TOME II · CHAPITRE VII
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Résumé
La duchesse de Bracciano, ses premières aventures, prend le nom de princesse des Ursins : entrée en scène d'une future toute-puissante. Étrange et hardie tentative du cardinal de Bouillon pour faire son neveu l'abbé d'Auvergne cardinal. Mariages Souvré-Rebénac, Seissac-Chevreuse, et du comte d'Ayen avec Mlle d'Aubigné, nièce de Mme de Maintenon. Le roi paye les dettes de La Rochefoucauld ; deuil royal d'un enfant de Conti, et pourquoi ; mort de Fervaques, sa dépouille et son testament ; Lesdiguières accommodé avec Lambert par ordre du roi. M. de Lorraine chez lui, où Elbœuf revient mal avec lui — et le camp de Compiègne résolu et déclaré.
Les entrées
- Duchesse de Bracciano, ses premières aventures ; prend le nom de princesse des Ursins
- Les premières aventures de la duchesse de Bracciano : née Anne-Marie de La Trémoille, fille de Noirmoutiers, veuve du « prince de Chalais » de Talleyrand exilé après le duel des La Frette, elle arrive seule à Rome, « jeune, belle, de beaucoup d'esprit avec beaucoup de monde, de grâces et de langage ». Les cardinaux de Bouillon et d'Estrées en prennent soin « en faveur du nom et de la nation, et bientôt après pour des raisons plus touchantes » : ils font épouser au duc de Bracciano — « tonnelé » au point qu'il « se persuada qu'il étoit amoureux » — cette Française qui fait du palais des Ursins « une espèce de cour ». Veuve et légataire universelle, criblée des dettes du duché, elle le vend à don Livio Odescalchi « avec la condition expresse qu'elle en quitteroit le nom, et c'est ce qui lui fit prendre celui de princesse des Ursins, sous lequel elle est devenue fameuse ». Brouille aux couteaux tirés avec le cardinal de Bouillon — pour une tenture violette contre une noire — « et ne se sont jamais revus ».
- Étrange et hardie tentative du cardinal de Bouillon de faire l’abbé d’Auvergne cardinal
- La tentative « étrange et hardie » du cardinal de Bouillon : profitant des instances de l'empereur pour la promotion de l'évêque de Javarin, il écrit au roi que le pape, prêt à céder, n'accepterait de faire en compensation qu'un seul Français — l'abbé d'Auvergne, son neveu ; et il dit au pape que le roi ne consentirait à Javarin qu'à condition de son neveu : « un mensonge qui pouvoit passer pour unique en son genre ». Double échec : le pape, qui ne pouvait « ajuster deux choses si contradictoires » avec les manèges du cardinal pour M. de Cambrai, attend des nouvelles de France ; le roi, « qui n'avoit eu que trop d'occasions en sa vie de le connoître », dépêche un courrier réitérant ses ordres et défendant à l'abbé d'Auvergne d'accepter « sous peine de désobéissance » — avec ordre de montrer la dépêche au pape. « Le cardinal de Bouillon pensa mourir de honte, de dépit et de rage » — et le pape mourut sans faire Javarin cardinal.
- Mariage de Souvré avec Mlle de Rebénac ; du vieux Seissac avec une sœur du duc de Chevreuse ; du comte d’Ayen avec Mlle d’Aubigné
- Trois mariages : Souvré, frère de Barbezieux, épouse l'héritière de Rebénac à condition de prendre le nom et les armes de Pas-Feuquières ; le vieux Seissac épouse une jeune sœur du duc de Chevreuse « dans l'espérance d'être bientôt veuve » — l'occasion de conter l'histoire du tricheur : les cartes pipées au brelan du roi, le cartier avouant « que c'étoit Seissac qui les lui avoit fait faire », la charge vendue, l'exil, puis la lente réhabilitation par le jeu de Monsieur et de Monseigneur ; « il avoit encore la fantaisie de ne porter le deuil de personne… Ils le lui rendirent ; car lorsqu'il mourut, M. de Chevreuse ni pas un parent ne portèrent le deuil de lui. » Enfin le comte d'Ayen épouse Mlle d'Aubigné, la nièce de Mme de Maintenon : le roi voulait Marsillac, elle voulait un Noailles — elle l'emporta pour s'attacher M. de Paris « et se frayer un chemin d'avoir part aux affaires de l'Église et aux bénéfices ». Fiançailles à la chapelle, mariage par l'archevêque, le roi donnant la chemise au marié, tirant lui-même le rideau du lit « et leur dit pour bonsoir qu'il leur donnoit à chacun huit mille livres de pension ».
