TOME XIII · CHAPITRE XV
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Summary
1716. Du Maine pays the author 'a visit without cause'; the visit returned, with the du Maines' 'most singular but most polite talk'. Abbé Dubois councillor of state for the Church — the first step; 'bishoprics and abbeys given in force' and the 'singular prediction about Cambrai'; the commerce council; M. le Duc and du Maine enter the war council. Deaths of the dowager queens of Sweden and Poland, the duchesse de Lesdiguières-Gondi — character and succession —, Mme de Grancey, Coulanges 'and his wife's character', Cavoye — with his widow's 'respectable and prodigious widowhood' —, Mlle d'Acigné, Parabère.
The entries
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- 1716
- L'année 1716 s'ouvre sur un retour en arrière : « Avant de commencer à rapporter les événements de cette année 1716, il faut, pour un moment, remonter dans la précédente, sur la préparation de ce qui en fut les premiers. » Deux affaires y obligent : les avances singulières du duc du Maine envers Saint-Simon depuis l'affaire du bonnet, et la vacance d'une place de conseiller d'État d'Église par la mort de La Hoguette, archevêque de Sens — préludes des premières scènes de l'année nouvelle.
- M. du Maine me fait une visite sans cause
- Depuis le bonnet, M. du Maine cherchait au conseil « à s'attirer quelque civilité de moi par toutes celles dont il me prévenoit, sans toutefois oser me parler » ; Saint-Simon demeurait « sec et roide » sous « les révérences longues et marquées dont il m'accabloit ». Le roi mort, Mme de Maintenon hors de jeu, « sa timidité s'en alarmoit ; il ne savoit comment me rapprocher ». Un matin, à Vincennes, surprise : le duc du Maine entre dans la chambre de Saint-Simon. « Il couvrit son embarras d'un air aisé » et l'entretint plus d'une demi-heure « comme si nous n'eussions jamais rien eu ensemble », sans toucher « le moins du monde à rien d'intéressant » — car « c'étoit l'homme du monde qui menoit mieux la parole ». Sitôt sorti : « Ce fut la première chose que je dis au régent... Nous rîmes ensemble de la frayeur de cet homme » ; et le régent d'exhorter Saint-Simon à rendre la visite et à montrer « moins d'éloignement et de sécheresse ».
- Je visite M. [le duc] et Mme la duchesse du Maine, qui me tiennent des propos fort singuliers, mais fort polis
- La visite rendue, rue Sainte-Avoye, tourne à la scène de haute diplomatie domestique. Le duc mène Saint-Simon malgré lui chez Mme du Maine, qui « tint toujours le dé » : les cajoleries cèdent au sérieux, elle le presse « par des interrogations sans fin, doucement aiguisées par le duc du Maine », devant « sept ou huit hommes ou femmes de leur maison » — « je me trouvai là comme sur la sellette ». Sommé de parler clair, il répète sa doctrine : « j'étois fort content qu'ils fussent princes du sang..., mais qu'ils prissent bien garde à se le conserver, parce que, s'ils venoient à en déchoir, nous ne supporterions pas leur rang intermédiaire ». — « Mais n'exciterez-vous point les princes du sang contre nous ? — Madame..., ce ne sont pas là nos affaires. » « Je dansai ainsi sur la corde sur une si délicate question » ; ils « demeurèrent satisfaits..., parce qu'ils le voulurent être ». « Oncques depuis je n'ai vu Mme du Maine chez elle. » Contraste : avec le comte de Toulouse, « fort vrai et fort honnête homme », qui n'eut « nulle part aux grandeurs que son frère avoit accumulées en Titan pour escalader les cieux », Saint-Simon vivait « en ouverture » presque chaque jour chez la duchesse d'Orléans.
