TOME XV · CHAPITRE XVII
Read the full text of the chapter (in French) →
Summary
Alberoni pursues Giudice to the point of stripping Spain's arms from his palace — 'malice and omnipotence'; the king of Spain's 'personal state' — the gnawing hypochondria; the pope's and the minister's games over the Seville bulls and Aldovrandi's nephew; Ottobon's 'avidity and prodigality', the pope's nephews' 'avidity and disorder', the vexations 'in which Giudice bedaubs himself'; the 'strong written struggle' between Acquaviva and the pope, the quarrel with Rome's governor; the king of Spain's 'hauteur and weakness'.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Albéroni continue à poursuivre Giudice ; lui fait redoubler les ordres d’ôter les armes d’Espagne de dessus la porte de son palais
- Albéroni poursuivait Giudice, « à qui il ne cessoit de chercher des raisons et des prétextes de lui faire sentir des marques publiques de l'indignation qu'il inspiroit pour lui au roi d'Espagne » : il l'accusait « d'entretenir à Madrid des correspondances séditieuses et criminelles », fit emprisonner des particuliers sous ce prétexte, et conseilla à Cellamare « d'avertir son oncle de ne pas s'exposer plus longtemps à l'insulte de [voir] arracher avec violence » les armes d'Espagne de sa porte.
- Malice et toute-puissance de ce premier ministre
- Sa toute-puissance : « il laissoit au roi le seul extérieur de sa dignité royale, et sous son nom et sans lui disposoit absolument des affaires. Soir et matin le cardinal lui présentoit tous les jours une liasse de papiers qui demandoient sa signature... jamais il n'entroit dans le détail, et jamais il n'en faisoit de lecture. Après un tel compte si superficiellement rendu, la stampille étoit apposée sur les expéditions. »
- État personnel du roi d’Espagne
- L'état du roi : « il étoit donc réduit à passer ses jours entouré de médecins et d'apothicaires..., et se crevant toujours de manger. Il s'amusoit les soirs à les voir jouer, ou de jouer avec eux. Ces sortes de gens ne faisoient point d'ombrage au cardinal... Tout autre personnage plus élevé lui étoit suspect » — jusqu'au duc de Popoli, accusé de ménager trop les Espagnols.
- Manèges du pape et d’Albéroni sur les bulles de Séville et sur le neveu d’Aldovrandi
- Les manèges sur Séville : le pape « offrit secrètement de lui faire toucher les revenus de Séville s'il vouloit bien faire suspendre les instances du roi d'Espagne pour les bulles » ; et sur le neveu d'Aldovrandi, retenu par la crainte de l'empereur, le roi et la reine « avoient déclaré que nul autre que ce neveu ne seroit reçu en Espagne pour apporter ce bonnet », Acquaviva ayant ordre « de faire entendre au pape qu'on pourroit se porter à faire sortir son nonce de l'Espagne ».
- Avidité et prodigalité du cardinal Ottobon
- Ottobon : Albéroni cherchait à le gagner « par de simples compliments et des assurances de services » — le cardinal, protecteur des affaires de France et vice-chancelier, ayant fait des avances « dans l'espérance de grossir, par le secours de l'Espagne, les grands revenus qu'il tiroit de France..., qui ne suffisoient pas encore à ses dépenses ».
- Avidité et dérèglement des neveux du pape
- Les neveux du pape « n'étoient pas moins avides que ceux qui les avoient précédés » ; le pape, « principal auteur de la bulle contre le népotisme..., se flattoit que ses neveux... se feroient une loi inviolable d'imiter sa modération ; mais ils ne pensoient pas comme lui... Pour lui épargner des chagrins inutiles, on lui cachoit avec soin leur dérèglement. »
- Tracasseries à cette occasion, où Giudice se barbouille
- Les tracasseries : « une âme simple découvrit au pape le désordre de ses neveux » ; le soupçon tomba sur Giudice qui, « quoique dans un âge avancé, se permettoit un attachement de jeune homme pour la princesse de Carbognano » ; don Alexandre Albane aimant la connétable Colonne, une querelle entre ces deux dames aurait porté Giudice « à venger la princesse de Carbognano, en avertissant indirectement le pape ».
