TOME V · CHAPITRE XVII
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Résumé
La dissection de la maison de Bouillon : la chambre de l'Arsenal contre les faussaires — d'où sortent les faux titres — ; la maison de La Tour, Mlle de Limeuil, le vicomte de Turenne dit le maréchal de Bouillon ; Sedan, son état, ses seigneurs, acheté par Éverard de La Marck ; Bouillon acquis par les La Marck ; la « folle déclaration de guerre » du seigneur de Sedan à Charles Quint ; Sedan mouvant de Mouzon ; le rang personnel de duc obtenu par Fleuranges ; son fils premier « prince de Sedan » ; Bouillon « point duché », mouvant de Liège — toute la généalogie des prétentions bouillonnesques passée au crible.
Les entrées
- Chambre de l’Arsenal contre les faussaires
- « Il semble qu'il y ait dans de certains temps des modes de crimes comme d'habit. Du temps de la Voysin et de la Brinvilliers, ce n'étoient qu'empoisonneurs » — et la chambre ardente ; « en celui dont je parle, ce fut une veine de faussaires, qui devinrent si communs qu'il fut établi une chambre composée de conseillers d'État, de maîtres des requêtes et de conseillers au parlement, qui tint ses séances à l'Arsenal, uniquement pour juger ces sortes d'accusations. »
- Maison de La Tour
- La maison de La Tour, « originaire de la province d'Auvergne, bonne, ancienne, bien alliée, heureuse en grandes successions de traverses…, n'avoit jamais eu ni prétendu aucune distinction particulière, et avoit toujours roulé d'égale avec les Montboissiers, les Montmorin, les Saillant, et les premières maisons de leur commune province ».
- Mlle de Limeuil
- Preuve par Mlle de Limeuil, cousine germaine de François III de La Tour : fille d'honneur de Catherine de Médicis, « trop connue par le malheur qui lui arriva » — chassée « pour être accouchée du fait du prince de Condé dans la garde-robe de cette reine à Lyon ». « Je la cite ici pour montrer par son emploi combien il étoit alors peu question chez MM. de La Tour des prétentions » à venir.
- Vicomte de Turenne La Tour, dit le maréchal de Bouillon
- Henri de La Tour, vicomte de Turenne, « si connu sous le nom de maréchal de Bouillon, est le premier qui ait eu des chimères ». Henri IV le fit maréchal de France « pour épouser l'héritière de Sedan, Bouillon, Raucourt et Jametz » (1591) ; elle mourut en 1594 sans enfants, et il « prétendit garder tout ce que possédoit sa femme, en vertu d'un testament fait par elle en sa faveur, pièce qu'il ne montra jamais parce qu'elle n'exista jamais ». Henri IV soutint l'usurpation — et « eut à s'en repentir » : « l'époque de la souveraineté du maréchal de Bouillon fut celle de son ingratitude et de ses perfidies ». Remarié à une fille du grand prince d'Orange, beau-frère de l'électeur palatin, « il se jeta dans tous les complots dont les histoires sont pleines ».
- Sedan ; son état ; ses seigneurs
- État de Sedan : simple seigneurie passée des Jausse aux Barbançon puis aux Braquemont, « qualifiée simplement de seigneurie » — « jusqu'ici nul vestige de principauté ni de souveraineté ». Ses seigneurs surent « nager entre la France et la maison d'Autriche par le fait et la commodité du lieu, non par aucun droit d'indépendance ».
- Sedan acheté par Éverard III de La Mark
- « Éverard III de La Marck acheta en 1424 les seigneuries de Sedan et de Florenville » du frère de sa belle-mère, « et fit commencer la forteresse de Sedan en 1446 » — « on n'a jamais vu vendre ni acheter une souveraineté entre des particuliers ».
- Bouillon acquis par MM. de La Mark
- Bouillon acquis : le fameux Guillaume de La Marck, « dit le Sanglier d'Ardenne », qui tua l'évêque de Liège en 1482, reçut au traité de Tongres (1483) « en payement le duché de Bouillon, fief mouvant de Liège », dont il s'accommoda avec son frère aîné, seigneur de Sedan. Le Sanglier finit décapité à Maestricht en 1485 par ordre de Maximilien.
