TOME XVII · CHAPITRE XIII
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Summary
King James recrosses to Italy; the electoral prince of Saxony weds an archduchess; the blessing of Mme de Chelles — the Regent's daughter an abbess. Deaths in file: Marillac dean of the council, Mme de Croissy, Courcillon, Louvois captain of the Hundred Swiss — 'his charge given to his son at the breast' —, Reckem, Bisaccia, Crussol, Avranches, Coettenfao, Orry — Spain's finance man —, the Bellegardes, La Trémoille, Mme de Coigny, Montmorel, Tambonneau; the comte de Cha…
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- Le roi Jacques repasse en Italie
- Le roi Jacques, qui avait tenté avec le secours de l'Espagne de passer en Écosse, « essuya une tempête qui endommagea et sépara toute la flotte d'Espagne. La mort du roi de Suède et les affaires domestiques de Russie avoient fort déconcerté ses projets : ainsi il repassa en Italie, et s'en retourna à Rome achever son mariage... C'étoit la crainte de cette tentative et de son succès qui avoit si fort pressé l'abbé Dubois de la déclaration de la guerre à l'Espagne. »
- Le prince électoral de Saxe épouse une archiduchesse, Joséphine
- « Le prince électoral de Saxe épousa à Vienne l'archiduchesse, fille aînée du feu empereur Joseph, avec les plus fortes renonciations en faveur de la maison d'Autriche, contenues dans le contrat de mariage, et solennellement ratifiées devant et après la célébration. »
- Bénédiction de Mme de Chelles
- « Mme de Chelles fut enfin bénite à Chelles par le cardinal de Noailles au milieu de trente abbesses. Il y eut des tables pour six cents personnes. Elle en tint une de cinquante couverts. M. le duc d'Orléans mangea en particulier avec quelques dames qu'il avoit menées. Madame n'y alla point, et Mme la duchesse d'Orléans passa toute cette journée dans sa nouvelle maison de Bagnolet. »
- Mort de Marillac, doyen du conseil ; de Mme de Croissy ; son caractère
- Moururent Marillac, doyen du conseil — « le dernier de cette famille assez récemment sortie d'un avocat, que l'élévation et les malheurs du garde des sceaux et du maréchal de Marillac, frères, avoient fort décorée » — et Mme de Croissy, mère de Torcy, « fort vieille, mais tout entière de corps et d'esprit » : « elle tint toujours une grande et florissante maison où la cour, ce qu'il y avoit de meilleur dans la ville, et tous les étrangers de distinction étoient toujours. Elle excelloit... à en bien faire les honneurs... ; hors de chez elle, impérieuse et insupportable » — témoin son démêlé avec la femme de l'ambassadeur de Suède Olivencrantz, « dont une dispute au jeu fut le plus essentiel », et « dont les suites ne furent pas heureuses pour la France ».
- Mort de Courcillon ; de Louvois, capitaine des Cent-Suisses
- Courcillon mourut de la petite vérole : « un homme très singulier, qu'une cuisse de moins n'avoit pu attrister..., qui en faisoit d'inouïes avec beaucoup d'esprit et une inépuisable plaisanterie et facétie..., mais au fond ne valoit rien, et de la plus étrange débauche et la plus outrée. Sa femme, fille unique de Pompadour, belle comme le jour, eut de quoi être toute consolée. » Louvois, capitaine des Cent-Suisses, petit-fils « du trop célèbre Louvois », mourut aussi de la petite vérole à Rambouillet.
- Sa charge donnée à son fils à la mamelle
- « Le lendemain de sa mort, le maréchal de Villeroy, le duc de Noailles et le maréchal d'Estrées n'eurent pas honte de demander la charge pour un enfant à la mamelle » — le fils de seize mois — « ni M. le duc d'Orléans de la leur accorder ».
- Mort du comte de Reckem, du duc de Bisaccia ; sa famille
- Moururent encore le comte de Reckem, chanoine de Strasbourg qui avait servi à la tête d'un régiment « quoique dans les ordres » ; et le duc de Bisaccia (Pignatelli), pris à Gaëte avec le vice-roi Villena et « chargé comme lui de chaînes, en haine de la belle défense qu'ils avoient faite » : « c'étoit un très galant homme », dont la femme, dernière de « cette grande et illustre maison d'Egmont », en avait laissé le nom, les armes et la grandesse à son fils.