- Abbé Dubois conseiller d’État d’Église
- L'abbé Dubois, tombé auprès de son maître, avait des années durant attendu Saint-Simon « dans son carrosse, rangé dans la rue près de chez moi..., et en plein hiver souvent ». Voulant être conseiller d'État, il le prie « d'en rompre la glace auprès du régent ». Refus franc : que l'abbé regarde « un peu derrière lui », qu'il mesure « le dépit qu'en auroient les conseillers d'État » et la haine qu'il attirerait à son maître. « Quatre jours après, l'abbé Dubois revint chez moi, qui d'abordée : Je viens, me dit-il, vous rendre compte que je suis conseiller d'État, transporté de joie. » Réponse : « j'en suis ravi, et d'autant que je n'y ai point de part. » Les suites furent celles prévues : « Il n'y eut personne, depuis le chancelier jusqu'au dernier des maîtres des requêtes, qui ne se crût personnellement offensé » ; les évêques mêmes s'exclurent d'une place où l'abbé Bignon les précéderait, « au déshonneur du conseil ». « L'abbé Dubois, qui ne pensoit qu'à soi, avoit ce qu'il avoit voulu, et ne se soucia point du bruit ni de son maître. »
- Force évêchés et abbayes donnés
- Grande distribution de bénéfices que le P. Tellier « n'avoit jamais pu venir à bout de persuader au roi » de faire : « Pour cette fois, ils furent assez bien donnés. » L'abbé d'Estrées eut Cambrai ; Sens alla au neveu de l'ancien évêque de Troyes, « homme de vertu, de savoir, de mœurs et de mérite, et qui valoit bien mieux que lui » ; l'abbé de Castries refusa Troyes. Saint-Simon fit donner Bayeux au cardinal de La Trémoille, « panier percé » qu'il fallait « soutenir à Rome », et proposa pour Saintes l'abbé de Beaumont, neveu de Fénelon chassé avec son oncle : « La mémoire, toujours vivante en moi, du duc de Beauvilliers, agit seule en moi en cette occasion. » Clermont échut à d'Entragues, que Bentivoglio fit attendre à Rome parce qu'il « estimoit la constitution sa juste valeur, et qu'il connoissoit les jésuites ». Quatorze ou quinze abbayes suivirent — dont Saint-Ouen de Rouen à l'abbé de Saint-Albin, « un bâtard [du régent] qu'il avoit eu de la comédienne Florence, qu'il n'a point reconnu », et Moissac à un fils de Biron « qui n'a jamais voulu étudier, ni être prêtre ».
- Prédiction sur Cambrai singulière
- À propos de Cambrai donné à l'abbé d'Estrées, souvenir singulier : « Je me souviens très bien qu'à la mort du célèbre Fénelon, son prédécesseur, il courut une prophétie de je ne sais qui de ce diocèse : que ses trois premiers successeurs n'y entreroient jamais. On rit avec raison de ce conte, qui pourtant s'est trouvé exactement accompli » — trois archevêques nommés de suite qui ne prirent jamais possession de leur siège.
- Conseil de commerce
- Le régent rétablit un conseil de commerce « sur le modèle de celui qui se tenoit sous le feu roi », avec les douze députés des principales places de commerce élus par leurs villes. Le maréchal de Villeroy y préside « ad honores » ; « le duc de Noailles, qui y faisoit tout, fut le second, mais le véritable président » ; le maréchal d'Estrées y entre à volonté. Quatre conseillers d'État — d'Aguesseau ; Amelot, qui pour avoir gouverné marine, finances et commerce d'Espagne « en savoit plus que tous » ; Nointel ; Rouillé du Coudray — plus d'Argenson comme lieutenant de police et trois maîtres des requêtes. La nomination des inspecteurs du commerce lui fut attribuée, sauf Marseille réservée au conseil de marine. « Cet établissement étoit fort bon, et auroit été fort utile, si les intérêts particuliers, qui gâtent toujours tout en France, n'en eussent point traversé l'administration. »
- M. le Duc et le duc du Maine entrent au conseil de guerre
- M. le Duc « pressa tant le régent de lui permettre d'entrer au conseil de guerre qu'il l'obtint, à condition de n'y présider point, quoique à la première place, et de ne s'y mêler de rien. La même faiblesse qui lui fit accorder cette entrée ne la put refuser au duc du Maine, qui faisoit en tout le singe des princes du sang. » Mais Maine, ayant les Suisses et l'artillerie, ne put être tenu aux conditions ; M. le Duc voulut à son tour « se mêler peu à peu », d'où « des embarras qui retardèrent les affaires » et fatiguèrent le régent. « Ces tracasseries mirent plus que du froid entre M. le Duc et le maréchal de Villars, lequel à la fin demeura le maître, et les dégoûta de ce conseil, où ils n'allèrent presque plus. »
- Mort des reines douairières de Suède et de Pologne
- « Deux reines moururent tout au commencement de cette année, dont la perte ne fit pas grand bruit dans le monde » : la reine mère de Suède, Holstein-Gottorp, à près de quatre-vingts ans ; et à Blois la reine de Pologne, La Grange d'Arquien, « veuve du fameux roi Jean Sobieski », dont l'orgueil « l'avoit rendue la plus vive ennemie de la France » et qui y « vécut et mourut comme une particulière ». Sa petite-fille, laissée sans aucun honneur, n'eut « pas même permission de passer par Paris » et alla rejoindre en Silésie son père Jacques Sobieski, qui la maria depuis « au roi Jacques d'Angleterre à Rome » — la future mère du dernier des Stuarts.
