TOME VIII · CHAPITRE V
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Summary
The three marshals' 'spectacle': Boufflers's outburst over Villars's letters of peerage; Villars has Harcourt forbidden to be received before him; Harcourt suffers a light stroke. Huxelles's ambition, games and illness; du Bourg commands Alsace. Polignac back from Rome, with Beauvilliers's 'strange and curious secret admission' about him; Huxelles and Polignac plenipotentiaries at Geertruidenberg — the humiliating negotiation — with the one's 'falseness' and the 'indecency' aimed at the other; the crowns' protectors at Rome.
The entries
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- Spectacle des maréchaux de Boufflers, Harconrt et Villars
- Spectacle des trois maréchaux : Boufflers « en exemple du peu de compte que les rois tiennent de la vertu et des services qui ont passé la mesure des récompenses » ; Harcourt « attendu comme l'oracle et le seul sage » ; Villars triomphant « avec la dernière effronterie, dans l'appartement et les meubles même du prince de Conti ». « Le héros romanesque ne parloit que par tirades de pièces de théâtre…, le lit de repos de dessus lequel il dominoit les assistants sembloit le théâtre d'un Tabarin » ; à Mme de Maintenon caressant son fils : « les héros s'accoutumoient facilement aux bontés des grandes reines. Les yeux communs le regardoient comme un fou échappé de sa cage, tandis que ceux de qui tout dépendoit le considéroient comme l'unique ressource. »
- Éclat du maréchal de Boufflers sur les lettres de pairie de Villars
- Éclat de Boufflers : Villars « eut l'audace de faire insérer [dans ses lettres de pairie] que, sans sa blessure, la bataille de Malplaquet étoit gagnée ». Boufflers, « blessé jusqu'au fond de l'âme, devint furieux », déclara qu'à défaut de justice du roi il s'opposerait aux lettres « en plein parlement…, et plaideroit lui-même sa cause devant les pairs ». « Villars épouvanté, quoique sur les nues, sentit pour lors tout le poids de la vertu et de la vérité » : il envoya ses lettres à Boufflers « qui y biffa tout ce qu'il voulut, et ce qu'il biffa demeura supprimé ».
- Villars fait défendre à Harcourt de se faire recevoir pair avant loi
- Villars contre Harcourt : celui-ci, duc « cinq ans avant Villars, et d'une naissance si différente », projetait de se faire recevoir pair à l'enregistrement même de ses lettres pour prendre l'ancienneté ; Villars, averti, obtint du roi « une défense verbale au maréchal d'Harcourt de se faire recevoir avant que lui-même le fût », dont Harcourt « fut outré de dépit, et dont Villars ne se contraignit pas de triompher ».
- Harcourt tombe en apoplexie légère et va aux eaux
- « Fort peu de jours après, Harcourt tomba en apoplexie, qui mit ses grandes vues et ses amis en grand désarroi, et qui, au lieu de forcer la porte du conseil, le fit aller aux eaux de Bourbonne. »
- Ambition, manéges, maladie du maréchal d’Huxelles
- Ambition d'Huxelles : quittant l'Alsace sans se dépouiller du commandement — « cette province eut un gouverneur et deux commandants payés » —, il « tint une excellente table pour avoir compagnie, sortit peu pour se faire rechercher », cultiva Mlle Choin « jusqu'à envoyer tous les jours de sa vie des têtes de lapins et d'autres mangeailles à sa chienne », se fit croire de Monseigneur « la meilleure tête de France ». « Tant de liaisons importantes ne rendant rien, il en tomba peu à peu dans un chagrin qui devint noir…, les médecins sentirent que ce n'étoit pas de leur art que dépendoit cette guérison. »
- Du Bourg fait commandant d’Alsace
- Du Bourg fut chargé d'exercer le commandement d'Alsace.
- Retour de Rome de l’abbé de Polignac
- Retour de l'abbé de Polignac, ramené par Torcy « pour le tenir toujours en besogne » : « assez bien reçu du roi, et très bien de la cour, surtout des dames ».
- Secret étrange et curieux aveu sur lui du duc de Beauvilliers à moi
- Aveu de Beauvilliers : « Vous souvenez-vous de la conversation que nous eûmes il y a quatre ans sur l'abbé de Polignac ? c'est que vous avez été prophète…, l'abbé de Polignac, initié avec Mgr le duc de Bourgogne par les sciences, m'avoit absolument éloigné de lui. » Après plus d'un an de réserve, le prince « se déboutonna » et avoua « que c'étoit un enchanteur très dangereux, une sirène ». « Vous pouvez compter que je l'ai si bien et si parfaitement rompu à l'abbé de Polignac, qu'il n'en reviendra de sa vie auprès de Mgr le duc de Bourgogne. » Personne, « même les valets les plus intérieurs », ne s'aperçut jamais de cet éloignement ni du retour.
- Maréchal d’Huxelles et abbé de Polignac plénipotentiaires pour la paix à Gertruydemberg
- Huxelles et Polignac plénipotentiaires pour Gertruydemberg : « sur quoi je renvoie aux Pièces » — l'abbé, « bien étourdi de la froideur marquée de Mgr le duc de Bourgogne », fut « délivré par le choix ».
- Fausseté du maréchal
- Fausseté d'Huxelles : « qui mouroit de ne rien faire, et que cette nomination guérit, il voulut faire accroire qu'on le faisoit aller malgré lui » ; il avait dit à Monseigneur « qu'il aimeroit mieux avoir perdu un bras que son nom demeurât à la postérité souscrit à une paix telle que celle qui termineroit cette guerre » — « le renard des mûres, se faisant prier si on y pensoit ».
