TOME XV · CHAPITRE XII
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Résumé
Mouvement du parlement sur les billets d'État et les monnaies — la fronde parlementaire s'échauffe ; lettres de cachet à des Bretons ; députation du parlement de Bretagne ; Breteuil intendant de Limoges. La conférence du cardinal de Noailles avec le garde des sceaux « chez moi, dont je suis peu content » ; les sommes données par le Régent à La Trappe et à Sept-Fons — la conduite de l'auteur avec Noailles et l'« étroite amitié » nouée avec M. de Sept-Fons ; mariage de Maurepas avec la fille de La Vrillière ; morts de Fagon, premier médecin du feu roi, et de l'abbé d'Estrées ; la « conversion admirable » de la ma…
Les entrées
- Mouvement du parlement à l’occasion d’arrêts du conseil sur les billets d’État et les monnaies
- Le 12 février, le conseil résolut « de faire recevoir à la monnaie les vieilles espèces et matières d'or et d'argent, et d'en prendre un sixième porté en billets d'État », puis de « recevoir les louis d'or à dix-huit livres qui en valoient vingt-quatre ». « Ces arrêts donnèrent lieu au parlement de remuer » : remontrances au roi le 21 février, assemblée « avec assez de chaleur et de bruit », mécontentement « de la réponse vague du garde des sceaux », et nomination de quatorze commissaires. « Law fut l'objet de ce premier mouvement. »
- Lettres de cachet à des Bretons
- « Rochefort, président à mortier du parlement de Bretagne ; Lambilly, conseiller du même parlement, et quelques gentilshommes du même pays qui s'assembloient souvent et fort hautement chez ce président à Rennes, reçurent des lettres de cachet pour venir à Paris rendre compte de leur conduite. »
- Députation et conduite du parlement de Bretagne
- La conduite du parlement de Bretagne : ses remontrances modérées valurent aux exilés et mandés la permission de retourner ; « tout cela ne fut pas plutôt exécuté, que le parlement de Bretagne fit de nouvelles entreprises » ; Rochefort et Lambilly, refusant de voir Montesquiou, furent exilés « le président à Auch, le conseiller à Tulle » ; et Brillac, premier président « à la réputation plus qu'équivoque », qui partit sans congé, fut arrêté à Dreux par lettre de cachet — sa femme, « fort jolie..., avoit aspiré de parvenir à plaire au régent ; je crois même qu'il en fut quelque chose, et rien de tout cela ne déplaisoit à Brillac ».
- Breteuil intendant de Limoges
- « Breteuil, maître des requêtes..., fut en ce temps-ci envoyé intendant de Limoges, une des moindres de toutes les intendances. Je le remarque ici parce qu'il y trouva sa fortune. »
- Conférence du cardinal de Noailles avec le garde des sceaux chez moi, dont je suis peu content
- La conférence chez Saint-Simon : « on ne peut mieux dire ni mieux parler que fit le cardinal. À la politesse près, on ne peut rien dire de plus mal que furent les propos coupés et embarrassés du garde des sceaux... Je vis clairement que le vieux levain prévaloit, et qu'il ne se dépouilleroit point de cette vieille peau jésuitique..., et que ses fonctions de la police, c'est-à-dire de l'inquisition, avoient de plus en plus collée et encuirassée en lui. »
- Sommes données par le régent aux abbayes de la Trappe et de Septfonts
- Les sommes obtenues : La Trappe « eut en tout quarante mille écus, et Septfonts plus de quatre-vingt mille livres, ce qui sauva ces deux saintes maisons d'une ruine certaine et imminente, et les rétablit » — Law facilitant tout « de la meilleure grâce du monde ».
