TOME XVII · CHAPITRE V

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Summary

The cushions debate at chapel for Massillon's consecration — thirty thousand livres of gratification; the parlement refuses to register the royal bank: 'the Regent does without it, despises it, publishes and establishes it' — Law forced through; Menille in the Bastille; Cellamare writes 'most uselessly' to the foreign ministers — the conspiracy blown. And the Palais-Royal secret council 'reduced to M. le Duc and myself': the Regent confides 'that the duke and duchess du Maine are deepest in the conspiracy' and deliberates with them.

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Évêques et cardinaux en débat sur les carreaux à la chapelle du roi, pour le sacre de Massillon, évêque de Clermont, qui s’y fit devant le roi, qui lui donna trente mille livres de gratification, en attendant une abbaye
Le P. Massillon, « excellent prédicateur » nommé à Clermont, devait être sacré dans la chapelle du roi, qui eut curiosité de voir la cérémonie. Les évêques, « toujours très attentifs à usurper », déclarèrent « que pas un n'assisteroit à ce sacre s'il s'y trouvoit des cardinaux » — n'osant prétendre des carreaux, ils n'en voulaient pas voir aux cardinaux : « la difficulté étoit ridicule », eux qui assistaient sans carreau à toutes les cérémonies de la chapelle. Bissy, seul cardinal disponible, leur sacrifia sa présence sans rien céder du droit ; et Massillon « fut sacré dans la chapelle par M. de Fréjus » le 21 décembre, le roi dans sa tribune avec le cardinal de Rohan, « douze ou quinze évêques en bas, et point de cardinaux. Le nouvel évêque eut dix mille écus de gratification en attendant une abbaye. »
Le parlement refuse d’enregistrer la banque royale
« Quelque abattu que fût le parlement du dernier lit de justice, il étoit encore plus irrité et commençoit à reprendre ses esprits. Le fracas de l'arrêt de l'ambassadeur d'Espagne, le mouvement des emprisonnements..., lui donnèrent du courage pour résister à l'enregistrement de la banque royale, d'autant plus qu'elle étoit fort mal reçue du public. »
Le régent s’en passe, le méprise, la publie et l’établit
« M. le duc d'Orléans méprisa l'un et l'autre, et, à peu de jours de là, fit publier la banque royale, l'établit très bien, et montra au parlement qu'il savoit se passer de son enregistrement. »
Menille à la Bastille
Le samedi 17, le garde des sceaux dîna à la Bastille et y demeura longtemps ; le soir, Menille y fut conduit — « ami particulier de l'abbé Brigault..., longtemps gentilhomme servant du feu roi. Son esprit ni sa société n'étoit pas au-dessus de sa charge. On haussoit les épaules de pareils conjurés. »
Cellamare écrit très inutilement aux ministres étrangers résidant à Paris
« Cellamare, avant partir, avoit écrit aux ambassadeurs et autres ministres étrangers, pour les intéresser dans sa détention. Ses lettres leur furent rendues ; pas un d'eux ne s'en émut ni ne fit le moindre pas en conséquence, pas même ce boute-feu de Bentivoglio, trop occupé des mines à charger sous les pieds du cardinal de Noailles et de tous ceux qui venoient d'appeler. »
Conseil secret au Palais-Royal, qui se réduit après à M. le Duc et à moi, à qui le régent confie que le duc et la duchesse du Maine sont des plus avant dans la conspiration, et qui délibère avec nous ce qu’il doit faire
Le jour de Noël, après un petit conseil (M. le Duc, d'Antin, le garde des sceaux, Torcy, Dubois) sur Cellamare et la banque, le régent retint M. le Duc et Saint-Simon, fit vérifier la petite galerie et la porte, et confia « que M. et Mme du Maine se trouvoient tout de leur long dans l'affaire de l'ambassadeur d'Espagne, qu'il en avoit les preuves par écrit » ; seuls le garde des sceaux, Dubois et Le Blanc le savaient, et il voulait, « avant de se déterminer à rien, consulter avec M. le Duc et moi seuls le parti qu'il avoit à prendre ».
