TOME XIII · CHAPITRE XXI
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Résumé
Soupçons et « propos publics » contre la reine d'Espagne et Albéroni ; dégoût et licence de Giudice ; le triste état des finances espagnoles ; les incertitudes d'Albéroni au dehors. Le Prétendant « tire quelques secours de lui » et se retire à Avignon « faute d'autre asile » ; les puissances maritimes offrent des vaisseaux à l'Espagne — leur intérêt, l'« indiscrète réponse » du ministre ; la frayeur de l'Italie entre Turc et empereur ; Albéroni « trompe Aldovrandi, attrape les décimes et se moque de lui » ; les offres anglaises contre la grandeur impériale en Italie ; l'Angleterre « se plaint d'Albéroni et le dupe ».
Les entrées
- Soupçons et propos publics contre la reine d’Espagne et Albéroni
- « L'Espagne, mécontente à l'excès du gouvernement, qui étoit entièrement entre les mains de la reine et d'Albéroni, ne leur épargnoit ni ses soupçons ni ses discours ; on n'y doutoit point qu'Albéroni n'eût tiré de grandes sommes des Anglois pour sa complaisance à leur passer l'asiento des nègres. » Les chasses outrées « par le froid de la fin de mars au pied des montagnes glacées de l'Escurial », où suivait le prince des Asturies « si jeune et si délicat », donnaient aux mauvais bruits « un vaste champ » — d'autant que Burlet, premier médecin, publiait que ce prince était « fort menacé du même mal dont la reine sa mère étoit morte ».
- Dégoût et licence del Giudice
- « Giudice, dont les dégoûts augmentoient à proportion du crédit d'Albéroni, ne tenoit que des propos de retraite et d'un mécontentement qui ne ménage rien » — licence de langage d'un premier ministre de nom, dépouillé de tout par le favori dont les vues sur le cardinalat « étoient devenues publiques ».
- Triste état et emploi des finances
- « Le désordre et l'épuisement des finances étoit extrême » : l'évêque de Cadix qui les administrait « avoit ordre de fournir tout l'argent qu'Albéroni lui demandoit, qui n'étoit libéral que de celui qui étoit nécessaire pour les voyages et les chasses, en quoi consistoient tous les plaisirs du roi d'Espagne ».
- Dégoût d’Albéroni sur Hersent
- Rebuffade domestique : « Albéroni voulut retrancher sur la dépense de sa garde-robe. Hersent qui en étoit chargé, et qui depuis l'affaire de la réforme ne pouvoit... souffrir Albéroni, lui résista, parla au roi d'Espagne avec la liberté d'un ancien domestique, et l'emporta si bien que les dépenses de la garde-robe, au lieu d'être retranchées, furent augmentées par ordre du roi. »
- Incertitudes d’Albéroni au dehors
- Au dehors, Albéroni négociait seul avec les ministres de Hollande et d'Angleterre et entretenait « un commerce direct avec le pensionnaire de Hollande, qui plus versé que lui en affaires lui fit accroire qu'il redoutoit autant que l'Espagne la puissance de l'empereur ». Il avait proposé une ligue défensive, mais « craignoit en même temps que ces puissances n'en voulussent une offensive, qui, étant sûrement contre la France, ne pouvoit convenir à l'Espagne ».
- Le Prétendant tire quelques secours de lui, se retire à Avignon faute d’autre asile
- « Il se ravisa sur le Prétendant ; il crut de l'intérêt de l'Espagne de ne le pas abandonner absolument, et lui fit toucher quelque argent. Ce malheureux prince avoit été à Commercy. Le duc de Lorraine l'y alla voir incontinent, et le pria civilement de sortir de ses États ; ce qu'il ne tarda pas de faire, et, faute d'autre asile, alla à Avignon. Le duc de Lorraine dépêcha à Londres pour y faire valoir cette conduite, et on y fut content de lui. »
- Les puissances maritimes offrent des vaisseaux à l’Espagne
- « Les puissances maritimes, bien informées du triste état de la marine d'Espagne, du secours de vaisseaux qu'elle avoit promis au pape sans en avoir elle-même, et de son embarras pour faire partir la flotte des Indes..., lui en offrirent. »
- Leur intérêt
- Leur intérêt n'était pas désintéressé : elles avaient « grand intérêt » au départ de la flotte des Indes, dont dépendaient les retours d'argent de tout le commerce européen — offrir des vaisseaux, c'était s'assurer une main sur les trésors d'Amérique et sur le commerce espagnol lui-même.
