait féminin.
Mrs Thomas Watkinson Payler (Indianapolis Museum of Art) : un portrait féminin.
Œuvre documentée · 2 éditions linguistiques Q28047936 Wikipedia
Huile sur toile — National Portrait Gallery, Londres. Un portrait de Joseph Banks (1743–1820), le botaniste qui avait navigué avec Cook à bord de l'Endeavour (1768–71) et en était revenu célèbre, plus tard président de la Royal Society pendant un très long règne — assis à un bureau avec un globe et des papiers, le jeune homme de science au moment de sa gloire. L'un des portraits que Reynolds consacra aux hommes de savoir des Lumières.
Banks revint du premier voyage dans le Pacifique en 1771 avec les collections et la renommée qui firent de lui le grand protecteur de la science de son temps ; Reynolds le peignit à son bureau, un globe à portée de main et une devise latine, en homme de savoir et d'entreprise. Le tableau va de pair avec l'Omai, le Hamilton et les modèles liés aux voyages de Cook, comme témoignage de l'exploration et de la science que le registre des séances consigne aux côtés de l'aristocratie et de la scène.
Par descendance et par le marché ; la National Portrait Gallery, parmi les hommes de science.
Le globe ; les papiers ; le jeune visage assuré. Puis le Pacifique, que le modèle venait de traverser.
Banks revint du premier voyage de Cook en 1771 le naturaliste le plus célèbre d'Angleterre — le gentilhomme botaniste qui avait financé lui-même sa place à bord de l'Endeavour, rapporté les collections qui fondèrent la botanique australienne, et qui allait régner quarante et un ans sur la Royal Society comme son président et l'imprésario de la science britannique. Reynolds le peignit jeune et assuré, à un bureau avec un globe et une devise latine (Cras ingens iterabimus aequor — « demain nous repartirons sur la vaste mer »), image de l'entreprise et du savoir. Le tableau va de pair avec l'Omai et le Hamilton comme témoignage de l'exploration que le registre des séances consigne aux côtés de la pairie.
Par descendance et par le marché ; la National Portrait Gallery, parmi les hommes de science. C'est l'un des tableaux qui font de Reynolds le portraitiste de toutes les Lumières, et non de leur seule aristocratie. La devise et le globe proclament l'identité du modèle en homme d'entreprise et de science ; le tableau, avec l'Omai et le Hamilton, consigne l'exploration et le savoir que le siècle poursuivait aux côtés de ses guerres et de sa politique, et que Reynolds peignit avec le même grand sérieux.
Banks présida la Royal Society de 1778 à 1820 — la plus longue présidence de son histoire — et se fit l'imprésario de la science et de l'empire britanniques, dirigeant Kew, parrainant des voyages et conseillant les gouvernements ; le jeune naturaliste assuré du portrait de Reynolds est l'homme au seuil de cette longue domination. Le tableau va de pair avec l'Omai, que Banks avait contribué à faire venir à Londres, comme témoignage de l'entreprise du Pacifique que le registre des séances consigne aux côtés des guerres et de la pairie. La National Portrait Gallery accroche le Banks parmi les hommes de science et d'exploration, et c'est l'un des tableaux par lesquels se vérifie la prétention de Reynolds à être le portraitiste de toutes les Lumières — de leur savoir comme de leur pouvoir.
L'Honorable Theresa Robinson, Mrs John Parker (National Trust) : portrait de la maîtresse de Saltram ; les Parker étaient les protecteurs de Reynolds dans le Devon.
Vénus grondant l'Amour qui apprend à compter (Kenwood House) : un tableau de fantaisie mythologique figurant Vénus et l'Amour, au legs Iveagh.
William Petty, 2e comte de Shelburne, plus tard 1er marquis de Lansdowne (National Trust) : portrait du Premier ministre qui fit la paix avec l'Amérique en 1783.
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