TOME VIII · CHAPITRE IX

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Résumé

Court chapitre-charnière : l'auteur retourne à Marly avec le roi ; et le grand entretien sur le duc de Bourgogne avec le duc de Beauvilliers — qui exige de lui « un discours par écrit » sur le prince : la commande dont sortira le portrait du chapitre suivant.

Les entrées

Je retourne à Marly avec le roi
Retour à Marly, le 28 avril, premier voyage depuis l'audience : « nous fûmes de ce voyage. J'arrivai à Marly de la Ferté, et depuis je n'en ai manqué qu'un jusqu'à la mort du roi…, et je remarquai dès ce premier-là que le roi me parloit, et me distinguoit plus qu'il ne faisoit aux gens de mon âge, sans charge ni familiarité avec lui. »
Propos sur Mgr le duc de Bourgogne, entre le duc de Beauvilliers et moi, qui en exige un discours par écrit
Le Discours sur le duc de Bourgogne, 25 mai 1710, exigé par Beauvilliers après un long tête-à-tête dans les jardins de Vaucresson : « la plume me tourna dans les doigts par la nécessité de n'omettre pas des choses très nécessaires ». Pièce capitale insérée entière : que le prince, comblé de « tant de vertus solides et tant de grands talents », gaspille dans les sciences « le temps de répandre » après « le temps d'amasser » ; qu'il « ne peut connoître les hommes à la vie qu'il mène » — sa vie s'écoulant « dans son cabinet, ou parmi une troupe de femmes » ; qu'il devrait prendre en promenade « tantôt un lieutenant général distingué…, une fois des uns, une autre fois des autres », pour tirer des hommes « comme les abeilles le meilleur suc de ces différentes fleurs » ; que sa charité scrupuleuse le condamne à « une ignorance entière » des hommes, alors que « la charité est due au public aux dépens du particulier » — les médisances utiles étant « les viandes immondes de l'ancienne loi, permises dans la nouvelle, commandées en certains cas » ; que sa dévotion austère a besoin d'être « sage avec sobriété », d'ôter « ces rides austères, ces presque involontaires froncements » qui sèment « une horrible et abondante hypocrisie » ; qu'on croit partout qu'il a fait consulter la Sorbonne « si dans les conjonctures présentes il est ou n'est pas permis de faire la guerre au roi d'Espagne », et qu'on jette « tristement les yeux sur les derniers princes de la maison d'Autriche » ; enfin les mouches étouffées dans l'huile, les grains de raisin écrasés, la paume et les volants déplacés de Flandre — « plus ces bagatelles sont petites et paroissent innocentes, plus elles blessent profondément ». Qu'il paraisse enfin ce qu'il est : « il paroîtra, comme autrefois Tite, les délices du genre humain, et, sans rien perdre de la sainteté de saint Louis, il se montrera aussi grand que les derniers rois ses illustres et magnanimes pères ».

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