TOME VII · CHAPITRE V

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Résumé

L'« étrange histoire » du duc de Mortemart avec l'auteur — brouille domestique contée en détail. Morts en série avec portraits : Mme de Maubuisson, l'abbesse palatine ; d'Avaux, le diplomate des grandes négociations — avec l'« étrange et singulier motif » de Louvois qui causa la guerre de 1688, les fenêtres de Trianon ; Mme de Vivonne ; Boisseuil, le joueur redouté ; et la « retraite sainte » de Janson.

Les entrées

Étrange histoire du duc de Mortemart avec moi
Étrange histoire du duc de Mortemart : « une de ces bombes qui tombent sur la tête sans qu'on puisse les prévoir ». Un soir chez les filles de Chamillart, ce « fou sauvage, extrêmement ivrogne », dont l'esprit ne fut « qu'une maussade copie de Roquelaure », plaisanta sur le rang des princes étrangers ; Saint-Simon, retenu à s'en aller, ne répondit que « je ne sais quoi de très mesuré ». Au Marly suivant — dont les Saint-Simon furent « éconduits » —, Mortemart alla dire aux nièces de Vaudemont que Saint-Simon « voudroit qu'elles fussent mortes et toute leur maison éteinte, bien aise d'être défait de Mme de Soubise ». Saint-Simon offrit « le démenti au duc de Mortemart en face » ; Mortemart nia tout mais ne vint jamais s'expliquer : « l'affaire demeura nette à mon égard, très sale au sien ». Beauvilliers, qui déclara « qu'entre son gendre et moi il abandonneroit son gendre », lui défendit sa maison quand Saint-Simon y serait.
Mort, maison, famille et caractère de Mme de Maubuisson
Mort de Mme de Maubuisson à quatre-vingt-six ans : fille de l'électeur palatin roi de Bohême, tante des rois d'Angleterre par sa sœur Sophie d'Hanovre — « tant d'éclat fut absorbé sous son voile ». Catholique formée à Port-Royal, abbesse dès 1644, « elle ne connut que sa cellule, le réfectoire, la portion commune…, la première à tout et la plus régulière », adorée de ses filles, « avec une simplicité parfaite et naturelle » ; « elle ne vouloit pas retrouver le monde dans le lieu qu'elle avoit pris pour asile contre lui ». « Sans cesse le modèle des plus excellentes religieuses et des plus parfaites abbesses, auquel très peu ou point ont pu atteindre. »
Mort, emplois et caractère de d’Avaux
Mort de d'Avaux : « fort bel homme…, fort l'esprit du grand monde », ambassadeur à Venise, Nimègue, en Hollande — où il s'acquit « une amitié et une considération si générale et jusque des peuples » — puis en Irlande avec le roi Jacques, en Suède, et de nouveau à la Haye en 1701. Il avait averti des premiers « du projet de la révolution d'Angleterre : on se moqua de lui, et on aima mieux croire Barillon ». Une méprise d'enveloppes de son secrétaire — la lettre contre Louvois adressée à Louvois même — le perdit un temps. Ridicule attachant : de robe mais « accoutumé à porter l'épée et à être le comte d'Avaux », il ne parut au conseil qu'à regret en robe, « et le cordon bleu qu'il portoit par-dessus en écharpe lui contentoit l'imagination ».
Étrange et singulier motif de Louvois, qui causa la guerre de 1688
Étrange motif de la guerre de 1688 : la fenêtre de Trianon. Le roi, « qui avoit le coup d'œil de la plus fine justesse », vit une fenêtre « de quelque peu plus étroite que les autres » ; Louvois « soutint que la fenêtre étoit bien ». Le Nôtre, contraint de mesurer, « trouva et dit que le roi avoit raison de quelques pouces » ; le roi malmena Louvois « fort durement » devant seigneurs, courtisans « et même tous les valets ». Louvois rentra « en furie », disant « que pour quelques pouces, le roi oublioit tous ses services…, mais qu'il y mettroit ordre, et qu'il lui susciteroit une guerre telle qu'il lui feroit avoir besoin de lui, et laisser la truelle. Il ne mit guère à tenir parole » : double élection de Cologne, flammes du Palatinat, duc de Savoie désespéré.
Mort et caractère de Mme de Vivonne
Mort de Mme de Vivonne, « femme de beaucoup d'esprit, dont la singularité étoit digne de s'allier aux Mortemart » : riche, elle et son mari « se ruinèrent à qui mieux mieux chacun de leur côté ». Vivonne, mené au chevet de son fils mourant, « le cul appuyé contre une table », lâcha : « Ce pauvre homme-là n'en reviendra pas, j'ai vu mourir tout comme cela son pauvre père » — ce prétendu père étant un écuyer de M. de Vivonne. Elle, « haute, libre et capricieuse, ne se soucioit de faveur ni de privance », finit « après avoir tout fricassé » chez son intendant, dévote « tant qu'elle put », avec une grosse pension du roi.
Mort et caractère de Boisseuil
Mort de Boisseuil, « excellent homme de cheval » qui dressait les chevaux du roi et régnait à la grande écurie, « fort brutal, gros joueur et fort emporté, qui juroit dans le salon de Marly comme il eût pu faire dans un tripot ». À Nancy, il démasqua un tricheur en lui saisissant la main sur la table ; le joueur l'attendit à la sortie : « Cela peut être, mais je n'aime pas qu'on me le dise. » Ils se battirent sur-le-champ : Boisseuil « y remboursa deux coups d'épée, de l'un desquels il pensa mourir » ; le roi, « par bonté pour Boisseuil, voulut toujours ignorer » l'aventure et « prit sa blessure pour une maladie ordinaire ».
Retraite sainte de Janson
Retraite sainte de Janson, neveu du cardinal, maréchal de camp et sous-lieutenant des mousquetaires : vers quarante-trois ans, « il se retira en Provence, bâtit au bout de son parc un couvent de minimes, se retira parmi eux, vivant en tout comme eux. Il éprouva leur ingratitude sans en vouloir sortir, pour ajouter cette dure sorte de pénitence à ses autres austérités…, vécut saintement près de vingt ans de la sorte, et mourut fort saintement aussi. »

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