- Indiscrète réponse d’Albéroni
- « Albéroni répondit avec une singulière hardiesse que le roi d'Espagne ne manqueroit pas de vaisseaux, mais que s'il en vouloit, c'étoit acheter, non pas emprunter ou louer ; et que si l'argent lui manquoit, il donneroit des hypothèques sur les Indes. Une déclaration si indiscrète faite au secrétaire d'Angleterre à Madrid... lui fit ouvrir les oreilles, et remontrer à Londres tout l'avantage d'un pareil moyen pour négocier directement aux Indes. »
- Plaintes
- Plaintes croisées : « le nonce Aldovrandi se plaignoit de l'inutilité de son séjour à Madrid où il ne finissoit aucune affaire ; et le roi de Sicile se plaignoit bien haut de n'être pas protégé fortement à Rome par l'Espagne pendant le besoin que cette cour avoit des forces du roi d'Espagne. »
- Frayeur de l’Italie du Turc et de l’empereur
- « Le pape en attendant mouroit de peur des Turcs. Sa crainte de l'empereur lui avoit fait demander des vaisseaux au lieu de troupes, dont l'arrivée en Italie auroit blessé la cour de Vienne, et les Vénitiens, qui en désiroient pour leur sûreté, y renoncèrent sur ce que l'Espagne ne leur en voulut envoyer que par terre. »
- Albéroni trompe Aldovrandi, attrape les décimes et se moque de lui
- Le besoin de Rome parut si pressant « que le pape accorda au roi d'Espagne les mêmes levées » sur le clergé d'Espagne (« la concession alloit à quatre millions d'écus ; la prétention étoit de trois autres »). Aldovrandi devait s'en servir pour terminer les différends ; Albéroni « le sut si bien pomper qu'il lui fit déclarer ses ordres..., puis lui fit déclarer par le conseil que le roi ne devoit de remerciements au pape que ceux de lui avoir fait justice... Ce fut ainsi qu'Albéroni se moqua d'Aldovrandi » — les décimes attrapées, rien cédé.
- Ses vues
- Ses vues : « Il vouloit se réserver le mérite de finir ces différends pour son cardinalat, et les laisser durer tant qu'il ne le verroit pas prochain. Il étoit tellement maître que tout s'adressoit à lui, et qu'il remplissoit à découvert le personnage de premier ministre », s'applaudissant « d'avoir la confiance des étrangers ».
- Offres de l’Angleterre à l’Espagne contre la grandeur de l’empereur en Italie
- Stanhope « l'assuroit que l'Angleterre étoit prête à faire une ligue défensive avec l'Espagne pour la neutralité de l'Italie, et plus encore si les ministres allemands ne détournoient le roi Georges de tout engagement capable de lui faire perdre l'occasion de profiter des dépouilles de la Suède » — offres contre la grandeur de l'empereur en Italie, dont le secrétaire anglais à Madrid donnait les mêmes assurances à l'ambassadeur du roi de Sicile.
- L’Angleterre se plaint d’Albéroni et le dupe sur l’empereur
- L'Angleterre se plaignait cependant des lenteurs d'Albéroni « à terminer ce qui restoit encore à régler sur l'asiento des nègres », et des injustices faites aux marchands ; et le dupait sur l'empereur : « Monteléon sut certainement qu'un bibliothécaire allemand du roi d'Angleterre travailloit à un traité pour établir les droits de la maison d'Autriche sur la Toscane. »
- Le roi d’Angleterre veut aller à Hanovre
- « Le désir de revoir son pays et de s'assurer de son larcin sur la Suède persuada au roi Georges que l'Angleterre se trouvoit désormais assez calme pour qu'il pût faire un voyage à Hanovre. Le czar lui avoit fait part de ses projets. Le roi de Danemark le pressoit de se déclarer comme roi d'Angleterre contre le roi de Suède, qui étoit entré en Norvège. »
- Wismar rendu
- « Wismar s'étoit rendu le 15 avril, qui restoit unique au roi de Suède au deçà de la mer » — chute de la dernière place suédoise d'Allemagne.
- Frayeur des Hollandois de l’empereur
- « Les Hollandois avoient une telle crainte de s'engager dans une nouvelle guerre que Duywenworde... s'en ralentit tout à coup, et que les ministres de France et d'Espagne à Londres lui ayant demandé si les Hollandois souffriroient tranquillement que l'empereur violât la neutralité d'Italie et s'en rendît le maître, il répondit nettement qu'ils ne feroient jamais rien qui pût déplaire à ce prince. »
- Hauteurs partout des Impériaux
- « L'empereur, selon sa coutume, parloit haut partout par ses ministres : à la Porte, par la paix de Carlowitz... ; en France, que si on secouroit le pape de troupes, elles auroient plus affaire aux Impériaux qu'aux Turcs ; en Angleterre, des mépris de leur froideur ; en Hollande, beaucoup de mécontentement sur les prolongations de l'exécution du traité de la Barrière. »
- Vues et adresses des Hollandois
- Adresses hollandaises : « avant de finir, les États généraux vouloient s'assurer du terrain que l'empereur leur céderoit », d'où la députation de Flandre à Vienne, laquelle « répandoit des listes des forces impériales à cent soixante-douze mille sept cent quatre-vingt-dix hommes, et qui essaya inutilement d'engager le régent à faire sortir de France le prince Ragotzi qui, retiré aux Camaldules dans la plus sincère dévotion, ne songeoit à rien moins qu'à travailler à troubler l'empereur ».