- Ma conduite à cet égard avec le duc de Noailles et avec M. de Septfonts, avec qui je lie une étroite amitié
- Sa conduite : n'oubliant pas que Noailles « étoit le premier auteur de cette excellente œuvre », Saint-Simon le tirait à part à chaque paiement pour lui en rendre compte — « il me remercioit, me faisoit des révérences, et je ne lui parlois ni ne le saluois jusqu'au prochain payement. Ces colloques... devinrent la surprise des spectateurs et la matière des spéculations. » Avec l'abbé de Septfonts, « ce commerce nous fit faire connoissance ensemble, qui bientôt devint une tendre et réciproque amitié. C'étoit un saint bien aimable. »
- Mariage de Maurepas avec la fille de La Vrillière
- « Le chancelier de Pontchartrain fit le mariage de Maurepas, son petit-fils, avec la fille de La Vrillière, chez qui il logeoit, et y apprenoit son métier de secrétaire d'État. Il a bien dépassé son maître et bien profité des leçons de son grand-père... La louange pour lui seroit bien médiocre, si je disois qu'il est de bien loin le meilleur que le roi ait eu dans son conseil depuis la mort de M. le duc d'Orléans. »
- Mort de Fagon, premier médecin du feu roi
- Mort de Fagon, retiré au Jardin du Roi : « il y vécut toujours très solitaire dans l'amusement continuel des sciences..., et mourut dans une grande piété et dans un grand âge pour une machine aussi contrefaite et aussi cacochyme... Il fut surprenant qu'à la liaison intime qui avoit toujours été entre Mme de Maintenon et lui..., ils ne se soient jamais vus depuis la mort du roi. »
- Mort et dispositions de l’abbé d’Estrées
- La mort de l'abbé d'Estrées : attendant les bulles de Cambrai, surpris « d'une inflammation d'entrailles pour s'être opiniâtré à prendre, sans aucun besoin, des remèdes d'un empirique », il donna encore un grand dîner, reçut ses sacrements et mourut la nuit suivante. Ses dispositions scandalisèrent les siens : « outre cent mille écus, dont les Noailles profitèrent », il donna quarante-cinq mille écus aux pauvres de ses abbayes et sa bibliothèque à Saint-Germain-des-Prés. « Le monde rit un peu de ce petit démêlé domestique, et les Noailles, qui empochèrent gros, en rirent encore plus. »
- Conversion admirable de la marquise de Créqui
- La conversion de la marquise de Créqui : « de la plus mondaine de toutes les femmes, la plus occupée de sa personne, de la parure... et passionnée du plus gros jeu, elle devint la plus retirée, la plus modeste, la plus prodigue aux pauvres et la plus avare pour elle-même ; sans cesse en prières..., assidue aux prisons, aux cachots, aux hôpitaux, dans les plus horribles fonctions à la nature, et y a heureusement persévéré jusqu'à sa mort. »
- Cambrai donné au cardinal de La Trémoille, et Bayeux à l’abbé de Lorraine
- Cambrai : Saint-Simon proposa le cardinal de La Trémoille, « sans que j'eusse la moindre connoissance avec lui » — chargé des affaires du roi à Rome, « sans biens par lui-même et panier percé de plus..., la richesse de celui-là suppléeroit aux grâces qui coûteroient au roi ». « Le régent m'en crut et sur-le-champ le lui donna. » Bayeux, vacant par là, alla à l'abbé de Lorraine, que le cardinal de Noailles désirait.
- Promotion et confusion militaire
- La promotion : « le régent, qui faisoit litière de ce qui ne lui coûtoit rien..., fit, en ce temps de paix, une promotion de vingt-six lieutenants généraux et de trente-six maréchaux de camp. La confusion étoit déjà montée à tel point qu'il y eut quatre-vingts personnes qui se crurent à portée de demander l'agrément des régiments. »
- J’obtiens un régiment pour le marquis de Saint-Simon ; qui meurt trois mois après ; puis pour son frère
- « J'eus celui de Sourches pour le marquis de Saint-Simon, que je tirai des gardes françoises, qui étoit déjà attaqué de la poitrine et qui mourut trois mois après, dont ce fut grand dommage, car il étoit plein d'honneur, de valeur, de volonté et d'application... J'eus à toute peine le régiment pour son frère, parce que c'étoit un enfant encore sous le fouet au collège. »
- Broglio l’aîné ; son caractère
- Broglio l'aîné : « un homme déshonoré sur la valeur..., et déshonoré encore sur toutes sortes de chapitres. Méchant, impudent, parlant mal de tout le monde..., fort menteur, audacieux à merveilles..., avare au dernier excès, horriblement débauché et impie ; se piquoit de n'avoir point de religion ; en faisoit des leçons. » Introduit parmi les roués, « il devint bientôt de tous les soupers et des plus familiers ».
