TOME I · CHAPITRE VII
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Summary
The end of 1693: Monseigneur, 'ill advised', declines to attack the Heilbronn entrenchments, to marshal de Lorges's fury; returns from Rhine and coasts; successes at sea; Charleroi taken by Villeroy, Roses by Noailles, and Catinat's victory of Marsaglia in Piedmont. Back in Paris, Saint-Simon buys a cavalry regiment. At court: Daquin, first physician, brutally dismissed for Fagon; the fortune and death of La Vauguyon; young Pontchartrain's survivance; Saint-Malo bombarded without harm; Boufflers's marriage; Dangeau master of Saint-Lazare; the founding of the order of Saint-Louis.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Monseigneur, mal conseillé, n’attaque point les retranchements d’Heilbronn, dont le maréchal de Lorges est outré
- Sur le Rhin, après Heidelberg et Zwingenberg pris par le maréchal de Lorges, la jonction faite avec Monseigneur : Lorges veut attaquer Heilbronn, lève toutes les difficultés — « les troupes ne demandaient qu'à donner » — quand « un petit conseil particulier de Saint-Pouange et de M. le Premier a tout arrêté ». Monseigneur penche du côté timide, Chaulny est entraîné : « le maréchal s'est mis en furie », mais rien n'y fait, « au grand regret des principaux généraux et de toutes les troupes ». Le reste de la campagne se passe « en subsistances abondantes » — l'occasion perdue par les conseillers de cabinet contre l'avis du général.
- Monseigneur de retour du Rhin et Monsieur des côtes
- Les retours : Monseigneur revient de bonne heure « avec ses trois conseillers pacifiques » — la pointe est acérée ; Monsieur, revenu bien avant lui de Pontorson où il s'était fixé, a fait un tour de Bretagne où le duc de Chaulnes l'a reçu « avec une magnificence royale » ; il retrouve à Dreux Madame « qui venait d'avoir la petite vérole ».
- Succès à la mer
- La revanche navale de l'année : Tourville bat le convoi et « prit ou défit et dissipa presque toute la flotte marchande de Smyrne » — près de cinquante vaisseaux anglais et hollandais brûlés ou coulés, vingt-sept pris « tous marchands et richement chargés » (un seul estimé cinq cent mille écus), deux gros vaisseaux de guerre pris, deux coulés : une perte ennemie évaluée « à plus de trente millions » ; et Coetlogon brûle les vaisseaux anglais réfugiés à Gibraltar. L'humiliation de la Hogue rendue avec intérêts sur le commerce ennemi.
- Siège et prise de Charleroy par le maréchal de Villeroy
- Charleroi : Villeroy ouvre la tranchée dans la nuit du 15 au 16 septembre, Luxembourg couvre — assez près pour qu'on aille « se promener au siège » sans escorte ; le prince d'Orange « ne songea pas à donner la moindre inquiétude » et s'en va chasser à Loo. La place bat la chamade le 11 octobre après « une fort belle défense » ; on n'y perd « personne de distinction » que le fils aîné de Broglio, visiteur de tranchée ; Castille, le gouverneur, se plaint amèrement de n'avoir pas été secouru contre la parole du prince d'Orange et de l'électeur, obtient de passer par la France « et ne veut plus servir sous eux » ; Boisselot, le brave défenseur de Limerick, a le gouvernement sur-le-champ.
- Prise de Roses par le maréchal de Noailles
- En Catalogne, M. de Noailles prend Roses — et détache un gros de son armée vers Catinat, avec la gendarmerie venue du Rhin : les pièces se mettent en place pour le Piémont.
- Bataille de la Marsaille en Piémont
- La Marsaille (4 octobre) : M. de Savoie, en fureur d'avoir vu brûler sa maison de la Verrerie — représailles ordonnées « très expressément » par le roi des feux savoyards du Dauphiné et de Pragela « sans même pardonner aux églises » —, donne bataille contre l'avis de Caprara. Catinat, devinant l'effort sur sa gauche, y porte la gendarmerie « qui n'y était pas attendue » ; la victoire devient fuite, M. de Savoie « poursuivi jusqu'à la vue de Turin » : dix-sept mille hommes, trente-six canons, cinquante drapeaux. Les huguenots français au service de Savoie « combattirent en désespérés et s'y sont presque tous fait tuer ». Le roi envoie Chamlay — « la modestie et la simplicité même », son homme de confiance pour la guerre — concerter avec Catinat ; et il écrit aux deux Vendôme sans faire le même honneur à M. le Duc ni au prince de Conti pour Neerwinden : « cette différence ne les rapprocha pas et scandalisa fort tout le monde ».