- Propos, mémoires, menaces, protestation, forte lutte par écrit entre Acquaviva et le pape sur le refus des bulles de Séville
- La lutte sur Séville : Acquaviva, traitant de frivoles les prétextes, menaça « que, si le pape tenoit consistoire sans y proposer l'archevêque de Séville, il protesteroit publiquement, et qu'il appelleroit en cause tous les princes qui ont droit de nommer aux bénéfices de leurs États » ; il fit remettre l'acte de protestation, et à la réponse écrite du pape — que les papes « ne sont pas obligés d'admettre les nominations des princes dans un consistoire plutôt que dans un autre » — il répliqua qu'autrement le pape « disposeroit indirectement des bénéfices dans les royaumes et dans les pays étrangers ».
- Querelle d’Acquaviva avec le gouverneur de Rome
- La querelle avec le gouverneur de Rome : Falconieri, « fort impérial », fit passer des sbires autour du palais d'Espagne ; un soldat d'Acquaviva fut emprisonné. Acquaviva « crut devoir repousser la force contre la force..., résolut d'augmenter les gardes du palais d'Espagne, et de le mettre en état de défense..., [croyant] qu'il étoit bon pour le service du roi d'Espagne d'entretenir cette querelle, les princes ayant toujours besoin de prétextes pour rompre quand il leur convient. »
- Hauteur et faiblesse du roi d’Espagne à l’égard de Rome
- La conduite non uniforme du roi d'Espagne : « en même temps qu'il soutenoit ses droits avec fermeté..., ce prince avoit reçu l'absolution, qu'il avoit eu la faiblesse de faire demander secrètement au pape, des censures que Sa Sainteté prétendoit qu'il avoit encourues » ; et le conseil de Castille s'échauffait pour le rappel de Macañas, chassé « pour avoir signalé son zèle et sa capacité à soutenir les droits du roi d'Espagne contre les prétentions de Rome ».
- Adresse d’Aldovrandi à servir Albéroni
- L'adresse d'Aldovrandi : alarmé des écrits « capables d'altérer la soumission sans bornes que les Espagnols avoient pour la cour de Rome », il « eut recours à [Albéroni] pour arrêter le cours du mal qu'il prévoyoit, et représenta au pape le besoin qu'il avoit de ménager un homme aussi puissant, qui avoit toujours été zélé pour le saint-siège ».
- Le pape embarrassé sur deux ordres venus d’Espagne
- Les deux ordres embarrassants : déclarer que si le pape accordait au marquis de Sainte-Croix « les honneurs de grand d'Espagne dont l'empereur lui avoit nouvellement conféré le titre », le roi le regarderait « comme un nouveau sujet de dégoût et de plainte » ; et l'ordre donné à Giudice d'ôter les armes d'Espagne — le pape ayant « montré de la pente à favoriser ce cardinal ».
- Giudice se déchaîne contre Albéroni, et Giudice et Acquaviva l’un contre l’autre
- Le déchaînement croisé : Giudice « se déchaînoit contre la chimère de ses projets [d'Albéroni] qui embraseroient l'Italie sans fruit..., tandis que, d'intelligence avec le régent, il vendoit son maître » ; Acquaviva, lui, « accusoit Giudice de s'entendre avec la France par le cardinal de La Trémoille », proposait de lui renvoyer sa lettre sans l'ouvrir, de « le déclarer coupable de désobéissance, et l'arrêter si jamais il étoit trouvé en pays de l'obéissance du roi d'Espagne » — et même « de procéder directement contre Cellamare ». Giudice ripostait en rappelant « l'inclination que de tout temps Acquaviva avoit témoignée pour le parti impérial ».