- Mort, caractère et succession de la duchesse de Lesdiguières-Gondi
- Mort de la duchesse de Lesdiguières, « le reste de ces Gondi amenés en France par Catherine de Médicis » : « C'étoit de tous points une fée, qui avec de l'esprit ne vouloit voir presque personne..., jamais à la cour, et presque jamais hors de chez elle. Sa maison, dont la porte étoit toujours ouverte, étoit aussi toujours fermée d'une grille qui laissoit voir un vrai palais de fée, tel que les dépeignent les romans » — magnificence déserte, housse jaune du carrosse, « ses deux grands Maures avec tout leur appareil ». Elle laissa gros aux domestiques, rien à sa belle-fille pauvre, des viagers à la duchesse de Brissac « qui n'avoit pas de pain » et à la Lesdiguières-Canaples ; et les Villeroy « héritèrent des deux côtés de tout à la fois » — plus de trois cent mille livres, l'hôtel, les meubles. Ironie de l'histoire : « Qui eût prédit cette succession aux ducs, maréchal, cardinaux de Gondi et de Retz, au connétable de Lesdiguières..., qui avoient tous vu M. de Villeroy secrétaire d'État, et d'où il étoit sorti, ils se seroient étrangement indignés. »
- Mort de Mme de Grancey
- « Médavy perdit en même temps sa fille unique, qu'il avoit mariée à Grancey son frère, qui n'en eut point d'enfants. » Simple mention d'état civil : la mort de Mme de Grancey éteint cette alliance entre frères Médavy sans laisser de postérité.
- Mort et caractère de Coulanges, et celui de sa femme
- « Le monde perdit aussi Coulanges » : « un très petit homme, gros, à face réjouie, de ces esprits faciles, gais, agréables, qui ne produisent que de jolies bagatelles, mais qui en produisent toujours et de nouvelles et sur-le-champ ». Il se fit justice de bonne heure : défait de sa charge de maître des requêtes, renonçant aux avantages de sa parenté avec Louvois, « uniquement pour mener une vie oisive, libre, volontaire, avec la meilleure compagnie ». Ses chansons « que chacun croyoit avoir faites », « les charmes de la table sans la moindre ivrognerie », « la sûreté du commerce, et la bonté d'une âme incapable de mal » le firent « avec estime et amitié l'amusement et les délices de l'élite de son temps, jusqu'à quatre-vingt-deux ans ». Sa femme, « qui avoit plus d'esprit que lui, et qui l'avoit plus solide », vivait avec lui « dans une grande union, mais avec des dissonances qui en faisoient le sel ».
- Mort de Cavoye
- « Cavoye mourut en même temps. Je me suis assez étendu sur lui et sur sa femme pour n'avoir rien à y ajouter. » Un seul mot suffit à l'épitaphe de cet homme de cour par excellence : « Cavoye, sans cour, étoit un poisson hors de l'eau ; aussi n'y put-il longtemps résister. » Privé de son élément par la mort du roi, l'ancien maréchal des logis de la maison du roi s'éteignit à son tour.
