TOME IV · CHAPITRE XIX
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Summary
Vendôme besieges Verrua; return from Fontainebleau by Sceaux; Rouillé 'without credentials' at the elector of Bavaria's. The malcontents advance: Rákóczi elected prince of Transylvania, Des Alleurs with him, subsidies; Bavaria prey to the emperor; Trier and Traarbach lost; Marlborough touring the German courts; Landau restored to the King of the Romans — Laubanie, blinded within, rewarded; the armies separate. Coigny colonel-general of dragoons; abbé de Pomponne to Venice; Puysieux, family and character, his address winning him the order. Toulouse, back, resolved to ruin Pontchartrain, stopped by his wife.
The entries
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- Siège de Verue par le duc de Vendôme
- « M. de Vendôme s'opiniâtra à vouloir assiéger Verue », mandant à son ordinaire des hauteurs emportées « à la vue de M. de Savoie et de toute sa cour ». « Jamais siège si follement entrepris, peu qui aient tant coûté de temps, d'hommes et d'argent » : terrain détestable en mauvaise saison, place « soutenue de l'autre côté de l'eau par un camp retranché qui la rafraîchissoit tout à son aise », équipages renvoyés vers Alexandrie où Vaudemont les logea — « mais pour de l'argent ». « L'opiniâtreté et l'autorité que M. de Vendôme s'étoit acquise par son crédit l'emportèrent sur toute raison de guerre et sur le sentiment de toute son armée. »
- Retour de Fontainebleau par Sceaux
- « Ce fut avec cette bonne nouvelle que le roi partit de Fontainebleau, le 23 octobre, pour retourner à Versailles par Sceaux, où il séjourna un jour. »
- Rouillé sans caractère près l’électeur de Bavière ; son caractère et ses emplois
- « Incontinent après, il envoya Rouillé sans caractère résider à Bruxelles auprès de l'électeur de Bavière, avec vingt-quatre mille livres d'appointements. » Président en la cour des aides, ancien ambassadeur à Lisbonne, « c'étoit un homme d'esprit, appliqué, capable, un peu timide, et que les ducs de Chevreuse et de Beauvilliers protégeoient fort. Il figurera dans la suite, et on le verra employé aux affaires les plus importantes et les plus secrètes » — les futures négociations secrètes de paix.
- Progrès des mécontents
- « Les mécontents de Hongrie ne se laissèrent point abattre par le grand et inespéré succès de la bataille d'Hochstedt. Loin d'écouter les propositions que l'empereur leur fit faire, ils prirent Neutra », puis « se rendirent maîtres d'Eperiez et de Cassovie, et de cent quarante pièces de canon qu'ils y trouvèrent », puis de Neuhausel, obligeant le général Heister « de se hâter de se retirer devant eux ».
- Ragotzi élu prince de Transylvanie
- « Ragotzi fut élu prince de Transylvanie. Il en envoya donner part au Grand Seigneur, et lui offrir pour sa protection le même tribut que payoient à la Porte son bisaïeul et son grand-père en la même qualité » — la principauté héréditaire des Ragotzi ressuscitée au cœur de la révolte hongroise.
- Des Alleurs
- « Il y avoit déjà du temps que des Alleurs étoit secrètement, de la part du roi, auprès de Ragotzi, à qui il donnoit trois mille pistoles par mois. » Ragotzi envoya un officier de confiance demander « quelque augmentation et moins de secret dans la protection du roi pour se donner plus de crédit et à son armée plus de confiance. La vérité étoit que personne ne doutoit en Europe qu'il ne fût soutenu par la France, quelque obscurément qu'elle le fît. »
- Subsides
- L'empereur fit à l'électrice de Bavière des propositions d'abord « si étranges qu'elle ne les voulut pas écouter », puis un accommodement : les troupes retirées des places du Danube contre la paisible possession de la Bavière sans contributions. « Mais elle ne fut obéie qu'à Passau ; les gouverneurs d'Ingolstadt, Brunau et Kufstein s'excusèrent sur leur serment à l'électeur », comme la cavalerie bavaroise. « Le prince Eugène remarcha en Bavière, prit les places, et mit le pays et la famille électorale en étrange état. »
- La Bavière en proie à l’empereur
- « Marlborough, d'autre part, suivit de près son frère, qu'il avoit envoyé sur la Moselle avec un gros détachement ; ils s'emparèrent de Trèves, et tôt après firent le siège de Traarbach, et le prirent » — la Moselle ouverte pour la campagne suivante.