Nous concluons tous trois à les faire arrêter ; conduire M. du Maine à Dourlens, et Mme du Maine au château de Dijon, bien gardés et resserrés
« M. le Duc sur-le-champ alla droit au fait, et dit qu'il falloit les arrêter tous deux et les mettre en lieu dont on ne pût rien craindre » ; Saint-Simon appuya : il fallait « étourdir et mettre en confusion tout le complot en lui ôtant ses chefs ». À l'objection du régent sur la qualité de Mme du Maine, M. le Duc répondit « que ce seroit à lui à la faire, mais que, loin de trouver qu'elle dût arrêter, c'étoit une raison de plus... ; que ce ne seroit pas la première ni peut-être la vingtième fois qu'on eût arrêté des princes du sang ; que plus ils étoient grands..., plus ils étoient coupables quand ils s'en prévaloient pour troubler [l'État] ». La Bastille et Vincennes écartées, Saint-Simon fit choisir Dourlens, dont Charost, « de tout temps mon ami particulier », était gouverneur — le duc du Maine devant y être « tenu serré, et bien étroitement gardé » ; pour Mme du Maine, « propre à tout entreprendre pour se sauver et pour faire rage sans crainte », tandis que son mari, « si dangereux en dessous, si méprisable à découvert, tomberoit dans le dernier abattement... dans la frayeur continuelle de l'échafaud », le régent, souriant, proposa à M. le Duc le château de Dijon.
M. le Duc dispute un peu sur Dijon et se rend
M. le Duc « trouva la proposition étrange..., mais que de le faire geôlier de sa tante, cela ne se pouvoit accepter. Toutefois il le dit aussi en souriant. » Saint-Simon, consulté, trouva grand avantage à rendre M. le Duc « compersonnier » de la prison, en un lieu « de son entière dépendance » ; et il avoue « un peu de nature » : « de voir cette femme, qui avoit tant osé assurer qu'elle renverseroit l'État et mettroit le feu partout..., rager entre quatre murailles de la dition de M. le Duc. » M. le Duc « se laissa vaincre à la fin, et consentit à l'étroite prison de sa chère tante ».
M. et Mme du Maine et leurs affidés ont tout le temps de mettre leurs papiers à couvert et en profitent
Les 26 et 27 décembre se passèrent en mesures et en ordres « avec tout le secret qu'il se put ; mais M. et Mme du Maine, qui voyoient l'ambassadeur d'Espagne conduit à Blois, ses paquets pris, ses papiers visités et bien des gens arrêtés, n'étoient pas sans appréhension de l'être, et avoient eu tout le loisir de donner à leurs papiers tout l'ordre qu'ils jugèrent à propos ».
Perfidie de l’abbé Dubois
Perfidie de Dubois : « l'abbé en savoit autant sur leur compte lorsqu'il reçut les papiers [de Poitiers]... ; s'il avoit été droit en besogne, il n'eût pas différé de les montrer au régent ni d'arrêter M. et Mme du Maine au même instant que l'ambassadeur d'Espagne au plus tard, et par cette diligence il eût prévenu la leur et eût saisi leurs papiers importants ; mais ce n'étoit pas son intérêt particulier de servir si bien l'État ni son maître, et le scélérat ne songea jamais qu'à soi. »
Conseil secret entre M. le duc d’Orléans, M. le Duc, l’abbé Dubois, Le Blanc et moi, où tout est résolu pour le lendemain
Le mercredi 28, conseil secret au petit cabinet d'hiver — le régent, M. le Duc, Dubois, Le Blanc et Saint-Simon : « tout y fut compassé et définitivement réglé pour l'exécution du lendemain. Tous les cas possibles prévus et les ordres convenus jusque sur les bagatelles. » Pendant qu'on conférait, le duc du Maine vint de Sceaux voir Mme la duchesse d'Orléans ; Mme du Maine, elle, se tenait depuis quelques jours dans une maison louée rue Saint-Honoré, « aux aguets et le bureau d'adresse des siens, à quoi le peureux époux n'avoit osé se confier ». Les ordres aux gardes et aux mousquetaires « ne laissèrent pas de transpirer sur le soir » ; et Saint-Simon convint avec Le Blanc qu'au coup fait, il enverrait « simplement un laquais savoir de mes nouvelles ».
