TOME VIII · CHAPITRE XIII

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Summary

The king resolved on the marriage: the duchesse d'Orléans's mishap 'adroitly repaired'; the Orléans wholly rebuffed from the Choin; the Saint-Cloud conference; the 'horrors sown' about Orléans and Mademoiselle — down to insinuated incest; the king brings Monseigneur to consent; Mme la Duchesse in commotion; the marriage declared; d'Antin's 'suppleness'; the Orléans very well received by Monseigneur, very ill by Mme la Duchesse.

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Le roi résolu au mariage
Sept ou huit jours après le retour de Marly, Saint-Simon presse M. le duc d'Orléans de parler au roi « au moins en monosyllabes » de la lettre remise. Dès l'ouverture, le roi l'interrompt : sa lettre l'a « entièrement persuadé de ses bonnes raisons » ; « qu'il comptât qu'il vouloit faire le mariage de sa fille avec son petit-fils ». Il cherche seulement l'occasion d'en parler à Monseigneur, dont il prévoit la résistance et « la vouloit vaincre en toutes façons » ; que le duc le laisse faire, « qu'il feroit bien et bientôt ». Cette réponse « si favorable et si décisive » comble de joie le trio, qui délibère aussitôt de la manière d'engager le roi sans l'importuner.
Contre-temps de Mme la duchesse d’Orléans adroitement réparé
Pour remercier le roi, Mme la duchesse d'Orléans se poste le soir chez Mme de Maintenon — fausse manœuvre : Maintenon et la duchesse de Bourgogne l'avertissent que ce dessein « étonneroit le roi, gâteroit tout à fait son affaire ». Le roi survient, mal content de la trouver là, et demande ce qu'elle vient faire. Présence d'esprit admirable : elle parle bas de ses deux filles cadettes à mettre en religion, s'aidant « de la petite surdité de Mme de Maintenon » pour laisser entendre aux dames quelques mots de couvent — et ce prétexte passa aussitôt pour l'objet de la visite. « Nous en rîmes bien », note Saint-Simon, informé par ses amies du palais.
M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans éconduits entièrement de tout commerce avec Mlle Choin
Le jour de l'Ascension, Bignon convie Saint-Simon à dîner — le signal convenu. Dans sa galerie, il rapporte le refus de Mlle Choin : « n'étant que déjà trop vue », elle ne veut augmenter « ni le nombre ni l'éclat de ceux qu'elle voyoit » ; surtout, elle craint « à tel point le caractère de M. le duc d'Orléans que pour rien au monde elle ne lieroit avec lui » ; quant à la duchesse d'Orléans, qu'elle estime, elle croirait « manquer essentiellement » à Mme la Duchesse en voyant son ennemie. Elle a fermé la bouche à Bignon « non en air de chagrin…, mais au contraire d'amitié ». Toute tentative est désormais superflue ; Saint-Simon paraît « gai à l'ordinaire pendant le dîner » et file à Saint-Cloud.
Conférence à Saint-Cloud
À Saint-Cloud, dans la jolie ménagerie de Mademoiselle, l'impatient duc d'Orléans quitte la table dès le « entre-deux » de Saint-Simon et s'afflige au point de parler d'« aller planter ses choux ». Dans l'orangerie, Saint-Simon relève les courages : cette honnêteté ne peut être prise qu'en bonne part, il s'est tenu « parfaitement clos et couvert sur le mariage » ; ils ont pour eux « Mme la duchesse de Bourgogne, Mme de Maintenon et le roi même ». Surtout, il faut faire « un grand usage de ce refus » et emporter la déclaration avant la fin de ce Marly : « s'il retardoit, il ne se feroit jamais », l'affaire s'évanouirait « par insensible transpiration ».
Horreurs semées sur M. le duc d’Orléans et Mademoiselle