- Folle déclaration de guerre du seigneur de Sedan, La Marck, à Charles-Quint
- La « folle déclaration de guerre » : Robert II de La Marck « s'outrecuida jusqu'à dénoncer la guerre à l'empereur par un héraut, en pleine diète à Worms. Charles-Quint en rit, prit toutes ses places, le ruina, et Sedan ne fut sauvé que par la guerre qui s'alluma entre la France et l'empereur. Une pareille déclaration de guerre ne se prendra jamais pour un titre de souveraineté. »
- Sedan mouvant de Mouzon
- « Sedan relevoit constamment de Mouzon », comme le prouvent « les lettres patentes de Charles VII en 1454, comme souverain de Mouzon, d'où Sedan relevoit, et par le jugement des jugeurs de Mouzon, rendu en 1455 » — et auparavant des archevêques de Reims, seigneurs de Mouzon.
- Rang personnel de duc obtenu par le maréchal de Fleuranges La Marck, seigneur de Sedan et Bouillon
- Le maréchal de Fleuranges La Marck, gendre de Diane de Poitiers, « fut marié quatorze ans sans avoir aucun rang en France, non plus que ses pères » ; le crédit de la favorite d'Henri II « obtint quatre ans après [1552] le rang de duc, en France, au maréchal son gendre, personnellement pour lui et pour sa femme par conséquent ».
- Son fils se donne le premier le titre de prince de Sedan
- Son fils « est le premier des seigneurs de Sedan qui en ait changé le titre en celui de prince de son autorité particulière » — capitaine des Cent-Suisses, il céda même le château de Bouillon à l'évêque de Liège conformément au Cateau-Cambrésis.
- Bouillon ; son état ; point duché ; mouvant de Liège, auparavant de Reims
- Bouillon n'est point duché : « ancienne seigneurie démembrée du comté d'Ardenne », que le célèbre Godefroy — appelé duc pour son duché de basse Lorraine — « vendit à Albert, évêque de Liège » en partant pour la Terre sainte ; Alberon acquit ensuite de l'archevêque de Reims « tout le fief que l'église de Reims avoit à Bouillon ». « Cette église ni les états de Liège n'ont jamais cédé, non seulement la mouvance, mais la propriété. »
- M. de Bouillon, seigneur de Bouillon plus que très précaire
- Possession « plus que très précaire » : le père du grand chambellan renonça en 1641 à toutes prétentions sur Bouillon « pour cent cinquante mille florins, qu'il acheva de toucher en 1658 ». Les Français ayant pris Bouillon sur les Liégeois, « le roi le donna, en 1678, au duc de Bouillon », qui « y établit une cour souveraine » : à Nimègue, il fut dit « que la possession demeureroit à M. de Bouillon, et que la question de la propriété seroit décidée par des arbitres. Oncques depuis il n'en a été parlé. »
- Comte de Maulevrier, oncle paternel de l’héritière, précède, sa vie durant, le maréchal de Bouillon partout
- Le comte de Maulevrier, oncle paternel de l'héritière, lutta longtemps contre l'usurpation du maréchal de Bouillon, à travers « des incroyables dénis de justice ». Il transigea en 1601 : « l'une des conditions de la transaction confirmée par le roi fut qu'il précéderoit en tous lieux le maréchal de Bouillon pendant sa vie, ce qui lui fut exactement tenu, et mieux que les articles pécuniaires ». Chevalier de la première promotion de l'ordre (1578), il « ne prétendit jamais aucun rang » et mourut à quatre-vingt-quatre ans.
- Comte de Braine
- Son fils le comte de Braine « prit, à la mort de son père, le nom de duc de Bouillon, et poursuivit ses droits aussi peu heureusement » : « il trouva dans les deux puissants et célèbres fils du maréchal de Bouillon de quoi être tenu dans l'obscurité » et mourut retiré à Braine en 1652, ne laissant que des filles.
- Marquis de Mauny
- Le marquis de Mauny, son frère puîné, chevalier de l'ordre en 1619 « parmi les gentilshommes », fut premier écuyer de la reine Anne d'Autriche et capitaine des gardes du corps (1621–1627), et mourut sans enfants.