- Albéroni se méfie de tous les deux
- « Albéroni se défioit presque également de ces deux cardinaux. Le caractère de son esprit et de son pays ne lui permettant pas d'avoir en qui que ce soit une confiance absolue, toute la différence qu'il mettoit entre l'un et l'autre étoit que, Acquaviva servant actuellement le roi d'Espagne et voulant obtenir des grâces pour sa famille, ménageoit le premier ministre. »
- Del Maro seul va droit au but du dessein militaire d’Albéroni
- Del Maro au but : « on commençoit à croire que c'étoit le royaume de Naples. Le soin que la cour eut d'en appuyer sourdement le bruit confirma del Maro dans ses premiers soupçons que c'étoit la Sicile qu'Albéroni vouloit envahir. D'autres parloient de Livourne et du duc de Berwick, pour en commander l'expédition, si la France en étoit d'accord ou vouloit bien seulement fermer les yeux. »
- Manèges d’Albéroni, résolu à la guerre, à Londres et à Paris ; s’ouvre à Cellamare
- Ses manèges, résolu à la guerre : Monteléon dut dire à Dubois « qu'il prendroit une entière confiance en Nancré quand il seroit à Madrid » — « c'étoient des compliments » ; à Cellamare il confia que Nancré trouverait à Madrid « pour ainsi dire, le double de Cellamare » ; « que l'Angleterre avoit pris une mauvaise habitude aux conférences d'Utrecht, et que, séduite par la douceur qu'elle avoit trouvée à régler le sort de l'Europe, elle se croyoit en droit de dépouiller et de revêtir à sa fantaisie les princes de différents États. »
- Remises et avis d’Albéroni au duc de Parme ; se plaint à l’abbé Dubois, par Monteléon, de l’ignorance où on le tient des conditions du traité, et fait des reproches
- Les remises au duc de Parme : « il fit remettre à Gênes vingt-cinq mille pistoles à la disposition du duc de Parme pour mettre Parme et Plaisance hors d'insulte » ; et il fit reprocher à Dubois par Monteléon « qu'il n'avoit communiqué au roi d'Espagne aucune des conditions du traité..., que sept mois passés sans la moindre probabilité de parvenir à cette fin avertissoient suffisamment l'abbé Dubois de procéder dans sa négociation avec plus de précaution » — Saint-Simon notant que la fameuse « complaisance » d'août 1717 n'avait couvert que l'impuissance d'embarquer à temps.
- Plaintes amères contre le régent des agents anglois entièrement impériaux
- Les agents anglais impériaux : Saint-Saphorin et Schaub — « on croyoit qu'ils recevoient pension de l'empereur » — avec Robeton, « blâmoient également le régent de n'être pas assez complaisant pour les prétentions de la cour de Vienne », rapportaient que « le prince Eugène relevoit tous les pas qu'il faisoit en faveur de l'Espagne », que Bonac « caboloit pour empêcher les Turcs de faire la paix », concluant « que les branches de la maison de France seroient toujours unies entre elles ».
- Leur audace et leur imposture
- Leur audace : ils imputaient au régent jusqu'à l'affaire de l'officier grison Salouste, « qu'il y avoit été envoyé par le duc du Maine » — « où certainement le régent n'avoit nulle part » ; et Vienne prétendait que Dubois, à Paris, « s'étoit laissé gagner ou intimider par la faction espagnole », Saint-Saphorin avertissant qu'il ferait « naître des incidents au traité » — « soupçons contraires non seulement à la vérité, mais même à la vraisemblance ».
- Sage adresse de Monteléon pour oser donner de bons conseils à Albéroni
- L'adresse de Monteléon : souhaitant l'union avec l'Angleterre « et pour l'intérêt du roi d'Espagne et pour le sien propre », mais n'osant se déclarer, « il tâchoit de ramener [Albéroni] avec adresse » en dépeignant Dubois « comme plein de bonnes intentions » ; il insinuait « sous le nom d'un autre » qu'en convenant d'un projet avec Nancré, l'Espagne « mettroit l'empereur dans son tort », et conseillait, si guerre il y avait, « de la commencer avant que celle de Hongrie fût achevée ».