- Il engage le régent à un projet impossible de casernes et de magasins, et à l’augmentation de la paye des troupes
- Ses deux projets : les casernes — « obliger toutes les villes... de construire à leurs dépens des casernes et des magasins fournis », projet « qui ressembloit tout à fait à celui de la comédie des Fâcheux de Molière » ; il sut « infatuer » Puységur, « pétri d'honneur », profita de la défiance du régent pour esquiver le conseil de guerre, et « il en coûta beaucoup en bâtiments aux villes... avant qu'on eût pu dessiller les yeux au régent ». Puis l'augmentation de la paye, dont la déclaration « parut subitement » : « le régent alors sentit toute sa faute, et n'en recueillit pas la plus légère reconnoissance des troupes » — et Broglio « retomba tout à coup dans le néant dont il avoit voulu s'élancer ».
- Sagesse de l’administration de Louvois
- La sagesse de Louvois : sentant « l'exiguïté de la paye des troupes » et le poids d'une augmentation, « il les distribuoit avec grande connoissance, suivant leurs besoins, en des lieux où le soldat gagnoit sa vie et le cavalier se raccommodoit, et fermoit les yeux à tout ce qui n'alloit ni à pillage, désordre, ou manque de discipline » — pratique transmise jusqu'à Voysin exclusivement, dont « l'ignorance, la rudesse, la dureté, l'avarice » y mirent fin.
- Les chefs des conseils mis dans celui de régence sans perdre leurs places dans les leurs
- Villars fut mis au conseil de régence « sans quitter celui de guerre, pour le faire taire » — piqué de l'affaire de la liasse et des projets de Broglio, « il parloit avec éloquence, force et une sorte d'autorité qui imposoit au gros, et que le régent craignoit. À peu de jours de là cet exemple obtint la même grâce, successivement..., aux maréchaux d'Huxelles, puis d'Estrées, enfin à d'Antin aussi, sans perdre leurs places dans leurs conseils. »
- Survivances du gouvernement de Bayonne, etc., et du régiment des gardes, accordées au fils aîné du duc de Guiche, et autres grâces faites à Rion, Maupertuis, La Chaise, Heudicourt
- Les grâces : Rion eut le régiment de Berry-cavalerie payé puis changé « pour les dragons Dauphin » ; dix mille livres de pension à Maupertuis ; Heudicourt put céder « par un très vilain marché » sa charge de grand louvetier à son fils ; La Chaise eut la survivance de capitaine de la porte ; et le duc de Guiche « les survivances pour son fils aîné du régiment des gardes et de ses gouvernements, au grand déplaisir de la duchesse de Guiche..., qui désiroit la charge pour son second fils ».
