TOME II · CHAPITRE X
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Summary
The Rohan dossier continued, through tabourets: Luynes seats Mlle de Montbazon once, the eve of their wedding; age dispensation and first place for Guéméné in the 1619 promotion, Marigny fifty-fifth; the art and degrees that win the princesse de Guéméné her stool; all removed, then restored. M. de Soubise and his two wives — the first standing, the second seated, whose beauty 'makes him a prince'; the Guéméné ladies seated (1678-79), Mme de Montauban (1682); Soubise and Auvergne excluding themselves from the order in 1688, the king's anger and a 'signal falsehood'. The machinery of rank dismantled piece by piece.
The entries
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- M. de Luynes fait asseoir pour une fois seulement Mlle de Montbazon, depuis duchesse de Chevreuse, la veille de leurs noces ; obtient dispense d’âge et la première place après les ducs pour le prince de Guéméné, son beau-frère, en la promotion de 1619
- Le connétable de Luynes, épousant Mlle de Montbazon en 1617, obtint « qu'elle seroit assise dès la veille de son mariage » — « un tabouret de grâce, et pour une seule fois, pour faire briller la faveur du favori » ; à la promotion de 1619, dispense d'âge pour son beau-frère le futur prince de Guéméné et la première place parmi les gentilshommes de la promotion — sans que jamais il n'ait précédé les chevaliers plus anciens, « sans difficulté aucune, ni réclamation de sa part ».
- M. de Marigny, frère du duc de Montbazon, le cinquante-cinquième parmi les gentilshommes en la promotion de 1619
- Le marquis de Marigny, frère du duc de Montbazon, fut de la même promotion — « le cinquante-cinquième parmi les gentilshommes, et n'en eut que quatre de toute la promotion après lui » : avec toute la faveur de Luynes, « on voit que MM. de Rohan n'avoient pas encore imaginé devoir avoir des honneurs au-dessus des gens de qualité non titrés, beaucoup moins à être princes. Mais voici le commencement. »
- Art et degré qui procurent le tabouret à la princesse de Guéméné
- L'art du tabouret de la princesse de Guéméné : intime de la reine par Mme de Chevreuse, elle se laissait asseoir dans les particuliers, puis au Val-de-Grâce « qui ne pouvoit plus s'appeler un particulier, au nombre de gens où ce particulier s'étoit étendu », accoutumant « imperceptiblement et poliment ces demi-particuliers à son tabouret » ; puis la bouderie calculée — elle cesse de venir au Palais-Royal —, et Mme de Chevreuse, « moitié figue, moitié raisin, avec la fraude en croupe, arracha le tabouret en plein partout ».
- Autre tabouret de grâce en même temps
- En même temps, la reine fit la même grâce à la marquise de Sencey, sa dame d'honneur chassée pour elle, et à la comtesse de Fleix sa fille.
- Tous ôtés, puis rendus
- Tous ces tabourets furent supprimés par les assemblées de la noblesse excitées par M. Gaston et M. le Prince — avec les honneurs des Bouillon pour l'échange de Sedan « que le parlement n'avoit pas voulu enregistrer » — puis, la cour ayant repris le dessus « et blessée alors des suppressions extorquées, elle rendit les tabourets ».
