TOME V · CHAPITRE XX
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Summary
Chamillart breaks down: exhaustion, vapours, entreaties for relief, his way of writing to the king and the 'astonishing reply'; who sits and who stands in council. The baptism and marriage taxes abandoned 'for the disorders they cause'. Death of du Chesne, first physician of the children of France; the Mezières-Oglethorpe marriage, family and character. Marshal Vauban's book on the royal tithe and Boisguilbert's on the same matter: 'the death of the first and exile of the second' — the reign's most honest man disgraced for telling the truth; the origin of the tenth. Deaths of Lusignan, Pointis, the chevalier d'Aubeterre.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Accablement, vapeurs, instances de Chamillart pour être soulagé
- Chamillart succombe : « accablé du double travail de la guerre et des finances, il n'avoit le temps de manger ni de dormir » — armées détruites, « frontières immensément rapprochées tout à coup par le tournement de têtes des généraux malheureux ». « Il lui prit des vapeurs, des éblouissements, des tournements de tête… Il maigrit à vue d'œil. » Il écrit au roi « une lettre pathétique pour être déchargé », lui exposant « que tout alloit périr, s'il n'y apportoit ce remède ».
- Sa manière d’écrire au roi, et du roi à lui
- Manière d'écrire du ministre et du roi : « il écrivoit toujours au roi à mi-marge, et le roi apostilloit à côté, de sa main, et lui renvoyoit ainsi ses lettres ».
- Réponse étonnante
- Réponse étonnante : « Chamillart me montra celle-là, après qu'elle lui fut revenue. J'y vis avec grande surprise cette fin de la courte apostille de la main du roi : Eh bien ! nous périrons ensemble. Chamillart en fut également comblé et désolé ; mais cela ne lui rendit pas les forces. »
- Personnes assises et debout aux conseils
- À propos des conseils que le ministre malade manquait : au conseil des dépêches, « tous les secrétaires d'État, même ministres, demeurent toujours debout tant qu'il dure. Il n'y a que les princes…, le chancelier ; et s'il y a des ducs, comme M. de Beauvilliers, assis. » Aux autres conseils, tous s'assoient — sauf les maîtres des requêtes rapporteurs, jamais assis, dont les conseillers d'État du bureau « coupent par ancienneté les ministres, les secrétaires d'État et le contrôleur général ».
- Impôts sur les baptêmes et mariages ; abandonnés par les désordres qu’ils causent
- Impôt sur les baptêmes et mariages, établi « sans aucun respect pour la religion et pour les sacrements » : « les pauvres baptisoient eux-mêmes leurs enfants sans les porter à l'église, et se marièrent sous la cheminée » — plus d'extraits baptistaires, plus d'état civil sûr. Du cri public on passa à la sédition : à Cahors, deux bataillons suffirent à peine ; en Périgord, les paysans soulevés « déclaroient tout haut qu'ils payeroient la taille et la capitation, la dîme à leurs curés, les redevances à leur seigneur, mais qu'ils n'en pouvoient payer davantage ». « À la fin, il fallut laisser tomber cet édit, au grand regret des traitants qui s'y enrichissoient cruellement. »
- Mort de du Chesne, premier médecin des enfants de France
- Mort à quatre-vingt-onze ans de du Chesne, premier médecin des enfants de France, « fort bon médecin, charitable et homme de bien » : « il conserva jusqu'au bout une santé parfaite et sa tête entière, soupant tous les soirs avec une salade et ne buvant que du vin de Champagne. Il conseilloit ce régime. »
- Mariage de Mezières avec Mlle Oglthorp ; leur famille, leur fortune, leur caractère
- Mariage de Mezières, capitaine de gendarmerie estimé mais « homme de fort peu, du nom de Béthisy », d'une figure « effroyable ; bossu devant et derrière à l'excès…, un visage jaune qui ressembloit à une grenouille » — et pourtant « se croyant fait pour la galanterie » —, avec Mlle Oglthorp, Anglaise catholique dont la mère « avoit été blanchisseuse de la reine » d'Angleterre : femme « d'esprit insinuant…, méchante au dernier point et intrigante également, infatigable et dangereuse », dont les filles « ne lui ont cédé sur aucun de ces chapitres ». « Je pense que la conformité d'effronterie et de talent d'intrigue fit un mariage si bien assorti. »
- Livre du maréchal de Vauban sur le dîme royale ; livres de Boisguilbert sur la même matière
- Le grand épisode de la Dîme royale : Vauban, « patriote comme il l'étoit…, touché de la misère du peuple », employa vingt ans de voyages et d'enquêtes à un nouveau système : abolir tous les impôts et leur substituer un seul, « divisé en deux branches, auxquelles il donnoit le nom de dîme royale », un dixième du produit des terres et une taxe légère sur le commerce. Boisguilbert, lieutenant général au siège de Rouen, « homme de beaucoup d'esprit, de détail et de travail », y travaillait de son côté — il avait dit à Pontchartrain « que d'abord il le prendroit pour un fou, qu'ensuite il verroit qu'il méritoit attention » ; « Pontchartrain se mit à rire et lui tourna le dos ». Mais le livre de Vauban « ruinoit une armée de financiers, de commis, d'employés de toute espèce » et « l'autorité du contrôleur général » : « il n'y eut que les impuissants et les désintéressés pour Vauban et Boisguilbert, je veux dire l'Église et la noblesse ».