- Hardiesse et scélératesse de Stairs
- Stairs prit « un ombrage plus effectif de la marche de quarante bataillons en Languedoc et en Guyenne sous un commandant qui tenoit de si près au Prétendant » — Berwick. Le régent répondit « que ces quarante bataillons n'étoient que dix, et n'étoient envoyés que pour la consommation des denrées ».
- Imprudence du régent
- L'imprudence : le régent « ajouta un peu légèrement qu'il étoit vrai aussi qu'il étoit bien aise d'avoir sur la frontière d'Espagne des troupes dont il fût assuré. Stairs accoutumé à tourner tout en poison, ne pouvant là-dessus alarmer l'Angleterre, fit à Cellamare confidence de ce propos, qu'il assaisonna de toutes les réflexions les plus propres à l'inquiéter et à aigrir l'Espagne. »
- Sagesse de Cellamare
- « Heureusement il eut affaire à un homme sage qui se contentoit d'avoir les yeux bien ouverts, mais qui le connoissoit, qui rabattit toutes ses réflexions par les siennes, et qui manda en Espagne que si le régent avoit eu des desseins, il ne se seroit pas privé, par la grande réforme qu'il avoit faite, des troupes nécessaires pour les exécuter » — sagesse de Cellamare, contre-poison exact de Stairs.
- Canal de Mardick
- Le canal de Mardick devient le nœud : Stairs espéra « une explication formelle sur Dunkerque, qui étoit le point sensible des Anglois. Le roi Georges se proposoit de l'obtenir comme préliminaire essentiel » ; et Walpole assurait les Hollandais que sitôt l'alliance avec l'empereur signée, George concourrait « avec la France pour la garantie réciproque de leurs successions, pourvu qu'elle consentît à dissiper toute inquiétude sur le Prétendant, et à mettre le canal de Mardick hors d'état d'y pouvoir naviguer » — Mardick, construit pour remplacer Dunkerque rasé.
- Naissance d’un fils à l’empereur
- « La naissance d'un fils de l'empereur rehaussa encore le ton de ses ministres dans toutes les cours, qui ne s'en promettoient pas moins que la réunion de la monarchie d'Espagne à la maison d'Autriche sous le règne du père ou du fils, et qui osoient s'en expliquer tout ouvertement. »
- Folle catastrophe de Langallerie
- Folle fin de Langallerie, le lieutenant général déserteur de l'armée d'Italie : mécontent de Vienne, puis du czar, retiré à Amsterdam où « son peu de fortune lui tourna le peu de tête qu'il avoit. Il se fit protestant » ; joint par un aventurier « soi-disant comte de Linage », tous deux s'engagèrent à un officier turc « pour établir une nouvelle religion et une nouvelle république aux dépens de la Porte et de l'empereur, qui les fit arrêter et exécuter à mort ».
- Scélératesse ecclésiastique et temporelle de Bentivoglio
- « Bentivoglio, non content de n'oublier rien pour embraser la France du feu de la discorde et du schisme, avertit le pape que les huguenots recevoient toutes sortes de faveurs en France ; que le régent étoit prêt de conclure un traité de garantie mutuelle des successions de France et d'Angleterre..., au préjudice du roi d'Espagne et du Prétendant, et de l'importance dont il étoit que le pape le traversât efficacement. Il n'oublia pas d'exciter Cellamare » — scélératesse à double détente, ecclésiastique et temporelle.
- Situation et inquiétudes d’Albéroni
- Albéroni, « dont l'autorité et la confiance étoient à un point unique », voyait toutes les plaintes du dedans et du dehors retomber « à plomb » sur lui, tandis que grandissaient « les soupçons fort grands sur l'alliance prête à conclure entre les puissances maritimes et l'empereur » — situation brillante et minée à la fois.
- Parlements d’Angleterre rendus septénaires
- « Le bill qui rendoit les parlements septénaires avoit enfin passé, et le roi d'Angleterre songeoit tout de bon à s'en aller à Hanovre » — la grande affaire personnelle du ministère whig menée à bien : sept ans de parlement assuré au lieu de trois.
- Vue et conduite des ministres anglois et de la Hollande à l’égard de la France et de l’empereur
- Vues des ministres anglais : « quoique Stairs même commençât à changer de langage et que les ministres anglois fussent persuadés, ils vouloient entretenir les alarmes de leur nation... ils laissoient exprès semer des bruits d'une guerre prochaine avec cette couronne. La Hollande, plus franche..., appuyoit sur un traité à faire avec la France, mais vouloit auparavant conclure avec l'empereur pour le ménager avec soin. »
- Albéroni inquiet se prête un peu à l’Angleterre
- « Albéroni, de mauvaise humeur de voir l'Angleterre offrir à toutes les puissances de traiter avec elles, ne laissa pas de se charger de finir avec elle les difficultés qui restoient dans leurs derniers traités sur l'asiento des nègres et quelques points de commerce » — souplesse contrainte envers Londres.
