TOME VIII · CHAPITRE VII
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Summary
First direct steps for Mademoiselle's marriage to Berry; the duchesse d'Orléans's despair over the rank judgment among princesses of the blood. M. le Duc's obsequies; the reforms in which d'Antin pushes at Livry, saved 'with hauteur' by Beauvilliers; a 90,000-livre pension to Mme la Duchesse; ceremonial visits and the author's conduct with her. Rank equal to du Maine's given his children 'without form': the 'most singular scene' of its declaration, at night, in the king's cabinet — the two bastard brothers face to face.
The entries
Entry summaries are given in French, the language of the source.
- Premiers pas directs pour le mariage de Mademoiselle avec M. le duc de Berry
- Premiers pas directs pour le mariage : « Nous sommes condamnés », dit le duc d'Orléans à l'oreille de Saint-Simon. La duchesse, en larmes dans sa niche, montra sa lettre à Mme de Maintenon insistant sur le mariage de Mademoiselle avec le duc de Berry : « je n'ai jamais vu une lettre si forte, si belle, écrite avec tant de justesse ». Au mot du prince au roi sur ce mariage « qui le consoleroit de tout », le roi n'avait répondu qu'un « Je le crois bien, d'un ton sec et avec un sourire amer et moqueur ».
- Désespoir et opiniâtreté de Mme la duchesse d’Orléans, du jugement du rang entre les princesses du sang, femmes et filles
- Désespoir de la duchesse d'Orléans : au chagrin d'être condamnée s'ajoutait, « plus intime et dont elle n'osoit faire semblant », l'avortement du projet d'arrière-petit-fils de France, ses enfants « bien et solidement constitués princes du sang, sans nulle distinction ». Elle bouda, cacha Mademoiselle, régna huit jours à Paris « dans la petite loge faite exprès pour Mme d'Argenton, de qui elle triompha en toutes les façons ». La duchesse de Villeroy et la duchesse de Bourgogne échouèrent ; Beauvilliers alerta Saint-Simon que « cette opiniâtreté retomboit avec un grand venin » sur elle. Ce fut la duchesse de Bourgogne, prenant Mademoiselle elle-même « avec une bonté de mère », qui l'emporta : Mademoiselle parut au sermon, sa mère « au lit tout en larmes…, longtemps à s'accoutumer à son grand habit ».
- Obsèques de M. le Duc
- Obsèques de M. le Duc : « on trouva à l'ouverture une espèce d'excroissance ou de corps étrange dans la tête » ; pompe « en tout beaucoup moindre que celle de M. le Prince » ; corps porté à Valery « sans cérémonie ». « De service ni d'oraison funèbre, il n'y en eut point. Personne ne se soucia assez de M. le Duc pour s'importuner de l'un, et la matière de l'autre eût été fort difficile. »
- Reformations où d’Antin pousse Livry, premier maître d’hôtel, sauvé avec hauteur par le duc de Beauvilliers
- Réformations : d'Antin travailla seul avec le roi sur le portefeuille du défunt visant les abus de la maison du roi ; Livry, premier maître d'hôtel, « y courut un grand risque », mais Beauvilliers « le prit si haut et si ferme, contre son ordinaire, qu'il en fut quitte pour quelques réformations légères ».
- Pension de quatre-vingt-dix mille livres à Mme la Duchesse
- Pension à Mme la Duchesse : « avec ses manières larmoyantes, elle arracha du roi, et assez malgré lui, tardivement et de mauvaise grâce, trente mille écus de pension. Monseigneur, transporté de joie, lui en alla apprendre la nouvelle ; alors les larmes s'essuyèrent, et la belle humeur revint tout à fait. »
- Visites en cérémonie
- Visites en cérémonie : Mme la Duchesse « sur son lit en robe de veuve, bordée et doublée d'hermines » avec le couvre-chef — digression sur les queues : « celle de la reine est de onze aunes, les filles de France en ont neuf, les petites-filles de France sept, les princesses du sang cinq, les duchesses trois ». Les visiteurs affectèrent la même « indécence » d'accoutrements qu'à la mort de M. le Prince.
- Ma conduite avec Mme la Duchesse
- Conduite avec Mme la Duchesse : n'ayant « aucun lieu de se plaindre d'elle » depuis Lussan, les Saint-Simon firent dire par Mme de Laigle « que ç'avoit été sur le compte de feu M. le Duc » qu'ils ne l'avaient point vue — « elle y parut fort sensible…, nous n'eûmes plus nulle occasion de nous plaindre d'elle ».
- Rang pareil à celui de M. du Maine donné sans forme à ses enfants
- Rang aux enfants du Maine : « outré du règlement qui renversoit l'échelon que Mme sa femme lui préparoit », du Maine profita du tapis nettoyé — princes du sang morts ou enfants, cour « anéantie, accoutumée à toute sorte de jougs » — et de Mme de Maintenon « qui l'aimoit plus tendrement qu'aucune mie, ni qu'aucune nourrice » : le 15 mars, le roi donna à ses enfants « le même rang et les mêmes honneurs dont M. du Maine jouissoit ».