- Seigneurs de Lumain
- Restait la seule branche de Lumain, sortie du Sanglier d'Ardenne, demeurée aux Pays-Bas : Ernest, premier comte de Lumain, fit un second mariage si disproportionné que son fils « redevint baron de Lumain par le triste mariage dont il étoit sorti », avant que l'empereur le réhabilitât et le fît comte de l'empire ; sa veuve devint cette comtesse de Fürstemberg « qui gouverna et pilla le cardinal de Fürstemberg tant qu'il vécut ».
- Comte de La Marck
- Le comte de La Marck d'aujourd'hui, sixième descendant du Sanglier, « connu par ses ambassades et chevalier de l'ordre », ressemblant au cardinal de Fürstemberg « comme deux gouttes d'eau », épousa une fille du duc de Rohan « qui étoit debout à la cour sans nulle prétention » ; ambassadeur auprès du roi de Suède, puis en Espagne « d'où il est revenu grand d'Espagne et chevalier de la Toison d'or ».
- Sommaire jusqu’à MM. de La Tour
- Sommaire : « des huit générations de La Marck qui ont possédé Sedan…, aucune n'a eu ni prétendu aucun rang ni distinction à ces titres, ni à ceux de leur naissance » ; seul le maréchal de Fleuranges eut un rang personnel de duc par sa belle-mère ; Sedan est « un fief mouvant du domaine de Mouzon » ; c'est le père de l'héritière qui « le premier a changé, sans titre aucun et de son autorité privée, le titre de seigneur de Sedan en celui de prince » ; et jamais, en France ni « en aucune cour de l'Europe », aucun de ces seigneurs ne fut reconnu souverain ni prince.
- Maréchal de Bouillon La Tour ; titres qu’il prend, et ses deux infructueuses prétentions
- Les deux prétentions infructueuses du maréchal de Bouillon La Tour : à l'assemblée des notables de Rouen, « il s'avisa de s'aller mettre dans le banc des ducs, qui l'en firent sortir ; sa ressource fut de s'aller placer à la tête de celui des maréchaux de France » ; et au baptême de Louis XIII, nommé pour porter un des honneurs au rang de maréchal de France, il « se rabattit à supplier Henri IV de lui permettre de n'en porter aucun ». « Il prit toujours dans ses titres la qualité de prince souverain de Sedan…, et ne signa jamais ni actes ni lettres que simplement Henri de La Tour. »
- Duc de Bouillon et son échange
- L'échange de 1651 : Mazarin, craignant les deux frères, « changea aux plus grands honneurs et aux plus solides biens » ce qui devait coûter la tête au duc de Bouillon (Sedan rendu après la conspiration) : il céda « la souveraineté, qui n'exista jamais que de fait », et reçut « le comté d'Évreux…, qui valoit plus de trois cent mille livres de rentes, et les duchés d'Albret et de Château-Thierry, avec la dignité de duc et pair et le rang nouveau des princes étrangers » — « les apanages de deux fils de France ». Le parlement, « épouvanté de l'immensité de l'échange », n'en fit jamais l'enregistrement, « qui n'est pas encore consommé aujourd'hui ».
- M. de Turenne
- M. de Turenne, « singulièrement modeste sur ses grandes qualités jusqu'à l'affectation, suprêmement glorieux, délicat et attentif sur sa prétendue qualité de prince », n'oublia rien pour l'affermir : sauveur de la cour à Bléneau, vainqueur du faubourg Saint-Antoine, des Dunes, il obtint la dépouille du duc de Joyeuse — colonel général de la cavalerie pour lui, grand chambellan pour son neveu de treize ans — puis, l'épée de connétable étant trop redoutée, la charge renouvelée de maréchal général des camps et armées de France (Montpellier, 7 avril 1660).