- Ses haines, ses fourberies, ses adresses, son insolence
- Haines et fourberies : « il se moquoit des bruits répandus contre lui sur les présents pécuniaires » ; il regardait Saint-Aignan « comme le fauteur des plus fâcheux bruits » et le prince Pio « comme son ennemi ». L'arrivée de Scotti, envoyé du duc de Parme, l'alarma : il « l'avoit accablé d'amitiés et logé chez lui. Il se fit communiquer ses instructions, et s'en débarrassa le plus promptement qu'il put, avec des présents considérables ». Et il « se faisoit de misérables mérites auprès du régent d'avoir détourné de fâcheux avis donnés au roi d'Espagne sur les troupes envoyées... sous le duc de Berwick ».
- Albéroni veut savoir à quoi s’en tenir avec l’Angleterre ; ne tire de Stanhope que du vague, dont Monteléon voudroit que l’Espagne se contentât
- Albéroni voulut savoir « quels seroient les engagements que l'Angleterre prendroit..., surtout pour ce qui regardoit la neutralité de l'Italie. Stanhope entortilla sa réponse de force compliments, se tint dans le vague » : exprimer la neutralité dans le traité « seroit s'exposer à en troubler le repos » ; on conviendrait « d'un article séparé, dans les termes les plus forts ». Monteléon, « qui auroit voulu des engagements plus forts et plus précis, ne laissa pas de presser sa cour d'accepter ses offres » — y voyant « une ouverture pour des vues plus considérables au roi d'Espagne, en cas d'un malheur, en France ».
- Souplesses de l’Angleterre pour l’Espagne
- Souplesses anglaises : « Les menaces qu'un vice-amiral anglois avoit faites à Cadix sur les injustices dont les marchands de sa nation se plaignoient furent désavouées, et la liaison là-dessus du secrétaire que l'Angleterre tenoit à Madrid avec le duc de Saint-Aignan blâmée. »
- Friponnerie et faussetés de Stanhope pour se défaire de Monteléon, qu’il trouvoit trop clairvoyant
- Double jeu de Stanhope : « en même temps qu'il accabloit Monteléon d'amitiés, de distinctions, d'apparente confiance, il le trouvoit trop clairvoyant ; il demandoit son rappel comme d'un ministre vendu à la France, espion du régent, et dépendant du dernier ministère françois... C'étoit, en deux mots, tout ce qui pouvoit le plus aliéner de lui le soupçonneux Albéroni, à qui il écrivoit directement de tout avec tant d'art et de flatterie, qu'il lui persuadoit tout ce qu'il vouloit en se moquant de lui. »
- Albéroni, dupe de Stanhope et même de Riperda, ne songe qu’au chapeau
- La dupe complète : « Albéroni, sur la parole de Stanhope, étoit intimement assuré que jamais l'Angleterre ne permettroit aucun agrandissement de l'empereur en Italie. Il étoit dans la même duperie sur les Hollandois », Riperda — « qui pourtant n'avoit ni crédit, ni considération, ni estime dans sa patrie » — l'ayant assuré que ses maîtres déclareraient la guerre à l'empereur s'il entrait en Italie. « Le roi et la reine d'Espagne n'étoient du tout occupés que de la chasse, Albéroni uniquement de leur plaire et de son chapeau. »
- Triste état du gouvernement d’Espagne
- « Tel étoit le gouvernement de l'Espagne, et le ressort unique qui y conduisoit tout » : la chasse pour les maîtres, le chapeau pour le ministre — résumé lapidaire d'une monarchie livrée à deux passions privées.
- Scandaleux pronostics du médecin Burlet sur les enfants de la feue reine
- « Les funestes et impertinents pronostics de Burlet sur la santé de tous les enfants de la feue reine continuoient à faire horreur, et à donner lieu aux discours et aux bruits les plus scandaleux, et qui à la fin se trouvèrent les plus faux » — on prêtait à la reine et à Albéroni des desseins sur la succession au profit des enfants du second lit.
