TOME XIV · CHAPITRE VII
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Résumé
Le traité France-Angleterre signé à La Haye « qui effarouche les ministres de la Suède » — et l'intrigue suédoise pour une révolution jacobite en Angleterre : les ambassadeurs Gyllembourg, Spaar et Goertz entre Londres, Paris et La Haye ; la lettre d'Erskin au duc de Marr « sur le projet inconnu du czar » ; les médecins britanniques « souvent cadets des premières maisons » ; l'adresse de Spaar « à pomper Canillac » ; les précautions du roi d'Angleterre « peu instruit », la réforme de ses troupes, et les artifices de son ministère.
Les entrées
- Le traité entre la France et l’Angleterre signé à la Haye, qui effarouche les ministres de la Suède
- « Cependant le traité entre la France et l'Angleterre fut signé à la Haye à la fin de novembre, mais secrètement, à condition qu'il n'en seroit rien dit de part ni d'autre pendant un mois, terme jugé suffisant pour laisser le temps aux Hollandois de prendre une dernière résolution sur la conclusion de cette alliance. Elle déplut particulièrement aux Suédois, qui par là se crurent abandonnés de la France. »
- Intrigue des ambassadeurs de Suède en Angleterre, en France et à la Haye, entre eux, pour une révolution en Angleterre en faveur du Prétendant
- L'intrigue suédoise se noue : Gyllembourg à Londres, Spaar à Paris, Goertz à la Haye « crurent que la principale ressource du roi de Suède étoit d'exciter des troubles en Angleterre ». Gyllembourg mandait « que les jacobites demandoient dix mille hommes, et qu'il croyoit que l'argent ne manqueroit pas » : trente mille pièces de huit déjà passées en Hollande, autant promises, une lettre d'offre du duc d'Ormond, l'armement déguisé du banquier Hoggers (trois navires à Brest, un de cinquante-huit canons au Havre, sous prétexte de mâts de Norvège), et Lenck choisi pour aller informer Charles XII sous couleur d'une mission du régent. Gyllembourg garantissait le succès : « de dix personnes on pouvoit sûrement en compter neuf de rebelles », dix mille hommes réglés suffisant, des armes pour quinze ou vingt mille, « surtout mettre peu d'Anglois dans la confidence ».
- Lettre importante d’Erskin au duc de Marr sur le projet inconnu du czar, mais par lui conçu
- La lettre capitale d'Erskin — médecin écossais, confident et ministre du czar, cousin germain du comte de Marr — à son cousin fraîchement fait duc : le projet de Scanie échoué et le czar brouillé avec ses alliés, celui-ci « haïssoit mortellement le roi Georges..., connoissoit la justice de la cause du roi Jacques..., s'estimeroit glorieux, après la paix faite avec le roi de Suède, de s'unir avec lui pour tirer de l'oppression et rétablir sur le trône de ses pères le légitime roi de la Grande-Bretagne » — paix russo-suédoise par « un ami commun et sincère », puis descente conjointe : le grand dessein du Nord retourné contre Hanovre.
- Médecins britanniques souvent cadets des premières maisons
- Parenthèse de mœurs britanniques : « il faut savoir que dans toute la Grande-Bretagne la profession de médecin n'est au-dessous de personne, et qu'elle est souvent exercée par des cadets des premières maisons » — ainsi cet Erskin, ministre d'un empereur et cousin d'un duc.
- Adresse de Spaar à pomper Canillac et à en profiter
- L'adresse de Spaar : il alla « pomper » Canillac, le désabusa sur la médiation impériale, obtint son appui pour l'envoi de Lenck, mais échoua sur l'envoi d'un émissaire français au czar — « Canillac demeura dans son sentiment... qu'il ne voyoit pas comment le régent pouvoit envoyer vers le czar. » Spaar en conclut « qu'il étoit inutile de rien attendre de la France, mais qu'il falloit conserver les dehors avec elle », et spécula même sur la lettre de créance de Lenck pour faire passer au czar des offres « comme proposées par la médiation et de la part de la France ».