- Change adroitement donné sur le titre de maréchal ou de vicomte de Turenne
- Le change adroitement donné : devenu maréchal général, Turenne quitta les bâtons de ses armes et le titre de maréchal « qu'il avoit toujours porté depuis plus de dix-sept ans », reprenant celui de vicomte de Turenne. « Dans les suites on prit le change… On se persuada qu'il avoit toujours méprisé l'office de maréchal de France comme étant au-dessous du rang et de la qualité de prince » — il n'y avait pourtant qu'à se souvenir de son père et des deux maréchaux de La Marck.
- Vicomté de Turenne
- La vicomté de Turenne, dotée par lui de privilèges toujours accrus — délivrée « de tout logement et de tout passage de gens de guerre » et « de tout le pouvoir des maltôtiers, même des intendants » —, devint un ensemble de « droits régaliens…, si voisins de la souveraineté, que le conseil de Louis XV l'a achetée quatre millions et a cru avec raison qu'il faisoit une mauvaise affaire et le roi une fort bonne ».
- Époque du changement de style des secrétaires d’État et avec les secrétaires d’État
- Anecdote du style des secrétaires d'État : ils avaient toujours écrit « monseigneur » aux ducs — trois lettres de Colbert au père de Saint-Simon en font foi. Louvois fit réformer ce style, n'osant toucher à la maison de Lorraine ; Turenne, averti, « cria si haut et avec tant d'autorité » qu'il conserva le monseigneur pour sa maison — « ce que celle de Rohan n'eut pas ». Puis Louvois obtint que tout ce qui n'était « ni duc, ni prince, ni officier de la couronne » lui écrivît monseigneur : « beaucoup de gens distingués le refusèrent et furent perdus… Cela a duré jusqu'à l'éclipse des secrétaires d'État à la mort de Louis XIV. »
- Qualité de prince absolument refusée à MM. de Bouillon, au contrat de mariage de M. d’Elboeuf avec Mlle de Bouillon
- Au mariage de la nièce de Turenne avec M. d'Elbœuf, « jamais MM. de Lorraine ne voulurent passer à la future ni aux siens les qualités de prince et de princesse. Le mariage en fut rompu, puis renoué, mais avec la même opiniâtreté de la part des Lorrains. À la fin, M. de Turenne céda, et conclut le mariage avec la douleur du bruit que cela fit dans le monde. »
- Qualité de prince au tombeau de M. de Turenne défendue par le roi ; pourquoi point d’épitaphe ni de nom
- Au tombeau de Turenne à Saint-Denis, « le roi défendit très expressément que la qualité de prince fût employée nulle part » : c'est pourquoi le superbe mausolée ne porte « aucune épitaphe…, aucun vers, aucune louange, parce qu'on n'a osé mettre cette précieuse qualité de prince, et qu'on n'a pas voulu montrer qu'on l'évitoit » — on ne le reconnaît « que par sa figure qui ressemble à tous ses portraits ».
- Époque et raison du mort Auvergne ajouté au nom de La Tour
- Origine du mot « d'Auvergne » ajouté au nom de La Tour : d'abord simple distinction d'avec les autres La Tour, puis instrument d'une chimère — se dire issus « des anciens comtes de la province d'Auvergne, cadets des ducs de Guyenne », en jouant de la confusion entre la terre ordinaire dite comté d'Auvergne et la province même, « comme la plupart des gens sont infatués que les Montmorency sont les premiers barons du royaume ». « Il fallut dire La Tour d'Auvergne…, et se garder surtout de l'expression trop claire de La Tour en Auvergne, qui ne se pardonnoit point. »
- Cartulaire de Brioude
- Dans cette angoisse d'un rang « qui se peut ôter comme il a pu être donné », « une fortune inespérable les vint trouver » : un vieux cartulaire de l'église de Brioude, « enterré dans l'obscurité de plusieurs siècles », présenté au cardinal de Bouillon, avec « les plus grandes marques de vétusté » et « une preuve triomphante de la descendance masculine de la maison de La Tour des anciens comtes d'Auvergne ».
