TOME I · CHAPITRE XXIII
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Summary
The campaign's end on the Rhine: the Imperials' design, Choiseul entrenched in the Spirebach — the reasons for the camp and the marshal's dispositions —, the movements of Louis of Baden, the Imperials' retreat without battle. Choiseul, careful of the court, goes into forage quarters and releases the author. The chapter ends privately: the death of M. Frémont, the maréchale de Lorges's father, and the birth of Saint-Simon's daughter.
The entries
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- Projet des Impériaux sur le Rhin
- Le projet des Impériaux : les contingents renvoyés au prince Louis de Bade le font « le double plus fort que le maréchal de Choiseul, et en état et en volonté d'entreprendre le siège de Philippsbourg », dont tous les amas attendaient depuis l'hiver dans Mayence — l'empereur pressant l'exécution de tout « son dépit de la paix de Savoie ». La cour envoie deux lettres « fort singulières et en même temps contradictoires » : jeter ses douze bons bataillons dans les places et se retirer, ou bien « empêcher un ennemi de passer sur un pont à lui, dans une place à lui, et de déboucher sur une contrescarpe à lui, dans une plaine » — « le maréchal haussa les épaules ». Harcourt, sollicité, « alloit à son fait de ne point joindre et se moquoit de lui » : Choiseul « ne compta plus que sur soi-même ».
- Maréchal de Choiseul dans le Spirebach
- Le parti unique : se retirer sur son infanterie et « barrer la plaine derrière le Spirebach, de la montagne au Rhin » — « une des plus belles choses qu'on eût vues depuis bien longtemps à la guerre », qui couvrait d'un coup Neustadt, Spire, Landau, Philippsbourg et l'Alsace.
- Raisons de ce camp
- Les raisons du camp, exposées par élimination : combattre aux plaines d'Alney contre un ennemi double, c'était risquer Landau, le pont de Philippsbourg et l'Alsace ; Durckheim exigeait des communications impossibles sur un marais en T ; « le cul au Rhin et le nez à la montagne » (Huxelles) livrait Neustadt et affamait l'armée ; « le cul à Landau et la tête au Rhin » abandonnait Spire et le chemin d'Alsace. « Tous ces partis, quelque mauvais qu'ils fussent, avoient leurs partisans considérables. Le maréchal de Choiseul… laissa écrire la cour et discourir qui voulut, et prit de soi tout seul l'unique parti qui sauvoit tous ces inconvénients. »
- Dispositions du maréchal de Choiseul
- Les dispositions, décrites en ingénieur : le Spirebach « accommodé » d'avance par Huxelles — redoutes d'espace en espace, bords retranchés —, l'inondation et la commanderie ruinée tenue par Condrieu, les demi-lunes flanquées de deux canons chacune avec un bataillon derrière, Neustadt remparé sous Saint-Frémont, le petit château blanc de Hart occupé à mi-côte, les bois changés « en un fonds de marais artificiel » par les retenues, Spire hérissée de canons, « de Spire au Rhin il n'y avoit pas l'espace pour un escadron ». Harcourt, enfin joint — « qui manda à la cour qu'il avoit joint deux jours plus tôt qu'il n'avoit fait » —, est chargé de Neustadt ; et l'on attend « avec une tranquillité très-vigilante ».
- Mouvements et dispositions du prince Louis de Bade
- Le prince Louis campe à une demi-lieue derrière Musbach, longe le front, cherche en vain par où attaquer, et finit par établir des batteries « sur des montagnes qui sembloient inaccessibles ». L'épisode du castel de Hart est le joyau du chapitre : canonné, ouvert d'une grande brèche, il tient six jours d'assauts « à la vue des deux armées » ; le brave commandant retire sa garnison par un trou pratiqué au moment d'un grand assaut, sort le dernier « avec une jambe qu'il se cassa en sortant » — et laisse une traînée de poudre « qui fut fatale aux premiers qui se jetèrent dans leur conquête ». « Il fut loué et caressé de toute l'armée. » Les tentatives de diversion — courses sur la Sarre, Thungen pressé de passer en Alsace — échouent devant Gobert et la surveillance de Puysieux.
- Retraite des Impériaux
- La retraite : de piquet, se promenant la nuit le long des bivouacs, Saint-Simon remarque « une diminution dans leurs feux ordinaires, qui avec les nôtres faisoient dans ces montagnes et au bas un effet singulier et tout à fait beau » ; au matin, plus de canon, et le brouillard levé découvre l'armée impériale marchant en bataille derrière Musbach. Le maréchal refuse à Saint-Frémont de pousser l'arrière-garde — « faire ainsi, sans raison, une mauvaise affaire et honteuse, d'une bonne » — ce qui vaudra au maréchal d'être accusé par les souterrains de l'autre. Les Impériaux repassent le Rhin à Mayence « non sans force querelles entre les généraux, enragés d'avoir tant éclaté en menaces et en grands projets et de n'avoir pu rien exécuter ». « Cela fut uniquement dû à la capacité et à la fermeté tout ensemble du maréchal de Choiseul. » Le lendemain, on admire leurs ouvrages « qui nous parurent prodigieux ».
- Précautions du maréchal de Choiseul à la cour, qui met en quartiers de fourrages et me donne congé
- Les précautions du maréchal à la cour : il avait gardé toutes les lettres d'Harcourt et la copie de ses réponses, « mis un petit commentaire concis et fort, en marge, vis-à-vis des endroits qui le demandoient et avoit envoyé tout cela au roi dans un grand cahier ». L'armée mise en quartiers de fourrage, il donne congé à Saint-Simon — qu'il avait traité « avec tant de politesse et d'attention que je m'attachai à lui, et qu'il me donna enfin sa confiance » — et le prie de conter tous ces détails au duc de Beauvilliers, « ce que j'exécutai tout à fait à la satisfaction du maréchal ».
- Mort de M. Frémont, beau-père de M. le maréchal de Lorges
- Pendant la campagne, Mme de Saint-Simon avait perdu M. Frémont, « père de Mme la maréchale de Lorges » — le vieux garde du trésor royal paralysé qui gouvernait encore toutes ses affaires.
- Naissance de ma fille
- Et le 8 septembre, elle était « heureusement accouchée de ma fille » — première naissance du ménage, notée d'une ligne au milieu des affaires du Rhin.
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