TOME VII · CHAPITRE II

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Summary

The princes return to court, with the 'mechanics' of Mme de Maintenon's apartment — the secret machinery of power described piece by piece. The contrasting receptions of Bourgogne and Berry; Gamaches's 'indiscreet apophthegms'; Lille's citadel surrendered and infinite honours to Boufflers — received in triumph, made duke and peer; Vendôme's return; the 'extreme honour' the author receives from Bourgogne; Berwick back; the fine project of retaking Lille; Boufflers sent north again.

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Retour des princes à la cour
Retour du prince : Saint-Simon avait fait suggérer d'arriver « à une ou deux heures après minuit » pour que la duchesse pût l'instruire seule ; l'avis ne fut pas suivi. Il arriva le 11 décembre après sept heures du soir, « bon visage, gai et riant, et parloit à droite et à gauche » ; il embrassa Saint-Simon et « me glissa bas qu'il n'ignoroit pas comment j'avois parlé et comment j'en avois usé à son égard ». Saint-Simon dit à Beauvilliers l'avoir « trouvé bien gai au retour d'une si triste campagne : tout le monde en effet blâma également une gaieté si peu à propos ».
Mécanique de chez Mme de Maintenon et de son appartement
Mécanique de chez Mme de Maintenon : sa chambre où le roi travaillait au fauteuil « adossé à la muraille », elle « dans une niche de damas rouge » de l'autre côté de la cheminée ; le grand cabinet où la duchesse de Bourgogne jouait chaque soir et où Monseigneur montait après la comédie, « où le roi n'entroit point » ; le souper de Mme de Maintenon servi devant le roi travaillant ; la sonnette du souper qui faisait défiler les princes à travers sa chambre. « Nul homme, sans exception que de ces trois princes, n'entroit dans ce grand cabinet. »
Réception du roi et de Monseigneur à Mgr le duc de Bourgogne et à M. le duc de Berry, à qui ensuite Mgr le duc de Bourgogne parle longtemps et bien
La réception, contée à Saint-Simon par Pontchartrain, seul témoin : « le roi s'embarrassa jusqu'à changer diverses fois de visage », la princesse « voltigeoit par la chambre pour cacher son trouble », Mme de Maintenon « rêveuse ». Le roi, « maître de soi plus que qui que ce fût », embrassa son petit-fils « avec assez de démonstration de tendresse » — propos « de voyage, de couchées, de chemins » un demi-quart d'heure debout. Monseigneur, que la maréchale d'Estrées osa attaquer, répondit sèchement « que ce n'étoit pas à lui à aller chercher le duc de Bourgogne ». Au duc de Berry, en revanche, « tous les cœurs s'épanouirent ». Le jeudi, le prince fut trois heures avec le roi : « tout fut dit, et dit au delà des espérances » ; la conclusion fut la parole du roi de lui donner une armée. Il entretint aussi Monseigneur à Meudon et la Choin « tête à tête ».
Apophtegmes peu discrets de Gamaches
Apophtegmes de Gamaches : « bavard et franc Picard », il reprenait en public les enfantillages des princes — « Vous aurez le royaume du ciel, mais pour celui de la terre, le prince Eugène et Marlborough s'y prennent mieux que vous. » Sur le roi d'Angleterre, laissé « attendre parmi la foule dans les antichambres » : « Est-ce une gageure ? parlez franchement ; si c'en est une, vous l'avez gagnée…, mais au moins, après cela, parlez un peu à M. le chevalier de Saint-Georges. » « Ces saillies eussent été bonnes tête à tête…, mais elles ne servirent de rien. »
Citadelle de Lille rendue
Citadelle rendue : Boufflers « ne put différer que de peu de jours à obéir à l'ordre du roi » et capitula le 9, « de la meilleure grâce du monde », obtenant tout ce qu'il voulut.
Honneurs infinis faits au maréchal de Boufflers
Honneurs infinis du prince Eugène : il demanda à visiter Boufflers, le pria à dîner, « lui fit rendre tous les mêmes honneurs qu'à soi-même » ; à la sortie de la garnison, il fit monter le maréchal et le chevalier de Luxembourg dans son carrosse « et se mit sur le devant », donnant « toujours la main à la porte à tous les officiers françois ». Le prince d'Auvergne, à cheval, les conduisit à Douai avec ordre « d'obéir en tout au maréchal comme à sa propre personne ». Eugène exigea Maillebois parmi les otages, « ne se cachant pas qu'il le vouloit comme étant le fils aîné de Desmarets ».
Retour et réception du duc de Vendôme à la cour
