TOME XIII · CHAPITRE II
Read the full text of the chapter (in French) →
Summary
Mme de Maintenon's character: the 'taste for direction', the persecution of Jansenism — with Port-Royal's 'former dissipations' —, the revocation of the edict of Nantes, the founding of Saint-Cyr. Her designs on the marriage's declaration, 'missed a second time'; second dame d'atours to the Bavarian Dauphine, whom she 'surrounds with creatures all her own, uselessly' — that Dauphine's misfortunes and death; Fénelon and Bossuet consulted and opposed to the declaration: 'the first completes his ruin', the reasons that save the other; Mme de Montespan driven out.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Caractère de Mme de Maintenon
- Caractère de Mme de Maintenon : « une femme de beaucoup d'esprit, que les meilleures compagnies... avoient fort polie..., flatteuse, insinuante, complaisante, cherchant toujours à plaire », avec « une grâce incomparable à tout, un air d'aisance, et toutefois de retenue et de respect, qui par sa longue bassesse lui étoit devenu naturel » ; teintée du précieux des ruelles, puis « du vernis de l'importance » et de la dévotion « qui devint le caractère principal ». Gouverner « étoit son être ; tout le reste y fut sacrifié sans réserve ». Légère à l'excès — « aisément engouée..., aussi facilement déprise..., très souvent sans cause ni raison » ; « l'abjection et la détresse où elle avoit si longtemps vécu lui avoit rétréci l'esprit, et avili le cœur et les sentiments. Elle pensoit et sentoit si fort en petit, en toutes choses, qu'elle étoit toujours en effet moins que Mme Scarron. » À la première audience, une ouverture « qui ouvroit les plus grandes espérances ; dès la seconde, elle s'importunoit, et devenoit sèche et laconique ».
- Goût de direction
- « Elle eut aussi la maladie des directions... Ce que Saint-Cyr lui fit perdre de temps en ce genre est incroyable ; ce que mille autres couvents lui en coûtèrent ne l'est pas moins. Elle se croyoit l'abbesse universelle, surtout pour le spirituel... Elle se figuroit être une mère de l'Église » : de là « une mer d'occupations frivoles, illusoires, pénibles, toujours trompeuses..., qui aboutissoient d'ordinaire à des riens, quelquefois aussi... à de déplorables méprises en décisions, en événements d'affaires, et en choix ».
- Persécution du jansénisme
- « Elle trouva le roi qui se croyoit apôtre, pour avoir toute sa vie persécuté le jansénisme, ou ce qui lui étoit présenté comme tel. » Les jésuites, confesseurs et maîtres de la feuille des bénéfices, avaient persuadé au roi « le contradictoire exact et précis de la vérité : savoir que toute autre école que la leur en vouloit à l'autorité royale..., que quiconque parloit autrement qu'eux étoit janséniste, et que janséniste étoit être ennemi du roi et de son autorité ».
- Antérieures dissipations des saints et savants solitaires de Port-Royal
- « C'est par où ils dissipèrent ces saints solitaires illustres, que l'étude et la pénitence avoient assemblés à Port-Royal, qui firent de si grands disciples, et à qui les chrétiens seront à jamais redevables de ces ouvrages fameux qui ont répandu une si vive et si solide lumière..., éclairer la foi, allumer la charité, développer le cœur de l'homme, régler ses mœurs..., et le guider entre la juste crainte et l'espérance raisonnable. »
- Révocation de l’édit de Nantes
- La révocation de l'édit de Nantes : on toucha « un dévot de la douceur de faire aux dépens d'autrui une pénitence facile », on saisit « l'orgueil d'un roi en lui montrant une action qui passoit le pouvoir de tous ses prédécesseurs » ; Louvois s'en promit la guerre et le crédit. Le réquisitoire fameux : « ce complot affreux qui dépeupla un quart du royaume, qui ruina son commerce..., qui le mit si longtemps au pillage public et avoué des dragons, qui autorisa les tourments et les supplices dans lesquels ils firent réellement mourir tant d'innocents de tout sexe par milliers..., qui fit passer nos manufactures aux étrangers..., qui leur donna le spectacle d'un si prodigieux peuple proscrit, nu, fugitif, errant sans crime... ; enfin qui, pour comble de toutes horreurs, remplit toutes les provinces du royaume de parjures et de sacrilèges ». « De la torture à l'abjuration, et de celle-ci à la communion, il n'y avoit pas souvent vingt-quatre heures de distance, et leurs bourreaux étoient leurs conducteurs et leurs témoins. » Le roi, abreuvé de listes de conversions par milliers, « ne s'étoit jamais cru si grand devant les hommes, ni si avancé devant Dieu » ; Rome même — Innocent XI — n'y donna « la moindre approbation ».
- Établissement de Saint-Cyr
- « Le magnifique établissement de Saint-Cyr suivit de près la révocation de l'édit de Nantes » : émulation de la maison Saint-Joseph de Mme de Montespan, mais à vues « plus hautes et plus vastes » — gratifier la pauvre noblesse et s'en faire « regarder comme une protectrice », « s'aplanir un chemin à faire déclarer son mariage..., et qui pût lui servir de retraite si elle avoit le malheur de perdre le roi, comme il arriva en effet ». La riche mense abbatiale de Saint-Denis, unie à Saint-Cyr, en diminua la dépense apparente.
