TOME VIII · CHAPITRE IV

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Résumé

Manège de Mme de Maintenon auprès du roi ; les mesures pour faire Besons gouverneur du duc de Chartres avortées ; « inquisition des jésuites ». Division éclatante dans la famille de M. le Prince sur le testament porté en justice ; « enrôlement forcé » par M. le Duc ; le roi défend aux enfants tout accompagnement au palais. Efforts de la duchesse d'Orléans pour lier l'auteur avec le duc du Maine ; situation du ménage Saint-Simon et de la duchesse de Lauzun avec les du Maine ; l'« étrange aventure » qui brouille Mme du Maine avec la duchesse de Lauzun ; mariage du jeune duc de Brancas.

Les entrées

Manége de Mme de Maintenon auprès du roi
Manège de Mme de Maintenon, conté par Noailles : « encore qu'il fût vrai dans l'usage qu'elle pût tout sur son esprit, ce n'étoit presque jamais en droiture…, elle étoit très attentive à faire proposer d'ailleurs ce qu'elle vouloit, se réservoit à l'appuyer quand le roi lui en parloit », le roi demeurant « dans la parfaite ignorance que les choses venoient originairement d'elle. C'est ce qui la mettoit en besoin d'avoir des ministres dans son entière dépendance. » Elle-même dit à Noailles, pour son brevet de retenue de Berry, « qu'il falloit que lui-même demandât cette grâce au roi…, qu'alors elle appuieroit bien, et que de cette façon elle répondoit du succès, et il l'eut de la sorte ».
Mesures pour faire le maréchal de Besons gouverneur de M. le duc de Chartres avortées
Besons gouverneur manqué : le duc d'Orléans le voulait pour le duc de Chartres ; Saint-Simon inclina à l'acceptation (précédent du marquis de Chevrières sous Henri IV), le chancelier au refus ; le P. Tellier se prêta à tout après « perquisitions » sur le jansénisme. Mais le prince parla au roi « avec sa négligence trop ordinaire », les menées s'ébruitèrent, princes du sang et maréchaux de France s'émurent, et le roi dit à Besons « bien net qu'il ne vouloit pas mortifier les maréchaux de France, qu'il ne lui commandoit rien » : « le sage Besons sentit de reste que le roi ne souhaitoit pas qu'il acceptât ». Le parti des Orléans « fut de ne point donner de gouverneur à M. le duc de Chartres, qui n'avoit pas encore six ans et demi ». Villeroy, désavouant tout, déclara « qu'il n'étoit point amoureux d'un office qu'il partageoit avec les Montesquiou et une foule de semblables » — « cacher la bassesse de courtisan sous une ridicule rodomontade ».
Inquisition des jésuites
Inquisition des jésuites : « depuis que le P. Tellier étoit en place, ils n'entroient en quoi que ce fût qu'après s'être bien assurés contre tout soupçon de jansénisme » — Besons suspect d'avoir élevé ses enfants chez lui, et d'un frère archevêque de Bordeaux « qui n'étoit pas leur valet à tout faire ».
Division éclatante dans la famille de M. le Prince sur le testament, qui est porté en justice
Division chez les Condé : le testament « très avantageux à M. le Duc » jeta ses sœurs au procès ; Mme la Princesse, « qui craignoit tous ses enfants, n'osa jamais parler en mère qui a de quoi donner et ôter » ; le roi même « n'eut pas plus de succès ». Les tenants : M. le Duc contre Mme la princesse de Conti, M. et Mme du Maine « invinciblement attachés » à celle-ci.
Enrôlement forcé par M. le Duc
Enrôlement forcé : M. le Duc, à un grand souper, arracha à ses convives la parole de l'accompagner à toutes les audiences du palais, comptant distinguer « par ceux qui s'y trouveroient avec lui ses véritables amis…, et par ceux qui y accompagneroient ses parties ses ennemis. La surprise et l'embarras d'un compliment si net…, qui étoit un enrôlement dans toutes les formes, produisit un silence profond. »
Le roi défend aux enfants de M. le Prince tout accompagnement au palais
« À la fin le roi, jugeant avec raison que les suites de tout cela ne pouvoient être bonnes, défendit tout d'un coup aux deux parties tout engagement au palais. »
Efforts de Mme la duchesse d’Orléans pour me lier avec M. le duc du Maine
Efforts de la duchesse d'Orléans pour lier Saint-Simon à M. du Maine : il répondit qu'à défaut de neutralité il suivrait le parti du Maine — non par goût, mais en souvenir « de la manière pleine d'égards dont M. et Mme du Maine en avoient usé pour moi dans l'affaire de Mme de Lussan » ; mais il resta « honnêtement ferme » contre tout renouement de Mme de Saint-Simon avec Mme du Maine.
Situation de Mme de Saint-Simon, de la duchesse de Lauzun et de moi, avec M. [le duc] et Mme la duchesse du Maine
Situation avec les du Maine : après la découverte de la « folle malice de M. le Prince » qui avait tenu Mme du Maine recluse « parmi les livres et les savants », Sceaux devint fêtes et spectacles ; la duchesse de Lauzun y fut de tout, Mme de Saint-Simon recherchée, et Saint-Simon lui-même poursuivi d'avances « incroyables » — qu'il refusa toujours : « je craignis qu'ils ne cherchassent à me lier à eux pour découvrir mes sentiments…, et à force de caresses me mettre dans de pénibles entraves entre l'amitié et le rang, dans la pensée que les temps ne sont pas toujours les mêmes ».
Étrange aventure qui brouille Mme du Maine avec la duchesse de Lauzun, et ses suites
Étrange aventure : Mme du Maine, « devenue une manière de divinité fort capricieuse » que son mari, « se ruinant en théâtres et en fêtes sans oser dire un seul mot », servait « en domestique principal de la maison », rompit avec la duchesse de Lauzun parce que la duchesse de Bourgogne la ramenait de Marly — « en lui tournant le dos de la manière la plus impérieuse et la plus scandaleuse, ou plutôt la plus folle ». La duchesse de Bourgogne « prit l'injure comme faite à elle-même » ; « le roi lava la tête à M. du Maine sur sa femme, et loua fort Mme de Lauzun » ; Mme du Maine, dans un tête-à-tête de deux heures avec Mme de Saint-Simon, « se condamna en tout et partout » — en vain : « Mme de Saint-Simon, grave et mesurée, paya de compliments, ne voulut plus être d'aucune de ses parties. »
Mariage du jeune duc de Brancas avec Mlle de Moras
Mariage du jeune duc de Brancas avec Mlle de Moras, favorite de Mme du Maine, « créature de rien qui s'étoit fourrée à Sceaux…, assez jolie, mais avec de l'esprit, de la flatterie et de l'intrigue au dernier point » : le père de Brancas « au lieu de donner du bien à son fils, reçut gros pour faire ce beau mariage. Le rare fut que la plus grande partie de la dot consista en meules de moulins à vendre. »
Point d’étrennes au roi ni du roi cette année
« Le roi ne donna point cette année les étrennes que sa famille recevoit de lui tous les ans ; et les quarante mille pistoles qu'il prenoit pour les siennes, il les fit distribuer pour les besoins des frontières de Flandre, ce qui n'étoit pas encore arrivé ; aussi toutes sortes de manquements étoient devenus extrêmes. »

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