- Veuvage de sa femme respectable et prodigieux
- Le veuvage de Mme de Cavoye passe le roman : « si les romans ont rarement produit ce qu'on a vu de sa femme à son égard, ils auroient peine à rendre le courage avec lequel cet amour pour son mari si durable la soutint pour l'assister dans sa longue maladie et à sa mort, voulant, disoit-elle, qu'il fût heureux en l'autre vie ». Elle garda son premier deuil toute sa vie, « jamais ne découcha de la maison où elle l'avoit perdu, ni n'en sortit que pour aller deux fois le jour à Saint-Sulpice prier dans la chapelle où il est enterré », ne vit plus que les personnes des derniers jours de son mari, « et se consuma ainsi en peu d'années, sans avoir jamais faibli ni reculé d'une ligne. Une véhémence si égale et si soutenue..., et toujours surnagée de religion, est peut-être un exemple unique et bien respectable. »
- Mort de Mlle d’Acigné
- « La mort de Mlle d'Acigné délivra le duc de Richelieu, fils de sa sœur, d'un retour de partage de cent mille écus qu'elle lui demandoit. » Une mort qui vaut quittance : la tante disparue, le procès de succession s'éteint avec elle au profit du jeune duc.
- Mort de Parabère
- « Parabère mourut aussi. Pour le personnage qu'il faisoit en ce monde, il eût mieux valu pour lui de le quitter plus tôt. » Oraison funèbre d'une ligne, cruelle à souhait — le mari complaisant de celle qui allait devenir la maîtresse en titre du régent. « Il étoit gendre de Mme de La Vieuville, dame d'atours de Mme la duchesse de Berry. J'aurai lieu ailleurs de parler de Mme de Parabère. »
- Mariage du fils unique de M. de Castries
- Mariage du fils unique de M. de Castries avec la fille de Nolent, conseiller au parlement. Les Castries : lui, distingué à la guerre qu'un asthme força de quitter, avait acquis « une considération personnelle où peu d'autres sont parvenus » ; elle, dame d'atours de la duchesse d'Orléans, « une figure de tout point manquée pour la forme et pour la matière, mais tout âme, tout esprit et charmant..., et de ce rare chrême des Mortemart ». Idolâtres d'un fils « fort bien fait, et qui promettoit beaucoup », pauvres, « ils voulurent le richement marier » et trouvèrent « une beauté parfaite avec toutes les grâces possibles, plus admirable, à ce qu'on disoit, d'âme et d'esprit que de corps ; car elle parut et passa comme une fleur ». Les pauvres jeunes gens moururent en effet « à quatre jours l'un de l'autre », laissant les parents inconsolables.
- Singularité étrange de Mme la duchesse d’Orléans
- La « singularité étrange » de Mme la duchesse d'Orléans éclate à ce mariage : « Cette princesse qui, comme Minerve, n'avoit point de mère, et ne reconnoissoit de parents que ceux de Jupiter » — bâtarde légitimée qui ne voulait connaître que le sang de Louis XIV —, n'avait jamais laissé paraître « la moindre idée de parenté » avec sa cousine germaine Mme de Castries. À la mention du mariage, la voilà qui « chausse le cothurne sur l'indigne alliance des Nolent », le traite « d'offense pour elle », et fait tant de bruit que tout s'arrête six mois — sans avoir d'autre parti à proposer ni de quoi prétendre à mieux. Le duc du Maine et le comte de Toulouse obtinrent enfin « la levée de l'interdit » ; mais son dédain persista, si bien que la jeune femme « n'osoit presque s'y présenter ». Elle ne se rapprocha des Castries que par la mort des deux jeunes gens.
- Mariage de Broglio, mort maréchal de France et duc, avec une Malouine
- « Broglio cadet, et qui a fait depuis une si étrange fortune, épousa une très riche Malouine, qui s'est vue assise veuve, sans l'avoir pu être, mariée. » Énigme éclaircie aussitôt : « son mari a vu la cour bien peu, maréchal de France, fait bien bizarrement duc en Bohême, d'où presque aussitôt il revint perdu, exilé, et mourut peu après dans cette disgrâce, sans avoir eu permission d'approcher la cour depuis son retour » — duchesse donc sans avoir jamais pu prendre son tabouret, veuve d'un duc qu'elle ne vit jamais en possession de son rang.
- Mariage de Bellegarde avec la fille unique de Vertamont, à qui on donne un râpé de l’ordre
- D'Antin marie son second fils, qui prend le nom de marquis de Bellegarde, à la fille unique de Vertamont, premier président du grand conseil, « riche à millions, et plus avare, s'il se peut, que riche. Elle manquoit de bas et de souliers chez son père, dans un grenier où elle ne voyoit jamais de feu. Ses naïvetés..., et ses surprises de l'abondance et de la magnificence qu'elle trouva chez d'Antin, furent longuement divertissantes. » En prime, d'Antin procure à Vertamont « le râpé de la charge de greffier de l'ordre » que Lamoignon vendit à Le Bas de Montargis : « On cria fort de voir l'ordre sur Montargis, et cela renouvela contre Crosat » les moqueries sur le cordon bleu des financiers.