- Singulières ouvertures de l’abbé Dubois à Monteléon
- Les ouvertures de Dubois : il se plaignait à Monteléon « du trop d'égard que les ministres de Hanovre avoient pour la cour de Vienne, de la faiblesse et de la variété de sentiment des ministres anglois », confiait « que Stanhope étoit le seul qui osât présentement soutenir ouvertement les raisons de l'Espagne » ; il comptait « d'avoir surmonté les mers et les montagnes en réduisant l'Angleterre à consentir à la disposition des successions de Parme et de Toscane » ; et Monteléon découvrit par ses discours « que les ombrages du régent sur les renonciations n'étoient pas dissipés ».
- L’empereur veut les successions de Parme et de Toscane pour le duc de Lorraine ; on leurre le duc de Modène
- « Le duc de Lorraine, si anciennement, si particulièrement, si totalement attaché à la maison d'Autriche, étoit le prince qu'on ne pouvoit douter qu'elle eût en vue de préférer pour la succession de Parme et de Toscane, quoiqu'elle ne laissât pas de leurrer le duc de Modène de cette expectative » — la Toscane devant « l'indemniser du Montferrat donné par les alliés au duc de Savoie ».
- Penterrieder déclare à Londres, à l’envoyé de Sicile, que l’empereur veut la Sicile absolument
- Penterrieder à l'envoyé de Sicile : son maître ne devait compter sur l'empereur « qu'autant qu'il lui restitueroit le bien qu'il lui détenoit, la Sicile..., qu'il falloit donc de deux choses l'une, que son maître tâchât d'acquérir Naples, ou l'empereur la Sicile ; que l'Angleterre se repentoit de l'avoir procurée à son maître..., [et] qu'il ne seroit plus temps d'offrir le sacrifice de la Sicile, quand la France et l'Espagne se seroient unies ensemble pour la lui enlever ».
- Il indispose tant qu’il peut cet envoyé et son maître contre le régent
- Il indisposait l'envoyé contre le régent : « pendant son séjour en France il avoit souvent remarqué par lui-même que les dispositions du régent pour le roi de Sicile n'étoient rien moins que favorables ; depuis qu'il étoit à Londres, il savoit certainement que le roi de Sicile ne devoit nullement compter sur ce prince. »
- Caractère de Monteléon
- Le caractère de Monteléon, observé par les ministres étrangers : « il ne falloit pas toujours compter sur ce que disoit Monteléon ; souvent il se servoit de son esprit pour faire prendre aux autres de fausses idées ; on ne pouvoit compter de savoir la vérité de lui qu'autant qu'elle lui échappoit malgré lui-même par la vivacité de la conversation ou de la dispute, ou bien à force d'encens qu'il recevoit avec plaisir, ou par les louanges qu'il cherchoit souvent à se donner. »
- Le grand-duc et le duc de Parme envoient à Londres faire des représentations inutiles
- « Corsini y étoit déjà passé de la part du grand-duc, et le duc de Parme y envoya le même Claudio Ré, ce secrétaire qu'il y avoit auparavant employé aux conférences d'Utrecht. Corsini représenta qu'il seroit contraire à l'honneur, aux droits, à la souveraineté de son maître des démarches anticipées sur sa succession » — inutilement.