- Goertz seul se refroidit
- « Malgré ces dispositions Goertz hésitoit de s'embarquer avec les jacobites... il avoit apparemment changé de vues. Il ne répondit pas seulement à la proposition qui lui avoit été faite d'agir par la voie d'Erskin ; il prétendit avoir assez d'autres canaux... Sa froideur ne ralentit point les jacobites. »
- Précaution du roi d’Angleterre peu instruit
- Précaution du roi d'Angleterre, « instruit en général des espérances que les jacobites fondoient sur les secours de la Suède » : « au hasard de choquer les Anglois en allant contre leurs formes, le roi Georges expédia de Hanovre un ordre à Norris, amiral de l'escadre anglaise dans la mer Baltique, de laisser à Copenhague six vaisseaux de guerre, sous prétexte d'assurer le commerce des Anglois contre les insultes des Suédois dans le nord. »
- Il fait travailler à la réforme de ses troupes, et diffère de toucher aux intérêts des fonds publics
- « Le ministère anglois, quoique à regret, ne voulut pas attendre d'avoir la main forcée sur la réforme des troupes par le parlement, lorsqu'il apprendroit la signature du traité, et ils commencèrent à y travailler. Par la même raison ils vouloient réduire à cinq pour cent les intérêts qui se payoient sur les fonds publics, dont les fonds excédoient quarante millions sterling. Néanmoins ils eurent peine à se déterminer sur un point si capital. »
- Artifices du ministère d’Angleterre secondés par ceux de Stairs
- Les artifices du ministère : « malgré la certitude du traité fait avec la France, ils affectèrent de craindre le Prétendant. Le roi de Suède étoit le seul dont ils pouvoient faire envisager les desseins ; et Stairs, toujours à leur main pour le trouble, leur avoit mandé que ce prince s'étoit engagé par un traité à secourir le Prétendant... Ainsi Stairs, à qui ces nouvelles ne coûtoient rien à inventer, répondit que l'empereur, très irrité du traité, écouteroit les propositions du Prétendant pour se venger du roi d'Angleterre. »
- Fidélité de Goertz fort suspecte
- « Gyllembourg pressoit toujours Spaar et Goertz d'informer de leurs résolutions le roi leur maître. Mais Goertz le secondoit mal. Sa fidélité étoit suspecte, et la manière dont il avoit déjà servi d'autres puissances favorisoit les soupçons » — le tout-puissant ministre des finances suédois, cheville de la conspiration, lui-même douteux à ses complices.
- Le roi d’Angleterre refuse sa fille au prince de Piémont par ménagement pour l’empereur
- Le refus de mariage : le roi de Sicile envoya le baron de Schulembourg à Hanovre « pour traiter le mariage d'une fille de ce prince avec le prince de Piémont, mais... le roi d'Angleterre, qui ménageoit infiniment l'empereur, n'avoit pas voulu écouter une proposition qu'il savoit lui devoir être fort désagréable ». Le roi de Sicile vivait « dans une grande inquiétude » : l'Italie « remplie d'Allemands », pas d'alliés, et du régent son beau-frère « trop sage pour faire la guerre uniquement pour autrui », nul secours à espérer.
- Scélératesse de Bentivoglio contre la France
- Scélératesse de Bentivoglio : avec Hohendorff, il conspirait à faire échouer le traité par le refus du Prétendant de quitter Avignon ; il écrivit au pape « que l'Église étoit intéressée à rompre une ligue que les ennemis du saint-siège et de la religion regardoient comme le plus solide fondement de leurs espérances », peignant l'alliance anglaise comme « l'ouvrage des ministres jansénistes » et conseillant une ligue du pape et de l'empereur pour « rendre le gouvernement de France plus traitable ». « Ce furieux nonce, si digne du temps des Guise », échoua auprès de la reine douairière d'Angleterre, qui préféra les pensions promises par le régent aux « espérances frivoles ».
- Nouveaux artifices pour presser la promotion d’Albéroni
- Nouveaux artifices pour la promotion : fin novembre, Acquaviva reçut « une lettre de la main de la reine d'Espagne, pleine d'ardeur pour cette promotion. Il la fit voir au pape, et le pressa si vivement, que Sa Sainteté n'eut de ressource pour s'en débarrasser que de lui demander un peu de temps. » On proposa aussi de demander Alexandre Albani, second neveu du pape « qui mouroit d'envie d'être envoyé en Espagne », pour terminer les différends — Aldovrandi souhaitant faire le voyage avec lui.