- Histoire de la maison d’Auvergne , par Baluze
- Baluze, le savant bibliothécaire de Colbert que le cardinal « s'étoit attaché par des pensions et par des bénéfices », fit l'Histoire de la maison d'Auvergne, généalogie descendant les La Tour « de mâle en mâle des anciens comtes d'Auvergne ». « Rien de plus semblable au cartulaire que cette nouvelle généalogie par ses découvertes, ignorées jusqu'alors, et quoique cette pièce dût être entièrement [ignorée] pendant la composition de l'ouvrage…, l'un et l'autre se montra prêt en même temps. »
- Le cardinal de Bouillon fait faire le cartulaire et cette Histoire
- Manège du cardinal : il « joua le modeste, et fit difficulté d'ajouter foi à une pièce si décisive », consulta les savants « en les priant de ne le laisser pas prendre pour dupe » ; des subalternes « bien endoctrinés par Baluze » appuyèrent, et les vrais examinateurs — « soit qu'ils y fussent trompés, soit qu'ils ne voulussent pas se faire un cruel ennemi du cardinal » — prononcèrent pour le cartulaire ; « le P. Mabillon, ce bénédictin si connu dans toute l'Europe par sa science et par sa candeur, laissa entraîner son opinion par les autres ». Le cardinal étala partout sa découverte, « un chaos plutôt qu'un mélange de la vanité la plus outrée et de la modestie la plus affectée ».
- De Bar arrêté pour faussetés
- « Le malheur voulut que de Bar, ce va-nu-pieds qui avoit, disoit-on, déterré ce cartulaire, fut arrêté dans cet intervalle, et mis en prison pour faussetés, par ordre de la chambre de l'Arsenal » — événement qui « rendit leur cartulaire fort suspect et fit mettre force lunettes pour l'examiner ». La Reynie lui fit subir « divers interrogatoires sur le cartulaire de Brioude ; il se défendit le mieux qu'il put, mais il laissa échapper des choses délicates ».
- Bouillon sollicitent pour de Bar
- « Alors l'alarme se mit dans la maison de Bouillon, près de voir éclater la fourberie » : d'abord sourdement, puis, devant la rigueur du tribunal et « le cri public, ils se mirent à solliciter ouvertement pour de Bar, et à y employer tout leur crédit ».
- Aveu du duc de Bouillon au roi pour arrêter l’affaire, et de l’abbé d’Auvergne aux juges
- Réduits à un parti extrême : M. de Bouillon avoue au roi « qu'il ne voudroit pas répondre que son frère, le cardinal, n'eût été capable, à leur insu à tous, d'essayer à constater des faits incertains », et le supplie « d'arrêter cette affaire par bonté pour ceux qui n'y avoient point trempé ». « Le roi, avec plus d'amitié pour M. de Bouillon que de réflexion à ce qu'il devoit de réparation à l'injure publique, voulut bien prendre ce parti » ; l'abbé d'Auvergne « n'eut pas honte de dire aux juges, pour les toucher, à peu près ce que M. de Bouillon dit au roi ».
- De Bar, convaincu, s’avoue en plein tribunal fabricateur du cartulaire, qui est déclaré faux, et lui faussaire
- « De Bar enfin, atteint et convaincu d'avoir fabriqué ce cartulaire de l'église de Brioude », l'avoua « en plein tribunal » ; « le cartulaire fut déclaré faux et fabriqué par ce faussaire ».
- Cause et singularité de la peine infligée à de Bar
- Singularité de la peine : de Bar « ne fut point poussé par delà l'aveu…, pour éviter, par ordre du roi à La Reynie, qu'il ne parlât du cardinal, et peut-être de quelques autres Bouillon » ; il ne fut pas condamné à mort « mais à une prison perpétuelle, parce que les autres faussetés sur lesquelles il fut d'abord arrêté n'étoient rien en comparaison de celle-ci ».
- Histoire de la maison d’Auvergne , par Baluze, publiée aussitôt après.
- Comble du scandale : quinze mois après, MM. de Bouillon « osèrent demander à M. le chancelier l'impression de l'Histoire de la maison d'Auvergne, et le chancelier l'accorda ». Un ouvrage « dont le fondement unique étoit ce cartulaire » parut « aussi faux que lui » : « c'est le jugement qui en fut universellement porté, qui déshonora Baluze jusqu'à faire rompre avec lui beaucoup de savants et plusieurs de ses amis. On verra en son temps ce que ce beau livre devint. »
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