- Mort du marquis de Crussol ; de l’évêque d’Avranches, Coettenfao ; d’Orry ; de Mme de Bellegarde, puis de son mari ; du duc de La Trémoille
- La petite vérole emporta le comte de Crussol ; moururent aussi l'évêque d'Avranches, frère de Coettenfao, « très bon et digne prélat » ; Orry, « enfin dans son lit, après avoir frisé de si près, et par deux fois, la corde qu'il méritoit à tant de titres » — ancien homme d'affaires chassé « pour ses friponneries » et « par deux fois maître de l'Espagne sous la princesse des Ursins » ; Mme de Bellegarde, « également riche et laide, mais bonne créature », suivie de son mari ; et le duc de La Trémoille, laissant un fils enfant « survivancier de sa charge de premier gentilhomme de la chambre ».
- Mort de Mme de Coigny ; extraction de son mari
- Mme de Coigny mourut fort vieille, sœur des Matignon, mariée « à grand regret, mais pour rien, à Coigny qui étoit fort riche » : « son nom est Guillot », d'avocats et procureurs de petites juridictions normandes. « Coigny se trouva un honnête homme, bon homme de guerre, qui ne se méconnut point, et qui mérita l'amitié de ses beaux-frères » — c'est lui qui refusa sans le savoir le bâton en refusant la Bavière « dont il mourut peu après de douleur ». Ayant acheté la terre de Franquetot, il changea son nom par lettres patentes enregistrées, « par quoi son ancien nom, conséquemment son ancien état, est pour toujours solennellement constaté. Que diroit cette dame de Coigny si elle revenoit au monde ? Pourroit-elle croire la fortune de son fils... sans en pâmer d'effroi et sans en mourir aussitôt de joie ? »
- Mort de l’abbé de Montmorel
- Mourut l'abbé de Montmorel, ancien aumônier de la dernière Dauphine et proposé pour confesseur du roi : « son rare mérite l'avoit fort distingué, duquel il s'étoit toujours contenté avec grande modestie. On a de lui plusieurs ouvrages de piété pleins d'érudition et d'onction, deux choses qu'on allie rarement. »
- Mort du président Tambonneau
- Mourut aussi le président Tambonneau, longtemps ambassadeur en Suisse « où il avoit bien fait », fils de « la vieille Tambonneau..., qui avoit eu l'art de se faire un tribunal dans Paris » : « son fils, dont elle ne fit jamais aucun cas, se fourra tant qu'il put dans le monde, et sa femme auroit bien voulu imiter sa belle-mère, mais les phénomènes ne se redoublent pas. Tambonneau étoit bon homme et honnête homme. »
- M. le comte de Charolois comblé d’argent du roi, fait gouverneur de Touraine
- M. le Duc obtint que le roi payât comptant quatre cent mille livres à Dangeau pour le gouvernement de Touraine, « qu'il avoit acheté autrefois peu de chose », et qu'on le donnât à M. le comte de Charolois « sur le pied des grands, c'est-à-dire de soixante mille livres d'appointements au moins ; ce n'étoit pas que M. de Charolois n'eût de grosses pensions du roi et pour immensément d'actions en pur présent, à faire valoir sur le roi au centuple ».