- Mort du premier et exil du second
- Le roi, « prévenu et investi », reçut très mal le maréchal et son livre : « il ne vit plus en lui qu'un insensé pour l'amour du public, et qu'un criminel qui attentoit à l'autorité de ses ministres, par conséquent à la sienne ». « Le malheureux maréchal, porté dans tous les cœurs françois, ne put survivre aux bonnes grâces de son maître pour qui il avoit tout fait, et mourut peu de mois après, ne voyant plus personne, consumé de douleur…, à laquelle le roi fut insensible, jusqu'à ne pas faire semblant de s'apercevoir qu'il eût perdu un serviteur si utile et si illustre. » Boisguilbert, ayant publié un livret comparant Sully — « un grand seigneur qui en a plus su en finances que toute la robe et la plume » —, fut exilé en Auvergne ; Saint-Simon obtint son retour après deux mois : il fut reçu à Rouen « par la foule de peuple et les acclamations ».
- Origine de l’impôt du dixième
- Origine de l'impôt du dixième : Chamillart, à qui il faut rendre justice, essaya le système dans une élection près de Chartres — essai saboté quand la femme de Bullion « fit soulager ses fermiers » et faussa la répartition. Le système abandonné, « on n'oublia pas l'éveil qu'il donna de la dîme ; et quelque temps après, au lieu de s'en contenter pour tout impôt, on l'imposa sur tous les biens en sus de tous les autres impôts… Qui auroit dit au maréchal de Vauban que tous ses travaux pour le soulagement de tout ce qui habite la France auroient uniquement servi et abouti à un nouvel impôt de surcroît ? C'est une terrible leçon. »
- Mort du marquis de Lusignan ; sa maison, sa famille, sa fortune, son caractère
- Mort du marquis de Lusignan, « de la branche de Lezay, sortie d'Hugues VII, sire de Lusignan » vers 1100 — seule subsistante de la maison des rois de Chypre et de Jérusalem : « un fort honnête homme, et qui n'auroit pas été sans talents si l'extrême misère ne l'avoit pas abattu ». Mme de Maintenon, « qui depuis sa fortune vouloit avoir l'honneur de lui appartenir, lui procura quelque subsistance, mais petitement, à sa manière » : envoyé à Vienne, puis à Lunebourg, « il mourut fort pauvre à soixante-quatorze ans ». Si son fils aîné n'a pas d'enfants, « toute cette maison de Lusignan est éteinte ; car ceux qui en prennent le nom ne sauroient en montrer de jonction ».
- Mort de Pointis
- « Peu après mourut Pointis, si connu par sa brave et heureuse expédition de Carthagène…, homme à aller dignement à tout et utilement pour l'État dans la marine. Mais il n'étoit plus jeune, et mourut pour s'être sondé lui-même et blessé. Il s'étoit puissamment enrichi et n'avoit ni femme ni enfants. »
- Mort du chevalier d’Aubeterre
- Mort du chevalier d'Aubeterre à quatre-vingt-douze ans, « dont il abusoit pour dire toutes sortes d'ordures et d'impertinences. Il étoit le plus ancien lieutenant général de France » ; il venait de faire passer son gouvernement de Collioure à son neveu.
- Comte d’Aubeterre, son neveu ; sa fortune, son caractère, leur extraction
- Ce neveu, le comte d'Aubeterre, avait pour tout mérite « d'être le complaisant et le courtisan des garçons bleus et des principaux commis des ministres…, et à l'armée d'être le plus bas valet de M. de Vendôme qui le fit faire lieutenant général ». « Le plus triste état que j'aie guère connu étoit celui d'être sa femme ou son fils. » Leur vrai nom est Esparbès, le nom d'Aubeterre venant de l'héritière épousée par le maréchal d'Aubeterre, mort en 1628.
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