- Nouvelles étrangères
- Les nouvelles : « ce fut ici le temps de l'arrivée de Londres à Paris de Chavigny, envoyé par l'abbé Dubois ; du départ de Nancré pour Madrid ; de la naissance, le dernier mars, à Madrid de l'infante M. A. Victoire, qui vint depuis à Paris comme future épouse du roi, qui fut le sujet de mon ambassade extraordinaire en Espagne... C'est aussi le temps où arriva l'horrible catastrophe du czarowitz, si connue de tout le monde. »
- Légèreté du cardinal de Polignac, qui tâche inutilement de se justifier au régent de beaucoup de choses
- La légèreté du cardinal de Polignac : résolu enfin de passer à la prêtrise, il demanda audience au régent « pour se justifier de beaucoup de choses dont il étoit plus que soupçonné ». « Ce cardinal étoit depuis longues années dans la plus étroite confiance de Mme la duchesse du Maine..., sur le pied avec eux qu'ils ne faisoient rien sans son conseil... On peut juger quelle put être sa justification à tout ce qui se brassoit..., lui, qui, depuis, ne cessa de s'enfoncer de plus en plus en leurs criminelles et pernicieuses menées. »
- Désordre des heures d’Argenson
- Le désordre des heures d'Argenson : « il ne tint point de table ni d'audiences... Une, deux, trois heures du matin étoient celles qu'il leur donnoit le plus souvent... M. de La Rochefoucauld..., il lui donna une audience à deux heures après minuit. » Ami intime de Mme de Veni, prieure de Traisnel, il y courait coucher dès qu'il le pouvait : « il lui est arrivé plus d'une fois d'y oublier les sceaux, et d'être obligé de les y aller chercher. »
- Law et lui font seuls toute la finance
- « Lui et Law faisoient seuls les finances. Ils travailloient souvent avec le régent, presque jamais tous deux ensemble avec lui et d'ordinaire tête à tête, d'où les résolutions et les expéditions suivoient sans autre forme ni consultation. » Le duc de La Force n'eut plus de département, et le conseil de régence du samedi « cessa de s'assembler, faute de matières ».
- Il obtient le tabouret pour sa femme, à l’instar de la chancelière, premier exemple dont Chauvelin profita depuis
- Le tabouret : Argenson, sans l'espérance ni le ménagement d'Aligre, « représenta l'entière similitude extérieure du chancelier et du garde des sceaux ; qu'il suivoit de là qu'elle devoit être pareille entre leurs femmes, et obtint ainsi le tabouret pour sa femme... C'est le premier exemple de cette nouveauté, qui a servi de règle pour donner de même le tabouret longtemps depuis à la femme du garde des sceaux Chauvelin. »
- Mort de Menars, président à mortier
- Mort de Menars, président à mortier, « frère de Mme Colbert, qui avoit fait sa fortune... C'étoit une très belle figure d'homme, et un fort bon homme aussi, peu capable, mais plein d'honneur, de probité, d'équité et modeste, prodige dans un président à mortier. Le cardinal de Rohan acheta sa précieuse bibliothèque, qui étoit celle du célèbre M. de Thou. »
- Maupeou, aujourd’hui premier président, a sa charge
- « Maupeou, je le remarque parce qu'il est longtemps depuis devenu premier président, fut président à mortier à la place de Menars. »
- Querelles domestiques du parlement suspendues par des considérations plus vastes
- Les querelles domestiques : les enregistrements faits par la grand'chambre seule causèrent « une grande rumeur dans les enquêtes et requêtes », protestations laissées sur le bureau du greffier « à qui il fut défendu après de les mettre dans les registres, tant il est commode d'être juge et partie » ; s'y ajoute la triple querelle de présidence quand les présidents à mortier s'absentent. « Ce sont ces querelles domestiques qui ont toujours affoibli le parlement contre la cour..., ce qui prouve continûment que ce n'est pas le tout d'avoir raison pour gagner son procès. »
- Beaufrémont, de concert avec ceux qui usurpoient le nom collectif de noblesse, insulte impunément les maréchaux de France, qui en essuient l’entière et publique mortification
- L'affaire Beaufremont : cette noblesse ralliée « ne tarda pas à faire sentir aux maréchaux ses amis qu'elle ne vouloit rien au-dessus d'elle » ; Beaufremont fit au maréchal de Villars une réponse « si étrange qu'il en fut mis à la Bastille. Il y coucha à peine deux ou trois nuits, et en sortit se moquant de plus belle des maréchaux de France » ; après six semaines de scandale, le régent dit à Villars « que M. de Beaufremont n'avoit jamais prétendu lui manquer..., et tout de suite renvoya Beaufremont, qui sortit riant comme un fou ». Le mezzo-termine : les lettres désormais « en style de mémoire..., signées Villars, et avec lui Biron pour l'infanterie, Lévi pour la cavalerie, et Coigny pour les dragons ».