- L’Angleterre tâche de détourner la guerre de Hongrie
- « Le ministère anglois, persuadé qu'il étoit de l'intérêt de cette couronne que l'empereur fût toujours libre de pouvoir attaquer la France..., n'oublioit rien à Constantinople pour détourner la guerre. Le grand vizir répondit ambigument, mais hautement..., consentant toutefois à ce que le roi d'Angleterre fût médiateur, s'il le vouloit être, qui y consentit aussitôt, et dépêcha à Venise, à Vienne et à Constantinople au plus tôt. »
- Artifices contre la France
- Artifices contre la France : persuadés qu'elle « feroit son possible pour empêcher les États généraux d'entrer dans l'alliance défensive..., il n'étoit rien que ces derniers ne fissent pour décrier la France en Hollande. Stairs, toujours le même, empoisonnoit les réponses les plus gracieuses qu'il recevoit du régent..., et ne cessoit de prêter des desseins secrets à Son Altesse Royale. »
- Ligue défensive signée entre l’empereur et l’Angleterre, qui y veulent attirer la Hollande
- « Enfin le 3 juin le traité de ligue défensive fut signé entre l'empereur et le roi d'Angleterre. Les Hollandois n'y entrèrent pas encore, mais l'empereur se promettoit tout là-dessus de l'industrie de Prié qu'il envoyoit en même temps gouverner en chef les Pays-Bas ; et le roi d'Angleterre, de son autorité en personne, à son passage pour aller à Hanovre. »
- Conditions
- Les conditions : « une promesse mutuelle de douze mille hommes, évalués en vaisseaux si l'empereur l'aimoit mieux, et une garantie réciproque des possessions dont les deux parties jouissoient alors, et de celles qui pourroient leur accroître par voie de négociation », plus un emprunt de deux cent mille livres sterling facilité à Londres. « Il n'étoit pas difficile de voir que la Sicile étoit l'objet qu'on se proposoit dans un traité qui laissoit à l'empereur le choix de vaisseaux au lieu de troupes. »
- Prié gouverneur général des Pays-Bas
- « Prié » — le marquis de Prié, nommé gouverneur général des Pays-Bas, envoyé y établir enfin l'autorité impériale après le long vide de gouvernement qui suivit le traité de la Barrière.
- Juste alarme du roi de Sicile
- Juste alarme du roi de Sicile : « Trivié en parla fortement à Stanhope. Il n'en reçut que des reproches sur les ménagements prétendus de sa cour pour le Prétendant, à quoi il en ajouta d'autres sur la conduite du roi de Sicile à l'égard de l'empereur » — l'île promise au traité se devinant sous chaque clause.
- Souplesses et artifices de l’Angleterre pour calmer l’Espagne sur cette ligue
- Pour calmer l'Espagne : Stanhope alla chez Monteléon annoncer le rappel du gouverneur de la Jamaïque coupable de piraterie soufferte contre la flotte du Pérou, et « protesta que le traité n'engageoit qu'à une mutuelle défense... ; qu'il n'y avoit point d'article secret ni rien qui pût préjudicier aux intérêts de l'Espagne. Monteléon avoit trop répondu de l'Angleterre pour n'en pas répondre jusqu'au bout. Il ne voulut pas qu'on crût en Espagne qu'il se fût laissé tromper » — et se plaignit à sa cour « de la négligence qui l'avoit privée du fruit de traiter la première avec l'Angleterre ».
- Albéroni change subitement d’avis et ne veut d’aucun traité
- « Albéroni, peu ferme dans ses principes, avoit changé d'avis ; sa chaleur pour l'Angleterre étoit refroidie ; il avoit pris opinion que le roi d'Espagne, retiré par la situation de l'Espagne, dans un coin du monde, devoit demeurer quelque temps simple spectateur..., et ne songer principalement qu'à remettre l'ordre dans le commerce des Indes et dans ses finances, et mettre à part quelques millions pour les occasions : chose d'autant plus aisée qu'il étoit le seul prince de l'Europe libre de toutes dettes, parce que dans les temps qu'il avoit eu besoin d'emprunter il n'en avoit pas eu le crédit. »
- Albéroni flatte le pape ; promet [des secours] ; envoie Aldovrandi subitement à Rome pour ajuster les difficultés entre les deux cours, en effet pour presser son chapeau
- Albéroni flatte le pape : projet « pour donner, l'année suivante, un plus grand secours au pape, moyennant quelque imposition sur le clergé d'Espagne et des Indes » ; il en chargea Aldovrandi, « qui partit subitement dans un carrosse du roi d'Espagne, qui le mena à Cadix, d'où il gagna l'Italie sur les vaisseaux de Sa Majesté Catholique. On comprit aisément qu'Albéroni n'avoit pas oublié ses intérêts personnels dans une démarche aussi singulière que l'envoi d'un nonce à Rome à l'insu de cette cour » — presser son chapeau sous couleur d'accommodement.