Le duc du Maine arrêté à Sceaux par La Billarderie, lieutenant des gardes du corps, et conduit dans la citadelle de Dourlens
Le lendemain vers dix heures, les gardes du corps ayant « filé tout à l'entour de Sceaux sans bruit et sans paroître », La Billarderie arrêta le duc du Maine « comme il sortoit d'entendre la messe dans sa chapelle » : « il répondit qu'il s'attendoit depuis quelques jours à ce compliment, et monta sur-le-champ dans le carrosse. » La vue de Favancourt, destiné à le garder, « l'abattit » ; en chemin, protestations d'innocence « par hoquets et parmi force soupirs, de temps en temps des signes de croix et de marmottages bas comme de prières, et des plongeons de sa part à chaque église ou à chaque croix par où ils passoient ». Il ne sut que le lendemain qu'il allait à Dourlens — circonstances que Saint-Simon tint de Favancourt même, « qui m'avoit appris l'exercice » aux mousquetaires.
Mme la duchesse du Maine arrêtée par le duc d’Ancenis, capitaine des gardes du corps, et conduite au château de Dijon
Au même instant, le duc d'Ancenis arrêta la duchesse du Maine rue Saint-Honoré : « le compliment fut aigrement reçu. Mme du Maine voulut prendre des cassettes. Ancenis s'y opposa. Elle réclama au moins ses pierreries : altercation fort haute d'une part, fort modeste de l'autre ; mais il fallut céder. » Les deux carrosses de remise « la scandalisèrent fort » ; on prit le rempart, on évita les grandes rues : « qui que ce soit n'y branla, dont elle ne put s'empêcher de marquer sa surprise et son dépit ; [elle] ne jeta pas une larme. » On ne lui dit que « Fontainebleau » ; mais quand elle se vit en Bourgogne et sut Dijon, puis « qu'elle s'y vit prisonnière sous la clef de M. le Duc, la fureur la suffoqua. Elle dit rage de son neveu... Néanmoins, après ces premiers transports..., sa rage extrême se renferma en elle-même : elle n'affecta plus que de l'indifférence pour tout et une dédaigneuse sécurité » — tenue « fort serrée » par le lieutenant de roi du château.
Enfants du duc du Maine exilés
« Le prince de Dombes et le comte d'Eu furent en même temps exilés à Eu, où ils eurent un gentilhomme ordinaire toujours auprès d'eux, et Mlle du Maine envoyée à Maubuisson. »
Cardinal de Polignac exilé à Anchin
« Son bon ami, le cardinal de Polignac, qu'on crut être de tout avec elle, eut ordre le même matin de partir sur-le-champ pour son abbaye d'Anchin » ; il partit dès la fin de la matinée.
Un gentilhomme ordinaire du roi est mis auprès de lui
Il fut « accompagné d'un des gentilshommes ordinaires du roi, qui demeura auprès de lui tant qu'il fut en Flandre ».
Davisard et autres gens attachés ou domestiques du duc et de la duchesse du Maine, mis à la Bastille
Furent aussi menés à la Bastille « Davisard, avocat général du parlement de Toulouse, qui s'étoit signalé par ses factums pour le duc du Maine contre les princes du sang ; deux fameux avocats de Paris, dont l'un se nommoit Bargetton... ; une Mlle de Montauban, attachée à Mme du Maine en manière de fille d'honneur, et une principale femme de chambre, favorite, confidente, et sur le pied de bel esprit, avec quelques autres domestiques ».