- Foule étrange de ces râpés et vétérans
- « On trouva étrange aussi que six hommes vivants demeurassent parés du cordon successif de la même charge » de greffier de l'ordre du Saint-Esprit : « La Vrillière, les chanceliers de Pontchartrain et Voysin, Lamoignon, Vertamont et Montargis. Les trois autres charges avoient aussi leurs vétérans et leurs râpés, mais non chacune en si grand nombre. » Inflation dérisoire de ces cordons conservés par d'anciens titulaires, qui achevait d'avilir les marques de l'ordre.
- Mariage de Maubourg avec une fille du maréchal de Besons
- « Le maréchal de Besons maria aussi une de ses filles, belle et bien faite, à Maubourg, brigadier de cavalerie, et très bon officier, veuf depuis un an d'une fille de La Vieuville, mari de la dame d'atours de Mme la duchesse de Berry. » Alliance militaire sans éclat, notée au passage dans la moisson des mariages du début de 1716.
- Mariage du duc de Melun avec une fille du duc d’Albert
- « Le duc de Melun épousa une fille du duc d'Albert. Mme d'Espinoy, sa mère, mit sa fille dans les Rohan ; elle étoit Lorraine, comme on a vu souvent ; elle vouloit peu à peu poulier son fils à la principauté que son mari avoit toujours eue dans la tête » — stratégie matrimoniale de la princesse d'Espinoy, poussant sa maison, par alliances graduées, vers le rang de prince étranger que son mari avait toujours ambitionné.
- Mariage conclu, puis rompu avec éclat, du marquis de Villeroy avec la fille aînée du prince de Rohan, qui ne le pardonne pas
- Le mariage arrêté du marquis de Villeroy, petit-fils du maréchal, avec la fille aînée du prince de Rohan, éclate en scandale. « L'affaire publique et les compliments reçus », les Rohan déclarent alors une substitution : si les mâles de la branche venaient à manquer, tous les biens passeraient « à celle de Guéméné », la fille ne recevant qu'une « légère augmentation de dot ». Le maréchal « ne voulut pas être la dupe des Rohan, moins encore leur valet, et faire un mariage avec une condition qui lui sembla honteuse, et qui ne lui fut déclarée qu'après que tout eut été convenu. Il rompit donc avec le plus grand éclat. » Le « vieil amour » du maréchal et de la duchesse de Ventadour raccommoda les apparences ; « mais ils ne le pardonnèrent jamais au maréchal de Villeroy, et furent les sourds mais principaux instigateurs de sa catastrophe » — la disgrâce de 1722, déjà annoncée.
- Il marie sa fille au duc de La Meilleraye, et le marquis de Villeroy épouse la fille aînée du duc de Luxembourg
- Chacun se remarie de son côté, et vite. « Six semaines après, il [le maréchal de Villeroy] maria son petit-fils à la fille aînée du duc de Luxembourg », ne perdant « rien aux Rohan » en « figure, bien et naissance ». Les Rohan, « de leur côté, ne voulurent pas demeurer en reste. Ils tonnelèrent aisément le duc de Mazarin, qui consentit à leur substitution, et le mariage se fit du duc de La Meilleraye, son fils unique, qui n'avoit que quinze ans, un mois après celui du marquis de Villeroy avec Mlle de Luxembourg. »
- Courtenvaux marie son fils à la dernière fille de la maréchale de Noailles, et lui donne sa charge des Cent-Suisses
- « La maréchale de Noailles maria sa huitième et dernière fille au fils de Courtenvaux, qui devoit être très riche. Le duc de Noailles obtint pour cela du régent que le père cédât à son fils sa charge de capitaine des Cent-Suisses, et d'en conserver les appointements et la survivance. » Curiosité d'alliances en cascade : « Ainsi le maréchal d'Estrées fut beau-frère de tous deux : du père, mari de sa sœur ; du fils, son neveu, qui épousa la sœur de la maréchale d'Estrées. »
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