- Bentivoglio et Cellamare, l’un en méchant fou, l’autre en ministre sage, avertissent leur cour du détail de la ligue traitée entre la France et l’Angleterre
- La ligue France-Angleterre éventée : Bentivoglio, « qui avoit des gens à lui dans le secret du régent, fut averti de tout le détail » et en informa le pape « en l'assaisonnant de tout le venin qu'il y put jeter », l'attribuant « au désir qu'il imputoit au régent de venir à la couronne ». Cellamare, « en ministre sage », manda à sa cour l'essentiel exact : « la garantie réciproque des successions aux couronnes de France et d'Angleterre, suivant la paix d'Utrecht ; que de plus les ouvrages du canal de Mardick cesseroient, et que le Prétendant sortiroit d'Avignon » — en se plaignant, comme Monteléon, « de la négligence de l'Espagne qui laissoit faire aux autres des liaisons qu'elle auroit pu prendre avant eux ».
- Confidences de Stairs à Penterrieder
- « Penterrieder, secrétaire de la cour impériale à Paris, ne pouvoit concilier l'alliance prête à se faire entre la France et l'Angleterre avec la ligue nouvellement signée entre l'empereur et le roi Georges. Stairs lui faisoit confidence des ordres de sa cour, et des réponses qu'il recevoit du régent, et il tenoit alors le traité pour conclu » — la garantie des successions lui semblant « incompatible avec l'engagement pris par l'Angleterre de soutenir les droits de l'empereur ».
- Quel étoit ce secrétaire impérial
- Portrait de Penterrieder : « une manière de géant qui avoit plus de sept pieds de haut, avec un visage et une voix de châtré, comme on le croyoit être aussi, et la corpulence à peu près de sa taille, dont il étoit toujours honteux et embarrassé. Il avoit été petit scribe dans les bureaux de Vienne ; son esprit, très supérieur à son petit état », le mena par Zinzendorf aux plus grandes négociations, « poli, fort en sa place, mais pétri des maximes et des hauteurs autrichiennes..., avec beaucoup de savoir, d'esprit, d'insinuation et de langage ».
- Considérations diverses
- Considérations : Penterrieder « remarquoit bien les ménagements réciproques de l'Espagne et de l'Angleterre » et réfléchissait sur « l'espérance qui se montroit trop en France d'engager la Hollande à traiter séparément de l'Angleterre ». « On soupçonnoit que cette dernière union... s'étendoit jusqu'à la garantie des États qu'ils pourroient acquérir par des traités, et que le Portugal y entroit en troisième ; et on s'aperçut que depuis la signature de ce traité, l'Angleterre ménagea moins le roi de Sicile. »
- Manège infâme de Stairs
- Manège infâme : l'Angleterre, craignant la défiance espagnole du traité avec l'empereur, « eut grand soin de l'assurer qu'il ne la regardoit en aucune sorte, mais la France seulement ; et Stairs même avec qui le régent traitoit ne s'en cachoit pas, dans le temps même que le régent l'assuroit être en état et en volonté actuelle de faire sortir le Prétendant d'Avignon » — l'alliance négociée d'une main, désignée comme cible de l'autre.
- Dure hauteur de l’empereur sur l’Espagne et la Bavière aux Pays-Bas
- « En même temps tout fut en désordre dans les Pays-Bas, où il n'y avoit aucune sorte d'autorité ni de gouvernement, en attendant le marquis de Prié... Il y vint un ordre de confisquer les biens de tous ceux qui étoient au service d'Espagne, et des menaces à tous ceux qui tenoient des pensions, des emplois, des titres et des honneurs, tant du roi d'Espagne que de l'électeur de Bavière » — dure hauteur impériale sur ses nouveaux sujets.
- Le roi de Prusse à Clèves
- « Le voyage du roi de Prusse, si attentif à son agrandissement, inquiéta également les États généraux et la cour de Vienne. Ce nouveau monarque, aussitôt après la mort de l'électeur palatin, étoit allé à Clèves ; ce qui leur fit craindre une entreprise sur Juliers ; et à Vienne, les forces et les desseins de ce prince, et ses négociations avec la France. »
- Aldovrandi mal reçu à Rome, pénétré, blâmé
- « Aldovrandi ne trouva pas à Rome ce qu'il y avoit espéré » : le pape, « très mécontent de voir arriver son nonce sans avoir pu s'y attendre, trouva qu'il devoit rendre compte de sa négociation par ses dépêches, et comprit que les plus grands secours d'Espagne ne lui seroient offerts qu'à des conditions de grâces qu'il ne pourroit accorder. On jugeoit à Rome qu'Aldovrandi vouloit obtenir le gouvernement de cette ville, et servir Albéroni pour le cardinalat. »
- Avis au pape sur le chapeau d’Albéroni
- Le conseil donné au pape sur le chapeau : ne l'accorder « que par la nomination d'Espagne » ; « ne pas souffrir qu'Albéroni s'en adressât à autre qu'à Sa Sainteté, qui le devoit amuser par la cour de Parme ; lui cacher à jamais ses véritables dispositions, et que si elle ne pouvoit terminer ses différends honorablement avec l'Espagne que par ce chapeau, ce seroit alors bien fait de le jeter à Albéroni » — le cardinalat comme monnaie de dernier recours.