- Désirs des Florentins de retourner en république, et non sans quelque espérance
- « Le penchant de cet envoyé, ainsi que de toute la noblesse de Florence, étoit que leur patrie reprît son ancienne forme de république, si la ligne du grand-duc venoit à s'éteindre. Ils espéroient même y être aidés par la maison d'Autriche qui éluderoit par là les droits de la maison Farnèse. »
- Monteléon reçoit des ordres réitérés de faire des menaces sur l’escadre ; les communique à Stanhope
- Les ordres réitérés : Monteléon dut renouveler « les déclarations qu'il avoit déjà faites de sortir d'Angleterre si l'escadre angloise passoit dans la Méditerranée..., ce qu'il ne pouvoit plus traiter comme bruits sans fondement par les préparatifs qui se faisoient à Naples et à Lisbonne. Avant que d'exécuter ces ordres, l'ambassadeur en fit la confidence à Stanhope. »
- Adresse de celui-ci pour l’amuser
- L'adresse de Stanhope : la déclaration lui parut « trop forte, d'ailleurs hors de saison » — les nouvelles de Naples et de Lisbonne fausses, « personne n'étoit en droit ni en pouvoir d'ôter [à l'Angleterre] la faculté et la liberté d'envoyer ses escadres où bon lui sembloit » ; et il avertit « en ami » que la déclaration « seroit regardée comme une menace..., qu'elle engageroit deux puissances amies à se défier l'une de l'autre ; enfin, à rompre sans sujet et sans nécessité ».
- Adresse de l’autre pour amener l’Espagne au traité
- L'adresse de Monteléon pour amener l'Espagne au traité : Stanhope ayant assuré « que l'empereur ne l'accepteroit pas » et que le refus de Vienne pourrait précéder la réponse d'Espagne, il représenta à Albéroni « que, si le roi d'Espagne suspendoit au moins sa réponse jusqu'à ce qu'on sût en Angleterre le refus de l'empereur, il pourroit profiter de la dureté de la cour de Vienne pour engager la France et l'Angleterre à se joindre à l'Espagne ».
- Points sensibles à Vienne sur le traité
- Les points sensibles à Vienne : la disposition des successions « étoit la seule du projet dont l'empereur pût être blessé. L'idée d'ériger la Toscane en république, si désirée des Florentins, n'auroit pas été contredite à la cour de Vienne, mais le projet dont l'empereur étoit le plus flatté étoit celui d'assurer la Toscane au duc de Lorraine. »
- Monteléon, persuadé du danger de rompre pour l’Espagne, n’oublie rien pour l’en dissuader
- Monteléon, « persuadé qu'il étoit de l'intérêt de son maître de demeurer uni avec l'Angleterre », biaisait : « sa ressource étoit de représenter dans toute sa force, même d'ajouter à ce que Stanhope pouvoit lui dire, pour faire comprendre que le roi d'Espagne prendroit un mauvais parti s'il rompoit avec le roi d'Angleterre » — sans oser avouer que les conseils de Stanhope lui semblaient bons.
- Bruits d’une révolution prochaine en Angleterre, où le ministère est changé
- Les bruits de révolution : jacobites annonçant « une entreprise concertée pour le Prétendant avant la fin de mai », projet supposé « entre le czar et le roi de Suède ». Le ministère changea : Stanhope reprit sa charge de secrétaire d'État — « son objet étoit de suivre Georges en Allemagne, où l'un et l'autre aimoient mieux être pendant la révolution » — Sunderland devint président du conseil et premier commissaire de la trésorerie, et l'autre secrétairerie « fut ôtée à Addison et donnée à Craggs ».