Mme de Fontaine-Martel confie à Saint-Simon qu'il faut hâter le mariage, « parce qu'il n'y avoit rien d'horrible qu'on n'inventât pour l'empêcher » : on débite « les choses les plus horribles de l'amitié du père pour la fille ». « Les cheveux m'en dressèrent à la tête » — il sent « à quels démons nous avions affaire ». Mme la duchesse d'Orléans, avertie, proteste que l'apparence n'y est pas même : le duc a tendrement aimé sa fille « dès l'âge de deux ans », la veillant jour et nuit dans une grande maladie. On convient qu'il serait cruel et dangereux d'en parler au duc, mais qu'il n'y a plus « une minute de temps à perdre ».
Le roi fait consentir Monseigneur au mariage
Le samedi, M. le duc d'Orléans presse encore le roi, proposant hardiment d'employer d'Antin auprès de Monseigneur — ouverture rejetée avec un mépris apparent qui cachait tout le crédit du favori. Le dimanche, le roi saisit enfin Monseigneur dans son cabinet et propose le mariage « d'un ton de père mêlé de ton de roi et de maître, qu'adoucit la tendresse avec une mesure si juste et si compassée » — manière rare mais facile au roi. « Monseigneur hésita, balbutia ; le roi pressa, profitant de son trouble. » Il consent et donne parole, demandant seulement de suspendre la déclaration quelques jours « pour lui donner le temps de s'accoutumer ». Le duc d'Orléans, seul avec le roi, lui embrasse les genoux.
Mme la Duchesse, etc., en émoi
La Choin, à qui Bignon avait nommé Saint-Simon, s'était hâtée d'avertir Monseigneur et Mme la Duchesse de la démarche des Orléans. Ces notions « coup sur coup si fort en cadence », après les mouvements remarqués du dernier Marly, réveillèrent la cabale : dès le samedi soir, veille du consentement de Monseigneur, « il se murmurât bien bas dans le salon quelque bruit sourd et incertain du mariage ». Monseigneur, « qui n'avoit osé résister au roi pour la première fois de sa vie », demanda peut-être ce délai illimité dans l'embarras où il se trouvait avec Mme la Duchesse et sa cabale, « bien en émoi, mais fort éloignée de croire rien d'avancé ».
Déclaration du mariage
Le lundi 2 juin, le roi sonde M. le duc de Berry, qui « en mouroit d'envie, comme un enfant qui croit en devenir plus grand homme et plus libre », et répond qu'il obéira « avec plaisir ». L'après-midi, d'Antin, devinant l'affaire, se tourne « lestement à en hâter la déclaration pour s'en faire un mérite » : puisque la chose se sait, autant aller sur-le-champ faire la demande à Madame. Le roi, Monseigneur et le duc de Bourgogne passent chez Madame, qui accorde sa fille avec une joie extrême. La cour fond chez Madame ; « la rage pénétra les uns et jusqu'aux plus indifférents » : « ce mariage ne fut approuvé de personne ». Sur Mme la Duchesse, foudroyée : « j'aurois acheté cher une cache derrière la tapisserie ».
Souplesse de d’Antin. M. [le duc] et Mme la duchesse d’Orléans très-bien reçus de Monseigneur, et fort mal de Mme la Duchesse
D'Antin dépêche un laquais à pied vers Saint-Cloud « pour ne perdre pas de temps à seller un cheval » — souplesse du courtisan qui veut avoir tout dit le premier. Les Orléans, croisant ce laquais, courent chez Monseigneur : réception inespérée, le prince « si gai, si occupé, si rempli de quelque chose », les embrasse, fait boire aux santés du beau-père et de la belle-fille — « allégresse complète ». Contraste chez Mme la Duchesse, rencontrée aux jardins : « le remercîment fut d'un froid à glacer » ; à l'ouverture d'une alliance entre familles, elle échappe aigrement : « Quoi ! votre fille ?… mon fils quant à présent est un trop mauvais parti ». Elle reste « soulagée d'avoir au moins insolenté sa sœur, et celle-ci riant de bon cœur de cette rage montée au point de ne la pouvoir cacher ».

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