- J’arrive à Paris et j’achète un régiment de cavalerie
- Le retour et l'achat : quittant l'armée après avoir visité Tournai, embourbé de nuit par « un postillon sourd et muet », le jeune duc passe à Noyon chez l'évêque de Clermont-Tonnerre — la maison tapissée d'armoiries « jusqu'aux plafonds », les cartes généalogiques de la « Descente de la très-auguste maison de Clermont-Tonnerre des empereurs d'Orient et d'Occident » — merveilles admirées « à la hâte dans un autre sens que lui ». À Paris, l'avis confié à l'armée par le chevalier du Rosel se vérifie : les carabiniers réunis en un corps pour M. du Maine, du Rosel pourvu d'une brigade, son régiment à vendre. Lettre à Beauvilliers, régiment obtenu « dans les premières vingt-quatre heures » — et les vingt-six mille livres payées à du Rosel comme promis, quatre mille de plus que le prix fixé, « sans que personne le sût » : le droit d'avis d'un ami.
- Daquin, premier médecin du roi, chassé, et Fagon en sa place
- Le coup de foudre de la Toussaint : Daquin, premier médecin, créature de Mme de Montespan, « grand courtisan, mais reître, avare, avide », qui poussait les siens en toute occasion, ose demander l'archevêché de Tours « de plein saut » pour son fils abbé. Mme de Maintenon, qui sapait depuis longtemps cet homme resté de l'autre bord et « voulait tenir le roi par toutes les avenues », saisit la prise : ordre porté par Pontchartrain avant sept heures du matin de se retirer sur-le-champ à Paris, avec six mille livres de pension et défense de voir le roi ou de lui écrire — la veille au soir, « jamais le roi n'avait tant parlé à Daquin ». Le jour des Morts, Fagon est déclaré premier médecin : le portrait suit — « un des beaux et des bons esprits de l'Europe », botaniste, chimiste, excellent praticien, désintéressé, « ami ardent, mais ennemi qui ne pardonnait point », implacable aux « charlatans », et courtisan délié qui connaissait parfaitement le roi et Mme de Maintenon.
- Fortune et mort de La Vauguyon
- La chute d'un parvenu : La Vauguyon — Bétoulat, dit Fromenteau, « un des plus petits et des plus pauvres gentilshommes de France » —, belle figure espagnole, voix charmante au luth, monté par Mme de Beauvois (la première femme de chambre de la reine mère « qui passait pour avoir eu le pucelage » du roi) jusqu'aux ambassades de Danemark et d'Espagne, au conseil d'État d'épée et à l'ordre en 1688. Puis la pauvreté « peu à peu lui tourna la tête » : la scène chez Mme Pellot, acculée contre sa cheminée « la tête entre ses deux poings » pour l'avoir plaisanté de « poltron » ; l'épée tirée sans cause contre le prince de Courtenay dans un passage de Fontainebleau, et la course chez le roi « pour lui apporter sa tête » — sept ou huit mois de Bastille pour les deux, dans une égalité de traitement que personne ne goûta ; le cheval de M. le Prince enfourché sur la route pour aller se constituer prisonnier à la Bastille, dont le gouverneur eut « toutes les peines du monde à se défaire » de lui. Sa femme morte, perdant toute subsistance, il se tue de deux coups de pistolet dans la gorge (29 novembre) — et le mémorialiste de s'étonner que le roi, qui l'avait tant élevé, « l'ait persévéramment laissé mourir de faim et devenir fou de misère ».
- Survivance de Pontchartrain
- L'année finit par la survivance de la charge de secrétaire d'État de Pontchartrain accordée à son fils Maurepas — le futur Pontchartrain fils —, conseiller aux requêtes « qui n'avait pas vingt ans, borgne de la petite vérole », fils unique depuis la mort d'un aîné « dont le père et la mère ne se consolent point ».
- Saint-Malo bombardé sans dommage
- Les ennemis bombardent Saint-Malo — « sans presque autres dommages que toutes les vitres de la ville cassées » par le bruit terrible d'une « espèce de machine infernale qui s'ouvrit et sauta avant d'être à portée » : le pétard anglais fait long feu, sous les yeux du duc de Chaulnes et du duc de Coislin accourus avec la noblesse bretonne.
- Mariage du maréchal de Boufflers
- Le maréchal de Boufflers épouse à Paris la fille du duc de Grammont — l'alliance qui fait entrer le héros roturier de fraîche date dans une des grandes maisons de cour.
- Dangeau, maître de l’ordre de Saint-Lazare
- Le roi donne à Dangeau la grande maîtrise des ordres unis de Notre-Dame du Mont-Carmel et de Saint-Lazare, telle que Nerestang l'avait remise au roi — première marche des dignités de parade de l'inusable courtisan-mémorialiste.
- Ordre de Saint-Louis
- L'ordre de Saint-Louis, institué l'hiver précédent : le roi, « faute d'assez de récompenses effectives », était « fort attentif à en faire de tout ce qui pouvait amuser l'émulation » — et se montra « fort jaloux de faire valoir ce nouvel ordre en toutes les manières possibles ». En marge : le marquis d'Arquien fait chevalier du Saint-Esprit aux instances du roi et de la reine de Pologne sa fille, « qui n'avait jamais pu réussir à le faire faire duc » ; et les Vendôme, de retour de chez Catinat, reçus avec un éclat qui souligna cruellement l'accueil médiocre fait à M. le Duc, « très froid » au prince de Conti — et le silence de quinze jours gardé par le roi envers Luxembourg, le vainqueur de Neerwinden.
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