- Caractère de Baufremont, qui se moque après et aussi publiquement de M. le Duc, et aussi impunément
- Beaufremont, « un des premiers noms de Bourgogne..., il seroit difficile d'être plus hardi, plus entreprenant, plus hasardeux, plus audacieux, plus fou, qu'il l'a été toute sa vie », voulut ensuite triompher des princes du sang : M. le Duc rapporta des états de Bourgogne « quantité de lettres que Beaufremont y avoit écrites » contre son autorité, s'en plaignit au régent, « mais dont il ne fut autre chose. Les maréchaux de France rirent tout bas à leur tour de se trouver en si bonne compagnie. »
- Catastrophe de Monasterol
- La catastrophe de Monasterol, envoyé de Bavière au « plus surprenant luxe » inexpliqué : sommé de venir rendre compte à Munich de sa gestion des subsides, « à bout et acculé, il se tira d'affaires un matin par un coup de pistolet qu'il se donna dans la tête... Il laissa des dettes sans nombre, rien pour les payer, et des comptes en désordre qui firent voir à quel excès il avoit abusé et trompé la confiance et la facilité de l'électeur », qui fit courir le bruit d'une mort subite.
- Mort de La Hire et de l’abbé Abeille
- « La Hire, connu par toute l'Europe pour un des plus grands astronomes qu'il y ait eu depuis longtemps, mourut à l'Observatoire à près de quatre-vingts ans » ; et l'abbé Abeille, de l'Académie française, « un homme d'esprit et de beaucoup de lettres..., avec une naïveté et une liberté charmante », attaché au maréchal de Luxembourg, « un des meilleurs hommes du monde ; pour qui j'avois pris de l'amitié... pendant la campagne de 1694 ».
- Mort de Poirier, premier médecin du roi
- « Poirier, premier médecin du roi, mourut presque subitement. »
- Dodart mis en sa place
- « Ces exclusions firent tomber le choix sur Dodart, qui avoit été médecin des enfants de France, et qui avoit eu auparavant d'autres emplois de médecin à la cour. »
- Prudente conduite du régent en cette occasion
- La prudente conduite : le régent « déclara aussitôt au duc du Maine et au maréchal de Villeroy qu'ils pouvoient lui choisir un successeur..., qu'il donnoit seulement l'exclusion à deux hommes, à Chirac pour l'un, à Boudin pour l'autre. J'avois fort exhorté M. le duc d'Orléans à toute cette conduite » — trop délicat pour lui de se mêler du choix « à toutes les infamies qu'on avoit répandues contre lui à la mort de nos princes » ; Boudin exclu pour ses « propos énormes et sans mesure » d'alors.
- Caractère de Dodart et de son père
- Dodart : « un fort honnête homme, de mœurs bonnes et douces, éloigné de manèges et d'intrigues, d'esprit et de capacité fort médiocre, et modeste. Il étoit fils d'un très savant et fort saint homme..., que [Mme la princesse de Conti] avoit toujours grande envie de chasser de la cour pour son grand attachement à Port-Royal, sans avoir jamais pu trouver prise sur la sagesse de sa conduite. »
- Caractère et infamie de Chirac
- L'infamie de Chirac : venu prier Saint-Simon de lui faire donner la direction du jardin des simples — « c'étoit le plus savant médecin de son temps..., leur maître à tous » —, il l'obtint du régent « après quelque résistance » ; « mais, ce qu'il fit de pis, c'est qu'il ne mit rien au jardin des simples, n'y entretint quoi que ce soit, en tira pour lui la quintessence, le dévasta, et en mourant le laissa en friche... L'avarice le rongeoit en nageant dans les biens ; l'honneur, la probité, peut-être la religion lui étoient inconnus et son audace étoit à l'épreuve de tout. Oncques depuis n'ai-je ouï parler de Chirac. »
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