TOME VIII · CHAPITRE VI

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Résumé

Bouffonneries de Courcillon amputé — le mot au jésuite ; morts de la duchesse de Foix, de Fléchier, de l'archevêque de Reims Le Tellier — caractère et testament ; le cardinal de Noailles proviseur de Sorbonne ; morts de Vassé, Mme de Lassay, Mme Vaubecourt, de l'abbé de Grandpré au « sobriquet étrange ». Et la mort de M. le Duc : conduite de Mme la Duchesse — veuve soulagée —, l'« étrange contretemps » du comte de Toulouse, nom et dépouille au fils, d'Antin chargé du détail ; Saintrailles ; le caractère féroce du défunt et son orgueil.

Les entrées

Bouffonneries de Courcillon, à qui on recoupe la cuisse
Bouffonneries de Courcillon : à qui il fallut recouper la cuisse, « si haut que le danger étoit grand ». Pour se délivrer de la confession dont son père le pressait, il demanda exprès le P. de La Tour — « Dangeau frémit de la tête aux pieds…, de ce moment il ne fut plus de sa part mention de confession, et Courcillon, qui n'en vouloit que cela, n'en parla pas aussi davantage ». Voyant son père pleurer, il « le pria d'aller plus loin, parce qu'il faisoit en pleurant une si plaisante grimace qu'il le faisoit mourir de rire. Cette gaieté le sauva. »
Mort de la duchesse de Foix
Mort de la duchesse de Foix, sœur de Roquelaure : « la plus jolie bossue qu'on pût voir…, ayant tant de grâces qu'on n'eût pas voulu qu'elle n'eût point été bossue…, extrêmement amusante sans la moindre méchanceté, et n'ayant jamais eu plus de quinze ans à cinquante-cinq ans qu'elle mourut ».
Mort de Fléchier, évêque de Nîmes
Mort de Fléchier, évêque de Nîmes, ancien sous-précepteur de Monseigneur, « célèbre par son savoir, par ses ouvrages, par ses mœurs, par une vie très épiscopale…, fort regretté et pleuré de tout le Languedoc ».
Mort, caractère et testament de l’archevêque de Reims Le Tellier
Mort de l'archevêque de Reims Le Tellier, « qui laissa moins de regrets » : « janséniste de nom, ennemi des jésuites…, rustre et haut au dernier point, humble sur sa naissance à en embarrasser, magnifique et toutefois avare », son diocèse « le mieux réglé du royaume ». Il mourut dans sa chaise en travaillant, à soixante-neuf ans. Son testament fit la marquise de Créqui, sa nièce — dont l'amitié « n'étoit pourtant pas sans scandale » — légataire universelle de deux millions ; sa bibliothèque, « la plus belle de l'Europe pour un particulier », alla à Sainte-Geneviève. « Ce testament ne contribua pas à lever le scandale, ni le peu d'affliction de la marquise de Créqui à adoucir l'indignation. »
Cardinal de Noailles proviseur de Sorbonne
Le cardinal de Noailles fut proviseur de Sorbonne, et Marillac doyen du conseil ; l'abbé de Louvois, « écrit en lettres rouges chez les jésuites », n'eut rien de la dépouille.
Mort de Vassé
Mort de Vassé, gendre du premier écuyer, « fort jeune », laissant des enfants.
Mort de Mme de Lassai
Mort de la femme de Lassay, « bâtarde de M. le Prince, dont la tête étoit un peu dérangée ».
Mort de Mme Vaubecourt
Mort de Mme de Vaubecourt, sœur d'Amelot, « encore belle ; elle avoit fait du bruit et étoit encore fort du grand monde, mais jamais de la cour ».
Mort de l’abbé de Grandpré ; son sobriquet étrange
Mort du vieil abbé de Grandpré, « manière d'imbécile » qui « ne laissoit pas de sentir sa naissance » : « son corps n'étoit pas comme son esprit, les dames autrefois lui avoient donné le nom d'abbé Quatorze qui lui étoit demeuré, et ce prodige avoit passé en telle notoriété que sa singularité excuse la honte de le rapporter ».
Mort de M. le Duc
Mort de M. le Duc, la nuit du lundi au mardi gras : pris d'apoplexie sur le pont Royal en revenant de l'hôtel de Coislin, il fit monter son laquais « duquel il voulut savoir s'il n'avoit pas la bouche tournée », perdit connaissance, fut porté à la porte de sa garde-robe « qui se trouva fermée », et « ne donna nul autre signe de vie que d'horribles grimaces » ; il mourut à quatre heures du matin — lui qui avait promis à sa mère de penser à Dieu « mais après le carnaval, qu'il vouloit donner aux plaisirs ».
Conduite de Mme la Duchesse
Conduite de Mme la Duchesse : « éperdue de surprise et du spectacle, elle ne perdit sur rien la présence d'esprit », mandant du Maine, Toulouse et sa sœur, rien aux Orléans, « et on peut juger qu'elle n'oublia pas d'Antin. Elle ne laissa pas de pleurer un peu en les attendant. Personne ne crut ses larmes excitées par la tendresse, mais plutôt par un souvenir douloureux qui l'affligeoit en secret depuis un an, et d'une délivrance trop tardive. »
Étrange contre-temps arrivé à M. le comte de Toulouse
Contretemps du comte de Toulouse : le courrier « ne le trouva point chez lui, et pas un de ses gens ne put ou ne voulut dire où il étoit » — il était « dans un bel appartement d'emprunt avec une très belle dame du plus haut parage ». « Cela fit grand bruit, enfanta des chansons, et ce fut tout. »
Nom et dépouille entière de M. le Duc donnés à M. son fils
Dès le premier réveil du roi, « M. du Maine porta la parole pour tous, et aussitôt le roi donna à M. le duc d'Enghien le gouvernement, la charge et la pension de M. son père, et déclara qu'il s'appelleroit M. le Duc comme lui » — mais sans lui en commettre l'exercice réel, à dix-sept ans.
