TOME XV · CHAPITRE XIX

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Summary

Alberoni's threats over the refused Seville bulls, his rage at cardinal Albani, Aldovrandi's games 'to serve him and himself'; the emperor opposes the bulls and 'accuses Alberoni of treating with the Turks'; Acquaviva's 'strong and most plausible demand'; the pretended proofs; Alberoni's 'secret and villainous motive for the war' — and Cellamare's consequent conduct. The emperor consents to all points of the treaty of London; Cellamare declares Spain will not accept it; the Regent dispatches to London; the cardinal's 'games, anxieties, transports, threats'.

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Menaces d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville
« Pendant qu'Albéroni se disposoit à faire la guerre aux puissances temporelles de l'Europe, il ne ménageoit pas beaucoup la spirituelle du pape, et déclaroit hautement que Leurs Majestés Catholiques avoient autant de ressentiment qu'ils avoient de mépris de la conduite misérable que la cour de Rome avoit à leur égard dans la vue de ménager les Allemands. »
Il s’emporte contre le cardinal Albane
Contre le cardinal Albane : les impertinences du neveu expliquaient tout ; le roi d'Espagne « avoit dessein d'envoyer enfin à Rome quelque esprit turbulent, quelque homme de caractère à parler fortement, soit qu'il fallût dire au cardinal Albane quatre mots à l'oreille, soit qu'il convînt de découvrir au pape le manège que son neveu, conduit par un intérêt vil et sordide, pratiquoit avec les Allemands ».
Manèges d’Aldovrandi pour le servir et soi-même
Les manèges d'Aldovrandi : exaltant les bonnes intentions d'Albéroni, il représentait qu'on les irritait en refusant les bulles ; que plusieurs évêques et docteurs d'Alcala, « attachés à la doctrine de saint Thomas, commençoient à trouver dans la constitution plusieurs articles contraires aux leçons de cette école » ; que pour conserver l'Espagne « il étoit nécessaire de s'accommoder à la manière de penser des évêques », et « de leur insinuer d'éviter de poser l'infaillibilité du pape pour principe de leurs arguments ».
L’empereur s’oppose aux bulles de Séville ; accuse Albéroni de traiter avec les Turcs
L'opposition de l'empereur : il fit dire au pape « qu'on avoit découvert à Vienne, par des lettres interceptées en Transylvanie, qu'Albéroni avoit entamé un traité avec Ragotzi par le prince de Cellamare, et qu'il s'agissoit de former une ligue entre le roi d'Espagne et la Porte. Gallas déclara qu'il en avoit les preuves, et qu'il en instruiroit les cardinaux lorsque le pape voudroit proposer Albéroni pour l'archevêché de Séville. La moindre instance faite au pape, de la part de l'empereur, étoit menace. Il trembloit à la voix des Allemands. »
Acquaviva embarrasse le pape par une forte demande et très plausible
La forte demande d'Acquaviva : après les bulles, il demanda que le pape accordât « aux vaisseaux espagnols les ports d'Ancône et de Civita-Vecchia..., d'autant plus juste que, lorsque les Allemands marchèrent à la conquête du royaume de Naples, Sa Sainteté leur accorda bon passage par toutes les terres de l'Église » — avertissement de bienséance plutôt que demande, le roi n'étant pas d'humeur « à recourir aux armes pour obtenir ce qui lui étoit dû ». Le pape ne répondit ni oui ni non.
Prétendues preuves de l’accusation contre Albéroni
Les prétendues preuves : « deux lettres, qu'on disoit que l'ambassadeur turc, aux conférences de la paix, avoit remises à Belgrade à l'ambassadeur d'Angleterre » ; les Impériaux soupçonnaient jusqu'au régent d'avoir su la négociation avec Ragotzi. « Cellamare démentit hautement les bruits..., faisant toutefois connoître que, quand même le fait dont ils l'accusoient seroit vrai, il n'auroit point à s'en justifier. »
Secret et scélérat motif d’Albéroni pour la guerre
Le secret et scélérat motif : « comme la paix ne convenoit pas aux vues d'Albéroni, et qu'il croyoit que le trouble général de l'Europe étoit nécessaire pour appuyer ceux qu'il vouloit exciter en France, rien n'ébranloit ses résolutions » — malgré le nombre d'ennemis, le manque d'alliés et « l'apparence morale de succomber étant dénué de tout secours ».
Conduite de Cellamare en conséquence
La conduite de Cellamare : il « ne perdoit aucune occasion de parler contre ce traité », attaquait la disposition de la Sicile « comme une clause qui détruisoit absolument le fondement de la paix d'Utrecht », resta insensible au leurre des confiscations napolitaines que Stairs lui présenta, et disait aux ministres d'Italie que la France voulait la paix à tout prix « parce que le régent la croyoit nécessaire pour la validité des renonciations ».