- Cour d’Espagne déplorable
- Cour d'Espagne déplorable : Albéroni voyait « avec un extrême dépit sa faveur s'ombrager par celle d'Aubenton, à qui le roi d'Espagne confioit plusieurs affaires du gouvernement et même des finances » ; le roi et la reine « s'étoient disputés et querellés » ; et dans « une cour ténébreuse, pleine de confusion, où la fausseté et la calomnie étoit ce qui approchoit le plus près de Leurs Majestés Catholiques..., les bruits les plus inquiétants se trouvoient les plus répandus ».
- Jalousies et craintes d’Albéroni
- « Albéroni commençoit à craindre. La reine l'avertit que le roi avoit beaucoup de soupçons contre lui, et qu'elle-même ne vouloit plus se fatiguer du gouvernement. » Il redoutait surtout « deux hommes de rien que la reine avoit connus à Parme, et qu'elle vouloit toujours faire venir en Espagne ; et il ménagea si bien le duc de Parme qu'il fit en sorte que ce prince les empêcha de sortir de ses États. »
- [Il] rassure la reine
- Il s'employa à rassurer et retenir la reine par ses représentations — mais « quelques représentations qu'Albéroni lui sût faire, elle ne les goûtoit point » : le ressort de sa fortune, la faveur de cette princesse, se montrait à lui-même fragile et capricieux au moment où tout reposait dessus.
- Ce qu’il pense de son caractère
- Ce qu'il pensait de la reine : « Il la connoissoit incapable des affaires, susceptible de mauvais conseils, peu touchée de se conserver ceux qui lui donnoient de bons avis, prête à les abandonner et à les oublier à la moindre difficulté qu'elle trouveroit à les soutenir, et facile à se laisser conduire par ceux qui l'environnoient » — jugement intime du favori sur sa protectrice.
- Bruits à Madrid fâcheux sur le voyage d’Aldovrandi
- « On avoit pénétré à Madrid qu'Aldovrandi avoit emporté un mémoire de la main du roi d'Espagne, et là-dessus on bâtissoit des chimères en faveur des enfants de la reine au préjudice du prince des Asturies. Ce mémoire ne contenoit rien moins » — les bruits fâcheux prêtant au voyage du nonce un secret dynastique qu'il n'avait pas.
- Demandes du roi d’Espagne au pape
- Les vraies demandes du roi d'Espagne au pape : « la moitié du sussidio y excusado, qui est une imposition sur le clergé dont il ne jouissoit pas depuis cinq ans, et le même aux Indes ; un délai de quelque temps de nommer aux vacances des archevêchés et des évêchés d'Espagne, pour en amasser les revenus et les employer à l'armement de mer que le pape désiroit », le tout jugé suffisant « pour armer douze vaisseaux et six galères ».
- Courte réflexion sur le joug de Rome et du clergé
- Réflexion de Saint-Simon en passant : « On peut réfléchir... sur la dureté du joug que le clergé exerce sur les plus grands rois qui ont eu la faiblesse de se le laisser imposer, et qui ne peuvent le secouer que par des extrémités qui les séparent de l'Église, comme il est arrivé à la moitié de l'Europe, que Rome et leur clergé a mieux aimé perdre : Rome par sa tyrannique domination qui n'avoit de fondement que son usurpation contre les préceptes si formels de Jésus-Christ ; le clergé par son insolence et son indépendance. »
- Vues et mesures de l’Espagne sur ses anciens domaines d’Italie
- Vues d'Espagne sur l'Italie : « Le roi d'Espagne avoit toujours été entretenu dans le désir de recouvrer les États qu'il avoit cédés en Italie par la paix, beaucoup plus depuis son second mariage. Ce dessein ne se pouvoit effectuer que par une ligue des princes d'Italie dont le roi de Sicile seroit le chef comme le plus puissant, et Villamayor, ambassadeur d'Espagne à Turin, avoit ordre d'y travailler sous l'inspection du duc de Parme. »
- Sage avis du duc de Parme
- Le sage avis du duc de Parme : sentant l'impossibilité d'entraîner « un souverain aussi sage, aussi clairvoyant, aussi défiant » que le roi de Sicile, il voulait « que l'Espagne, suivant sa première pensée, engageât l'Angleterre à faire une ligue avec elle pour la neutralité de l'Italie, dont le premier intérêt étoit d'en détourner la guerre » — but même des concessions commerciales faites à l'Angleterre.