- Ruse inutile d’Albéroni pour opposer la nation anglaise à son roi
- La ruse inutile : « Albéroni, pour augmenter l'alarme, ordonna au chevalier Éon, directeur de l'Asiento, de faire à la compagnie du Sud la même déclaration que Monteléon avoit faite aux ministres de Georges », avec l'offre de deux nouveaux avantages de commerce. « Mais les promesses non plus que les menaces ne furent pas capables d'apporter le moindre changement à la résolution prise sur l'escadre ; le nombre des vaisseaux en fut même augmenté. »
- Mécompte de Monteléon
- Le mécompte de Monteléon : il « espéroit du voyage de Nancré, persuadé que la France vouloit la paix..., ne pouvoit croire que l'Espagne fît la guerre quand elle seroit seule..., [et] concluoit que lorsqu'Albéroni et Nancré se parleroient et qu'ils s'ouvriroient l'un à l'autre avec franchise, ils se concilieroient, et que la paix en seroit le fruit. »
- Cellamare plus au fait
- « Cellamare, parfaitement persuadé de tout le contraire, avouoit que la difficulté venoit moins de la chose que de la disposition de la cour d'Espagne qui vouloit absolument la guerre pour ne pas laisser l'Italie dans les fers des Allemands, et multiplioit ses plaintes de ce que la France, buttée à vouloir demeurer en paix, manquoit une conjoncture si favorable d'abaisser la maison d'Autriche. »
- Stairs s’explique nettement sur l’escadre
- « Stairs disoit à Paris que l'escadre passeroit dans la Méditerranée parce que l'Angleterre, étant garante des traités d'Utrecht et de la neutralité de l'Italie, ne pouvoit se dispenser d'agir quand ils étoient enfreints par le roi d'Espagne. »
- Mouvements contraires dans le parlement d’Angleterre
- Les mouvements contraires : Cellamare trouvait ce raisonnement « absolument contredit par la question alors agitée dans le parlement d'Angleterre, savoir si la garantie de la neutralité d'Italie de la part des Anglois subsistoit, ou si elle étoit absolument cessée ; même si la nation devoit avoir égard au traité d'alliance que le roi d'Angleterre avoit signé en dernier lieu avec l'empereur. »
- Nuages sur la fermeté de la cour de Vienne tournés à Londres avec adresse
- Les nuages de Vienne tournés avec adresse : Schaub y fut dépêché « pour demander et en rapporter une réponse précise » ; les ministres anglais laissaient entendre qu'elle serait négative, « mais ils disoient en même temps que, s'il étoit possible de vaincre l'opiniâtreté de la cour de Vienne..., l'Angleterre ne feroit nulle difficulté de rompre avec l'Espagne et de lui faire la guerre de concert avec le régent si le roi d'Espagne refusoit de signer... On ajoutoit que le caractère de poltron étoit de faire des bravades, et que celles d'Albéroni découvroient son caractère. »
- Demandes bien mesurées du grand-duc
- Les demandes du grand-duc : voyant ses plaintes inutiles, il « se borna à demander au moins que la succession de son État fût après lui et après son fils conservée à l'électrice palatine sa fille, et qu'on réglât par avance de concert avec lui et avec le sénat de Florence le choix du prince, pour succéder à la maison de Médicis. Cette proposition étoit nette ; mais le vœu commun des Florentins étoit en ce cas pour le rétablissement de l'état républicain. »
- Effort d’Albéroni auprès du régent
- L'effort auprès du régent : Albéroni écrivit à Monti, avec ordre de montrer sa lettre au régent, « des offres positives et réelles du roi d'Espagne de prendre de nouveau les engagements les plus favorables et les plus conformes aux intérêts personnels de Son Altesse Royale, si elle vouloit rompre ceux qu'elle avoit pris avec l'Angleterre ».
- Conduite publique et sourdes cabales de Cellamare
- Les sourdes cabales de Cellamare : il « se mit à décrier toutes les conditions du traité qui selon lui n'offroient à l'Espagne que des avantages limités, douteux, éloignés..., et fort chimériques », conseilla à Monteléon de confier « avec un air de mystère » que l'Espagne rejetterait constamment le projet ; « il exécutoit d'autres ordres plus réservés », excitant Provane par le soupçon « qu'il y avoit même actuellement un ministre autrichien à Turin ».
- Il cherche d’ailleurs a remuer le nord contre l’empereur
- « Enfin ne voulant laisser rien d'intenté, il fit une liaison étroite avec le baron de Schelnitz, envoyé du czar à Paris, et avec quelques Suédois, croyant pouvoir tirer de grands avantages du mécontentement que le roi de Suède et le czar, quoique ennemis, témoignoient de la conduite de l'empereur à leur égard, et qu'il ne seroit pas impraticable de faire, par le moyen des puissances du nord, une diversion en Allemagne utile à l'Espagne. »
◀ Previous chapter · ← Back to the chapter table · Next chapter ▶
© 2025-2026 - Jonathan Teyssandier - All rights reserved