- Indécence basse sur le maréchal d’Huxelles, plus grande sur l’abbé de Polignac
- Indécence basse : sur les plaintes des Hollandais, « on eut recours à une ruse d'enfant, la plus déshonorante qu'il fût possible » : défense à Huxelles « de mettre ses armes à rien », à Polignac « de paroître autrement qu'en habit de cavalier ». « Cela avilit seulement [le caractère] que le roi leur donnoit pour traiter, et donna fort à rire aux alliés. » Employer un auditeur de rote, nanti de la nomination du roi d'Angleterre au cardinalat, « pour signer l'exhérédation et la proscription de ce prince en faveur d'un usurpateur protestant » comblait l'indécence.
- Protecteurs des couronnes ; explication de ce nom superbe
- Protecteurs des couronnes : « étrange nom à l'égard d'une couronne ; mais les cardinaux, de longue main en possession d'être des monstres fort à charge à leurs princes…, après avoir usurpé les choses, ont envahi jusqu'aux noms, et les rois les ont laissé faire avec une insensibilité nonpareille » — c'est le cardinal payé « pour prendre soin de tout ce qui passe en consistoire pour une nation ».
- Cardinal Ottoboni fait peu à propos protecteur de France ; ce qui fait rompre Venise avec le roi
- Ottoboni protecteur de France : choix malheureux — Venise « interdit à ses sujets tout attachement à quelque prince que ce soit ». « Tenté par de grosses abbayes, il passa le Rubicon. Les Vénitiens l'effacèrent du livre d'or, le proscrivirent, défendirent tout commerce avec lui, même à ses plus proches. »
- Retour de l’abbé de Pomponne
- L'abbé de Pomponne, ambassadeur à Venise, « sortit de Venise, se retira à Florence, et l'ambassadeur de Venise à Paris eut ordre de s'en aller, partit sans audience de congé ».
- Caractère d’Ottoboni
- Caractère d'Ottoboni : « un panier percé qui, avec de grands biens, de grands bénéfices, et les premières charges de la cour de Rome, y étoit méprisé par le désordre de ses dépenses, de ses affaires, de sa conduite et de ses mœurs, quoique avec beaucoup d'esprit, et même capable d'affaires et aimable dans le commerce ».
- Imposture des Chavignard, dits Chavigny, et ce qu’ils sont devenus
- Imposture des Chavignard : deux fils d'un « petit procureur du siège de Beaune », protégés des jésuites, se dirent de la maison éteinte de Chavigny-le-Roi ; M. de Soubise, dupé, les présenta au roi. Une grosse abbaye donnée au cadet excita les recherches : découverts, « le roi, piqué d'une si hardie imposture, dans laquelle il avoit si bien donné », leur fit tout vendre et « défendre de se présenter jamais devant lui ». Or ils firent « le plongeon » — pour devenir espions de Torcy, « âmes damnées » de Dubois, l'un président à mortier à Besançon, l'autre ambassadeur en Portugal : « n'est-ce point là de ces vérités qui ne sont pas vraisemblables ? Ils ont eu le crédit de faire défendre » que leur histoire parût dans le Moréri.
- Naissance du roi Louis XV
- Naissance de Louis XV, le samedi 15 février : « à huit heures trois minutes et trois secondes elle mit au monde un duc d'Anjou, qui est le roi Louis XV, aujourd'hui régnant ». Ondoyé par le cardinal de Janson, porté « sur les genoux de la duchesse de Ventadour dans la chaise à porteurs du roi », cordon bleu apporté par La Vrillière — « deux choses qui déplurent fort à M. son frère, qui ne se contraignit pas de le marquer ».
- Mariage du duc de Luynes avec Mlle de Neuchâtel
- Mariage du duc de Luynes avec Mlle de Neuchâtel, quatre-vingt mille livres de rente : Chevreuse « s'étoit si parfaitement ruiné, à force de vouloir faire ses affaires lui-même et tendre toujours au mieux » — canal de Dampierre à Mantes « dans lequel il n'a jamais coulé un muid d'eau », forêt pavée « sans aucun usage ».
- Mariage du duc de Louvigny avec la fille unique du duc d’Humières
- Le duc d'Humières maria sa fille unique au fils aîné du duc de Guiche : « ce fut trois générations à la fois ducs et pairs sur le même duché-pairie », le duc de Grammont vivant encore.
- Mariage de Broglio avec une fille de Voysin
- « Voysin maria l'aînée de ses trois filles au fils aîné de Broglio, qui avoit longtemps commandé en Languedoc. »
- Mariage de Gacé avec la fille du maréchal de Châteaurenauld ; et a le gouvernement de son père, sur sa démission
- Gacé se remaria à la fille du maréchal de Châteaurenauld — « qui fut un très malheureux mariage » — et eut le gouvernement de la Rochelle sur la démission de son père.
- Le duc de Beauvilliers donne sa charge de premier gentilhomme de la chambre au duc de Mortemart, son gendre
- Beauvilliers donna sa charge de premier gentilhomme de la chambre au duc de Mortemart, son gendre, « chose fort contre mon goût, et dont je fis tout mon possible pour le détourner » : « ce choix ne réussit pas comme ils l'avoient espéré à retirer le duc de Mortemart de l'obscurité et de la crapule, ni à rendre sa pauvre femme plus heureuse, qui méritoit tant de l'être » — la duchesse de Mortemart étant « après la duchesse de Béthune, la grande âme de la gnose, et la mieux aimée de l'archevêque de Cambrai ».
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