- Acquaviva fait suspendre la promotion de Borromée au moment qu’elle s’alloit faire, et tire une nouvelle promesse pour Albéroni dès qu’il y auroit trois chapeaux vacants
- Le coup d'éclat d'Acquaviva : ne pouvant employer la peur pour la promotion, il « l'employa pour empêcher la promotion de Borromée, maître de chambre du pape et beau-frère de sa nièce, au moment qu'il alloit entrer au consistoire pour la faire... À la fin pourtant il se rendit et promit de suspendre la promotion de Borromée, et de nouveau encore de faire Albéroni dès qu'il y auroit trois chapeaux. »
- Défiances réciproques du pape et d’Albéroni, qui arrêtent tout pour quelque temps
- Les défiances réciproques : « Le pape, mal prévenu pour Albéroni, se défia que son chapeau étant accordé, il seroit fertile en expédients pour éluder les promesses faites en vue de l'obtenir, et résolut de ne le donner que lorsque les affaires d'Espagne seroient entièrement terminées. Albéroni, qui pensoit le même du pape, déclaroit qu'elles le seroient à son entière satisfaction dans le moment même qu'il recevroit la nouvelle de sa promotion, et n'avoit garde de les finir auparavant, dans la défiance d'en être la dupe. Ce manège de réciproque défiance dura ainsi assez longtemps entre eux. »
- Le duc de Parme élude de faire passer à la reine d’Espagne les plaintes du régent sur Albéroni ; consulte ce dernier sur ce qu’il pense du régent
- Le duc de Parme élude : aux plaintes réitérées du régent contre Albéroni — « elles approchoient de la violence » — il opposa qu'« un duc de Parme se tenoit heureux et honoré qu'un de ses ministres gouvernât l'Espagne », se bornant à avertir Albéroni « de bien servir l'Espagne sans donner à la France des sujets de se plaindre de lui » ; et il eut « seulement plus de curiosité de savoir par Albéroni même ce qu'il pensoit... sur la personne, les vues, et ce qu'il appeloit les manèges de M. le duc d'Orléans ».
- Sentiment du duc de Parme sur le choix à faire par le roi d’Espagne, en cas de malheur en France
- Le sentiment du duc de Parme sur le grand choix : « quoi que ce prince pût penser et faire, le véritable intérêt du roi d'Espagne étoit de demeurer sur son même trône ; qu'il y auroit trop d'imprudence de quitter le certain pour l'incertain, et que dans les événements qui pouvoient arriver, il risqueroit de perdre et la France et l'Espagne, s'il vouloit faire valoir les droits de sa naissance. »
- Insolentes récriminations d’Albéroni, qui est abhorré en Espagne, qui veut se fortifier par des troupes étrangères
- Les insolentes récriminations : Albéroni, « sûr de sa propre conscience et probité », rejetait les plaintes du régent sur ses ennemis, et récriminait : « ce n'étoit pas à la France à trouver à redire que l'Espagne, pour conserver la paix, fît beaucoup moins que ceux qui sacrifioient le canal de Mardick pour être bien avec l'Angleterre. » « Il étoit si abhorré en Espagne, que la mort de l'archiduc fit en même temps la joie du palais et la douleur de Madrid et de toute l'Espagne, excédée du gouvernement du seul Albéroni » ; et il « fit demander au roi d'Angleterre la permission de lever jusqu'à trois mille hommes dans la Grande-Bretagne, Irlandois ou autres » — se fortifier par des troupes étrangères contre son propre pays.
- Crainte et nouvel éclat d’Albéroni contre Giudice
- « Il étoit donc fort en peine de ce que feroit Giudice contre lui, quand il seroit arrivé à Rome » : il l'annonça d'avance « comme un homme qui feroit l'hypocrite à Rome, qui ne paroîtroit occupé que de l'éternité..., et qui publieroit toutes sortes de faussetés et d'artifices qu'il seroit facile au cardinal Acquaviva de dévoiler », exagérant « l'ingratitude du cardinal, et tous les bienfaits qu'il avoit lui et les siens reçus de la reine ».
