TOME VII · CHAPITRE XI
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Résumé
La chute de l'idole : disgrâce de M. de Vendôme. L'éclat avec Puységur — qui démonte devant le roi les mensonges de Flandre et « le perd radicalement » ; l'affront reçu à Marly de la duchesse de Bourgogne ; Vendôme exclu de Marly, puis de Meudon ; refusé d'aller en Espagne — le héros de la cabale réduit à rien en trois scènes. En contrepoint, fortune, caractère et retraite du duc de La Rochefoucauld, le favori aveugle.
Les entrées
- Disgrâce de M. de Vendôme
- Disgrâce de Vendôme : « la chute de ce prince des superbes eut trois degrés, tant, de si haut, elle fut profonde ». La mort du prince de Conti lui semblait un avantage — « délivré d'un émule si embarrassant par la supériorité de naissance » — quand tout s'écroula sous lui.
- Éclat entre le duc de Vendôme et Puységur, qui le perd radicalement auprès du roi
- Éclat avec Puységur : Vendôme avait fait au roi « des plaintes amères » contre lui. Puységur, prudemment resté deux mois chez lui, éclaircit ensuite le roi tête à tête, puis « poussa sa pointe » : « il lui dépeignit le personnel du duc de Vendôme, sa vie ordinaire à l'armée, l'incapacité de son corps, la fausseté de son jugement…, et lui démontra manifestement que c'étoit une profusion de miracles si ce général n'avoit pas perdu la France cent fois. La conversation dura plus de deux heures. » Le roi « eut honte et dépit de sa crédulité, et de cette conversation Vendôme demeura perdu dans son esprit ». Puységur « brava vertueusement Vendôme et toute sa cabale », qui « en frémit de rage ».
- Affront reçu à Marly, de Mme la duchesse de Bourgogne, par le duc de Vendôme
- L'affront du brelan : à Marly, Monseigneur manquant d'un cinquième fit appeler Vendôme ; la duchesse de Bourgogne dit « modestement, mais fort intelligiblement », que sa présence à Marly « lui étoit bien assez pénible, sans l'avoir encore au jeu avec elle ». Vendôme, arrivant, « en eut le dégoût en face et en plein devant tout le monde… Il pirouetta, s'éloigna dès qu'il le put, et bientôt après gagna sa chambre, où il ragea à son loisir. »
- [Il] est exclu de Marly
- Exclu de Marly : la princesse courut chez Mme de Maintenon ; le soir même, le roi chargea Bloin de dire à Vendôme « de s'abstenir désormais de demander pour Marly ». « On ne peut imaginer en quel excès de désespoir il entra à ce message… Il se tut néanmoins de peur de pis, n'osa parler au roi, et s'enfuit cacher sa rage et sa honte à Clichy, chez Crosat. » Il revint deux jours pour démentir le bruit d'une expulsion, « et n'a jamais depuis remis les pieds à Marly ».
- Vendôme exclu de Meudon
- Exclu de Meudon : Vendôme s'y présentait « audacieusement » devant la princesse « comme pour lui faire sentir qu'au moins chez Monseigneur il l'emportoit sur elle ». Après ses révérences détournées « avec affectation », les plaintes de la princesse au roi, et l'échec de Mme de Montbazon et de la princesse de Conti auprès de Monseigneur, d'Antin le tira dans « une petite garde-robe obscure » : le roi priait Monseigneur « de ne le plus mener à Meudon ». « La fureur transporta Vendôme et lui fit vomir tout ce qu'elle peut inspirer » ; il s'enfuit à Anet, puis un mois à la Ferté-Aleps « sans logement et sans nulle compagnie, rager tout à son aise ». « On vit cet énorme colosse tomber par terre, par le souffle d'une jeune princesse sage et courageuse » ; la cabale tomba « dans un abattement et dans des frayeurs mortelles » — « c'étoit un plaisir de les voir ramper devant la jeune princesse ».
- Vendôme refusé d’aller en Espagne
- Refusé pour l'Espagne : « pour se tirer [du présent insupportable] il songea au service d'Espagne ; il écrivit à la princesse des Ursins pour se faire demander… Le roi trouva mauvais que le duc de Vendôme voulût s'accrocher à l'Espagne, le refusa tout plat, et rompit cette intrigue » — qui se renoua pourtant bientôt. « Personne ne gagna plus à cette chute si profonde que Mme de Maintenon », dont le crédit devint « de plus en plus l'effroi de la cour ».
- Fortune, caractère et retraite du duc de La Rochefoucauld
- Retraite du duc de La Rochefoucauld, « l'ami du roi » : sans rien de son père l'auteur des Maximes, « borné d'une part, ignorant de l'autre à surprendre, glorieux, dur, rude, farouche », il plut inexplicablement au roi qui « lui paya trois fois ses dettes ». « Jamais valet ne le fut de personne avec tant d'assiduité et de bassesse…, avec tant d'esclavage : en plus de quarante ans il n'a jamais couché vingt fois à Paris. » « On auroit cru qu'il devoit être heureux, et jamais homme ne le fut moins…, né piqué de tout, d'un évêché, d'une abbaye. » Aveugle, courant en calèche « comme un corps mort », fourrant le pied du cerf au roi « dans les yeux ou dans l'oreille », il se retira « pitoyablement » : ses valets, « qui étoient ses maîtres », le confinèrent au Chenil, « où bientôt il demeura dans un entier abandon…, entièrement en proie à ses valets, et avec peu de provisions pour se suffire ».
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