- Scène très-singulière de la déclaration du rang des enfants du duc du Maine, le soir, dans le cabinet du roi
- Scène singulière au cabinet : « pour la première fois de sa vie, ce monarque si fier, ce père si sévère et si maître s'humilia devant son fils et son petit-fils », les priant de protéger après lui les enfants du Maine ; il prit du Maine « par les épaules, et en s'appuyant dessus pour le faire courber au plus bas devant les deux princes, le leur présenta », les yeux « mouillés de larmes », leur demandant leur parole. « Les deux princes se regardèrent l'un l'autre, sans presque savoir si ce qui se passoit étoit un songe ou une réalité…, bredouillèrent encore ce qu'ils purent, mais sans rien promettre. » Le roi invita ensuite le cabinet à féliciter du Maine.
- Les deux frères bâtards, comment ensemble
- Les deux frères : « les bienséances étoient gardées, mais l'amitié étoit froide, la confiance nulle, et M. du Maine avoit toujours fait sa grandeur, et conséquemment la sienne, sans le consulter et même sans lui en parler ».
- Triste accueil public à ce rang
- Triste accueil : tout l'écrit fut « une simple note sur le registre du maître des cérémonies » — « cela dit tout et ne dit rien ». « Jamais chose ne fut reçue du public d'une manière si morne…, la foule courut chez lui avec le visage triste et une simple révérence, qui sentoit plus l'amende honorable que le compliment. »
- Ma conduite sur ce rang
- Conduite de Saint-Simon : « cruellement blessé », mais fraîchement raccommodé avec le roi, « je me résolus donc à ce calice, et j'allai comme les autres…, faire à M. et à Mme du Maine une sèche révérence, et tournai court aussitôt ».
- Conduite du comte de Toulouse sur ce rang
- Conduite du comte de Toulouse : d'O déclara à Saint-Simon, « comme un homme pressé de faire une déclaration : Monsieur, soyez persuadé que M. le comte de Toulouse n'a point de part à ce que M. du Maine a obtenu…, qu'il est content de son rang, et qu'il n'en veut pas davantage. » « Cette affaire mit un froid marqué entre eux » ; le comte s'absenta des sermons « pour n'y être pas après [ses neveux] ».
- Repentir du roi, prêt à révoquer ce rang
- Repentir du roi : la duchesse de Bourgogne lâcha « que ce rang ne tiendroit pas sous Monseigneur, et moins encore, s'il se pouvoit, sous eux quand ils seroient les maîtres » ; « le murmure devint général, public et fort peu mesuré…, le sombre et le repentir saisirent [le roi]. M. du Maine en trembla et Mme de Maintenon avec lui, qui le virent au moment de rétracter ce qu'il venoit de faire. »
- Adresse de M. du Maine et de Mme de Maintenon, qui se servent de mon nom, dont Mme la duchesse de Bourgogne me fait demander l’explication
- Adresse du Maine : Mme de Maintenon persuada au roi que jusqu'à Saint-Simon avait « témoigné sa joie » au duc du Maine — « je souris avec un dépit amer de la prostitution de mon nom pour soutenir celle de toute la France ». La duchesse de Bourgogne fit demander l'explication par Mme de Nogaret ; Saint-Simon lui fit tout rendre, « où quoi que le roi en crût, M. du Maine n'avoit pu entendre le son de ma voix ». « Le roi ne voulut pas paroître céder…, et le rang demeura » — prise de possession au sermon.
- Survivances des charges de M. du Maine données à ses enfants
- Survivances : cinq semaines après, le jeudi de Pâques, « la survivance de sa charge de colonel général des Suisses pour le prince de Dombes, âgé de dix ans, et pour le comte d'Eu qui en avoit six, celle de grand maître de l'artillerie. Ce fut un grand et prompt renouvellement de scandale et de murmure, mais qui ne diminua rien de la servitude » — plus le bel appartement de l'archevêque de Reims.
- Propos à moi du duc du Maine
- Propos du duc du Maine : il retint Saint-Simon seul à sa cheminée, l'accablant de remerciements et « des termes si pleins, si forts…, et surtout si étrangement polis, que je vis l'heure que je n'aurois ni le moment ni le moyen d'y répondre ». « Je me tirai à grand'peine à force de verbiages, de compliments vagues…, sans entrer en quoi que ce fût, encore moins dans aucun engagement de liaison. » Mme de Saint-Simon essuya le même assaut du couple — « rien ne leur faisoit perdre de vue le dessein et le désir si extraordinaire et si suivi de lier avec nous ».
- Villars reçu pair au parlement
- Villars reçu pair : « contre le plus continuel usage, il ne prit aucun pair pour témoin de ses vie et mœurs », d'où « cette dissertation publique, s'il l'avoit fait par respect ou par honte, ou par la crainte d'être refusé ». La Meilleraye s'amusa à embarrasser du Maine sur la venue séparée du comte de Toulouse. « Villars invita tous les pairs à dîner chez lui. Je le fus comme les autres et je m'en excusai ; je sus après que presque aucun n'y avoit été. »
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