- Comte d’Évreux achète le gouvernement de l’Ile-de-France et la capitainerie de Monceaux, où il désole le cardinal de Bissy
- « Le comte d'Évreux acheta du duc d'Estrées le gouvernement de l'Île-de-France, et du duc de Tresmes la capitainerie de Monceaux, avec laquelle il désola le cardinal de Bissy sur la chasse, par cent procès et procédés, pour sa maison de campagne de son évêché de Meaux. »
- Le nonce Bentivoglio, près d’être cardinal, prend congé et part
- « Le nonce Bentivoglio, près enfin d'être cardinal et sûr de trouver sa calotte en entrant en Italie, prit congé du roi et du régent. »
- Ses horreurs
- Il partit « après avoir fait, ou voulu et travaillé à faire tous les maux dont les chiens et les loups enragés peuvent être capables. Il emporta le mépris et la malédiction publique, même de ceux de son parti. Il ne fut regretté que d'une fille de l'Opéra qu'il entretenoit chèrement, et dont il eut une fille, qui à son tour monta sur le théâtre de l'Opéra, où elle a été fort connue et toujours sous le nom de la Constitution, en mémoire de son éminentissime père, qui en tout étoit un fou et un scélérat qui auroit mis le feu aux quatre coins de l'Europe, s'il avoit cru et pu en hâter sa promotion d'un jour. »
- L’abbé de Lorraine et l’abbé de Castries obtiennent enfin leurs bulles de Bayeux et de Tours, et sont sacrés par le cardinal de Noailles
- Bentivoglio avait si bien noirci à Rome l'abbé de Lorraine, nommé à Bayeux, et l'abbé de Castries, nommé à Tours, « que le pape leur refusa leurs bulles » — « le grand crime de ces deux nommés étoit leur liaison d'amitié avec le cardinal de Noailles ». On fit enfin « parler si haut à Rome » que les bulles arrivèrent : « tous deux s'en moquèrent devant et après ; tous deux se firent sacrer par le cardinal de Noailles », l'abbé de Lorraine « dans le chœur de Notre-Dame à la prière du chapitre ».
- Commission de juges du conseil envoyée à Nantes
- Les déclarations de la duchesse du Maine « donnèrent lieu à des découvertes importantes en Bretagne, et enfin à une commission de douze maîtres des requêtes », présidée par Châteauneuf, avec Vattan pour procureur général : « la commission se rendit à Nantes ; on avoit eu soin auparavant de prendre des prétextes pour la faire soutenir par des troupes, et pour que l'arrivée de ces troupes n'effarouchât personne. »
- Bretons arrêtés ; d’autres en fuite
- « Plusieurs gentilshommes furent arrêtés en Bretagne, d'autres en fuite, entre ces derniers Pontcallet, Bonamour, du Poulduc de la maison de Rohan. »
- Berwick en Roussillon, prend la Ceu-Urgel ; y finit la campagne
- « Le maréchal de Berwick, n'ayant plus rien à exécuter du côté de la Navarre, étoit passé en Roussillon, où il prit la Ceu-d'Urgel et nettoya divers postes en présence du prince Pio, qui l'avoit suivi à la tête de l'armée d'Espagne par le dedans du pays, et ce fut là que finit la campagne. »
- Le Guerchois gouverneur d’Urgel
- « Le Guerchois, lieutenant général, en eut le gouvernement avec douze mille livres d'appointements. »
- M. le duc d’Orléans se fait appeler mon oncle
- « Sur la fin d'octobre, M. le duc d'Orléans, je n'ai point su à l'instigation de qui, car il n'étoit guère capable d'y penser lui-même, désira que le roi, parlant à lui, l'appelât mon oncle, au lieu de lui dire Monsieur, et cela fut ainsi désormais. »
- Le feu roi n’apparentoit que lui, Monsieur et la vieille Mademoiselle
- « Le feu roi n'apparentoit personne sans exception que Monsieur et M. le duc d'Orléans. Il les appeloit mon frère et mon neveu... Il appeloit aussi ma cousine... Mademoiselle, fille de Gaston... ; jamais ses petits-fils ni Monseigneur... ; jamais Madame ni pas un prince ni princesse du sang. »
- Conseil de régence entièrement tombé
- Le conseil de régence était entièrement tombé : « il ne s'y disoit et ne s'y faisoit presque plus rien d'important », tout se réglant dans le cabinet du régent où Dubois était le maître « et n'y laissoit rien communiquer à personne qu'à ceux-là seulement dont il ne pouvoit se passer pour l'exécution ».
