TOME I · CHAPITRE XIII
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Summary
Winter chronicle among the princes: the vexations of Monsieur and the princesses; the princesse de Conti, the king's daughter, expels Mlle Choin — whose secret commerce with Monseigneur is discovered; Clermont disgraced and exiled; the cabal in disarray. The affair of M. de Noyon, the vain academician 'strangely mocked' by abbé de Caumartin in his reception speech, who is ruined by it — then Noyon's magnanimous pardon. Notes on the Dauphiné and county of Auvergne as 'quite ordinary lands', the cardinal de Bouillon's folly, and changes in Monsieur's household.
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- Tracasseries de Monsieur et des princesses
- Chronique domestique des « princesses » — le nom distinctif des trois filles du roi. Monsieur avait obtenu que la duchesse de Chartres fût appelée Madame par ses sœurs ; piquée, Mme la Duchesse se mit à l'appeler « mignonne » — « or rien n'étoit moins mignon que son visage, que sa taille, que toute sa personne » : le roi défendit sévèrement la familiarité. À Trianon, les princesses tirent des pétarades nocturnes sous les fenêtres de Monsieur, « soit malice des deux aînées, soit imprudence » ; plaintes au roi, excuses, gronderies. Tout fut « replâtré » par une visite de Mme de Montespan à Saint-Cloud, « qu'il avoit toujours fort aimée, qui raccommoda aussi ses deux filles ».
- Aventure de Mme la princesse de Conti, fille du roi, qui chasse de chez elle Mlle Choin
- La grande affaire du chapitre : la comtesse de Bury, dame d'honneur vertueuse, avait placé sa nièce Choin fille d'honneur de la princesse de Conti — « une grosse fille écrasée, brune, laide, camarde, avec de l'esprit et un esprit d'intrigue et de manège », qui « amusa » Monseigneur et « sans qu'on s'en aperçût se mit intimement dans sa confiance ». Le roi, usant du secret de la poste, saisit le paquet fatal : dans son cabinet, il tire les lettres de sa poche — « Connaissez-vous cette écriture ? » La princesse se trouve mal ; il la ranime pour lui infliger « un cruel châtiment » : lire en sa présence ses propres lettres sacrifiées, et celles où Clermont et la Choin la traitent sans ménagement, Monseigneur n'étant marqué « que sous le nom de leur gros ami ». Sanglots, pardons, rages : « elle fut bientôt faite. La Choin fut chassée le lendemain. »
- Disgrâce, exil, etc., de Clermont
- Clermont, de la branche de Chattes, « grand homme, parfaitement bien fait, qui n'avoit rien que beaucoup d'honneur, de valeur, avec un esprit assez propre à l'intrigue » : amant affiché de la princesse de Conti, favori de Monseigneur, il avait reçu de Luxembourg et du prince de Conti la mission de « s'attacher à la Choin, d'en devenir l'amant, et de paroître vouloir l'épouser » — le chemin de la fortune. Les lettres intercepées révèlent tout : ordre à Luxembourg de l'envoyer à Tournai, « avec celui de se défaire de sa charge, et de se retirer après en Dauphiné pour ne pas sortir de la province ».
- Cabale et désarroi
- Derrière l'aventure, la cabale : Luxembourg, que le roi « n'aimoit point et ne se servoit de lui que par nécessité », s'était « entièrement tourné vers Monseigneur » ; le prince de Conti et lui se proposaient « de se rendre les maîtres de l'esprit de Monseigneur et de le gouverner, pour disposer de l'État quand il en seroit devenu le maître ». C'est cette intrigue qui avait fait préférer la Flandre à Monseigneur. La découverte jette « la frayeur » chez Luxembourg et son fils ; le roi mande tout à Monseigneur, « et par là le mit hors de mesure d'oser protéger les deux infortunés ».
- Mlle Choin et Monseigneur
- Suites de la disgrâce : la princesse de Conti, n'osant tout rompre puisque l'amitié de Monseigneur est découverte, envoie la Choin dans un de ses carrosses à Port-Royal de Paris avec pension et voitures. Mme de Bury, « qui ne s'étoit doutée de rien sur sa nièce, fut inconsolable ». Et déjà Mme de Lislebonne et ses filles — princesses « le plus souvent sans habits et sans pain, à la lettre », nourries par la princesse de Conti — « se hâtèrent d'aller voir la Choin, mais avec un extrême secret » : « c'étoit le moyen sûr de tenir immédiatement à Monseigneur ». Les chansons achevèrent de célébrer l'aventure.