- Trèves et Traarbach perdus
- « Pendant que le duc de Marlborough s'alla promener en Allemagne, et voir les électeurs de Brandebourg et d'Hanovre, le landgrave de Hesse et quelques autres princes » — tournée diplomatique du vainqueur de Blenheim pour resserrer la coalition.
- Marlborough en diverses cours d’Allemagne
- « Il n'y eut que l'armée d'Alsace qui, sous Marsin, attendoit impatiemment la prise de Landau [...]. Cette place capitula enfin le 23 décembre. Laubanie y avoit fait merveille, même après y avoir perdu les deux yeux. Le roi des Romains le traita avec toute la distinction que sa valeur méritoit, lui surtout et sa garnison, dont il ne sortit que la moitié de ce qu'elle étoit au commencement du siège. Le roi donna à Laubanie trente-six mille livres de pension [...] et sa grand-croix de Saint-Louis. C'étoit un excellent officier et un très galant homme, aveuglé dans Landau. »
- Landau rendu au roi des Romains ; Laubanie, aveuglé dedans, récompensé
- « Chacun après quitta les armées en Flandre, qui se séparèrent incontinent pour les quartiers d'hiver » — la funeste campagne de 1704 s'achevait sur tous les théâtres.
- Séparation des armées
- « Coigny, fils de celui que nous venons de voir mourir sur la Moselle, eut, par la protection de Chamillart, l'agrément d'acheter du duc de Guiche la charge de colonel général des dragons, qui fut le commencement et le fondement de la grande fortune où on le voit aujourd'hui » — le futur maréchal de Coigny lancé par la protection Matignon-Chamillart.
- Coigny, colonel général des dragons
- Venise raccommodée « par force souplesses et propos de respect peu solides », il fallut un ambassadeur : l'abbé de Pomponne, que le roi estimait mais dont il avait déclaré « que son nom d'Arnauld lui répugnoit trop dans l'épiscopat pour l'y faire jamais monter ». Beau-frère de Torcy, initié aux papiers de son père puis du ministre, déjà rompu à l'Italie, « tout cela ensemble le fit choisir pour l'ambassade de Venise, et il remit sa place d'aumônier ».
- Abbé de Pomponne ambassadeur à Venise
- Puysieux, ambassadeur en Suisse, petit-fils du secrétaire d'État disgracié avec le chancelier de Sillery : sa grand-mère, « femme souverainement glorieuse » qui n'appelait jamais son frère conseiller d'État que « mon frère le bâtard », intime de la reine régente, chez qui le roi enfant « ne bougeoit » — et qui « mangea pour cent mille écus en une année » de points de Gênes « à ronger entre ses dents ceux qu'elle avoit autour de sa tête et de ses bras ». Lui : « un petit homme, fort gros et entassé, plein d'esprit, de traits et d'agréments, tout à fait joyeux [...], et le meilleur homme du monde », arrêté par l'aversion de Louvois, relancé après sa mort, et seul ambassadeur à rendre compte au roi « dans son cabinet tête à tête ».