- Le roi paye les dettes de M. de La Rochefoucauld
- En marge du mariage, « le roi paya les dettes de M. de La Rochefoucauld, qui se montoient fort haut ; ainsi il ne perdit pas tout au mariage de Mlle d'Aubigné ».
- Mort de l’abbé de Marsillac
- Mort de l'abbé de Marsillac, frère de La Rochefoucauld — regretté « un peu, parce que l'amitié n'étoit pas bien vive quoique bienséante » : « l'esprit, le bon sens, le goût de la bonne compagnie… étoient devenus dans cette famille un apanage de cadets. » Ses abbayes vont à l'abbé de La Rochefoucauld, « qui aimoit tant la chasse, que le nom d'abbé Tayaut lui en étoit demeuré » — « le meilleur homme, mais le plus court et le plus simple qui fût sur terre ».
- Le roi prend le deuil d’un enfant de M. le prince de Conti, et pourquoi
- Le prince de Conti perd son fils de quatre ans, le prince de La Roche-sur-Yon : le roi en prit le deuil en noir — lui qui « ne portoit point le deuil des enfants au-dessous de sept ans, et on ne l'avoit pas porté de ceux de lui et de la reine » — parce qu'il « avoit voulu faire cet honneur-là à M. du Maine pour un des siens, et n'osa pas après cela ne le pas prendre de ceux des princes du sang ».
- Mort de Fervaques ; sa dépouille et son testament
- Mort de Fervaques, « vieux garçon, honnête homme, toujours galant », gouverneur du Maine et du Perche — l'homme qui, pressé de manger à la tranchée, « répondit plaisamment qu'il ne mangeoit jamais qu'il ne fût sûr de la digestion » et quitta la guerre « sans en être moins estimé ». Sa dépouille déchaîne l'infamie des Bullion : Mme de Bullion — « aussi avare que riche et glorieuse, et c'est beaucoup dire », celle qui avait payé si gros pour entrer une fois dans le carrosse de Madame — fait attaquer par son mari le testament et l'usufruit légué à Mme de Ventadour, leur protectrice : « cette infamie, et faite le lendemain du gouvernement du Maine et du Perche, souleva contre elle et la cour et la ville » ; procès perdu « avec toutes les sauces et avec une acclamation générale ».
- Duc de Lesdiguières accommodé, par ordre du roi, par le maréchal de Duras seul, son beau-père, avec Lambert
- Le jeune duc de Lesdiguières a des paroles avec Lambert, colonel d'infanterie, « jeune homme très-suffisant, qui voulut porter ses plaintes aux maréchaux de France, et qui ne savoit apparemment pas que les ducs ne les reconnoissent point » : le roi ordonne au maréchal de Duras, beau-père du duc, « d'accommoder seul cette affaire, qui n'alla pas plus loin ».
- M. de Lorraine en Lorraine, où le duc d’Elbœuf revient mal avec lui
- M. de Lorraine arrive à Strasbourg, reçu par Huxelles « moins comme un duc de Lorraine qu'en neveu du roi qu'il alloit être ». Le duc d'Elbœuf, accouru le voir, tient au retour « des propos peu mesurés qui revinrent et déplurent fort » ; voulant y retourner pour faire montre de son crédit malgré le déconseil du roi, il se voit signifier la défense au conseil « et M. d'Elbœuf demeura tout court ».
- Camp de Compiègne résolu et déclaré
- Le camp de Compiègne résolu et déclaré : « le roi désormais en pleine paix voulut étonner l'Europe par une montre de sa puissance qu'elle croyoit avoir épuisée par une guerre aussi générale et aussi longue, et en même temps se donner, et plus encore à Mme de Maintenon, un superbe spectacle sous le nom de Mgr le duc de Bourgogne » — un camp commandé par le maréchal de Boufflers sous le jeune prince, avec le vœu exprimé « qu'il seroit bien aise d'y avoir une fort grosse cour ».
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