Excellente et nette conduite du comte de Toulouse
Le signal de Le Blanc reçu, Saint-Simon courut au Palais-Royal, où le régent, « fort empêché de son entrevue avec Mme la duchesse d'Orléans », reçut ensuite le comte de Toulouse, qui « lui avoit parlé à merveille » : il ne savait pas un mot de l'affaire ; il « craignoit bien quelque imprudence de M. du Maine, mais ne se résoudroit jamais à croire son frère coupable qu'il n'en eût bien vu les preuves ; en attendant, il se tiendroit dans un silence exact, et ne feroit aucune démarche que de l'agrément de Son Altesse Royale. Le régent fut content au dernier point de ce discours d'un homme sur la vérité et la probité duquel on pouvoit compter avec certitude... La conduite du comte de Toulouse répondit exactement à son discours. »
Le duc de Saint-Aignan se retire habilement d’Espagne, où on vouloit le retenir
À Madrid, Albéroni, « qui attendoit à tous moments des nouvelles de Cellamare, vouloit demeurer maître de la personne de l'ambassadeur de France » et différait son audience de congé ; menacé par le cardinal qui prétendait « savoir bien l'en empêcher », Saint-Aignan « prit si bien et si secrètement ses mesures qu'il partit la nuit même » : lui et sa femme, sur des mules, gagnèrent Saint-Jean-Pied-de-Port, tandis que dans son carrosse un valet et une femme de chambre « intelligents » avaient « ordre de se faire passer pour l'ambassadeur et l'ambassadrice, au cas qu'on les vînt arrêter, et de crier bien haut. La chose ne manqua pas d'arriver » : les poursuivants ramenèrent triomphalement les faux ambassadeurs à Pampelune — « on y fut bien honteux d'avoir été dupés », et Albéroni « entra dans un emportement furieux et fit rudement châtier la méprise ».
Mort du comte de Solre, sans nulle prétention toute sa vie
Le comte de Solre, lieutenant général et gouverneur de Péronne, mourut à soixante-dix-sept ans : « c'étoit un fort petit homme de corps et d'esprit. La valeur, la probité, la fidélité, la naissance et le service de toute sa vie y suppléoient. » De la maison de Croï, il vécut « sans aucune prétention » ; sa femme, brouillée avec lui, avait suivi en Espagne leur fille mariée au prince de Robecque.
Son fils et sa belle-fille s’en figurent de toutes nouvelles et inutiles
Son fils aîné, maréchal de camp, « quitta le service après la mort de son père, se fit appeler le prince de Croï, ne quitta plus la Flandre..., et firent les princes chez eux » ; sa veuve, venue plus tard « éblouir le cardinal Fleury de ses prétentions », n'y gagna rien : « ses prétentions l'ont exclue de la cour ; elle est restée à Paris, toujours princesse, mais uniquement pour ses valets, et son fils pareillement. »
Mort de Nointel, conseiller d’État, et du vieux Heudicourt
Moururent aussi Nointel, conseiller d'État, fils de Bechameil, « un bon homme et un fort homme d'honneur » ; et le vieux Heudicourt, ancien grand louvetier, mari du « mauvais ange de Mme de Maintenon » : « c'étoit un vieux débauché, gros et vilain joueur, dont personne ne fit jamais le moindre cas. Son fils... ne valut pas mieux, mais bien plus dangereux par son esprit, ses saillies et sa méchanceté. »
Belle-Ile ; sa famille ; son île
Vient alors Belle-Ile, « homme qui, de naissance plébéienne, et de plus disgraciée de tous points, est parvenu à tout par des fortunes si étranges, qu'il se peut dire à la lettre que sa vie est un roman ». Petit-fils du surintendant Fouquet — mort à Pignerol en 1680, survécu un an par sa « vertueuse mère..., mère des pauvres » —, il tenait l'île de Belle-Île, jadis ôtée par Charles IX à l'abbaye de Sainte-Croix de Quimper, érigée en marquisat pour le comte de Retz et achetée par le surintendant, des reprises de sa grand-mère Castille. Son père, troisième fils du surintendant, avait épousé par amour une Lévi, chassée de chez elle, et le ménage, « réduit à suivre le pot et les exils de l'évêque d'Agde », éleva ses deux fils dans la pauvreté. Par sa mère Béthune, Belle-Ile se trouva pourtant « cousin germain des ducs de Charost et de Lévi, et neveu du maréchal-duc d'Harcourt », allié des électeurs de Cologne et de Bavière et des plus grands de Pologne, « et il sut tirer un grand parti de ces singulières et si proches alliances » — servi surtout par l'entêtement sans bornes de Mme de Lévi, amie de Mme de Maintenon puis du cardinal Fleury.