- M. de Soubise et ses deux femmes, la première debout ; la seconde assise, belle, le fait prince, etc
- M. de Soubise « né, comme il le disoit lui-même bien bas à ses amis particuliers, en riant et s'applaudissant de sa bonne fortune et de sa sage politique, né gentilhomme avec quatre mille livres de rente, et devenu prince à la fin avec quatre cent mille livres de rente » : première femme riche et point assise ; seconde femme dont la beauté fit tout — le tabouret obtenu en 1663 par Turenne et Mme de Chevreuse, la place de dame du palais, puis le roi épris. Les rendez-vous chez la maréchale de Rochefort, Bontems portant les paroles ; le mari « ne fit jamais semblant de se douter de rien » — « il ne prit pas le parti le plus honnête, mais le plus utile » ; et elle, régnant à la porte du cabinet, les battants « demeuroient ouverts jusqu'à ce qu'elle sortît… et se fermoient toujours quand le roi donnoit audience à d'autres dames ». « C'est de la sorte qu'elle fit M. de Soubise prince par degrés et par occasions. »
- Mmes de Guéméné assises (1678 et 1679), puis Mme de Montauban (1682)
- Suite des tabourets de la maison : Mmes de Guéméné assises aux mariages de 1678 et 1679, puis la Bautru, veuve de Rannes, épousant Montauban en 1682 — assise par Monsieur chez qui elle jouait fort : « le roi disoit toujours que Monsieur lui avoit escroqué ce tabouret ; et du tabouret, les deux frères devinrent princes comme M. de Soubise. »
- MM. de Soubise et comte d’Auvergne s’excluent de l’ordre à la promotion de 1688 ; colère du roi ; fausseté insigne sur les registres de l’ordre
- L'unique échec de Mme de Soubise : à la promotion de 1688, Soubise et le comte d'Auvergne demandent à précéder ducs à brevet et maréchaux de la promotion — le roi, fâché, ordonne à Châteauneuf d'écrire au registre « que MM. de Soubise et comte d'Auvergne s'excusoient d'être de la promotion pour ne vouloir pas prendre l'ordre dans le rang où leurs pères et leurs prédécesseurs s'étoient tenus honorés de le recevoir ». Mais Mme de Soubise « amadoua et intimida si bien Châteauneuf » qu'il substitua un refus de « céder à des cadets de la maison de Lorraine » : « l'adresse, pour ne rien dire de plus, substitua à une vérité fâcheuse à leurs idées une fausseté à devenir preuve d'une prétention de préséance qu'ils n'avoient jamais imaginée. »
- Distinction de ceux qui ont rang de princes étrangers étant en licence
- Digression sur les distinctions de Sorbonne des princes en licence : gants aux mains, bonnet en tête pendant la thèse, « sérénissime prince », « altesse sérénissime » dans les lettres de doctorat — distinctions dont l'origine ne peut être lorraine : le duc de Mayenne lui-même, exerçant « en plein » l'autorité royale dans son parti, ne fut jamais traité d'altesse, « c'est vous partout, et jusqu'à son propre secrétaire ne lui écrit jamais autrement ».
- Abbé de Bouillon devenu cardinal par le hasard des coadjutoreries de Langres puis de Reims tombées sur l’abbé Le Tellier, est le premier qui ait eu ces distinctions en Sorbonne
- C'est le futur cardinal de Bouillon « en faveur duquel ils ont été inventés » : Turenne, au comble de sa faveur, avait convoité pour son neveu la coadjutorerie de Langres puis celle de Reims, raflées coup sur coup par l'abbé Le Tellier — le fameux abbé de La Rivière ravi de s'acquérir les Louvois, puis le cardinal Barberin accourant offrir Reims. Piqués, Turenne et le neveu visent la coadjutorerie de Paris ; le roi, « résolu de ne hasarder pas de faire un second coadjuteur de Retz », s'en tire en offrant la nomination au cardinalat. Péréfixe, proviseur tout dévoué, fit passer en Sorbonne « toutes les nouveautés » que voulut Turenne : « n'est-ce point là voler un peu sur les grands chemins ? Si on examine bien tout ce rang de prince étranger… on le trouvera tout composé de pareils brigandages. »
- Abbé de Soubise, depuis cardinal de Rohan, obtient, par ordre du roi, les mêmes distinctions en Sorbonne
- Sur cet exemple, l'abbé de Soubise — le fils que « le roi a toujours regardé avec d'autres yeux que les autres enfants de Mme de Soubise » — prétendit les mêmes distinctions : résistance vaincue, ordre du roi au proviseur ; et pour les lettres de doctorat, M. de Reims refusant l'altesse sérénissime, le roi la lui ordonna, « et lui dit pour toute raison qu'il ne donnoit pas ces lettres comme archevêque de Reims, mais comme proviseur de Sorbonne, et qu'il le vouloit ainsi ».
- Fiançailles du prince de Montbazon et de la fille du duc de Bouillon dans le cabinet du roi
- Presque aussitôt, le prince de Montbazon épouse une fille du duc de Bouillon, et « Mme de Soubise obtint que les fiançailles se feroient dans le cabinet du roi ». En clôture, la mise au point sur la belle Mme de Montbazon et Rancé : le conte de la tête coupée aperçue par l'amant est faux — « je l'ai demandé franchement à M. de la Trappe » : il était intimement de ses amis, « ne la quitta point, lui vit recevoir les sacrements, et fut présent à sa mort » ; déjà « touché et tiraillé entre Dieu et le monde », cette mort si prompte « acheva de le déterminer ».
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