- Besons, archevêque de Rouen, puis l’abbé Dubois, y entrent
- « Besons, archevêque de Rouen, entra en ce même temps au conseil de régence... L'abbé Dubois, qui n'y entroit que pour les affaires étrangères depuis qu'il en étoit secrétaire d'État, y entra bientôt après tout à fait. »
- Je propose à M. le duc d’Orléans un conseil étroit, en laissant subsister celui de régence ; [chose] que l’abbé Dubois empêcha
- Saint-Simon proposa alors un conseil étroit : laisser subsister celui de régence pour les formes, mais « vous faire un conseil de quatre personnes, et vous en cinquième..., tous gens... qui n'aient aucun département... ; que tout sans exception passe par ce conseil, et que vous vous gardiez surtout de lui rien cacher, et de ces petits pots à part de travail avec un homme et avec un autre » ; et pour prouver son désintéressement : « je vous déclare que je ne veux point être de ce conseil. » Le régent se promena « trois ou quatre tours..., la tête basse », puis dit « que cela avoit du bon, et qu'il y falloit penser ». Mais « l'abbé Dubois étoit son maître », et « le Rubicon en étoit passé par les chaînes anglaises dont il s'étoit laissé entraver » : « aussi en regardai-je l'établissement comme une chimère, mais chimère toutefois que le devoir ne me permettoit pas de ne pas proposer. »
- Davisard mis en liberté
- « Il permit à Davisard, cette plume si hardie du duc et de la duchesse du Maine, malade ou qui le faisoit, de sortir de la Bastille, c'est-à-dire qu'il fut mis en liberté. »
- La Chapelle ; quel ; exilé, aussitôt rappelé, mort peu après
- « En même temps il exila à Bourges La Chapelle, secrétaire de M. le prince de Conti, qui cria tant qu'il le fit revenir au bout d'un mois. Je n'ai point su quelle sottise ce compagnon avoit faite. C'étoit un très hardi et très dangereux fripon, recrépi de bel esprit, et de l'Académie française. Il ne vécut pas longtemps depuis son retour. »
- Quatre millions payés en Bavière ; trois en Suède
- « L'argent étoit en telle abondance, c'est-à-dire les billets de la banque de Law qu'on préféroit alors à l'argent, qu'on paya quatre millions à l'électeur de Bavière et trois millions à la Suède, la plupart d'anciennes dettes. »
- Quatre-vingt mille livres données à Meuse, et huit cent mille francs à Mme de Châteauthiers, dame d’atours de Madame
- « Peu après, M. le duc d'Orléans fit donner quatre-vingt mille francs à Meuse, et huit cent mille livres à Mme de Châteauthiers, dame d'atours de Madame, qui l'aimoit fort depuis bien des années. »
- Abbé Alary ; quel ; obtient deux mille livres de pension
- « L'abbé Alary obtint deux mille livres de pension. Il étoit fils d'un apothicaire de Paris, et une dangereuse espèce, avec de l'esprit et de l'érudition, du monde et de la politesse. Il trouva depuis le moyen de se faire des amis, de se fourrer à la cour, d'avoir des bénéfices. Il intrigua tant qu'après quelques années il se fit chasser. »
- Le marquis de Brancas obtient quatre mille livres de pension pour son jeune frère, et la survivance de sa lieutenance générale de Provence à son fils, à neuf ans
- Le marquis de Brancas, ami de longue date, venait d'obtenir quatre mille livres de pension pour son jeune frère, le comte de Cereste ; il pria Saint-Simon — « je ne sais pourquoi..., il étoit très à portée de l'obtenir directement » — de demander la survivance de sa lieutenance générale unique de Provence pour son fils de neuf ans : « je le fis et cela ne fut pas difficile. »
- Maréchal de Matignon obtient six mille livres d’augmentation d’appointements de son gouvernement
- « Le maréchal de Matignon, on ne sait pas pourquoi, eut une augmentation d'appointements de six mille livres sur son gouvernement du pays d'Aunis. »
- Fureur du Mississipi et de la rue Quincampoix