Caractère de Belle-Ile
Caractère de l'aîné : « grand, bien fait, poli, respectueux, entrant, insinuant et aussi honnête homme que le peut permettre l'ambition quand elle est effrénée, et telle étoit la sienne... Il ne négligea ni les cochères, ni les carrées, ni les rondes. Il vouloit plaire au maître et aux valets, à la bourgeoise et au prêtre de paroisse..., à plus forte raison au général et à son écuyer, aux ministres et aux derniers commis » ; « appliqué sans cesse à s'instruire de tout sans qu'il y parût le moins du monde », il ne faisait jamais « un pas, une visite, même une partie ou un voyage de plaisir que par choix réfléchi, pour l'avancement de ses vues et de sa fortune ».
Caractère du chevalier de Belle-Ile
Le chevalier de Belle-Ile, moins bien de figure, « étoit naturellement cynique, peu complaisant, contredisant, mordant ; mais, avec ceux qu'il croyoit devoir ménager..., aussi maniable et aussi complaisant que son frère, sans toutefois que cela parût couler de source » ; « beaucoup plus d'esprit et d'étendue que lui..., plus de justesse néanmoins et de discernement, et incomparablement plus difficile à tromper, peut-être aussi moins parfaitement honnête homme..., et rancunier implacable, ce que le frère n'avoit pas. Il avoit un froid de glace, mais qui en dedans cachoit une disposition toute contraire. »
Union des deux frères Belle-Ile ; leur conduite domestique ; leur liaison avec moi
« L'union de ces deux frères ne fit des deux qu'un cœur et une âme, sans la plus légère lacune..., tout commun entre eux, biens, secrets, conseils, sans partage ni réserve, même volonté en tout » — le cadet au domestique et aux affaires, l'aîné au dehors, « mais tout se référa toujours de l'un à l'autre, et tout fut conduit comme par un seul ». Mme de Lévi et le duc de Charost les initièrent auprès des Saint-Simon : « j'y trouvai beaucoup de ce qu'on ne trouvoit plus, et ils devinrent enfin nos amis... et l'amitié entre nous s'est toujours depuis conservée la même. »
L’aîné commence à pointer et fait avec le roi l’échange de Belle-Ile
L'aîné commença à pointer : ami intime de Le Blanc, introduit par lui chez Dubois, bien avec le garde des sceaux, aimé de M. le Duc et du comte de Toulouse, assuré de Law et de Fagon, il réveilla « les anciens projets de l'échange de Belle-Ile » et obtint « le comté de Gisors, Vernon et tous les domaines du roi qui en dépendent », plus des domaines en Languedoc. Contre les cris du monde et l'opposition des maréchaux de Villeroy, Villars et d'Huxelles, l'affaire, arrêtée une première fois au conseil de régence, y passa six semaines après par un tour concerté, tout le monde debout : « Monsieur, vous voulez aller à l'Opéra et moi aussi, dit M. le Duc au régent. Il est plus de cinq heures ; prononcez donc, et allons-nous-en. » Le régent, surpris, « se laissa entraîner : Oui, dit-il, il me semble que cela a passé »... « Un jugement si leste ne plut à personne du conseil..., qui grommelèrent et dirent que c'étoit une moquerie. »
Raison de s’être étendu sur les deux frères Belle-Ile
« C'est s'être bien étendu sur deux particuliers alors si peu considérables ; mais ils le devinrent tellement dans leur suite par leurs malheurs et les genres de périls qu'ils coururent, par la manière dont ils en sortirent, par les effets prodigieux de la plus singulière fortune, et qui devint enfin la plus haute en tous genres, dont ils ont été les seuls artisans, que j'ai cru devoir bien faire connoître, et de bonne heure, deux hommes si rares qui, devenus des personnages en France, même en Europe, ont été les plus extraordinaires de leur siècle. »

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