TOME XVI · CHAPITRE PREMIER

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Summary

The emperor accepts the peace project; the English 'hate, complain, demand Châteauneuf's recall' and push their 'impudence towards the Regent'; 'guided by Dubois, they press and threaten Spain'; the emperor at last humours the Dutch; Monteléon's error. Sicily's difficult Vienna negotiation and its agents' 'enormity against the duc d'Orléans', 'failing in everything'; Monteléon's 'wise advice'; Holland recoils from acceding; Beretti, on the orders of Alberoni 'who would throw the Pretender into England', tries to bind Spain to Sweden and the tsar.

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L’empereur accepte le projet de paix
« Enfin les incertitudes de la cour de Vienne cessèrent, et on apprit par un courrier qu'en reçut Penterrieder à Londres que l'empereur acceptoit un projet que toute l'Europe regardoit comme très avantageux à la maison d'Autriche » — après s'être fait longtemps prier sur la Toscane, dont les négociateurs firent « un mérite particulier à Schaub ». La nouvelle réjouit la cour d'Angleterre et les négociants ; « les torys et généralement tous les mécontents du gouvernement s'élevèrent contre le projet..., en apparence à cause de la disposition de la Sicile ».
Les Anglois haïssent, se plaignent, demandent le rappel de Châteauneuf de Hollande
Les Anglais contre Châteauneuf : ils « l'accusoient depuis longtemps de mauvaises intentions et d'agir suivant les principes de l'ancien gouvernement de France, crime capital à l'égard des Anglois », et pressèrent le régent « de rappeler au plus tôt cet ambassadeur, d'envoyer Morville le relever..., directement à la Haye sans le faire passer à Londres ».
Leur impudence à l’égard du régent
Leur impudence : Morville n'aurait pas besoin des instructions de Dubois — « les ministres d'Angleterre jugèrent qu'il suffisoit qu'il se laissât conduire par Widword, envoyé d'Angleterre en Hollande, et par Cadogan » ; et « tout iroit le mieux du monde, pourvu que le régent sût bien prendre son parti, et qu'on fût en état de montrer de la vigueur aux Espagnols ».
Guidés par Dubois, ils pressent et menacent l’Espagne
Guidés par Dubois, « le roi d'Angleterre envoya par un courrier de nouveaux ordres à son ministre à Madrid de presser plus que jamais le roi d'Espagne de souscrire au traité, et pour le persuader le colonel Stanhope eut ordre de lui déclarer que le départ de l'escadre angloise ne pouvoit plus être différé, et que dans trois semaines au plus tard elle seroit en état de mettre à la voile. »
L’empereur ménage enfin les Hollandois
L'empereur ménage les Hollandais : Prié « reçut des ordres très exprès de terminer au plus tôt les difficultés qui avoient jusqu'alors empêché l'exécution du traité de la Barrière » — quoique « plus la cour de Vienne les réitéroit, plus il trouvoit de moyens d'embrouiller la négociation » ; l'empereur voulait engager les Hollandais à souscrire au traité de Londres.
Erreur de Monteléon
L'erreur de Monteléon : il « avoit cru lui-même que la cour de Vienne y souscriroit difficilement..., s'échappa même jusqu'à dire que Sa Majesté Catholique remettroit le pied en Italie, et qu'elle y seroit soutenue par un bon et puissant ami » ; surpris de tant de facilité, il l'attribua au peu d'espérance de la paix turque — « il se trompoit encore, car alors la conclusion de la paix étoit prochaine ».
Difficulté et conduite de la négociation du roi de Sicile à Vienne
La négociation du roi de Sicile à Vienne : « une des conditions préliminaires que le roi de Sicile demandoit étoit celle de conserver ce royaume ; et l'empereur, de son côté, ne trouvoit rien de plus sensible et de plus avantageux pour lui que d'en faire l'acquisition » ; ses ministres, connaissant « la faiblesse de l'Espagne et le peu de réalité des forces dont Albéroni faisoit valoir les seules apparences », espéraient surtout arracher « le mariage d'une archiduchesse pour le prince de Piémont ».
