TOME VIII · CHAPITRE VIII

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Summary

Vendôme, asked for again by Spain, 'sadly weds' Mlle d'Enghien. The duc de Coislin dies, the bishop of Metz inheriting — and the 'unheard-of hiccup' the king makes over his succession to the ducal dignity: occasion, cause and end, with M. de Metz's dress and manner of signing, and the note on Spanish bishops become grandees. The death, adventures, character and singularities of the maréchale de La Meilleraye — the madwoman of pride; the house of Cossé.

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Vendôme, demandé de nouveau pour général par l’Espagne, épouse tristement Mlle d’Enghien
Triste mariage de Vendôme avec Mlle d'Enghien, déclaré le 26 avril : elle, trente-trois ans, « extrêmement laide », voulant sortir de l'hôtel de Condé « quelque mariage que ce fût » ; lui, « presque sans nez et manqué deux fois par les plus experts », piqué de l'honneur de devenir gendre posthume de M. le Prince. « S'il falloit de l'ambition pour se résoudre à épouser Mlle d'Enghien, il falloit un grand courage pour épouser M. de Vendôme. » Œuvre de M. du Maine ; Mme la Princesse « se mit à pleurer ». Marié à Sceaux le 15 mai, « fiancé, marié et couché » le soir même, « sans fête, sans bruit, dans la plus grande obscurité » : « ni l'un ni l'autre ne reçurent aucun compliment…, ce fut comme chose non avenue. Quel eût été l'éclat de cette noce quelques années plus tôt ! » Il retourna à Anet le surlendemain « comme s'il avoit oublié qu'il étoit marié ».
Mort du duc de Coislin ; son caractère
Mort du duc de Coislin, « le seul homme qui eût subjugué » M. le Duc : « homme de beaucoup d'esprit, extraordinaire au dernier point…, qui se piquoit de ne saluer jamais personne le premier » — d'où le mot de Roquelaure sur Trianon : « c'est que Trianon ne t'est pas venu voir le premier ». Au parlement, où Saint-Simon l'accompagna, il s'amusa à provoquer trois partages de voix successifs sur quarante mille livres de dépens, « ravi et mourant de rire », jusqu'à ce que Harlay, excédé, « préférât l'honneur prétendu de la grand'chambre à la bourse de ces pauvres parties ». « Notoirement impuissant, il se ruinoit avec une comédienne qui le gouverna jusqu'à sa mort. »
Hoquet inouï fait par le roi à l’évêque de Metz sur sa succession à la dignité de son frère
Hoquet inouï à l'évêque de Metz : le comte de Roucy, « le plus envieux de tous les hommes », persuada Monseigneur « que l'évêque de Metz seroit plaisant à voir en épée et en bouquet de plumes » ; le duc de Bourgogne « se moqua de lui » et démontra le droit — mais le roi fit défendre à M. de Metz « de prendre ni titre, ni marque, ni rang, ni honneurs de duc », sans jamais charger personne de l'affaire. « De dépit il s'en alla brusquement dans son diocèse », malade à en perdre presque la tête.
Occasion, cause et fin de ce hoquet
Cause du hoquet : le roi « étoit outré contre M. de Metz…, et il fut ravi de cette sottise du comte de Roucy » — double grief : sa défense des ecclésiastiques d'Orléans chassés comme jansénistes par le P. Tellier, jusqu'à l'enlèvement de la tombe du cardinal de Coislin « parce qu'on s'étoit accoutumé à y aller prier » ; et son mot devant Fornaro à la chapelle neuve : « le roi feroit bien mieux, et une œuvre bien plus agréable à Dieu, de payer ses troupes qui mouroient de faim que d'entasser tant de choses superbes, aux dépens du sang de ses peuples ». « Dès le soir même le roi le sut mot pour mot » — sans compter les lettres ouvertes « depuis le fatal secret trouvé par M. de Louvois pour violer la foi politique et celle des lettres ». Après près d'un an, le roi fit dire « qu'il n'avoit jamais douté qu'il ne fût duc et pair de plein droit ».
Habit et manière de signer de M. de Metz
Habit et signature : les magistrats et des ducs « dont beaucoup ne savent rien et ne veulent rien apprendre » contestèrent son habit de pair ; « la raison à la fin l'emporta, et M. de Metz fut reçu en habit de pair ecclésiastique ». Il signa bientôt « le duc de Coislin » tout court : « les évêques s'en scandalisèrent, il s'en moqua ».
Évêques d’Espagne, devenus grands par succession, ne portent plus le nom de leur évêché
« Les évêques d'Espagne n'y manquent pas quand il arrive qu'ils deviennent grands par héritage…, comme je l'ai vu de l'évêque de Cuença qu'on n'appeloit que le duc d'Abrantès. »
Mort, aventures, caractère et singularités de la maréchale de La Meilleraye
Mort de la maréchale de La Meilleraye, à quatre-vingt-huit ans : « Pour moi, dit-elle [du chevalier de Savoie], je suis persuadée qu'à un homme de cette naissance-là, Dieu y regarde à deux fois à le damner. » « Sa vanité fut cruellement punie » : remariée en secret à Saint-Ruth, ancien page de son mari, « fort brave homme » mais « fort brutal » : « quand la maréchale lui échauffoit les oreilles, il jouoit du bâton et la rouoit de coups ». Trois plaintes au roi, qui envoya enfin Saint-Ruth en Guyenne « sous prétexte de commandement, dont il n'y avoit aucun besoin que celui de la maréchale d'en être séparée », puis en Irlande où il fut tué. Jadis parfaitement belle, elle avait tourné la tête au cardinal de Retz jusqu'à cette « folie incroyable » de vouloir bouleverser la France pour obtenir dispense de l'épouser.
Maison de Cossé
Maison de Cossé : illustre sous François Ier par les maréchaux de Brissac et de Gonnor, portés par « la faveur de leur mère, sœur du grand maître et du cardinal de Boisy » ; mais au-delà, « leurs femmes des plus médiocres, leurs terres rien…, sans filiation connue, et qui ne passe pas l'an 1386. Cela ne fait pas une grande origine. » Et Saint-Simon de fustiger « des gens qui, par des noms de personnages de ce temps-là…, chaussent le cothurne, éblouissent les sots et prennent des airs tout à fait ridicules ».

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