- Vues de Mme de Maintenon, qui manque une seconde fois la déclaration de son mariage
- « Sa déclaration étoit toujours son plus ardent désir » : après l'opposition héroïque de Louvois — qui le perdit, et l'archevêque de Paris avec lui — elle avait dès le vivant de la reine « fait entendre au roi modestement sa noblesse », préparé le terrain au mariage de Monseigneur.
- Mme de Maintenon seconde dame d’atours de la Dauphine de Bavière, qu’elle environne de personnes toutes à elle, inutilement
- Elle y fit passer Mme de Richelieu dame d'honneur de la Dauphine de Bavière et se fit elle-même « seconde dame d'atours avec la maréchale de Rochefort. La distance étoit étrange entre les deux dames d'atours ; il n'en falloit qu'une ; le choix de la seconde indigna tout le monde. » Mais « malgré tous ces entours, la fierté allemande séduisit l'esprit et le plus cher intérêt de la Dauphine ».
- Malheurs et mort de cette Dauphine
- La Dauphine, mal avec Mme de Maintenon, « se mit par ses manières... de travers avec le roi, et perdit toute considération... Elle fut peu comptée. On prétendit que la princesse de Conti excessivement parfumée la vit de fort près et longtemps, comme elle venoit d'accoucher de M. le duc de Berry. Quoi qu'il en soit, sa courte vie depuis ne fut plus qu'une maladie continuelle... ; et sa mort soulagea mari, beau-père, et plus que tous, belle-mère, qui, quatorze mois après, se vit aussi délivrée de Louvois. »
- Fénelon, archevêque de Cambrai, et Bossuet, évêque de Meaux, consultés et contraires à la déclaration du mariage
- L'espérance de la déclaration reprit alors toutes ses forces — l'appartement de la reine rouvert, le mot de Tonnerre, évêque-comte de Noyon, « à bout portant... en plein petit couvert ». « Ce fut en effet alors qu'elle fut sur le point d'être faite. Mais le roi, plein encore de ce qui lui étoit arrivé là-dessus, consulta le célèbre Bossuet, évêque de Meaux, et Fénelon, archevêque de Cambrai, qui l'en dissuadèrent l'un et l'autre, et qui, cette seconde fois, firent manquer le coup pour toujours. »
- Le premier achève d’être perdu
- « L'archevêque étoit déjà mal avec Mme de Maintenon sur l'affaire de Mme Guyon, sans espérance de retour..., mais encore alors assez entier auprès du roi, où il ne tarda pas d'être perdu sans ressource. »
- Raisons qui sauvent l’autre
- « Bossuet échappa à la disgrâce que Mme de Maintenon n'entreprit même pas, par plusieurs raisons » : Godet avait besoin « de la plume et du grand nom de Bossuet pour pousser Fénelon à bout » ; Bossuet tenait au roi « par l'habitude et l'estime », entré « dans la confiance la plus intime du roi... dans les temps de ses désordres » — lui qui « avoit osé poursuivre le roi » et fait cesser tout mauvais commerce ; enfin il avait rendu à Mme de Maintenon, « sans que ce fût son objet, le service le plus sensible ».
- Mme de Montespan chassée pour toujours de la cour
- Ce service fut la sortie définitive de Mme de Montespan : « Mme de Maintenon, au centre de la gloire, ne pouvoit goûter de repos tant qu'elle y voyoit son ancienne maîtresse demeurante » — dont elle essuyait « d'amères et de bien expresses commémoraisons, sans ménagements », et dont les visites journalières du roi entre messe et dîner « faisoient un contraste fort ridicule » avec ses propres heures. « Cette sortie de la cour de Mme de Montespan, pour n'y plus revenir, fut donc une grande délivrance..., et elle n'ignora pas qu'elle la dut à M. de Meaux tout entière. »
- Époque de l’union la plus intime entre Mme de Maintenon et le duc du Maine
- « Ce fut l'époque de l'union si parfaite et si intime de M. du Maine et de Mme de Maintenon, et de l'adoption qu'elle en fit..., qui lui fraya le chemin à toutes les incroyables grandeurs où de l'une à l'autre il parvint, et qui enfin l'auroit mis sur le trône, si telle avoit pu être la puissance de son ancienne mie. » Sentant sa mère « un poids fort entravant », du Maine « entra dans tout avec M. de Meaux pour hâter la retraite de sa mère ; il se fit un mérite auprès de Mme de Maintenon de presser lui-même Mme de Montespan de s'en aller... ; il se chargea de lui en porter l'ordre du roi... ; il s'en acquitta sans ménagement ; il la fit obéir, et se dévoua par là Mme de Maintenon sans réserve. Il fut longtemps très mal avec sa mère..., et jamais depuis il n'y fut véritablement bien. »
- Crayon léger de celui-ci
- Crayon du duc du Maine : « personne n'avoit plus d'esprit..., ni d'art caché sous toutes les sortes de grâces qui peuvent charmer, avec l'air le plus naturel, le plus simple, quelquefois le plus naïf ; personne ne prenoit plus aisément toutes sortes de formes... ; personne encore, sous un extérieur dévot, solitaire, philosophe, sauvage, ne cachoit des vues plus ambitieuses ni plus vastes, que son extrême timidité de plus d'un genre servoit encore à couvrir. »
◀ Previous chapter · ← Back to the chapter table · Next chapter ▶
© 2025-2026 - Jonathan Teyssandier - All rights reserved