Énormité contre M. le duc d’Orléans des agents du roi de Sicile à Vienne, qui échouent en tout
L'énormité des agents piémontois : « ils parloient avec peu de circonspection de la personne de M. le duc d'Orléans. La conclusion de leur discours étoit qu'il ne seroit pas bien difficile d'enlever le roi des mains de Son Altesse Royale. Un de ces Piémontois, nommé Pras, se porta même jusqu'à dire que le projet en étoit fait, et qu'il osoit répondre de l'exécution » ; il fit voir à du Bourg « une lettre horrible contre M. le duc d'Orléans qu'il supposa lui avoir été écrite de Paris ». Mais le roi de Sicile « voulut à son ordinaire frapper à toutes les portes. Il les trouva toutes fermées..., chacun se réjouissoit de voir qu'il étoit la victime de ses manèges doubles. »
Sage conduite et avis de Monteléon
La sage conduite de Monteléon : prévoyant que l'Espagne « ne pouvoit soutenir seule un engagement contre les principales puissances de l'Europe, il eût conseillé, s'il l'eût osé, de faire de nécessité vertu, de ne pas mépriser le bénéfice offert, et de rendre grâces pour les offenses ; mais la crainte de déplaire au premier ministre le retenoit », et il mettait « dans la bouche des autres une partie de ce qu'il n'osoit représenter comme de lui ».
La Hollande, pressée d’accéder au traité, recule
La Hollande recule : pressée par la France et l'Angleterre unies, « cette république dont les délibérations sont ordinairement lentes redoubloit encore de lenteur, retenue par le mauvais état de ses finances et par la mauvaise constitution de son gouvernement » ; ceux qui ne dépendaient pas de l'Angleterre accusaient les Anglais « d'une égale imprudence, en donnant à l'empereur les moyens de se rendre insensiblement maître de toute l'Italie ».
Beretti, par ordre d’Albéroni, qui voudroit jeter le Prétendant en Angleterre, tâche à lier l’Espagne avec la Suède et le czar prêts à faire leur paix ensemble
Beretti et le Nord : par ordre d'Albéroni — qui « voudroit jeter le Prétendant en Angleterre » —, il proposa à Poniatowski, confident du roi de Suède, « quelques sommes d'argent du roi d'Espagne... en échange des armes et des provisions nécessaires pour la marine » ; le Polonais révéla que Monti avait déjà fait l'offre à Paris, et assura « que l'amitié qui paroissoit si vive entre le roi d'Angleterre et le régent n'étoit que masquée » ; l'ambassadeur de Moscovie promit de même que le roi d'Espagne tirerait « un grand avantage de l'intelligence étroite qu'il établiroit avec le czar et le roi de Suède ».
Sages réflexions de Cellamare
Les sages réflexions de Cellamare : « il avoit bon esprit, et les propos qu'il tenoit ne l'empêchoient pas de connoître parfaitement que le roi d'Espagne, en rejetant le traité, exposoit sa monarchie à de grands dangers » — les Anglais allaient lever « le masque de médiateurs » pour reprendre « le personnage de protecteurs de la maison d'Autriche » ; « mais il auroit mal fait sa cour en Espagne, s'il eût annoncé quelque suite fâcheuse..., ainsi [il] se contenta de mettre dans la bouche des personnes sensées ce qu'il n'osoit dire comme son propre sentiment. »
Son adresse à donner de bons avis pacifiques en Espagne
Son adresse pacifique : il conseillait d'accepter « conditionnellement », de « profiter du bénéfice du temps propre à guérir les maladies les plus dangereuses », citant Peterborough — l'empereur ne consentait « que parce qu'il étoit bien persuadé... que le roi d'Espagne le rejetteroit » ; il fallait donc « contre-miner leur artifice en affectant de faire paroître encore plus de penchant pour la paix », demander une suspension d'armes, viser une assemblée générale des ministres, et s'armer assez « pour tenir dans le respect ceux qui songeroient à l'attaquer » — Camok promettant même de débaucher « sept ou huit capitaines de [l'escadre angloise] avec leurs navires ».
Dangereuses propositions pour la France du roi de Sicile à l’empereur
Les dangereuses propositions du roi de Sicile, selon les Impériaux : « le roi de Sicile offroit de céder la Sicile à leur maître, à condition qu'il emploieroit ses forces à placer le roi de Sicile sur le trône d'Espagne, si le roi d'Espagne occupoit celui de France en cas d'ouverture à la succession à cette couronne » ; sinon, la céder « en échange de la simple assurance des successions de Toscane et de Parme ».
