TOME VII · CHAPITRE XX
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Résumé
Le cardinal de Médicis rend son chapeau et épouse une Gonzague ; morts de la duchesse de Créqui, de Lamoignon président à mortier — avec son caractère —, de Ricousse, de Villeras, du fils unique du duc d'Albe ; Listenois Toison d'or ; changements d'intendants. Mme de Mantoue à Vincennes : prétentions, tentatives, audiences du roi et de Monseigneur — « réduite à l'état de simple particulière ». Les désordres de cherté et de pain à Paris : Boufflers apaise deux tumultes et devient « dépositaire de l'autorité du roi à Paris » — avec « sa rare modestie ».
Les entrées
- Cardinal de Médicis rend son chapeau ; épouse une Gonzague-Guastalla
- Le cardinal de Médicis, « pressé par le grand-duc, son frère, remit son chapeau et conclut son mariage avec une Guastalla-Gonzague » : les Médicis de la branche ducale, hors d'espérance d'enfants, « voulurent tenter que le cardinal en eût, qui n'avoit aucuns ordres, mais qui avoit cinquante ans. Son mariage fut heureux mais stérile. »
- Mort de la duchesse de Créqui
- Mort de la duchesse de Créqui, « si connue par sa beauté, par sa vertu, par la fameuse affaire des Corses de la garde du pape », dame d'honneur de la reine jusqu'à sa mort : « on disoit d'elle que son mari la montoit à la cour tous les matins comme une horloge ».
- Mort et caractère de Lamoignon, président à mortier
- Mort de Lamoignon, président à mortier, frère « du trop fameux Bâville » : « un homme enivré de la cour…, qui se vouloit mêler de tous les mariages et de tous les testaments, et à qui, comme à tout Lamoignon, il ne se falloit fier que de bonne sorte ».
- Mort de Ricousse et de Villeras
- Morts de Ricousse, envoyé en Bavière, « homme d'esprit, de valeur, de ressource », et de Villeras, sous-introducteur des ambassadeurs, « fort honnête homme et modeste, savant », qui « voyoit gens fort au-dessus de son état, par un mérite digne d'être remarqué ».
- Mort du fils unique du duc d’Albe
- Mort du fils unique du duc d'Albe, sept ou huit ans, qu'il faisait appeler « le connétable de Navarre » : la duchesse alla « jusqu'à lui faire prendre des reliques en poudre par la bouche et en lavement » ; le corps fut renvoyé en Espagne « en habit de cordelier, autre dévotion espagnole ».
- Listenois chevalier de la Toison d’or
- Mme de Mailly « fit en sorte, par Mme de Maintenon et Mme la duchesse de Bourgogne, de faire donner la Toison à Listenois son gendre » — Toison « qui parut assez sauvage, non pour la naissance, mais par toutes autres raisons ».
- Changements parmi les intendants
- Changements d'intendants, « échantillon des intendants mis en place d'insulter et de ruiner les provinces, sans esprit, sans aucun sens, sans capacité…, mis et maintenus par crédit » : Courson, fils de Bâville, « qui se fit presque assommer à Rouen », causa tant de désordres à Bordeaux qu'il fallut y envoyer M. de Luxembourg « qui fit évader Courson, qui sans lui eût été assommé » ; le fils de Mansart, débauché révoqué, « se fit gendarme pour vivre à l'abri de ses créanciers » ; Bignon, neveu du chancelier et ami de la Choin, eut l'intendance de Paris.
- Mme de Mantoue à Vincennes ; ses prétentions ; ses tentatives ; voit le roi et Monseigneur en particulier ; réduite à l’état de simple particulière
- Mme de Mantoue à Vincennes : revenue « avec le dessein de se former un rang pareil à celui des petites-filles de France », elle étourdit la maréchale de Bellefonds d'un ployant. Le roi « ne voulut donner aucun pied à Mme de Mantoue à la cour » : reçue debout chez Mme de Maintenon, « le roi ne la baisa point », un quart d'heure et congédiée ; chez Monseigneur à Meudon, « sans les faire asseoir, sans leur rien proposer à manger ni à boire ». Après l'algarade des carrosses avec M. de Montbazon — « chamaillis entre les cochers », Mme d'Elboeuf criant à la portière — et l'insolence envers Mme la grande-duchesse qui lui valut « ordre d'aller demander pardon », sa lettre à Torcy fut « moquée et trouvée très ridicule » au conseil. Elle fit alors « son amende honorable au public » : visites « dans un seul carrosse à deux chevaux comme tout le monde », fauteuils et conduites aux titrées — « ainsi fondit tout à coup en un brelan public ce grand rang de souveraine ».
- Désordres de cherté et de pain
- Désordres du pain : Monseigneur, « assailli par la populace et par des femmes en grand nombre, criant du pain !…, n'osoit plus venir à Paris » ; le roi entendit de ses fenêtres les cris du peuple de Versailles ; les propos allaient « jusqu'à s'exhorter les uns les autres à n'être plus si endurants, et qu'il ne leur pouvoit arriver pis que ce qu'ils souffroient, et de mourir de faim ». Le 20 août, le pain manquant aux terrassiers de la butte des portes Saint-Denis, une femme mise au carcan déclencha l'émeute : « tout l'atelier accourut, arracha le carcan, courut les rues, pilla les boulangers et les pâtissiers ».
- Boufflers apaise deux tumultes et devient dépositaire de l’autorité du roi à Paris
- Boufflers apaise deux tumultes : chez son notaire par hasard, il marcha à pied « parmi ce peuple infini et furieux » avec le duc de Grammont, « promettant du pain, leur parlant de son mieux avec douceur et fermeté » — cris de « Vive M. le maréchal de Boufflers ! » ; puis il courut apaiser de même le faubourg Saint-Antoine. « Ce fut un véritable service : sans le maréchal il y auroit eu du sang répandu. » À Versailles, « le roi lui offrit le commandement de Paris, troupes, bourgeoisie, police…, mais le généreux maréchal préféra à cet honneur le rétablissement des choses dans leur ordre naturel » — il fit rendre au duc de Tresmes, gouverneur, son autorité usurpée par d'Argenson et Bignon.
- Sa rare modestie
- Rare modestie : « maître et tuteur en effet du duc de Tresmes, et le vrai commandant, il s'en disoit au plus l'aide de camp, et en usoit de même », renvoyant tout au nom du gouverneur. « La considération de Boufflers, rehaussée de la modestie la plus simple, étoit alors à son comble : maître dans Paris, modérateur des affaires de la guerre, influant sur toutes les affaires à la cour. Mais la durée de ce brillant ne fut pas longue. »
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