L’empereur consent à tous les points du traité de Londres
« Enfin la conclusion de la paix avec les Turcs devenant plus que jamais probable au commencement d'avril, l'empereur consentit à tous les points du traité. On dit même alors que l'accommodement du roi de Sicile étoit fait, et que le mariage d'une archiduchesse avec le prince de Piémont étoit une des principales conditions. »
Cellamare déclare que l’Espagne n’acceptera point le traité
« Le prince de Cellamare, suivant ses ordres, déclara que le roi son maître n'accepteroit jamais un tel traité ; que, tout l'avantage étant pour la maison d'Autriche, l'acceptation de l'empereur ne seroit pas un exemple pour Sa Majesté Catholique. »
Le régent dépêche à Londres
« Comme le roi d'Espagne n'avoit pas refusé positivement, le régent dépêcha un courrier exprès pour porter à Madrid la nouvelle du consentement de l'empereur, espérant que, le roi d'Espagne voyant les principales puissances de l'Europe concourir également à l'exécution de ce projet, Sa Majesté Catholique surmonteroit aussi sa répugnance à l'accepter. »
Manèges, inquiétudes, fougues, menaces d’Albéroni
Ses manèges et fougues : le cardinal avait « seulement amusé Nancré et le colonel Stanhope » dans l'attente des réponses de Vienne, se retranchant « sur la juste horreur que la reine d'Espagne avoit conçue sur ce qui se proposoit à l'égard de Parme » ; il éprouvait pourtant « de grandes agitations intérieures sur l'incertitude des succès », avouait que « le roi d'Espagne étant seul, l'entreprise étoit fort difficile », et « laissoit échapper des menaces contre ceux qui, après coup, se voudroient joindre à Sa Majesté Catholique ».
Ses déclamations
Ses déclamations : il conseillait au colonel Stanhope de méditer « les variations du gouvernement d'Angleterre..., d'où il concluoit qu'on ne pouvoit jamais compter de sa part sur rien de solide ni de durable » ; il dénonçait « la mauvaise foi de la France et de l'Angleterre, convenues de tout, selon lui, avec l'empereur depuis longtemps » — un projet si peu secret « qu'une gazette de Florence s'en étoit moquée ».
Son emportement contre le traité de la paix d’Utrecht
Contre Utrecht : « s'il se contenoit un peu en parlant aux ministres de France et d'Angleterre, il se déchaînoit avec les autres, et furieusement contre la paix d'Utrecht, et s'emporta même un jour jusqu'à dire à l'ambassadeur de Portugal que ce ne seroit pas le premier traité rompu aussitôt que conclu. »
Fureur d’Albéroni sur les propositions de Nancré, surtout contre la cession de la Sicile à l’empereur
Sa fureur sur les propositions de Nancré — « avoir enfin vomi tout ce qu'il avoit apporté, digéré et non digéré après un long secret » : « il s'emporta avec fureur contre l'échange de la Sicile pour la Sardaigne, le traita de scandaleux..., [l'empereur y gagnant] les moyens de former une marine, la seule chose qui lui manquoit, de devenir le maître absolu de la Méditerranée, de l'Adriatique, de l'Archipel... Il traita ces projets de bestialité, de fous ceux qui les approuvoient, d'abandonnés de Dieu ; l'abbé Dubois d'aveugle, de dupe des Anglois..., qui entraînoit la France et le régent dans le précipice. Il distinguoit le maréchal d'Huxelles seul. »
Il proteste que le roi d’Espagne n’acceptera jamais le traité, quoi qu’il en puisse arriver
Sa protestation : « quoi qu'il pût arriver, le roi d'Espagne ne changeroit point de sentiment ; il ne recevroit pas des lois honteuses avec quatre-vingt mille hommes bien lestes et bien complets..., et qu'il mourroit l'épée à la main s'il le falloit plutôt que de laisser les Anglois distribuer et changer les États à leur gré, en maîtres du monde. »
Ses vanteries ; ses imprécations
Ses vanteries et imprécations : « des finances réglées comme une horloge et le commerce des Indes bien disposé » ; il chargea Monteléon « de parler à l'abbé Dubois comme il parloit lui-même à Nancré, et de lui faire faire les mêmes réflexions s'il en étoit capable » ; et sur la calomnie de Gallas, il jura que le roi « s'en vengeroit, non par une autre, mais par les armes, cette voie étant la seule dont les rois doivent se servir, et laisser l'imposture aux âmes viles ».
Ne laisse pas de traiter Nancré avec beaucoup de distinction et d’apparente confiance
« Parmi tant de divers emportements, Albéroni traitoit Nancré avec tant de distinction et d'apparente confiance, que ceux qui ne voyoient que ces dehors croyoient que la négociation faisoit de grands progrès » — certains soupçonnant même « quelque intelligence secrète entre les deux cours, que celle d'Angleterre ignoroit et dont elle seroit la dupe ». Mais l'envoi du président Lascaris à Madrid n'y faisait rien : « l'Espagne étoit véritablement sans pas un allié. »
Fureur, menaces et manèges d’Albéroni sur le refus de ses bulles de Séville
Sur les bulles de Séville : « il s'en plaignit en termes très forts à Paulucci, traita l'accusation de Gallas contre lui d'impostures infâmes, sacrilèges, d'invention diabolique », et « triompha ensuite de désintéressement et de désir de tout sacrifice personnel, mais en déclarant que, l'outrage étant fait aux justes droits de la couronne d'Espagne, le roi catholique les soutiendroit avec la dernière vigueur ».