- Imprudence de ce cardinal
- L'imprudence du cardinal : « Ce cardinal, qui depuis sa disgrâce ne se possédoit plus, s'étoit échappé dans une harangue qu'il avoit faite à l'inquisition sur les intentions de la reine, et sur la captivité où elle retenoit le prince des Asturies, dont en même temps il fit l'éloge » — donnant prise à toutes les dénonciations de son ennemi.
- Avidité du pape
- L'avidité du pape faillit tout renverser : « Il vouloit s'approprier la dépouille des évêques... Le pape ne s'en rebuta pas : n'y pouvant plus employer Aubenton, il envoya un ordre direct à Giradilli, auditeur qu'Aldovrandi avoit laissé à Madrid, de faire pressamment la même demande, qui obéit par des instances si fortes et si réitérées, qu'il fut au moment d'être chassé de Madrid. »
- Impudence et hypocrites artifices d’Albéroni et ses menaces
- Impudence et artifices : Albéroni jetait « les hauts cris sur l'ingratitude de Rome pour la reine », protestait ne parler « que par une vue si pure », se peignait « détaché..., sans retour sur soi-même » — deux ou trois mois ne lui étant rien — tout en insinuant que la promotion « perdroit son nom et son mérite pour devenir justice, si elle n'étoit accordée que lors de celle des couronnes », et que la reine, « voyant le pape inflexible sur un point qui touchoit son honneur, se porteroit aux dernières extrémités ». Le vrai motif confié aux amis : la santé menaçante du roi, et le besoin d'un ministre cuirassé « d'un bouclier tel que la pourpre romaine ».
- Réflexion sur le cardinalat
- Réflexion de Saint-Simon sur le cardinalat : Albéroni voyait trop clair pour espérer, le roi mort, se maintenir contre des Espagnols « qui abhorroient sa personne et le gouvernement étranger » — le souvenir de don Juan chassant le P. Nithard était trop frais. « Reste à voir ce que c'est qu'une dignité étrangère qui met à l'abri de tout, par conséquent qui permet et qui enhardit à entreprendre tout. C'étoit aussi l'usage qu'Albéroni se proposoit bien de faire de cette dignité après laquelle il soupiroit avec tant d'emportement. »
- Albéroni veut sacrifier Monteléon à Stanhope, et laisser Beretti dans les ténèbres et l’embarras ; veut traiter avec la Hollande à Madrid ; fait divers projets sur le commerce et sur les Indes ; se met à travailler à la marine et aux ports de Cadix et du Ferrol
- Diplomatie à sa main : « Pour plaire à Stanhope il vouloit accorder le congé à Monteléon qui le demandoit, fatigué de n'être instruit de rien... Quoiqu'il aimât mieux Beretti son compatriote, il le laissoit sans aucune instruction à la Haye. » Grands projets sur le commerce : admettre « tous les étrangers au commerce des Indes », junte générale à Cadix, suppression de la contractation de Séville et de l'indult remplacé par un tarif, tabac vendu « sur le seul compte du roi », huit vaisseaux à armer ; « il commença à la fin de cette année 1716 à faire travailler aux ports de Cadix et du Ferrol en Galice dont la situation est admirable » ; un troisième vice-roi créé à Santa-Fé sur le projet du prince de Santo-Buono.
- Abus réformés dans les finances, dont Albéroni tire avantage pour hâter sa promotion, et redouble de manèges, de promesses, de menaces, d’impostures et de toutes sortes d’artifices pour y forcer le pape ; [il est] bien secondé par Aubenton
- Réformes des finances tournées en levier : « Plusieurs conseillers du conseil des Indes trouvés en grandes fraudes, furent chassés, et plusieurs juntes de finances supprimées. Albéroni comptoit que de ces dépenses épargnées, le roi d'Espagne tireroit plus de deux cent cinquante mille écus par an. Bien des gens se trouvoient intéressés dans ce bouleversement » — d'où l'argument : le garantir « de la vengeance de tant de gens si irrités, et ce moyen étoit unique, c'est-à-dire d'être promptement revêtu de la pourpre » ; menaces d'une junte espagnole contre la congrégation romaine, « bien secondé par Aubenton ».