- Puysieux ; sa famille, son caractère
- Le trait du cordon bleu : assuré que le roi était content de lui, Puysieux « prit un air gaillard » : lui n'était pas content de Sa Majesté, qui lui manquait de parole « depuis plus de cinquante ans. — Comment cela ? — Votre Majesté ne se souvient-elle pas qu'ayant l'honneur de jouer avec vous à colin-maillard, chez ma grand'mère, vous me mîtes votre cordon bleu sur le dos pour vous mieux cacher [...], et que vous me promîtes de m'en donner un quand vous seriez le maître ; il y a pourtant longtemps que vous l'êtes [...], et toutefois ce cordon bleu est encore à venir. » Le roi « s'en souvint parfaitement, se mit à rire », et tint chapitre exprès pour le recevoir au premier jour de l'an. « Ce fait n'est pas important, mais il est plaisant [...] avec un prince aussi sérieux et aussi imposant que Louis XIV. »
- Son adresse le fait chevalier de l’ordre
- Le comte de Toulouse revint de sa campagne « résolu de perdre Pontchartrain » : toute la marine, indignée des contretemps semés sous ses pas, l'y excitait. « Le jour venu où le comte devoit travailler seul à fond avec le roi [...], sa femme prit sur sa modestie et sur sa timidité naturelle de l'aller trouver [...]. Là, fondue en larmes, reconnoissant tous les torts de son mari, exposant quelle seroit sa condition à elle s'il étoit perdu selon ses mérites, elle désarma l'amiral. » Il avoua « qu'il n'avoit jamais pu résister à la douceur et à la douleur de Mme de Pontchartrain, et que les armes lui étoient tombées des mains, en considérant quel seroit le malheur de cette pauvre femme entre les mains d'un cyclope furieux de sa chute ».
- Comte de Toulouse, de retour, résolu de perdre Pontchartrain, est arrêté par sa femme
- Le portrait du cyclope : Pontchartrain, secrétaire d'État de la marine, « en étoit le fléau [...] ; suprêmement noir, et aimant le mal précisément pour le mal ; jaloux jusque de son père [...] ; tyran cruel jusque de sa femme qui étoit l'agrément, la douceur, la complaisance, la vertu même et l'idole de la cour ; barbare jusqu'avec sa mère ; un monstre, en un mot, qui ne tenoit au roi que par l'horreur de ses délations [...]. Un amiral étoit sa bête, et un amiral bâtard du roi son bourreau » — il sut « balancer le père naturel par le maître, [...] et lui persuader qu'il ne s'agissoit de l'autorité qu'entre le roi et l'amiral ».
- Caractère de Pontchartrain
- « Ce fut ainsi que Pontchartrain fut sauvé, mais il en coûta cher à l'État. La peur qu'il eut de succomber sous la gloire ou sous la vengeance d'un amiral fils du roi le détermina à perdre lui-même la marine, pour la mettre hors d'état de revoir l'amiral à la mer. Il se le promit et se tint exactement parole [...], et les débris de la marine ne l'appauvrirent pas. Le comte de Toulouse ne revit plus ni ports ni vaisseaux, et il ne sortit depuis que de très foibles escadres [...]. Pontchartrain eut l'impudence de s'en applaudir devant moi. »
- Suites funestes à l’État
- Mourut sur la frontière de Flandre Caylus, mari de la nièce de Mme de Maintenon, « blasé, hébété depuis plusieurs années de vin et d'eau-de-vie », tenu à servir été comme hiver loin de sa femme et de la cour — « lui aussi ne demandoit pas mieux, pourvu qu'il fût toujours ivre. Sa mort fut donc une délivrance. » Portrait de la veuve : « jamais un visage si spirituel, si touchant, si parlant, [...] jamais de créature plus séduisante » ; Mme de Maintenon « l'aimoit à ne se pouvoir passer d'elle », fermant les yeux sur une conduite aux « saillies trop publiques » ; excellente actrice, « elle se surpassa à Esther et Athalie devant le roi. Il ne la goûta pourtant jamais » — et depuis trois ou quatre ans, des imprudences l'avaient fait chasser de la cour.