Albéroni dépité sur l’achat des vaisseaux en Hollande, ou Beretti se trompe de plus en plus, déclare qu’il n’en a plus que faire ; menace
Le dépit des vaisseaux : Castañeda fut rappelé, et le cardinal, « fatigué des difficultés qui, malgré la confiance de Beretti, retardoient toujours cette affaire..., dit qu'il n'en avoit plus besoin, et que l'Espagne avoit assez de navires pour se faire respecter dans la Méditerranée, résolue, à quelque prix que ce fût, d'assurer l'équilibre de l'Europe ou de la mettre toute en combustion » — Beretti prenant encore « à bon augure la nomination de députés pour examiner cette affaire ».
Manège sur l’escadre anglaise
Le manège sur l'escadre : la cour anglaise répandait « que l'envoi de cette escadre n'avoit d'autre objet que de faire valoir la médiation de l'Angleterre » ; les opposants favorisaient l'Espagne « pour contredire Georges », les négociants s'alarmaient ; et Beretti comme Monteléon restaient sans instructions — « Albéroni désiroit peut-être qu'ils fissent des fautes, et croyoit utile de conserver la liberté de désavouer les ministres d'Espagne et les engagements qu'ils auroient pris. »
Sage conduite de Monteléon
La sage conduite de Monteléon : il « continuoit de conseiller de faire tomber sur la cour de Vienne le blâme du refus des conditions du traité, en différant une réponse absolument négative, et se contentant, en attendant la réponse de Vienne, de représenter doucement les inconvénients de ces conditions ».
Négociation secrète du roi de Sicile à Vienne
« On savoit qu'il y avoit à Vienne des émissaires du roi de Sicile, qui traitoient avec le prince Eugène fort secrètement, et la négociation passoit pour avancée. Schaub voulut demander quelque éclaircissement là-dessus, mais il n'en put tirer d'autre sinon que la négociation existoit. »
Propos de l’abbé Dubois à Monteléon
Les propos de Dubois à Monteléon : George tiendrait ferme ; « si l'Espagne acceptoit, l'escadre angloise seroit à la disposition du roi catholique ; si Vienne refusoit, l'Angleterre laisseroit agir l'Espagne, et prendroit d'autres mesures de concert avec la France ; si le roi de Sicile traitoit avec l'empereur..., l'Angleterre pourroit se joindre avec la France et l'Espagne, et les aider à ramener la Sicile sous la domination d'Espagne. »
Doubles manèges des Anglois sur la paix, avec l’Espagne et avec l’empereur
Les doubles manèges : Stanhope écrivait directement à Albéroni « que l'escadre destinée pour la Méditerranée serviroit le roi d'Espagne, quelque parti que prît l'empereur », vantant l'importance « de mettre actuellement garnison espagnole dans Livourne » ; « mais, pendant que Stanhope lui donnoit de si bonnes paroles..., ce ministre et Sunderland assuroient tous deux Penterrieder que, si l'empereur vouloit signer le traité, le roi d'Angleterre en rempliroit fidèlement les engagements, et qu'il se porteroit aux dernières extrémités contre l'Espagne. »
Sentiment de Monteléon
« Monteléon étoit persuadé qu'au point où en étoient les choses, il n'y avoit de parti à prendre pour l'Espagne que de céder aux conseils absolus de la France et de l'Angleterre ; mais il n'osoit avouer ce qu'il pensoit..., ce seroit déplaire à Albéroni avec qui il n'étoit pas assez bien pour lui écrire d'une manière directement opposée aux sentiments d'un homme si porté à la vengeance, si fougueux et si totalement puissant. »
Dangereux manèges du roi de Sicile
Les dangereux manèges du roi de Sicile : sa négociation de Vienne était « fortement appuyée par quelques Espagnols impériaux que ce prince avoit gagnés, et qu'ils conseilloient à l'empereur de s'emparer de Parme et de Plaisance, pour échanger cet État contre la Sicile. Les ministres piémontois travailloient également de tous côtés pour traverser le traité de Londres. »
Le roi d’Angleterre s’oppose ouvertement à son désir d’obtenir une archiduchesse pour le prince de Piémont
L'opposition anglaise au mariage : « le roi d'Angleterre fit connoître aux ministres impériaux que, si les bruits qui couroient de ce mariage [d'une archiduchesse avec le prince de Piémont] se vérifioient, il lui seroit désormais impossible d'entretenir avec l'empereur les mêmes liaisons et la même confiance qu'il avoit eues par le passé. Il ajouta même aux ordres qu'il donna là-dessus à Saint-Saphorin des lettres pour l'empereur et pour l'impératrice Amélie, mère des archiduchesses. »

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