TOME II · CHAPITRE XIII

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Summary

A chapter of friendships: Pontchartrain's daughter-in-law and her intimacy with Mme de Saint-Simon; the author's friendship with the elder Pontchartrain, then with the bishop of Chartres, Godet des Marais — Mme de Maintenon's director; Le Charmel, the converted man of pleasure. At La Trappe, the founder's mistake in choosing a successor, his 'signal virtue' under the trial, and the change of abbot: Rancé at his life's evening, seen by his most fervent admirer.

The entries

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La belle-fille de Pontchartrain et son intime liaison avec Mme de Saint-Simon
La belle-fille de Pontchartrain — sœur du comte de Roucy, cousine germaine de Mme de Saint-Simon — « se trouva très-heureusement née, avec beaucoup de vertu, de douceur et d'esprit, toute Roucy qu'elle étoit », avec « un discernement fort au-dessus d'une personne nourrie dans une abbaye à Soissons ». « La sympathie de vertus, de goûts, d'esprits, forma bientôt entre elle et Mme de Saint-Simon une amitié qui devint enfin la plus intime, et la confiance la plus sans réserve qui pût être entre deux sœurs. »
Amitié intime entre Pontchartrain et moi
La scène du cabinet : Pontchartrain demande à Saint-Simon « une grâce dont il ne vouloit pas être refusé » — « l'honneur de votre amitié… car vous êtes très-vrai, et si vous me l'accordez, je sais que j'en puis être assuré ». Le jeune duc pose sa condition : « j'avois une amitié qui passeroit toujours devant toute autre, celle qui me lioit intimement à M. de Beauvilliers, dont je savois qu'il n'étoit pas ami. » — « Dans l'instant il m'embrassa, me dit que c'étoit là parler de bonne foi, qu'il m'en estimoit davantage… Nous nous sommes réciproquement tenu parole plénièrement » — amitié intime jusqu'à la mort, dont « personne à la cour ne se douta qu'à la longue ».
Amitié intime entre l’évêque de Chartres et moi
Autre ami singulier pour son âge : l'évêque de Chartres, son diocésain à la Ferté — « peu à peu l'amitié se mit entre nous, et la confiance. Dans la situation où il étoit avec Mme de Maintenon, jamais je ne l'employai à rien qu'une seule fois, et bien légère. »
Le Charmel ; ma liaison avec lui
Le Charmel : le gentilhomme champenois monté à la cour par le jeu, « sans jamais avoir été soupçonné le plus légèrement du monde », touché par la lecture d'Abbadie et retiré du monde. Au roi qui lui dit : « Quoi, Charmel, vous ne me verrez jamais ? — Non, sire, je n'y pourrois résister, je retournerois en arrière, il faut faire le sacrifice entier et s'enfuir. » Pénitent « d'une grande dureté pour soi, d'un esprit au-dessous du médiocre… mais d'une grande fidélité à sa pénitence », passant chaque carême à la Trappe.
Méprise de M. de la Trappe au choix d’un abbé, et son insigne vertu
La méprise de M. de la Trappe : dom François Gervaise, carme déchaussé plein de talents, recommandé par M. de Meaux, nommé abbé — et qui, les bulles en poche, « se crut un personnage », jaloux du grand homme, sapant tout ce qu'il avait établi, le traitant « avec une hauteur et une dureté extraordinaires ». Rancé « en répandoit une abondance de larmes devant son crucifix », mais « la crainte extrême de trouver, même involontairement, quelque satisfaction personnelle à se défaire de cet ennemi et de ce persécuteur le retenoit » : « il se plaisoit trop dans cette nouvelle épreuve… et il ne craignoit rien tant que de sortir de cette fournaise. »
Changement d’abbé à la Trappe
Le changement d'abbé, mené en sous-main par Saint-Simon : Gervaise, « pris sur le fait » d'un scandale, trouvé « caché sur les voûtes de l'église, prosterné et baigné de larmes », offre sa démission — que le P. de La Chaise, abusé par une lettre dictée, fait d'abord refuser par le roi. Suivent la contre-attaque de Gervaise à Fontainebleau — Rancé peint en vieillard affaibli manipulé par des jansénistes voulant faire de la Trappe « un petit Port-Royal » —, le secret confié par Saint-Simon à l'évêque de Chartres qui emporte tout auprès du roi, le valet de chambre du confesseur dépêché à quatre heures du matin pour vérifier l'état de Rancé « qu'il trouva dans tout son entier », et la nomination de dom Jacques La Court, les bulles obtenues gratis par le frère Chanvier avec la lettre du pape « la plus pleine d'estime et d'amitié pour M. de la Trappe ». Enfin la lettre chiffrée interceptée : quatre pages de Gervaise à la religieuse qu'il aimait, « un tissu de tout ce qui se peut imaginer d'ordures… Je ne crois pas qu'il se dise tant d'abominations en plusieurs jours dans les plus mauvais lieux » — du Charmel la recopiant avec « ses signes de croix, ses imprécations contre l'auteur à chaque infamie qu'il lisoit ». Gervaise, contenu par la menace du dépôt chez M. de Paris, finit chassé de maison en maison, une lettre de cachet lui interdisant d'approcher la Trappe à trente lieues. « Si ce scandale est extrême, le saint et prodigieux usage que M. de la Trappe fit de tout ce qu'il en souffrit est encore plus surprenant… Ce contraste si effrayant et si complet m'a paru quelque chose de si rare, que j'ai succombé à l'écrire. »

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