- M. de Noyon, de l’Académie française, étrangement moqué par l’abbé de Caumartin, qui en est perdu
- La farce de l'Académie : le roi, qui « s'amusoit » de la vanité de M. de Noyon, le fait élire — premier académicien du choix du roi. L'abbé de Caumartin, directeur, compose une réponse « imitée au possible du style de M. de Noyon… dont le pompeux galimatias fut une satire continuelle de la vanité du prélat » ; pris de peur, il la porte à l'évêque même, qui la lit, « en fut charmé », la corrige et « y ajouta quelques traits de sa propre louange ». Le jour venu, salle comble, « l'applaudissement fut donc extrême et général », chacun enivrant M. de Noyon qui « s'en retourna charmé de l'abbé et du public ». C'est M. de Paris — vieille rancune du carrosse de Saint-Germain — qui lui ouvre les yeux, confirmé par le P. de La Chaise. Plaintes amères au roi : Pontchartrain sauve son parent de la lettre de cachet grâce à la réponse « corrigée et augmentée de la main de M. de Noyon » — mais l'abbé est « radicalement perdu dans l'esprit du roi », et l'évêque va « passer sa honte dans son diocèse ».
- Grande action de M. de Noyon sur l’abbé de Caumartin
- Le dénouement rachète tout : peu après son retour à Paris, M. de Noyon, malade à recevoir ses sacrements, « envoya chercher l'abbé de Caumartin, lui pardonna, l'embrassa, tira de son doigt un beau diamant qu'il le pria de garder et de porter pour l'amour de lui » ; guéri, il travailla « toute sa vie avec chaleur et persévérance » à le raccommoder auprès du roi et à le faire évêque — en vain. « M. de Noyon n'en eut que le bien devant Dieu par cette grande action, et l'honneur devant le monde. »
- Dauphiné d’Auvergne et comté d’Auvergne terres tout ordinaires
- Digression de droit féodal : en Auvergne, deux terres particulières, le comté et le dauphiné d'Auvergne — l'une « sans droits singuliers, et sans rien de distingué de toutes les autres », l'autre « encore plus petit en étendue », érigé en princerie mais sans « ni rang ni distinction par-dessus les autres terres ». Le nom de comté était « friand » pour les La Tour « qui minutoient de changer leur nom de La Tour en celui d'Auvergne » ; le dauphiné, échu à Monsieur par la succession de Mademoiselle, va tenter le cardinal de Bouillon.
- Folie du cardinal de Bouillon
- L'« envie démesurée » du cardinal : à force de donner gros, le marché est conclu avec Monsieur — mais le roi refuse l'agrément : « Je parie, mon frère, que c'est une nouvelle extravagance du cardinal de Bouillon qui veut faire appeler un de ses neveux prince-dauphin ; dégagez-vous de ce marché. » Pénétré de dépit, le cardinal répond au chevalier de Lorraine « un fatras de sottises », couronné par la menace de n'être plus « autant son serviteur qu'il l'avoit été par le passé ». Monsieur en rit ; le roi, « touché… par la grandeur du châtiment d'une pareille insolence si elle étoit prise comme elle le méritoit, prit le parti de l'ignorer » — et le cardinal s'en va cacher sa honte quinze jours à Saint-Martin de Pontoise.
- Changements chez Monsieur
- Mouvements chez Monsieur et chez M. de Chartres : mort à Maubeuge du marquis d'Arcy, gouverneur puis premier gentilhomme du jeune prince, « un homme d'une vertu et d'une capacité peu communes » — « un roi à élever et à instruire eût été dignement et utilement remis entre ses mains » ; on le remplace par Cayeu, « qui buvoit bien et ne savoit rien au delà », dont M. de Chartres « se moqua ». Châtillon vend la moitié de sa charge à son frère ; le comte de Tonnerre, l'homme des mots qui tuent — Monsieur « la plus sotte femme du monde », Madame « le plus sot homme qu'il eût jamais vu » —, vend l'autre à Sassenage et finit chassé, « pour mener une vie fort pitoyable ».
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