- Mort de Caylus ; caractère de sa femme
- Les cercles : le roi, nourri dans la splendeur de ceux de la reine sa mère, les avait essayés chez la reine sa femme, « dont la bêtise et l'étrange langage les éteignirent bientôt », puis chez la Dauphine. Jugeant Mme la duchesse de Bourgogne « assez formée », il voulut que tous les mardis elle dînât seule servie par ses gentilshommes, puis tînt cercle avec princesses et dames assises et debout : cela commença à la mi-novembre, « mais la représentation sérieuse, et l'art d'entretenir et de faire entretenir un si grand monde, n'étoit pas le fait d'une princesse vive, timide en public, et encore bien jeune. Peu à peu elle s'en lassa, et à la fin ils cessèrent sans qu'ils aient été rétablis depuis. »
- Cercles
- « Le duc de Berwick avoit appris son rappel étant à la tête de son armée en présence des ennemis ; il avoit continué à donner ses ordres sans la moindre émotion », ne publiant la nouvelle qu'après leur retraite, « comme s'il n'eût pas été question de lui ». Froid, silencieux, grand courtisan, « peut-être regretta-t-il peu un pays où il avoit trouvé tant de mécomptes, et une cour si passionnée, où il n'y avoit de salut ni de résolution que par la reine, et par l'esprit absent de la princesse des Ursins ». Il croisa Tessé à Madrid et salua le roi le 3 décembre.
- Berwick de retour d’Espagne
- « Le marquis de Charost et les ducs, ses père et grand-père, vinrent dîner dans ma chambre à Marly [...], venant faire signer au roi le contrat de mariage du marquis de Charost et de la fille, devenue héritière, de la duchesse de Choiseul [...]. C'est elle que nous voyons remariée au duc de Luynes et dame d'honneur de la reine » — la future duchesse de Luynes, l'amie de la reine Marie Leszczynska.
- Mariage du marquis de Charost et de Mlle Brûlart, depuis duchesse de Luynes et dame d’honneur de la reine
- « La bonne femme Gamaches, veuve du chevalier de l'ordre, mourut à plus de quatre-vingts ans » : fille et sœur des Brienne-Loménie secrétaires d'État, « femme aimable, de beaucoup d'esprit toute sa vie », intime de Mme de Longueville et de la princesse de Conti Martinozzi. Souvenir familial : toutes les semaines, elles venaient toutes deux dîner chez la première femme du père de Saint-Simon, « la clochette sur la table », passant ensemble le reste du jour ; « j'en ai trouvé, à la Ferté, deux petits portraits en pied de ce temps-là en pendants d'oreilles les plus agréables du monde, que j'ai conservés avec soin. »
- Mort de Mme de Gamaches
- « Enfin le vieux duc de Gesvres mourut aussi et délivra sa famille d'un cruel fléau. Il n'avoit songé qu'à ruiner ses enfants et y avoit parfaitement réussi. J'ai assez parlé de cette espèce de monstre pour n'avoir rien à y ajouter. Le duc de Tresmes [...] eut le lendemain de cette mort le gouvernement de Paris. »
- Mort duc de Gesvres
- « Le président Payen, homme d'esprit, de bonne compagnie », était chez Armenonville à Rambouillet : « il sortit un moment avant souper hors la cour [...] ; et comme il avoit de gros yeux sortants qui voyoient fort peu, il tomba dans le fossé, où on le trouva mort, la tête cassée sur la glace ; il fut fort regretté. »
- Mort du président Payen
- « Bouligneux, lieutenant général, et Wartigny, maréchal de camp, furent tués devant Verue ; deux hommes d'une grande valeur, mais tout à fait singuliers » — le siège insensé de Vendôme commençait à coûter ses officiers généraux.