- « Le commerce des actions de la Compagnie des Indes, appelé communément du Mississipi, établi depuis plusieurs mois dans la rue Quincampoix, de laquelle chevaux et carrosses furent bannis, augmenta tellement qu'on s'y portoit toute la journée, et qu'il fallut placer des gardes aux deux bouts de cette rue, y mettre des tambours et des cloches pour avertir à sept heures du matin de l'ouverture de ce commerce et de la retraite à la nuit, enfin redoubler les défenses d'y aller les dimanches et les fêtes. Jamais on n'avoit ouï parler de folie ni de fureur qui approchât de celle-là. »
- Diminution d’espèces ; refonte
- « Un mois après, on commença à diminuer les espèces à trois reprises de mois en mois, puis une refonte générale de toutes. »
- Prince de Conti retire Mercoeur à Lassai
- « M. le prince de Conti retira forcément le duché de Mercœur, que Lassai avoit acheté huit cent mille livres. Lassai fut au désespoir, et la chose se passa de manière qu'elle ne fit pas honneur à M. le prince de Conti. »
- Largesses aux officiers employés contre l’Espagne
- « M. le duc d'Orléans fit une large distribution de ces actions à tous les officiers généraux et particuliers, par grades, employés en la guerre contre l'Espagne. »
- Affaires de cour à Vienne
- « La cour de Vienne eut ses orages » : contre le prince Eugène, envié à la tête du conseil de guerre, « il se forma une cabale puissante, mais qui fut découverte et dissipée avant que d'avoir pu lui nuire efficacement ». Koenigseck fut rappelé et remplacé par Penterrieder, ministre plénipotentiaire, « pas d'étoffe à être élevé même jusque-là, mais sa capacité étoit fort reconnue » ; Koenigseck « emporta la réputation d'un homme sage et poli..., sans avoir ce rebut de fierté et de roguerie de presque tous les Impériaux ».
- Prince d’Elboeuf : quel ; obtient son abolition et revient en France
- Le prince Emmanuel d'Elbeuf, déserteur « juridiquement pendu en effigie à la Grève » — « une manière de brigand, mais à langue dorée, avec beaucoup d'esprit, qui fit tant de frasques qu'il perdit les emplois qu'il avoit obtenus » —, « ne sachant plus que devenir ni de quoi subsister, obtint des lettres d'abolition et revint. Il mena en France sa vie accoutumée, et peu à peu s'introduisit à Lunéville, où il suça le duc de Lorraine tant qu'il put, et il en tira fort gros et même des terres. Le duc d'Elbeuf le méprisoit et le souffroit avec peine. »
- Nominations d’évêchés où l’abbé d’Auvergne et le jésuite Lafitau sont compris
- Distribution de bénéfices : Beauvau eut Narbonne — « son nom et sa conduite méritoient bien ce grand siège ; mais sa tête n'étoit pas assez forte pour être à la tête des états de Languedoc » ; Nesmond passa à Toulouse, Castries à Albi, l'évêque d'Alais à Embrun. Tours alla à l'abbé d'Auvergne, au cri de l'abbé de Thesut : le régent convint du scandale, mais répondit « qu'il y avoit quatre jours que les Bouillon ne le quittoient point de vue ; qu'ils se relayoient ; qu'ils le persécutoient ; qu'il vouloit enfin acheter repos ». Sisteron échut au jésuite Lafitau, et Avranches à un frère de Le Blanc, « qui étoit moine et curé de Dammartin ».
- Conduite de ce dernier
- Lafitau, « ce fripon de jésuite » des courses en chaise entre Rome et Paris, « étoit aussi chargé de la secrète négociation personnelle de l'abbé Dubois pour son chapeau, aux dépens duquel ce bon père entretenoit une fille en chambre, en pleine Rome, et y donnoit de fort bons soupers sans s'en cacher beaucoup, à ce que m'a conté à moi-même le cardinal de Rohan » — qui le fit pourtant prêcher un carême devant le roi ! Dubois, découvrant « que Lafitau le trahissoit au lieu de le servir », n'osa éclater « contre un homme à tout faire et qui avoit son secret », et l'éloigna par l'évêché de Sisteron, « à son extrême déplaisir : il lui fâchoit beaucoup de cesser d'être personnage et libertin à son gré pour un aussi petit morceau et si reculé... Les jésuites, dont la politique ne veut point d'évêques de leur compagnie, firent aussi les fâchés, mais dans le fond bien aises d'être défaits d'un drôle qui avoit su gagner l'indépendance et leur forcer la main. »
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