Provane les traite d’impostures ; proteste contre l’abandon de la Sicile, et menace la France dans Paris
Provane « traitoit de faussetés et de calomnies inventées contre l'honneur de son maître ces différents bruits » : les puissances « auroient affaire non à un agneau, mais à un lion, qui se défendroit avec les ongles et avec les dents jusqu'au dernier moment de sa vie » ; et si la France le réduisait au pied du mur, son maître « pourroit contribuer encore une fois à voir les étendards de la maison d'Autriche dans les provinces de Dauphiné et de Provence ».
Nouvelles scélératesses du nonce Bentivoglio
Les scélératesses de Bentivoglio : il « regardoit et répandoit comme une bonne nouvelle l'opposition du roi d'Espagne au projet de traité », assurait « comme une chose certaine que la ligue étoit faite entre le czar et le roi de Suède ; que... le roi de Suède s'embarquoit pour aller faire une descente en Angleterre, et rétablir le roi Jacques sur le trône de ses pères. Tout événement capable de déranger les mesures du gouvernement lui paroissoit d'autant plus à souhaiter. »
Fortes démarches du pape pour obliger le roi d’Espagne de cesser ses préparatifs de guerre contre l’empereur
Les fortes démarches du pape : tremblant devant l'Espagne comme devant les Allemands, il rappela au roi d'Espagne « tant de grâces qu'il lui avoit faites, sans exiger de lui aucune satisfaction pour les offenses qu'il en avoit souffertes pendant huit ans », se plaignit amèrement de la Sardaigne, et écrivit « un bref très fort » de sa main — l'affaire la plus grave « depuis les dix-huit années de son pontificat » — avec menace, en cas de refus de cesser les préparatifs, « de prendre les résolutions que son devoir lui suggéreroit » : la privation « de la crusade, du sussidio, et des millions ».
Autres griefs du pape contre le roi d’Espagne
Ses autres griefs : « le trouble que recevoit en Espagne l'exercice de la juridiction ecclésiastique », et les revenus « des églises de Tarragone et de Vich, dont Albéroni s'étoit emparé, sous prétexte qu'ils étoient mal administrés pendant l'absence de ces deux évêques rebelles » — Albéroni « persuadé que la complaisance pour Rome est un mauvais moyen pour en obtenir les grâces qu'on lui demande ».
Menaces de l’Espagne au pape
Les menaces de l'Espagne : Acquaviva déclara « que, puisque Sa Sainteté n'avoit aucun égard aux instances du roi d'Espagne sur les bulles de Séville, ce prince alloit faire séquestrer les revenus des églises vacantes dans ses États, et défendre à ses sujets de prendre aucune expédition en daterie ».
Souplesses et lettres de Sa Sainteté en Espagne
Les souplesses du pape : lettres de Paulucci à Albéroni — que le pape le priait « comme bon père et comme créateur (quel blasphème dans ces paroles romaines !) » d'employer contre les infidèles les forces destinées aux princes chrétiens (« difficilement vit-on jamais lettre si parfaitement inepte ») ; lettre dictée au cardinal Albane pour le P. Daubenton, invoquant le titre de Catholique accordé aux rois d'Espagne ; et le crédit du duc de Parme mis à contribution — « ses représentations lui valurent vingt-cinq mille pistoles..., et le besoin que le pape crut avoir du P. Daubenton valut à son neveu le gratis des bulles d'une abbaye ».
Fortes démarches de l’Espagne sur les bulles de Séville
Les fortes démarches sur Séville : « Albéroni voulut intéresser la nation espagnole dans sa cause particulière » et fit renvoyer l'affaire au conseil de Castille, dont la consulte, « très forte contre les prétentions de la cour de Rome, fut rendue publique » avec une consultation de docteurs ; il fit alors « intimer au pape un temps fatal pour l'expédition des bulles de Séville », menaçant d'employer « les moyens que le conseil de Castille lui avoit suggérés pour ranger la cour de Rome à son devoir ».
Manège d’Aldovrandi
Le manège d'Aldovrandi : « effrayé ou feignant de l'être de la réponse du conseil de Castille », il représenta au pape « l'embarras où il se trouvoit, voyant augmenter un feu que Sa Sainteté avoit intérêt d'éteindre », d'autant qu'une rupture le laisserait « sans action, hors d'état d'exécuter les ordres du pape, et par conséquent de faire valoir ses services » — au moment même où l'on croyait voir « quelque disposition à un accommodement entre l'empereur et le roi d'Espagne ».

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