TOME VII · CHAPITRE XIV
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Summary
The kill: Chamillart's faults towards Monseigneur, Mlle de Lislebonne's 'enormous proceedings', d'Antin's schemes; the union against him of Mme de Maintenon with Monseigneur and Mlle Choin — who refuses pension, Versailles and Marly; the ugly rumours, Cavoye's bon mot, and the minister's 'great sentiments' with his admirable answer; Monseigneur's hard words completing his ruin; Cusani, the nuncio, filling the measure.
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- Fautes de Chamillart à l’égard de Monseigneur
- Fautes de Chamillart envers Monseigneur : en quarante-huit ans de gouvernement personnel du roi, on n'avait vu tomber que Fouquet et Pomponne — Chamillart fut le troisième, « et peut-être le plus difficile de tous à chasser, sans toutefois d'autre appui que la seule affection du roi ». Il n'avait « jamais ménagé Monseigneur », rebutant du Mont chargé de ses recommandations, refusant même à Mlle Choin, malgré La Feuillade et Mlle de Lislebonne, un petit régiment pour son frère, « bon sujet » : « sa sœur lui devint un obstacle invincible auprès du ministre ». « Ce dernier procédé mit le comble dans le cœur de Mlle Choin, et la rendit la plus ardente ennemie de Chamillart et la plus acharnée. »
- Énormes procédés de Mlle de Lislebonne à l’égard de Chamillart
- Énormes procédés de Mlle de Lislebonne : cette « bonne et sûre amie, sur laquelle Chamillart comptoit si fort », rendit à Mlle Choin « cette conversation tout entière sans y manquer d'un mot » — les refus dédaigneux du ministre — « pour se faire un mérite auprès d'elle », puis conta le tout aux filles de Chamillart « comme un office de prudence : et le rare est qu'elle les persuada, tant il est vrai qu'il est des personnes à qui nulle énormité ne nuit, et d'autres destinées à un aveuglement perpétuel ».
- Vues et menées de d’Antin contre Chamillart
- Vues de d'Antin : « trop initié dans les mystères de Meudon » pour ignorer ces lourdises, il mit la duchesse de Bourgogne au fait de tout, se flattant de succéder au ministre ; Monseigneur « désira de tout son cœur de mettre là d'Antin », et d'Antin, montrant au roi des états de troupes et jusqu'à des projets de campagne, « espéroit tout dans ces derniers jours de la crise, et fut bientôt après outré de douleur ».
- Réunion contre Chamillart de Mme de Maintenon avec Monseigneur et Mlle Choin, qui refuse pension, Versailles et Marly
- Réunion contre Chamillart : Mme de Maintenon, « pour la première fois de sa vie, crut avoir besoin de Monseigneur ». Elle persuada le roi d'offrir à Mlle Choin « une grosse pension, un logement à Versailles » et les voyages de Marly : Monseigneur et la Choin, comblés, refusèrent tout — elle « se jeta dans les respects, la confusion, l'humilité, le néant », craignant de n'être « que fort en second vis-à-vis Mme de Maintenon ». Le fameux dîner du roi à Meudon servit en réalité « à s'entretenir de toutes les mesures à prendre pour la chute de Chamillart » ; Monseigneur fit à Mme de Maintenon « deux ou trois visites tête à tête. Là se prirent les dernières résolutions. »
- Bruits fâcheux sur Chamillart
- Bruits fâcheux : « il s'éleva au milieu de la cour je ne sais quelle voix confuse…, qui publioit qu'il falloit que l'État ou Chamillart périssent ». « Pas un qui pût énoncer une seule accusation particulière » ; on ne voulait plus se souvenir « des deux incroyables réparations des armées, l'une après Hochstedt en trois semaines, l'autre en quinze jours seulement après Ramillies, qui tenoient du prodige, et qui néanmoins avoient deux fois sauvé l'État. Une fatale éponge avoit passé dessus. »
- Bon mot de Cavoye
- Bon mot de Cavoye : « le roi étoit bien puissant et bien absolu et plus qu'aucun de ses prédécesseurs, mais il ne l'étoit pas assez pour soutenir Chamillart en place contre la multitude ».
- Grands sentiments et admirable réponse de Chamillart
- Admirable réponse de Chamillart, pressé par Saint-Simon de parler au roi : « il ne croyoit pas que sa place valût la peine de soutenir un siège… ; tant que l'amitié du roi seroit d'elle-même assez forte, il y demeureroit avec agrément, mais si cet appui avoit besoin d'art, l'art le dégoûteroit de l'appui » — « content de céder à un homme plus heureux, ou de continuer son ministère avec honneur et tranquillité. Des sentiments pratiques si relevés me touchèrent d'une admiration qui me fit redoubler d'efforts…, et dès lors je compris sa chute très prochaine et sans remède. »
- Durs propos de Monseigneur à Chamillart, qui achève de le perdre
- Durs propos de Monseigneur : venu rendre compte à Meudon, Chamillart s'entendit reprocher « que tous ces manquements n'arrivoient que par ses fautes », et « que son La Cour auroit mieux fait de bien fournir les vivres des armées…, que de lui bâtir de si belles maisons ». Monseigneur « se hâta après d'aller se vanter à Mlle Choin de ce qu'il venoit de dire », puis, venu exprès un matin de Meudon, « donna le dernier coup de mort à ce ministre » auprès du roi.
- Cusani, nonce du pape, comble la mesure contre Chamillart
- Cusani comble la mesure : le nonce conta à Tessé et Boufflers « qu'il ne seroit jamais venu à bout d'obtenir la permission qu'il demandoit, sans un millier de pistoles qu'il s'étoit avisé de faire offrir à la femme de Chamillart ». Boufflers exagéra le crime devant Mme de Maintenon — « une femme tentée, et succombant à si peu, l'étoit de tout, depuis un écu jusqu'à un million » — puis, à l'audience de Tessé, lança devant le roi : « Au moins, monsieur, vous devez la vérité au roi. Dites-lui bien tout et ne lui laissez rien ignorer. » « Ce bruit fut le dernier éclair qui précéda le coup de foudre. » Chamillart remarqua le vendredi le roi « embarrassé avec lui », fut sur le point de demander sa retraite : « il hésita…, et ce fut la dernière faute qu'il fit contre soi-même, et peut-être la plus lourde de toutes. Le samedi coula à l'ordinaire et sans rien de marqué. »
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