- Fol et faux raffinement de politique d’Albéroni
- Le faux raffinement d'Albéroni : « quand tout à coup, et sans aucun changement de conjonctures, Albéroni changea lui-même d'avis..., et se mit à désirer que l'empereur contrevînt à la neutralité de l'Italie, dans l'idée que les Impériaux ne pourroient exécuter leur projet si promptement que l'Espagne n'eût part aux mouvements de l'Italie... C'étoit sur ce fondement ruineux et chimérique qu'Albéroni avoit rejeté l'alliance d'Angleterre pour la neutralité d'Italie, qu'il avoit tant souhaitée, et qu'il pouvoit alors conclure... Telle étoit l'habileté et la capacité de ce ministre qui gouvernoit absolument l'Espagne. »
- Manèges étranges du ministère anglois sur le traité à faire avec la France
- Manèges anglais sur le traité avec la France : ils en sentaient la nécessité, mais « l'éludoient pour le prolonger, afin d'entretenir la défiance de leur nation à l'égard de la France, et de se conserver le prétexte d'avoir des troupes en Angleterre et des subsides du parlement. Ainsi ils transférèrent la négociation de Paris à la Haye..., bien moins pour en faciliter la conclusion que pour intéresser les Hollandois dans les demandes de l'Angleterre. »
- Horreurs de Stairs
- « Stairs, piqué de se voir enlever la conclusion d'une négociation commencée par lui et si avancée, se mit à déclamer contre les ministres de France, qui, à l'entendre, avoient changé toutes les dispositions si favorables que le régent lui avoit témoignées ; et ne cessa de mander au roi d'Angleterre de se défier de ce prince qui ne vouloit que le tromper et favoriser le Prétendant. »
- Rare omission au projet communiqué de ce traité par les Anglois
- « Le singulier de ce projet de traité envoyé à la Haye fut qu'il n'y étoit pas fait la moindre mention du traité d'Utrecht, ni des garanties réciproques des successions aux couronnes de France et d'Angleterre, deux articles néanmoins qui devoient être la base d'une alliance à faire pour maintenir le repos de l'Europe. On soupçonna que c'étoit l'effet des avantages obtenus par les derniers traités de commerce faits entre l'Espagne et l'Angleterre, que celle-ci ne vouloit perdre pour rien. »
- Fâcheuse situation intérieure de la Grande-Bretagne et de la cour d’Angleterre
- Situation intérieure de la Grande-Bretagne : « Les mécontents se multiplioient..., la fermentation générale menaçoit d'une révolution, la division de la famille royale étoit extrême. Le roi Georges ne pouvoit souffrir le prince de Galles qu'il ne croyoit pas son fils, et l'aversion étoit réciproque. » Partant pour Hanovre, il le laissa régent « avec toute l'apparence de l'autorité, sans aucune en effet » ; le prince refusa, puis accepta sous la menace de voir la régence donnée à son frère l'évêque d'Osnabrück. « On étoit surpris avec raison que dans une conjoncture où les Anglois eux-mêmes s'attendoient à voir chez eux les plus étranges scènes, le régent préférât une alliance avec eux au parti de fomenter un feu qui pouvoit embraser l'Angleterre. »
- Vues du roi de Prusse
- Vues du roi de Prusse : « Le dernier visoit à s'emparer des duchés de Berg et de Juliers, si l'électeur palatin venoit à manquer... Il comptoit que la France aimeroit mieux ces États entre ses mains qu'en la disposition de l'empereur. Il sembloit aussi se détacher de l'intérêt de ses alliés dont il n'approuvoit pas les entreprises sur le pays de Schonen. Il auroit vu avec jalousie son beau-père réussir à faire stathouder de Hollande l'évêque d'Osnabrück son frère..., et en même temps qu'il cultivoit bassement l'empereur, il en étoit mécontent. »
- Mauvaise foi de Stairs
- Mauvaise foi de Stairs : « Stairs en l'entamant n'avoit jamais eu dessein de la conclure. Ses protecteurs à Londres avoient trop d'intérêt à montrer toujours le fantôme du Prétendant secrètement appuyé des secours et des desseins de la France, pour conserver une armée en Angleterre et une source assurée de subsides... Le transport de la négociation en Hollande leur fut donc, et à lui, également sensible, et Stairs n'oublia rien pour la traverser. »
- Intrigues de la cour d’Angleterre
- Intrigues de la cour d'Angleterre : disgrâce du duc d'Argyle, favori du prince de Galles, sommé de rendre « ses charges de général de l'infanterie, de colonel du régiment des gardes bleus, et de son gouvernement de Minorque » — Marlborough, « qui végétoit encore parmi ses apoplexies », poussant sa créature Cadogan, et la princesse de Galles, dit-on, contre le confident « des galanteries de son époux ». Le prince, loin de chasser Argyle de sa chambre, « se piqua d'honneur de le soutenir..., se prit aux ministres de son père, jura leur perte, et résolut de se réunir aux torys ». Stairs en redoubla « de mensonges et d'artifices » contre le traité avec la France, « laquelle auroit dû en être bien dégoûtée ; mais le régent ne voyoit que par Noailles, Canillac et Dubois, lequel bâtissoit tous ses desseins personnels sur l'Angleterre ».
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