Retour de Vendôme le 15 décembre : le roi « l'embrassa avec une sorte d'épanouissement qui fit triompher sa cabale », mais remit l'entretien au lendemain — « ce délai, qui lui étoit nouveau, ne lui fut pas de bon augure », et l'audience ne dura « pas une heure ». Monseigneur refusa sèchement le voyage d'Anet. Saint-Simon le croisa « seul, sans flambeaux ni valets, avec Albéroni…, l'air chagrin ». À Anet, « il s'abaissa jusqu'à convier le monde de l'y venir voir » : « dès ce premier voyage, il sentit sa diminution par celle de sa compagnie ».
Retour et réception triomphante du maréchal de Boufflers à la cour ; fait pair, etc
Retour triomphant de Boufflers, le lendemain — « l'un, héros factice, érigé tel par volonté, en dépit du vrai ; l'autre, héros malgré soi-même, par l'aveu public des François et de leurs ennemis ». Le roi vint au-devant de lui jusque dans la porte, « l'embrassa étroitement à deux et trois reprises », le pressa de demander sa récompense ; devant sa modestie : « je vous fais pair, je vous donne la survivance du gouvernement de Flandre pour votre fils, et je vous donne les entrées des premiers gentilshommes de la chambre » — trois grâces « uniques alors, chacune dans leur genre », plus de cent mille livres de rente. Il fit encore donner six mille livres d'augmentation au chevalier de Luxembourg. On compara Lille, défendu « sur lui seul, presque sans garnison », six semaines au-delà de ce que Vauban même avait prédit.
Extrême honneur que je reçois de Mgr le duc de Bourgogne
Extrême honneur : Cheverny rapporta à Saint-Simon que le prince, parlant des propos de la campagne, avait dit « qu'il savoit avec quelle vivacité j'en avois parlé, et qu'il étoit instruit de la manière dont M. le prince de Conti s'en étoit expliqué…, que lorsqu'on avoit la voix de deux hommes semblables, on avoit lieu de se consoler des autres. Je fus [confus] d'être mis à côté d'un homme plus supérieur encore à moi en ce genre qu'il ne l'étoit en rang et en naissance. »
Retour du duc de Berwick à la cour
Berwick arriva le 23 décembre et « ne se contraignit ni en particulier ni en public sur M. de Vendôme » : à son exemple, tout ce qui revenait de Flandre parla. « Les mensonges de Pont-à-Marck et de Mons-en-Puelle, celui sur les retranchements de Marlborough, le passage de l'Escaut, furent dévoilés et mis au clair », causant « un étonnement étrange, puis une indignation » ; « l'air de disgrâce commençoit à se faire sentir » pour la cabale.
Beau projet de reprendre Lille
Beau projet de reprendre Lille : Chamillart, « amoureux du bien de l'État et de la gloire personnelle du roi », conçut de reprendre la place, le roi marchant en personne, équipages courts « et surtout que les dames ne seroient pas du voyage » — d'où le secret à garder envers Mme de Maintenon. Chamlay l'avertit « qu'il jouoit à se perdre » : un semblable dessein pour Mons avait perdu Louvois, et « si Louvois ne fût pas mort le jour qu'il mourut si subitement, il étoit arrêté le lendemain même ». « Chamillart sentit tout le danger, mais il aimoit l'État, et je puis dire le roi comme on aime une maîtresse. Il le compta pour tout, soi pour rien, et passa outre. » Le roi, ne pouvant rien cacher, confia tout à Mme de Maintenon : elle « eut l'adresse de cacher sa surprise et la force de dissimuler parfaitement son dépit ; elle loua le projet, elle en parut charmée ».
Boufflers renvoyé en Flandre
« Boufflers partit le 26 décembre » pour disposer tout sur les lieux et y attendre le roi ; le même jour, Berwick eut une longue audience « où il parla en toute liberté », et les gardes françaises et suisses eurent ordre « de se tenir prêts à marcher le 1er février ».
Tranchée ouverte à Gand ; La Mothe dedans
La tranchée fut ouverte à Gand la nuit du 24 au 25 décembre : La Mothe y avait « pour deux mois de vivres » pour la garnison et quatre-vingt mille habitants, « beaucoup de canon et de mortiers, et quatre cent milliers de poudre ». Mme de Ventadour, « qui s'obstinoit à le vouloir voir maréchal de France, lui procura encore cette défense, pour effacer le funeste succès » de Winendal.
Soirée du roi singulière
Soirée singulière du roi : le dernier soir de l'année, Chamillart vint au cabinet sans être mandé, une grande dépêche de Boufflers à la main. « Aussitôt le roi donna le bonsoir à Monseigneur et aux princesses, qui sortirent…, et le roi travailla une heure avec son ministre avant de se coucher, tant il étoit épris du grand projet de la reprise de Lille » — soirée « fort remarquable, parce qu'elle n'avoit point eu d'exemple ».

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