D’Antin chargé du détail de ses charges, puis de ses biens et de sa conduite
« De concert avec Mme la Duchesse, il chargea d'Antin du détail de l'un et de l'autre, de ses biens et de sa conduite. »
Saintrailles et son caractère
Saintrailles, que le roi ordonna de demeurer auprès du nouveau M. le Duc : « un homme sage avec de l'esprit, fort mêlé dans la meilleure compagnie, mais qui l'avoit gâté en l'élevant au-dessus de son petit état…, un gentilhomme tout simple et brave, mais qui n'étoit rien moins que Poton, qui est le nom du fameux Saintrailles ».
Caractère de M. le Duc
Caractère de M. le Duc : « très considérablement plus petit que les plus petits hommes…, la tête grosse à surprendre, et un visage qui faisoit peur. On disoit qu'un nain de Mme la Princesse en étoit cause. » « Sa férocité étoit extrême…, c'étoit une meule toujours en l'air qui faisoit fuir devant elle » ; déchiré par « un contraste sans relâche d'amour et de rage conjugale, le déchirement de l'impuissance dans un homme si fougueux », par la préférence de Conti jusque « dans le cœur de son propre père », « toutes ces furies le tourmentèrent sans relâche et le rendirent terrible comme ces animaux qui ne semblent nés que pour dévorer. Il n'y eut personne qui n'ait regardé sa mort comme le soulagement personnel de tout le monde. »
Orgueil extrême de Mme la duchesse d’Orléans ; sa prétention de préséance pour ses filles sur les femmes des princes du sang
Orgueil de la duchesse d'Orléans, « peut-être ce qu'il y avoit dans le monde de plus orgueilleux » : « la pensée que ses enfants ne seroient que princes du sang lui étoit insupportable » — d'où le projet d'un « troisième état entre la couronne et les princes du sang sous le nom d'arrière-petits-fils de France ». Premier échelon : que ses filles précédassent les femmes des princes du sang ; Mademoiselle « ne signa aucun contrat de mariage et la prétention se trouva ainsi formée ».
Mesures sur cette dispute, et sa véritable cause
Mesures : le matin de la mort de M. le Duc, le prince pressa le roi de juger — « le roi lui avoit dit qu'il prît garde et qu'il pourroit bien le condamner ». Saint-Simon opina « qu'il n'y avoit rien de pis pour eux que de n'être point jugés », et dicta la lettre à Mme de Maintenon dont il garda le brouillon « par curiosité ».
Adroite prétention de la duchesse du Maine de précéder ses nièces comme tante
Adroite prétention de Mme du Maine : n'ayant point pris de brevet, elle visait à faire passer son rang « de princesse du sang fille en celui de princesse du sang mariée » pour appuyer le rang de son mari ; découverte par les contrats de mariage, elle allégua « qu'étant sœur de M. le Duc, elle ne devoit pas céder à ses filles » — prétention « inouïe », d'autant qu'elle avait toujours signé « au-dessus de son mari, ce qui n'eût pas été s'il eût été prince du sang ».
Jugement du roi entre les princesses du sang mariées et filles en faveur des premières, où il fait d’autres décisions concernant son sang
Jugement du roi, arrêté au chevet de la duchesse de Bourgogne en couches : Monseigneur, « qui haïssait M. le duc d'Orléans à ne s'en pas contraindre », opina de toute sa force pour les femmes des princes du sang, le duc de Bourgogne aussi. Il fut réglé que les femmes des princes du sang précéderaient toutes les filles des petits-fils de France ; mais le duc de Berry, à l'honnêteté que lui fit le roi, céda aux futures filles du duc de Bourgogne, et la duchesse d'Orléans fut assurée de précéder les filles de Berry.
Mécanique des après-soupées du roi
Mécanique des après-soupées : le roi, « le dos appuyé contre le balustre », s'amusait « à remarquer les habits, les contenances et la grâce des révérences », puis gagnait le second cabinet — princesses sur des tabourets, princes debout, valets dans le cabinet des Chiens « la porte entre-deux tout ouverte » ; à Fontainebleau, dames « debout ou par terre sur le parquet, où même on ne donnoit point de carreau à la maréchale de Rochefort ».
Le roi déclare son jugement aux parties, puis au conseil, et ne le rend public que quelques jours après, sans le revêtir d’aucunes formes
Déclaration : le roi dit son jugement aux parties coin par coin après souper — la duchesse d'Orléans « ne répondit pas un seul mot », les du Maine « en parurent fort mortifiés » —, puis au conseil le mercredi des Cendres, et le donna enfin le 12 mars « écrit de sa main, en onze articles », à Pontchartrain seul : « le roi n'y voulut point d'autres formes ni même sa signature, pour que sa décision, ainsi toute nue…, tînt plus de sa toute-puissance ».
Brevet de conservation de rang de princesse du sang, fille, à la duchesse du Maine
Brevet à la duchesse du Maine « de conservation de rang et honneurs de princesse du sang fille, qu'elle n'avoit eu garde de demander, et dont elle se seroit si volontiers passée ». « Il ne laissa pas d'être remarquable que le jour de la mort de M. le Duc eût fait éclore ce que tout son crédit…, n'avoient pu obtenir de son vivant » ; Mme la Duchesse « oublia un peu son état si récent de veuve, dans la sensibilité très marquée de ce qu'elle venoit de gagner ».

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