TOME VIII · CHAPITRE PREMIER
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Summary
The author's secret great work begins: a first tête-à-tête with the duc d'Orléans, proposing that he break with his mistress Mme d'Argenton — the condition of any rehabilitation. Between interviews, the New Year ceremonial of the sons and grandsons of France. Saint-Simon writes to Besons at the chancellor's desk — who must be let into the secret and approves; concert with the marshal, and a second conversation with the prince, Besons making a third.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Première conversation tête à tête avec M. le duc d’Orléans, à qui je propose de rompre avec Mme d’Argenton
- Première conversation, le 1er janvier 1710, dans « l'arrière-cabinet obscur » : après le tableau de sa disgrâce — « il étoit fort mal avec le roi, et si mal qu'il étoit difficile d'y être pis » —, le prince, se levant, soupira : « Que faire donc ? » — « Que faire, répondis-je, je le sais bien, mais je ne vous le dirai jamais, et c'est pourtant l'unique chose à faire. — Ah ! je vous entends bien, répliqua-t-il comme frappé de la foudre », et il s'alla jeter sur un siège à l'autre bout du cabinet. « Étourdi moi-même du grand coup que je venois de frapper, je me retournai un peu vers la muraille » ; Saint-Simon avoua alors le concert pris avec Besons pour proposer la rupture avec Mme d'Argenton.
- Cérémonial du premier jour de l’an des fils et petits-fils de France
- Cérémonial du 1er de l'an : la conversation fut interrompue par la visite du duc de Bourgogne — « l'usage du premier jour de l'an que les fils de France rendent aux petits-fils de France, non à aucun prince du sang, la visite qu'ils en ont reçue le matin ». « M. le duc d'Orléans s'y posséda si bien, que je ne me fusse jamais douté de rien si j'avois ignoré ce qui venoit de se passer. »
- Continuation de la même conversation
- Continuation : Saint-Simon remit doucement le prince sur le propos — « ces sortes d'engagements ne pouvoient être aussi longs que la vie…, il pouvoit se faire de cet abîme un degré d'honneur, de faveur et de gloire ». Le prince « comprenoit bien qu'on ne prenoit pas plaisir à faire des propositions pareilles…, et l'obligation qu'il m'en devoit avoir ».
- J’écris à Besons sur le bureau du chancelier, à qui cela m’oblige de faire confidence du projet, et qui l’approuve
- Le billet à Besons, écrit sur le bureau du chancelier : Tresmes et Tessé entrant, il fallut faire au chancelier « la confidence du projet » — « il loua fort ma pensée, mon courage, mon dessein…, sans qu'il se flattât trop du succès ». Chez la duchesse de Villeroy le soir, Saint-Simon laissa entendre que son aversion pour le Palais-Royal « ne lui dureroit peut-être pas encore longtemps ».
- Concert pris entre Besons et moi
- Concert avec Besons : le maréchal, au rendez-vous de la galerie, « se récria fort sur ma hardiesse », mais convint « qu'il falloit pousser vigoureusement…, sans lâcher prise, ni quitter de vue M. le duc d'Orléans ».
- Deuxième conversation avec M. le duc d’Orléans, le maréchal de Besons en tiers
- Deuxième conversation, Besons en tiers : Saint-Simon déploya les horreurs débitées — le mariage cassé à Rome, les enfants déclarés bâtards, la reine douairière épousée, « Mme d'Argenton à qui les génies avoient promis une couronne », et l'empoisonnement supposé de sa femme. « À ce terrible récit, M. le duc d'Orléans fut saisi d'une horreur qui ne se peut décrire » ; Besons « avoit les yeux fichés sur le parquet qu'il avoit cru s'enfoncer ». Le plan : que le prince aille au roi « comme à un asile contre soi-même » et le supplie de faire ordonner à Mme d'Argenton de sortir de Paris. Au scrupule d'en faire « le bouc émissaire de l'ancienne loi », Saint-Simon prouva que « la vérité se conservoit entière des deux côtés ». Le prince avoua enfin « un éloignement extrême pour sa femme », nourri de calomnies de Mme la Duchesse et de Mme d'Argenton, que Saint-Simon détruisit par « des preuves si nettes et si exactes que M. le duc d'Orléans céda » — « il ne put même dissimuler sa joie de pouvoir sûrement compter qu'il avoit été méchamment trompé ». « Il nous conjura de ne le point abandonner dans le terrible combat où nous l'avions engagé » ; Besons avoua que la force de ces discours « l'avoit fait trembler à plusieurs reprises jusqu'à lui ôter la respiration ».
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