- Son adresse
- Son adresse suprême : faire dire au pape « qu'il ne craignoit aucune opposition à son chapeau de la part de la France ; et comme les mensonges les plus grossiers ne coûtoient rien là-dessus ni à lui ni au P. Daubenton, il se vanta au pape de toute l'estime du régent..., et même lui avoit fait mander par le P. du Trévoux que Son Altesse Royale désiroit entretenir directement avec lui une secrète correspondance de lettres » ; tandis qu'Aubenton, inattaquable dans la confiance du pape malgré Giudice qui l'assurait « que ce fourbe le trompoit », faisait savoir « nettement » que l'exemption patrimoniale du clergé « ne s'obtiendroit jamais ».
- La reine d’Espagne altière, et le fait sentir au duc et à la duchesse de Parme
- « Il est vrai qu'elle étoit altière et qu'elle s'offensoit fort aisément. Elle le fit vivement sentir à la duchesse de Parme sa mère, qui de son côté ne l'étoit pas moins. Il ne s'agissoit néanmoins que de bagatelles, mais la parfaite intelligence ne revint plus. Le duc de Parme, son oncle et son beau-père, en sentit un autre trait pour ne l'avoir pas avertie à temps du sujet de l'envoi du secrétaire Ré de Londres à Hanovre. Il se trouva plus flexible que la duchesse sa femme ; il s'excusa et dissipa cette aigreur. »
- Peines de Beretti
- Les peines de Beretti : sans instructions, soupçonneux, il « se figura que le but des ambassadeurs de France étoit de confirmer de plus en plus la validité des renonciations..., engager le roi d'Espagne dans l'alliance..., et à donner lui-même par là une nouvelle approbation et une nouvelle force au traité d'Utrecht ». Albéroni « lui reprochoit son inquiétude et sa curiosité », l'avertissant « de ne pas chercher à pénétrer au delà des instructions qu'on lui vouloit bien donner » — Dubois et Châteauneuf l'assurant de leur côté « qu'il n'y avoit rien dans ce traité que de conforme aux intérêts du roi d'Espagne ».
- Heinsius veut traiter avec l’empereur avant de traiter avec l’Espagne
- « Il savoit par le Pensionnaire même qu'il croyoit de l'intérêt de ses maîtres de traiter avec l'empereur avant de traiter avec l'Espagne, et Beretti le soupçonnoit de ne vouloir remettre la négociation à Madrid, que pour la retarder, et parce qu'il seroit plus maître de donner ses ordres à Riperda, que d'une négociation qui se traiteroit à la Haye. »
- Conditions proposées par la Hollande à l’empereur, qui s’opiniâtre au silence
- Les conditions hollandaises à l'empereur : modérer les secours dus pour les Pays-Bas (huit mille hommes de pied et quatre mille chevaux du traité de la Barrière) « et des secours conformes aux conjonctures sans spécification » ; spécifier les princes compris dans l'alliance ; « l'observation exacte de la neutralité d'Italie » ; refus enfin « de s'engager dans ce qui pourroit arriver au delà des Alpes et dans la guerre contre les Turcs ». « L'empereur ne répondoit point... et ne faisoit aucune réponse » — opiniâtre au silence.
- Manèges des Impériaux et de Bentivoglio pour empêcher le traité entre la France, l’Angleterre et la Hollande
- Derniers manèges contre le traité : « ses ministres étoient fort inquiets de l'alliance prête à conclure..., et ils n'oublioient rien à la Haye ni même à Paris pour la traverser. Hohendorff continuoit à voir Bentivoglio, et quoique encore sans ordre de Vienne, il pressoit ce nonce d'insinuer au Prétendant de ne point sortir d'Avignon, dans l'opinion que cela dérangeroit ce qui avoit été concerté et causeroit une rupture. Le nonce l'espéroit de même..., et sa rupture comme un moyen infaillible de ranger le régent au bon plaisir du pape sur l'affaire de la constitution. »
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