TOME VII · CHAPITRE VIII
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Summary
The famine chapter: 'terrible winter; frightful misery', and the 'cruel jobbery in grain' denounced as organised traffic; Maréchal's brave, useless words to the king; the mortifications of the Paris and Burgundy parlements; the 'strange devices perpetuated', imitated 'more than once since'. The recoinage; Samuel Bernard's bankruptcy. The author's intimacy with marshal de Boufflers and the latter's parlement reception; Belsunce — the future hero of the plague — bishop of Marseille.
The entries
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- Hiver terrible ; effroyable misère
- Hiver terrible : « de mémoire d'homme on ne se souvenoit d'aucun qui en eût approché ». Les liqueurs les plus spiritueuses « cassèrent leurs bouteilles dans les armoires de chambres à feu » à Versailles même ; soupant chez le duc de Villeroy, « les glaçons tomboient dans nos verres ». « Cette seconde gelée perdit tout : il ne resta plus ni noyers, ni oliviers, ni pommiers, ni vignes… On ne peut comprendre la désolation de cette ruine générale. » Les avisés ressemèrent des orges, « et ce fut le salut, mais la police s'avisa de le défendre, et s'en repentit trop tard ».
- Cruel manége sur les blés
- Cruel manège sur les blés : édits, recherches, commissaires envoyés « trois mois après les avoir annoncés », alors qu'il y avait « pour deux années entières de blés en France ». « Beaucoup de gens crurent que messieurs des finances avoient saisi cette occasion de s'emparer des blés…, pour le vendre ensuite au prix qu'ils y voudroient mettre, au profit du roi, sans oublier le leur. » À Paris, des commissaires « obligeoient souvent les vendeurs à hausser [le prix] malgré eux » ; à la question du peuple sur la durée de la cherté, il échappa à l'un d'eux ce mot : « Tant qu'il vous plaira » — tant qu'on souffrirait qu'il n'entrât de blé « que sur les billets de d'Argenson ».
- Courage de Maréchal à parler au roi, inutile
- « Maréchal, premier chirurgien du roi, eut le courage et la probité de dire tout cela au roi, et d'y ajouter l'opinion sinistre qu'en concevoit le public… Le roi parut touché, n'en sut pas mauvais gré à Maréchal ; mais il n'en fut autre chose. »
- Grande mortification au parlement de Paris sur les blés, et pareillement au parlement de Bourgogne
- Mortification des parlements : celui de Paris offrit d'envoyer ses conseillers « à leurs dépens, faire la visite des blés » — le roi « s'irrita d'une façon étrange » et lui fit défendre « de se mêler des blés » ; « il y obéit en gémissant ». Le parlement de Bourgogne, devant « une faim meurtrière », délibéra : réprimande sévère, et le président à mortier qui avait présidé mandé à la cour, sauvé de la perte de sa charge par M. le Duc et le chancelier « moyennant une forte vesperie ». Rentrant à Dijon où l'on voulait le recevoir en triomphe, il arriva prudemment « à cinq heures du matin ».
- Étranges inventions perpétuées
- Étranges inventions perpétuées : « il n'y a guère de siècle qui ait produit un ouvrage plus obscur, plus hardi, mieux tissu, d'une oppression plus constante, plus sûre, plus cruelle. Les sommes qu'il produisit sont innombrables, et innombrable le peuple qui en mourut de faim réelle et à la lettre. » Les taxes pour les pauvres, « un peu modérées, mais perpétuées, le roi se les est appropriées » ; de même l'imposition des grands chemins, tandis que les corvées de Lescalopier enrichissaient les employés — « le peuple en est mort de faim et de misère à tas ».
- Manége des blés imité plus d’une fois depuis
- « Ce manège des blés a paru une si bonne ressource…, que M. le Duc et les Pâris, maîtres du royaume sous son ministère, et maintenant que j'écris, le contrôleur général Orry, le plus ignorant et le plus barbare qui administra jamais les finances, ont saisi la même ressource, mais plus grossièrement…, avec le même succès de famine factice qui a dévasté le royaume. »
- Refonte et rehaussement de la monnaie
- « La refonte de la monnoie et son rehaussement d'un tiers plus que sa valeur intrinsèque apporta du profit au roi, mais une ruine aux particuliers et un désordre dans le commerce qui acheva de l'anéantir » — dans un royaume où « le roi ne payoit plus même ses troupes, sans qu'on pût imaginer ce que devenoient tant de millions qui entroient dans ses coffres ».
- Banqueroute de Samuel Bernard
- « Samuel Bernard culbuta Lyon par sa prodigieuse banqueroute dont la cascade fit de terribles effets » : vingt millions de billets de monnaie, presque autant dû à Lyon ; Desmarets lui donna quatorze millions en bonnes assignations. « On a prétendu depuis qu'il avoit trouvé moyen de gagner beaucoup à cette banqueroute » ; son crédit resta sans pareil dans toute l'Europe, « il en faut excepter Lyon et la partie de l'Italie qui en est voisine, où il n'a jamais pu se rétablir ».
- Ma liaison intime avec le maréchal de Boufflers
- Liaison intime avec Boufflers : le maréchal pria Saint-Simon de dresser avec La Vrillière ses lettres d'érection, « le plus avantageusement et fortement qu'il fut possible », et d'être « le premier de ses quatre témoins ». Saint-Simon dicta lui-même au greffier un témoignage public — « il a bien mérité du roi, de l'État et de chaque particulier » — dont le maréchal « fut fort touché ».
- Sa réception au parlement
- Réception au parlement, le 19 mars : « près de trois cents sur les fleurs de lis », une foule « criant et applaudissant en manière de triomphe : je ne vis jamais spectacle si beau, ni si satisfaisant, ni homme si modeste que celui qui le reçut au milieu de toute cette pompe ». Aux gens de guerre de Lille, le nouveau pair dit : « Messieurs, tous les honneurs qu'on me fait ici…, c'est à vous que je crois les devoir, c'est votre mérite, c'est votre valeur qui me les ont attirés. » « Le propre jour du triomphe du défenseur de Lille fut celui même de l'éclair qui précéda la foudre » : le soir même, le comte d'Évreux apprit qu'il ne servirait plus.
- Belsunce évêque de Marseille
- Belsunce nommé à Marseille : « un saint prêtre, nourrisson favori du P. Tellier », longtemps jésuite, « trop saint et trop borné, trop ignorant et trop incapable d'apprendre ». Évêque, « il imposa avec raison par la pureté de ses mœurs…, et y devint illustre par les prodiges qu'il y fit dans le temps de la peste » ; mais son « fanatisme sur la constitution » et « le personnage indigne en lui, infâme en tout autre, qu'il fit en ce brigandage d'Embrun » l'auraient déshonoré si un homme si pur l'avait pu. « M. de Lauzun fut aussi aise de l'épiscopat de son neveu que l'auroit pu être le plus petit bourgeois. »
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