- Bouligneux et Wartigny tués devant Verue
- La singularité des masques de cire : on avait fait au carnaval précédent des masques « de personnes de la cour, au naturel », portés sous d'autres masques pour tromper au démasquage. « Cet hiver-ci on voulut encore s'en divertir. La surprise fut grande lorsqu'on trouva tous ces masques naturels, frais [...], excepté ceux de Bouligneux et de Wartigny, qui, en conservant leur parfaite ressemblance, avoient la pâleur et le tiré de personnes qui viennent de mourir. Ils parurent de la sorte à un bal, et firent tant d'horreur qu'on essaya de les raccommoder avec du rouge, mais le rouge s'effaçoit dans l'instant. [...] Je m'en serois bien gardé [de le rapporter], si toute la cour n'avoit pas été comme moi témoin [...]. À la fin on jeta ces deux masques. »
- Singularité arrivée à des masques de cire
- « Le 18 octobre mourut à Paris la duchesse d'Aiguillon [...], une des plus extraordinaires personnes du monde, avec beaucoup d'esprit : un mélange de vanité et d'humilité, de grand monde et de retraite. » Ruinée un temps, elle allait en vinaigrette de louage : éconduite du Palais-Royal par les gardes, « elle dit tranquillement à son pousseur de la mener dans la rue Saint-Honoré ; elle y arrêta chez le premier marchand de drap, et se fit ajuster à sa porte une housse rouge sur sa vinaigrette, et tout de suite retourna au Palais-Royal » — où les gardes s'inclinèrent, et Monsieur se mit à la fenêtre « pour voir cette belle voiture houssée ». Elle prit et quitta plusieurs fois le voile blanc aux Filles du Saint-Sacrement, « sans avoir pu se résoudre à y faire profession », et y mourut à près de soixante-dix ans.
- Mort de la duchesse d’Aiguillon ; son caractère
- Le marquis de Richelieu, « homme obscur, ruiné, débauché » et héritier testamentaire de sa tante, vint à Marly par les derrières demander d'être duc et pair. Saint-Simon démonta la prétention dans un mémoire pour le chancelier : l'érection d'Aiguillon de 1638 portait « la clause inouïe » permettant à Mme de Combalet, à défaut d'enfants, « de choisir qui bon lui sembleroit » pour la dignité — clause d'exception « qui se prend à la rigueur », déjà consommée par le choix de sa nièce en 1675, laquelle, morte fille, ne pouvait ni répéter le choix ni transmettre une dignité « éteinte par le droit commun ». Le chancelier rapporta l'affaire au roi une matinée entière : ordre au marquis de rendre ses papiers, « défense de prendre le nom et les marques de duc, d'en prendre aucun rang ni honneurs, ni d'en faire aucunes poursuites. La chose en demeura là jusqu'en 1711 qu'elle n'eut pas un meilleur succès. »
- Marquis de Richelieu ; explication de sa prétention de succéder à la dignité d’Aiguillon, rejetée par le roi
- « Denonville, qui avoit été sous-gouverneur de Mgr le duc de Bourgogne, [...] fit tant auprès du roi qu'il permit que [son fils] vînt tâcher de se justifier de sa belle harangue de Bleinheim. Le duc de Marlborough lui donna aussitôt un congé de quelques mois » — le harangueur cassé obtenait au moins d'être entendu.
- Denonville obtient permission de venir se justifier
- Marlborough, « revenu de ses voyages d'Allemagne en Hollande, où il avoit fait venir le maréchal de Tallard et tous les prisonniers considérables, [...] les fit embarquer avec lui pour orner le triomphe de son retour en Angleterre » — le maréchal de France et ses officiers, trophées vivants du triomphe londonien.
- Marlborough passe en Angleterre avec Tallard et les principaux prisonniers
- « Villars, qui avoit à peu près vu finir l'affaire des fanatiques, tenoit par commission les états de Languedoc. Il eut ordre de revenir à Paris, et le duc de Berwick d'aller commander dans cette province après la fin des états [...]. Ce fut par où finit cette année. On ne voulut pas laisser Berwick sans un emploi principal en chef, après la conduite qu'il avoit eue en Espagne, et la façon dont il en étoit revenu. »
- Villars rappelé de Languedoc, où Berwick va commander
- Bilan de l'année 1704 : Blenheim, la Bavière perdue, Gibraltar pris, Landau rendu, Trèves et Traarbach tombés — et à la cour, les récompenses aux vaincus, les rapts de charges, et les intrigues de Mme des Ursins déjà en marche vers son retour triomphal. Saint-Simon clôt le tome sur cette France qui bascule, où « la Providence se joue de l'orgueil et de la prudence des hommes ».
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